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Calochorte de Lyall (Calochortus lyallii)

Évaluation et Rapport

de situation du COSEPAC

sur le

Calochorte de Lyall

Calochortus lyallii

au Canada

calochorte de Lyall (Calochortus lyallii)

 


ESPÈCE MENACÉE 2001

 


Logo du COSEPAC


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le calochorte de Lyall (Calochortus lyallii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.
iv + 25 p.

MILLER M.T. et G.W. DOUGLAS. 2001. Rapport du COSEPAC sur la situation du calochorte de Lyall (Calochortus lyallii) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le calochorte de Lyall (Calochortus lyallii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-25.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Lyall's Mariposa Lily Calochortus lyallii
in Canada.

Illustration de la couverture :
Calochorte de Lyall -- Dessin de Jane Lee Ling, tiré de Douglas et al. (1998a).

©Ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2002
No de catalogue : CW69-14/237-2002F-IN
ISBN 0-662-87850

 

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Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Mai 2000

Nom commun: Calochorte de Lyall

Nom scientifique: Calochortus Lyallii

Statut: Espèce menacée

Justification de la désignation: Un très petit nombre de populations très localisées occupant une très petite région, mais présentes généralement en tant que grandes populations comptant des milliers de plantes qui sont menacées par le pâturage du bétail et par la perte de l'habitat en raison de l'afforestation.

Répartition: Colombie-Britannique

Historique du statut: Espèce désignée « menacée » en mai 2001.

 

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Résumé

Calochorte de Lyall

Calochortus lyallii

 

Description

Le Calochortus lyallii est une liliacée vivace bulbifère. La plante se reconnaît notamment à ses pétales blancs à violacés, qui possèdent une frange ciliée et une glande en forme de croissant, ainsi qu’à ses capsules dressées.

 

Répartition

Le C. lyallii pousse le long du versant est des monts Cascades, depuis l’extrême Centre-Sud de la Colombie-Britannique jusqu’au comté de Yakima, dans l’État de Washington. Les populations canadiennes sont toutes limitées aux hauteurs séparant les vallées de la Similkameen et de l’Okanagan, au sud du col Richter, près de la frontière des États‑Unis.

 

Habitat

Le C. lyallii pousse dans les clairières de graminées et d’herbacées à feuilles larges, à l’intérieur des forêts de douglas bleu, à une altitude de 900 à 1 300 m. Les espèces qui lui sont associées sont l’Elymus spicatus, le Festuca idahoensis, le Zygadenus venenosus, le Lupinus sericeus et le Ribes cereum. Les sites sont tous situés en terrain sec de haut-de-pente.

 

Biologie

Le C. lyallii est une vivace à longue vie, dont les parties aériennes émergent chaque année d’un bulbe souterrain. La plante ne se reproduit que par la graine. Les fleurs sont autocompatibles et pollinisées par les insectes.  Les graines sont libérées en été et germent le printemps suivant près du sujet parent. Chez les sujets adultes, il y a alternance de périodes végétatives et reproductives. On soupçonne qu’il y ait dormance occasionnelle, mais cela reste à confirmer. Les feuilles et les fruits dont broutés par les insectes, tandis que les bulbes sont consommés par de petits mammifères.

 

Taille et tendances des populations

Le C. lyallii compte au Canada 11 sites connus, dont six sont signalés ici pour la première fois. Le nombre de populations réelles est probablement moindre. On ne sait rien sur l’accroissement ou le déclin historiques des populations canadiennes.

 

Facteurs limitatifs

La plantation d’arbres et les autres travaux sylvicoles menacent le C. lyallii. Le piétinement par le bétail et l’envahissement par les espèces exotiques constituent d’autres facteurs limitatifs. La consommation des plantes par les insectes et les petits mammifères pourrait aussi avoir une incidence sur les populations. Enfin, les populations sont menacées par deux facteurs biologiques intrinsèques, la disponibilité des pollinisateurs et la faible distance de dispersion des graines.

