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Calochorte de Lyall (Calochortus lyallii)

Importance de l'espèce

Le groupe de collines abritant tous les sites canadiens du Calochortus lyallii fait partie d’un ensemble de hautes terres incluant le mont Kobau, le lac Kilpoola, le secteur de Chopaka et l’aire de conservation des International Grasslands. Cette région est depuis longtemps reconnue pour sa diversité naturelle exceptionnelle, qui est menacée par la dégradation des habitats et par la disparition d’espèces vertébrées, invertébrées et végétales associées à chacun de ces habitats (Bryan, 1996). Située à l’extrême nord de l’écosystème du Grand Bassin de l’Ouest, la région abrite une proportion démesurée des espèces les plus rares de la province, dont plusieurs ne poussent pas ailleurs au Canada. La région renferme en outre l’une des plus grandes superficies restantes de prairie à armoises de la partie sud de l’Okanagan (Bryan, 1996). Étant donné le caractère unique de la région englobant le mont Kobau, le lac Kilpoola et le secteur de Chopaka, le bureau chargé de la coordination des terres au gouvernement de la Colombie-Britannique a récemment accordé une priorité de niveau « Objectif 1 » à la protection de cette région (K. Lewis, comm. pers.).

Par ailleurs, du point de vue taxinomique, le Calochortus lyallii est une espèce unique en Colombie-Britannique, car c’est la seule des trois espèces de Calochortus présentes dans la province à appartenir à la sous-section Nitidi, qui forme un groupe distinct à l’intérieur de la section Eucalochortus (Owenby, 1940). Par ailleurs, la vallée de la Similkameen sépare les populations canadiennes du C. lyallii de la plus proche des populations de l’État de Washington, située à 20 km au sud. Par conséquent, toute dispersion de l’espèce vers le Canada devrait se faire par voie aérienne. Or, le très petit nombre d’occurrences du C. lyallii au nord de la frontière semble indiquer qu’une colonisation par cette voie se produit très rarement.

Enfin, un certain nombre d’arguments convaincants ont été avancés en faveur de la protection des populations se trouvant à la limite de l’aire de répartition d’une espèce (on trouvera un bon résumé de ces arguments dans Lesica et Allendorf, 1995). Certaines données empiriques semblent indiquer, par exemple, que ces populations périphériques présentent souvent des caractères génétiques et morphologiques divergents par rapport aux populations centrales (Lesica et Allendorf, 1995). Par conséquent, la capacité de l’espèce à s’adapter aux conditions changeantes, et donc sa capacité de survie à long terme, dépendent peut-être de la protection de ces populations génétiquement distinctes. Les populations de la limite nord de l’aire peuvent en outre avoir une importance particulière comme point de départ de migration en cas de réchauffement planétaire (Primrack et Miao, 1992). Au même moment, l’isolement géographique de ces populations et le fait qu’elles tendent à se contenter de milieux moins favorables que les populations plus centrales (Lawton, 1993) signifient qu’elles sont souvent plus vulnérables aux facteurs stochastiques ou démographiques qui risquent de les faire disparaître.

On ne sait pas si tous ces arguments, ou même un seul d’entre eux, s’appliquent au  Calochortus lyallii. Il n’en reste pas moins que le flux génétique entre les populations de la Colombie-Britannique et celles des États-Unis est presque certainement très faible, ce qui justifie en soi l’intérêt et la préoccupation qu’entraîne l’espèce.

Dans les communautés végétales où il est présent, le C. lyallii constitue une portion appréciable de la strate herbacée et est l’une des espèces dont la densité relative est la plus élevée (tableau 3). Les sites du C. lyallii, qui s’étendent souvent sur plusieurs hectares, constituent l’une des composantes visuelles importantes du paysage local. La simple densité des populations indique que l’espèce occupe probablement une place importante dans le bilan énergétique local, comme élément du cycle de l’eau et des éléments nutritifs, ainsi que comme source d’énergie pour une variété d’espèces vertébrées et invertébrées. Cela est d’autant plus probable que le C. lyallii est une plante bulbifère : on sait que les bulbes ne font pas que stocker l’énergie recueillie par photosynthèse, mais contrôlent en outre la libération de cette énergie au cours des années subséquentes. Il se peut donc que le C. lyallii joue un rôle important dans la modération des flux d’énergie durant les années de conditions écologiques non optimales.