 

Protection actuelle

À l’échelle mondiale, le C. lyallii est une espèce de rare à peu commune. Il figure dans la « liste rouge » du Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique à titre d’espèce très gravement menacée à cause de son extrême rareté.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement                 Environment
Canada                           Canada

Service canadien             Canadian Wildlife
de la faune                      Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Information sur l'espèce

Nom et classification[1]
Nom scientifiqueCalochortus lyallii Baker[2]
Nom commun calochorte de Lyall
FamilleLiliacées
Grand groupe végétalMonocotylédones

 

Description

Le Calochortus lyallii est une plante herbacée vivace ressemblant à une tulipe, produisant de une à douze fleurs campanulées blanches à violacées et une seule feuille basilaire, longue et plate. La tige florifère produit une deuxième feuille, ressemblant à une bractée. La tige est lisse et glabre et mesure de 10 à 30 cm. Une nouvelle tige est produite chaque année, à partir d’un bulbe ovoïde profondément enfoui dans le sol. Les fleurs comptent trois pétales et trois sépales, mesurent de 2 à 3 cm de diamètre et sont portées par de minces pédicelles dressés. Les pétales sont largement lancéolés, frangés et munis à la base d’une glande velue en forme de croissant. Les capsules sont ovales, dressées et fortement triangulaires (figure 1).

La taille de la feuille basilaire est très variable et dépend de l’âge et du stade de développement de la plante. Chez les sujets en fleurs, elle est généralement aussi longue que la tige et mesure de 1 à 2 cm de largeur. Chez les sujets immatures, qui ne produisent pas de tige et dont la feuille unique est par conséquent la seule partie aérienne, celle‑ci peut ne mesurer que 4 cm de longueur et 1,5 mm de largeur, soit à peu près les dimensions d’un cure-dent de plastique plat.

Le Calochortus lyallii est facile à distinguer de la seule autre espèce du genre présente dans la région, le C. macrocarpus (calochorte à gros fruits), par ses pétales blancs et frangés (ceux du C. macrocarpus sont beaucoup plus grands, lavande et non frangés) et par sa feuille basilaire plate (celle du C. macrocarpus porte un sillon profond et a une section transversale en V). En fruits, les deux espèces se distinguent par leurs capsules, qui sont longues, étroites et sans ailes chez le C. macrocarpus. Le genre Calochortus porte bien son nom, puisqu’il vient des mots grecs kallos, belle, et chortos, herbe.

 

On trouvera une description plus technique de la plante dans Hitchcock et al. (1969), ainsi que dans Owenby (1940).

Figure 1. Le Calochortus lyallii. Dessin de Jane Lee Ling, tiré de Douglas et al. (1998a).


Figure 1. Le Calochortus lyallii. Dessin de Jane Lee Ling, tiré de Douglas et al. (1998a).



[1]La plus grande partie de l’information du présent rapport a déjà été publiée (Miller et Douglas, 1999).

[2]La nomenclature est conforme à Douglas et al. (1994,  1998b, 1998c, 1999a, 1999b et 2000).

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Répartition

Répartition mondiale

Le Calochortus lyallii pousse le long du versant est des monts Cascades, depuis le Centre-Sud de la Colombie-Britannique jusqu’au nord du comté de Yakima, dans l’État de Washington (Owenby 1940; Hitchcock et al., 1969, Douglas et al., 1998a et 1998b), avec des concentrations particulièrement élevées aux alentours de la vallée de la Methow, dans le Centre-Nord de l’État de Washington.

 

Répartition canadienne

En Colombie-Britannique, le Calochortus lyallii ne pousse que dans les hauteurs séparant les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, dans l’extrême Centre-Sud de la province, à l’ouest d’Osoyoos et au sud du col Richter (figure 2). Tous les sites se trouvent à moins de 5 km l’un de l’autre et à moins de 5 km de la frontière des États-Unis.

Owenby (1940) mentionne une seule récolte canadienne, faite par Macoun en 1905, sur les « sommets dénudés de collines, près de la rivière Similkameen, à 1 050 m d’altitude », mais la position exacte et la situation actuelle de ce site sont inconnues.

 

Figure 2. Répartition du Calochortus lyallii en Colombie-Britannique.

Figure 2. Répartition du Calochortus lyallii en Colombie-Britannique.

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Habitat

Situation générale

L’aire de répartition du Calochortus lyallii en Colombie-Britannique est entièrement située à l’intérieur de la South Okanagan Basin Ecosection de la Southern Interior Ecoprovince, selon la classification de Demarchi (1996). Selon le système de classification biogéoclimatique des écosystèmes utilisé en Colombie-Britannique (Meidinger et Pojar, 1991), l’aire fait partie de la zone intérieure à douglas et plus précisément du secteur IDFxh1, variante très chaude et très sèche, avec douglas bleu, caractéristique de l’Okanagan (Lloyd et al., 1990; Bryan, 1996). Dans cette région, le climat est continental et modéré par l’ombre pluviométrique de la chaîne Côtière et des monts Cascades, ce qui donne des étés chauds et secs, ainsi que des hivers frais (Meidinger et Pojar, 1991). Le substratum est principalement constitué d’une granodiorite, la « syénite du mont Kruger », et recouvert de till glaciaire (Bryan, 1996). Les sols des sites étudiés sont variables, allant de brunisols eutriques à des chernozems foncés (Bryan, 1996).

 

Structure et composition de la communauté végétale

Le Calochortus lyallii pousse dans les clairières naturelles de la forêt de douglas bleu (Pseudotsuga menziesii var. glauca), exposées dans n’importe quelle direction et situées à une altitude de 900 à 1 300 m. Les sites sont de secs à mésiques et présentent une pente de 0 à 40 p. 100. La végétation est diverse, constituée de graminées et d’herbacées à feuilles larges et dominée par deux graminées cespiteuses, l’Elymus spicatus (agropyre à épi) et le Festuca idahoensis (fétuque d’Idaho). Parmi les autres graminées souvent associées au C. lyallii, mentionnons le Koeleria macrantha (koelérie à crêtes) et le Calamagrostis rubescens (calamagrostide rouge). Les plantes à feuilles larges les plus communes sont le Zygadenus venenosus (zigadène vénéneux), le Fritillaria pudica (fritillaire pudique), le Balsamorhiza sagittata (balsamorhize à feuilles sagittées), le Lupinus sericeus (lupin soyeux) et le Collinsia parviflora (collinsie à petites fleurs) (tableau 1). Dans les sites les plus secs, le Lewisia rediviva (lewisie à racine amère) et l’Artemisia tridentata (armoise tridentée) font également partie de la communauté végétale. La couverture arbustive est généralement clairsemée, formée du Spiraea betulifolia (spirée à feuilles de bouleau), du Ribes cereum (gadellier cireux) et de l’Amelanchier alnifolia (amélanchier à feuilles d’aulne) (tableau 1). Quelques sujets envahissants ou résiduels de douglas bleu sont également présents dans la plupart des sites.

Deux espèces associées au Calochortus lyallii, l’Haplopappus carthamoides subsp. carthamoides (pyrrocome faux-carthame) et l’Orobanche corymbosa subsp. mutabilis (orobanche changeant), sont très rares en Colombie-Britannique (Douglas et al., 1998a), et sont ici signalées pour la première fois dans le secteur. Ces deux espèces figurent sur la liste rouge provinciale maintenue par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

Un grand nombre de ces plantes sont des espèces indicatrices de sites de haut-de-pente (qui tendent à perdre de l’eau plutôt qu’à en recevoir) à sol mince, de sec à modérément sec, et moyennement riche en azote (ou, dans le cas de l’Elymus spicatus, à sol extrêmement sec mais riche en azote), et leur fréquence tend à diminuer à mesure qu’augmente l’altitude et la pluviosité (Klinka et al., 1989). Les associations prairiales réunissant de telles espèces sont assez communes dans les secteurs situés au sud du col Richter, et il s’agit sans doute de communautés sub-climaciques maintenues à un stade peu avancé de la succession par des incendies périodiques. Un incendie a justement traversé le secteur étudié au cours de l’été 1994, détruisant la plus grande partie de la forêt environnante, mais laissant essentiellement intacte la communauté herbacée. Comme le Calochortus lyallii est relativement peu tolérant à l’ombre et ne pousse donc pas sous couverture arborescente dense, il se peut que la perturbation associée aux incendies contribue à procurer à l’espèce une quantité suffisante de milieux dégagés. On estime en effet qu’en l’absence d’une telle perturbation, les communautés prairiales seraient éliminées par la succession forestière normale en une centaine d’années, ou peut-être davantage (Ecosystems Working Group, 1995).

 

Tableau 1. Sommaire des sites du Calochortus lyallii, avec pente, exposition et liste des espèces associées
LocalitéPente et expositionPlantes vasculaires associées

Mont Black

Versant est (no 1)

0-35 % / N45E-S45E

 

Elymus spicatus
Festuca idahoensis
Astragalus miser
Haplopappus carthamoides
Orobanche corymbosa
Lewisia rediviva
Lomatium ambiguum
Fritillaria pudica
Collinsia parviflora
Artemisia tridentata

Versant est (no 2)*15-25 % / N45EPseudotsuga menziesiivar. glauca
Calamagrostis rubescens
Zygadenus venenosus
Astragalus miser
Versant nord (no 1)0-35 % / N80O-N45EElymus spicatus
Festuca idahoensis
Amelanchier alnifolia
Spiraea betulifolia
Erigeron corymbosa
Lupinus sericeus
Balsamorhiza sagittata
Koeleria micrantha
Collinsia parviflora
Calamagrostis rubescens
Versant nord (no 2)0-30 % / N80O-N80EElymus spicatus
Festuca idahoensis
Calochortus macrocarpus
Heuchera cylindrica
Erigeron corymbosa
Lupinus sericeus
Balsamorhiza sagittata
Koeleria micrantha
Lomatium macrocarpum
Calamagrostis rubescens
Achillea millefolium
Versant nord-est20-30 % / S/OS/O
Terrasse surplombant le chemin forestier du mont Black*0-5 % / N20O-N60OZygadenus venenosus
Achillea millefolium
Ribes cereum
Elymus spicatus
Penstemon confertus
Astragalus miser
Versant ouest (no 1)2-40 % / S20O-N45OElymus spicatus
Festuca idahoensis
Balsamorhiza sagitatta
Koeleria macrantha 
Ribes cereum
Ceanothus velutinus
Calamagrostis rubescens
Lupinus sericeus
Versant ouest (no 2)*10-20 % / S-S45EPseudotsuga menziesii var. glauca
Elymus spicatus
Lewisia rediviva
Artemisia tridentata
Penstemon pruinosa
Eriogonum heracleoides
Lupinus sericeus
Versant ouest (no 3)*0-15 % / S30O-S60OPseudotsuga menziesii var. glauca
Elymus spicatus
Artemisia tridentata
Balsamorhiza sagitatta
Lewisia rediviva
Penstemon pruinosa
Lupinus sericeus
Phacelia linearis

Lac Kilpoola

À l’ouest du ruisseau Lone Pine  (no 1)*

0 % / --

 

Pseudotsuga menziesii var. glauca
Elymus spicatus
Festuca idahoensis
Eriogonum heracleoides
Lomatium ambiguum

À l’ouest du ruisseau Lone Pine (no 2)*30 % / NPseudotsuga menziesiivar. glauca
Elymus spicatus
Festuca idahoensis
Ribes cereum
Epilobium angustifolium
Achillea millefolium

 

Microhabitat

Comme il a été signalé, la plupart des sites de Calochortus lyallii de la Colombie-Britannique sont limités par l’écotone entre prairie et forêt, bien que l’espèce s’établisse parfois sous couvert forestier très clairsemé (tableau 1). Une analyse des gradients d’abondance du C. lyallii dans deux de ces sites n’a révélé que des corrélations peu marquées entre cette abondance et des variables écologiques, telles que l’humidité du sol, l’épaisseur du sol, l’épaisseur de la litière, la couverture muscinale et l’exposition. Cependant, dans un troisième site, plus sec, l’abondance du C. lyallii présentait une corrélation positive considérable avec l’humidité du sol, ainsi qu’avec d’autres variables associées à celle-ci, comme l’épaisseur du sol, l’épaisseur de la litière et la couverture de  la litière. Il se peut donc que l’humidité du sol constitue un facteur limitatif pour l’espèce dans certaines conditions. Par ailleurs, dans deux des trois sites, l’abondance du C. lyaliii présentait une forte corrélation négative avec l’inclinaison du terrain et avec la pierrosité du substrat, mais il ne semble pas qu’une pente modérée ou une pierrosité modérée influent de manière appréciable sur la densité locale de l’espèce (M. Miller, données inédites).

 

Spécificité de l’habitat

Les relations écologiques décrites ci-dessus ne s’appliquent qu’aux populations connues du Calochortus lyallii situées en Colombie-Britannique, et pas nécessairement à l’espèce dans l’ensemble de son aire. Dans l’État de Washington, par exemple, le C. lyallii pousse à des altitudes de 500 mètres à plus de 1 600 mètres, ce qui est une plage altitudinale beaucoup plus étendue que celle observée en Colombie-Britannique. Plusieurs des sites de basse altitude de l’État de Washington sont en outre beaucoup plus secs que tous les sites canadiens et abritent souvent des associations végétales entièrement différentes. La répartition relativement restreinte de l’espèce à la limite nord de son aire doit donc être interprétée avec précaution. Elle pourrait s’expliquer par des facteurs physiologiques (liés par exemple aux exigences thermiques et nutritives de la plante), écologiques (absence des pollinisateurs voulus, etc.) ou historiques (temps insuffisant pour permettre à l’espèce d’atteindre tous les milieux qui lui conviendraient), ou encore par une combinaison de ces facteurs.

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Biologie

Cycle vital

Le Calochortus lyallii est une plante vivace printanière, dont les parties aériennes apparaissent chaque année avant que la neige ne soit complètement fondue (c’est-à-dire avant la fin avril dans les sites de la Colombie-Britannique). La floraison a lieu en juin. Les graines sont libérées en juillet et germent le printemps suivant.

On a observé que l’organe pérennant de la plante est son bulbe souterrain, qui produit chaque année l’unique feuille basilaire (et la hampe florale, si la plante a atteint le stade florifère). Durant sa première saison de végétation, qui est écourtée, la plante issue d’une graine commence par produire un petit bulbe. Par la suite, ce bulbe finira par s’enfoncer jusqu’à une profondeur d’environ 10 cm. On ne dispose d’aucune donnée sûre sur la longévité du bulbe, mais des estimations préliminaires fondées sur l’augmentation annuelle de la largeur de la feuille laissent supposer que certains sujets peuvent vivre une dizaine d’années, ou même davantage (M. Miller, données inédites).

Comme les autres espèces du genre Calochortus, le C. lyallii est polycarpique, ce qui signifie que chaque sujet se reproduit plusieurs fois pendant sa vie. Pour se reproduire, la plante doit avoir atteint une certaine taille, et elle ne fleurit généralement pas avant l’âge de trois ou quatre ans. En général, plus la plante est grande, plus elle produit de fleurs et de fruits pendant une année. Cependant, ce ne sont pas tous les sujets adultes qui fleurissent ou même augmentent de taille chaque année. En effet, certains peuvent connaître une période végétative, durant laquelle ils produisent une feuille, mais ne font pas de hampe florale, tandis que d’autres continuent de se reproduire, mais diminuent de taille, produisant moins de fleurs que l’année précédente. En résumé, comme chez de nombreuses espèces vivaces, les caractères individuels liés à la démographie (comme la fertilité et les chances de survie) sont sans doute davantage liés à la taille ou au stade de développement qu’à l’âge du sujet (Werner et Caswell, 1977). Dans la figure 3, le cycle vital du C. lyallii est présenté sous forme de diagramme des divers changements de stade pouvant survenir d’une année à l’autre, la dormance étant l’un des stades possibles. Fait à noter, au cours d’une année donnée, certains groupes peuvent contribuer à l’effectif de plusieurs stades.

 

Reproduction

La reproduction par division des bulbes a déjà été signalée chez d’autres espèces de Calochortus (Fiedler, 1987), mais aucun type de reproduction asexuée n’a jamais été observé chez le C. lyallii, qui semble se reproduire uniquement par la graine. Une expérience consistant à comparer sur le terrain les nombres de fruits issus d’autopollinisation et de pollinisation libre a révélé que le C. lyallii est autocompatible. Cependant, les fleurs tendent à être protérandres (les anthères libèrent leur pollen avant que les stigmates ne soient réceptifs), ce qui favorise l’allogamie (M. Miller, données inédites). Par conséquent, les plantes ne s’autopollinisent probablement pas, à moins que le pollen ne soit transféré d’une fleur à l’autre de la même plante par les animaux pollinisateurs (G. Allen, comm. pers.).

La production de fleurs et de fruits dans trois sites étudiés en 1996 et en 1997 est résumée au tableau 2. Les taux de floraison sont demeurés essentiellement les mêmes d’une année à l’autre, mais la proportion des fleurs survivant et donnant des fruits a varié de façon appréciable selon les sites et, encore davantage, selon les années. Une petite abeille noire solitaire (probablement de la famille des Halictidés, mais l’identification n’est pas terminée) était un pollinisateur fréquent du C. lyallii en 1996, mais elle n’était présente en 1997 dans aucun des sites étudiés. La fructification moindre observée en 1997 pourrait donc s’expliquer par l’absence de ce pollinisateur. D’ailleurs, le printemps 1997 a été particulièrement frais et humide, ce qui a pu influer sur l’activité de l’insecte.

 

Tableau 2.Taux de floraison et de fructification du Calochortus lyallii dans trois sites du mont Black, en 1996 et en 1997
SiteNombre moyen de fleurs par plante (±é.-t.)Taux moyen de fructification (%)
 1996199719961997
Versant nord (no 1)2,9 (1,5)2,5 (1,2)26,9 (31,9)7,0 (16,7)
Versant ouest (no 1)2,5 (1,1)2,3 (0,9)27,7 (33,6)18,0 (32,7)
Versant est (no 1)3,1 (1,4)2,9 (2,9)22,2 (32,1)15,4 (28,6)

 

Écologie des plantules

La plante produit en moyenne environ 20 graines par capsule. Les graines sont dispersées par gravité et atterrissent généralement à proximité du parent. Des essais de germination in situ ont montré que la plupart des graines germent avec succès dès la première année. Il est donc peu probable que l’espèce se constitue un réservoir de graines dans le sol, ce qui correspond aux observations faites chez d’autres liliacées vivaces (G. Allen, comm. pers.). Au moyen d’expériences réalisées en laboratoire à la maison, on a pu constater que la germination exige une période de stratification, mais que les graines germent rapidement après avoir subi un tel traitement.

Les plantules lèvent vers la fin avril ou le début mai, peu après la fonte complète des neiges. Le cotylédon (feuille unique de la plantule) conserve sa couleur verte environ un mois, puis meurt. Il ne reste alors de la plantule qu’un petit bulbe enfoui, qui entre en dormance et le demeure jusqu’au printemps suivant. On trouvera à la figure 3 une représentation schématique du cycle vital du Calochortus lyallii.

 

Figure 3. Représentation schématique du cycle vital du Calochortus lyallii.

Figure 3. Représentation schématique du cycle vital du Calochortus lyallii. [non fructifère = sujets qui fleurissent mais qui à cause de leur petit taille ne forment pas de fruits; ‘une fleur’ = sujets qui produisent une seule fleur pouvant éventuellement donner un fruit; ‘deux fleurs’ = sujets qui produisent deux fleurs pouvant éventuellement donner des fruits; etc.]

La grande majorité des plantules lèvent à faible distance de sujets adultes. Par conséquent, la migration des graines ne joue sans doute pas un rôle important dans la répartition et l’abondance locales du Calochortus lyallii. Par ailleurs, dans les parcelles étudiées, la densité des plantules ne présentait aucune corrélation avec la production de graines de l’année précédente, ce qui semble indiquer que la micro-répartition des plantules n’est pas seulement déterminée par celle de la chute de graines (M. Miller, données inédites). Les parcelles qui renfermaient des plantules tendaient à avoir une litière plus épaisse, ainsi qu’un sol plus épais et plus humide que les parcelles où aucune plantule n’a été observée, mais cette relation était plus ou moins marquée selon les sites.

 

Interactions biotiques

Outre l’absence de pollinisateurs et le manque de certaines ressources, plusieurs types d’interaction négative avec des vertébrés et des invertébrés avaient pour effet combiné de réduire la production de fruits et donc la quantité de graines pouvant contribuer au recrutement dans la population. Ces interactions comprennent le broutage occasionnel des pousses, des boutons floraux, des fleurs et des jeunes fruits par les insectes, la prédation des bulbes par les rongeurs (souris et campagnols), ainsi que les dégâts mécaniques liés au piétinement par les bovins et, dans une moindre mesure, par les cervidés. Chaque année, chez de nombreux sujets, une partie de la feuille basilaire est broutée par des invertébrés; ces dégâts sont d’étendue variable, pouvant se limiter à un petit trou représentant à peine 1 p. 100 de la superficie foliaire, ou au contraire entraîner la perte de toute la feuille. Aucune corrélation n’a été relevée entre l’étendue des dégâts subis par la feuille une année donnée et le nombre de fleurs produites l’année suivante, mais on ne connaît pas toutes les conséquences de ces pertes pour la démographie de l’espèce. Cependant, comme la feuille basilaire est le principal organe photosynthétique de la plante, on peut supposer que les dégâts répétés nuisent de diverses façons à la quantité de ressources affectée à la reproduction les années suivantes, par exemple en modifiant l’équilibre entre la reproduction et la croissance durant une année donnée (Fredricks, 1992).

            Parmi les deux types d’interaction observés avec les mammifères, seule la prédation par les souris et les campagnols de la famille des Microtidés est toujours mortelle pour la plante, parce qu’elle vise directement le bulbe. Les ongulés ne broutent pas activement le Calochortus lyallii, et le piétinement par les bovins ne semble pas à lui seul pouvoir tuer la plante, bien que les sabots de ces animaux puissent faire des dégâts importants à ses parties aériennes. Le piétinement pourrait cependant avoir une incidence importante sur la reproduction de la plante, particulièrement dans les secteurs régulièrement visités par les bovins. Par exemple, dans le site no 1 du versant est, où 17 p. 100 de toutes les tiges florifères ont été piétinées en 1996, la présence des bovins a considérablement nui à la production moyenne de graines des sujets du site (M. Miller, données inédites). Enfin, on n’a pas étudié dans le cadre du présent rapport l’incidence possible du compactage du sol sur le taux de germination des graines et sur le taux de survie des plantules, mais ce point demeure préoccupant, étant donné l’effet du compactage sur l’état hydrique du sol et sur la structure de ses couches superficielles.

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Taille et tendances des populations

Le Calochortus lyallii compte au Canada 11 sites connus, tous situés dans les hauteurs entre le col Richter et la frontière des États-Unis, à quelques kilomètres à l’ouest d’Osoyoos, dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique (tableau 3). Tous les sites se trouvent à moins de quelques kilomètres l’un de l’autre, certains étant séparés par moins de 0,2 km. Étant donné l’activité des pollinisateurs, il est presque certain qu’il y a flux génétique entre ces sites très rapprochés. Par conséquent, si on adopte la définition de « population » généralement acceptée en écologie (groupe de sujets se reproduisant entre eux et partageant un même bassin génétique), on peut dire que le nombre réel des populations canadiennes est probablement bien inférieur à 11 et peut-être de seulement trois ou quatre.

La plupart des sites renferment entre quelques centaines et de nombreux milliers de sujets (tableau 3). Le plus grand compte près d’un demi-million de sujets et s’étend sur plusieurs centaines de mètres le long d’une pente herbeuse du versant nord du mont Black. Des effectifs appréciables sont également présents dans certains milieux semblables des versants est et ouest de la montagne. Les plus petits sites observés, dont certains ne mesurent que quelques mètres de diamètre, se trouvent sur des affleurements à sol mince et sec, ou dans des clairières, ou encore dans les parties perturbées de terres de parcours. Ces sites tendent également à présenter la plus faible densité de sujets, peut-être à cause de conditions écologiques peu propices. Il se peut également que ces sites soient petits simplement parce qu’ils sont récents et encore en train de s’étendre.

La santé d’une population ne peut s’évaluer uniquement par son effectif, car ce paramètre, pris isolément, ne nous renseigne aucunement sur la dynamique réelle de la population et ne permet pas de déterminer, par exemple, si cet effectif augmente, diminue, ou se maintient. Pour pouvoir faire des projections quant au rendement futur de la population, il faut aussi des données sur sa structure actuelle et sur les taux de fécondité et de survie de chaque stade de développement. Dans le cas du C. lyallii, on élabore actuellement une matrice de projection fondée sur l’effectif des divers stades, à partir de données démographiques recueillies en 1996 et en 1997. On trouvera une image préliminaire de la structure actuelle des populations à la figure 4, qui présente la répartition relative des stades en 1996 et en 1997, dans trois sites. Fait à noter, certains sujets observés en 1996 ne sont pas réapparus en 1997; ces sujets ont dû mourir, ou bien ils étaient en dormance au moment de la collecte des données. Il faut également remarquer que le nombre des sujets juvéniles qui se sont ajoutés à l’effectif en 1997 est à peu près égal au nombre de ceux qui s’en sont retranchés, ce qui semble indiquer qu’il y a bel et bien recrutement et que celui­-ci atteint à peu près le taux de remplacement. Cependant, comme ces nombres ne décrivent que les changements survenus en une année, il faut les interpréter avec prudence. Ils pourraient notamment correspondre aux répercussions de l’incendie qui a ravagé le mont Black en 1994, dont on ne connaît pas avec certitude l’incidence à court terme sur la dynamique des populations du C. lyallii.

Tableau 3. Taille des sites du Calochortus lyallii de Colombie-Britannique au moment de la dernière observation
Lieu de récolteDernière
observation
HerborisateurTaille du site
(effectif /
superficie)
Mont Black :
Versant est (no 1)
Versant est (no 2)
Versant nord (no 1)
Versant nord (no 2)
Versant nord-est
Terrasse surplombant le
chemin forestier du mont Black
Versant ouest (no 1)
Versant ouest (no 2)
Versant ouest (no 3)

1997
1997
1997
1997
1995
1997
1997
1997
1997

Miller
Miller
Miller
Miller
Furness
Miller
Miller
Miller
Miller

15 000+ / 0,3 ha
2 500+ / 0,1 ha
400 000+ / 1,9 ha
6 500+ / 0,3 ha
100-150 / 100 m2
7 200+ / 0,15 ha
65 000+ / 0,5 ha
200+ / 400 m2
39 000+ / 0,8 ha
Lac Kilpoola :
Ouest du ruisseau Lone Pine (no 1)
Ouest du ruisseau Lone Pine (no 2)

1997
1997

Miller
Miller

1 200+ / 400 m2
40+ / 50 m2

Selon les dossiers du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, le Calochortus lyallii a été observé pour la première fois en Colombie-Britannique en 1978, par Steve Cannings. Il existe une récolte antérieure (Owenby, 1940), mais les données dont on dispose sur celui-ci ne sont pas assez précises pour qu’on puisse en tirer des conclusions sur les tendances historiques des populations. On ne peut évaluer ces tendances que selon la présence ou l’absence.

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Facteurs limitatifs et menaces

La plupart des sites connus du Calochortus lyallii sont situés dans un secteur continu de terres de la Couronne comprenant les versants supérieurs du mont Black. Ces terres, administrées par le Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, sont entourées en contrebas d’une mosaïque de ranchs privés et font elles-mêmes l’objet de licences pour la paissance et l’exploitation forestière. Or, on a décrit l’effet du piétinement par les bovins sur le C. lyallii et notamment sur son rendement reproducteur. Des règlements limitent l’intensité du broutage et les périodes de paissance sur les terres de la Couronne, mais il semble bien que l’intensité a plutôt augmenté au cours des dernières années, au mont Black, le bétail en paissance libre des ranchs de la région ayant été attiré par la repousse abondante résultant de l’incendie de 1994.

Figure 4. Effectif de chaque stade de développement du Calochortus lyallii dans trois sites du mont Black, en 1996 et en 1997.

Figure 4. Effectif de chaque stade de développement du Calochortus lyallii dans trois sites du mont Black, en 1996 et en 1997. [Les stades dont définis par la taille des sujets (largeur de la feuille basilaire) et par leur état reproducteur : juv = juvéniles (sujets qui n’ont pas encore commencé à se reproduire); non-repro = sujets florifères qui ne produisent pas de fruits; veg = adultes à l’état végétatif; one, two, >two = sujets produisant respectivement une fleur, deux fleurs et plus de deux fleurs; grazed = sujets broutés, dont la hampe florale a été enlevée par les insectes; absent = sujet mort ou dormant en 1997.]

En 1995, sur les versants nord et est du mont Black, des « coupes de récupération » ont eu pour effet d’éliminer tous les arbres dans de vastes secteurs touchés par l’incendie, ce qui a rendu encore plus facile l’accès des bovins à plusieurs sites du Calochortus lyallii. À certains endroits, l’aire de coupe à blanc s’étend jusqu’à moins de 100 m de sites du C. lyallii, ce qui fait craindre en outre un envahissement par les mauvaises herbes exotiques. En fait, le fait que l’incendie, le broutage et la coupe forestière aient tous eu lieu à l’intérieur d’une courte période pourrait avoir des conséquences graves pour les communautés végétales indigènes du mont Black. Déjà, tout un cortège de plantes nuisibles, dont le Cirsium arvense (chardon des champs), le Cynoglossum officinale (cynoglosse officinale) et le Verbascum thapsus (grande molène), se sont établies dans certains secteurs, et les mauvaises herbes Filago arvensis (cotonnière des champs) et Lactuca serriola (laitue scariole) sont en train d’envahir au moins un des sites.

Ironiquement, ce n’est pas tant la coupe forestière elle-même, mais plutôt les travaux de plantation subséquents, qui ont le plus directement menacé l’habitat du Calochortus lyallii au mont Black. Durant ces travaux, des douzaines de clairières naturelles, dont au moins une renferme une population de C. lyallii n’ayant jamais été signalée, ont été choisies par erreur comme cibles de reboisement et systématiquement plantées de semis de conifères. Un certain nombre de ces semis ont été par la suite enlevés à la main, mais bon nombre se trouvent toujours à l’endroit où ils avaient été plantés. Or, si on les laisse croître jusqu’à leur taille adulte, ces espèces arborescentes introduites auront presque certainement pour effet d’altérer l’écosystème prairial de la région, qui en ce moment renferme des superficies appréciables de milieux convenant au C. lyallii.

Les deux sites du lac Kilpoola, situés à 1,5 km au sud du mont Black, sur des terres louées à un ranch privé, présentent également des signes de perturbation récente. Un chemin d’exploitation forestière, taillé à toute vitesse pour donner accès au bois récupérable à la suite de l’incendie de 1994, passe à seulement quelques mètres des deux sites et pourrait les exposer à d’autres types de circulation motorisée hors-route. On mesure encore mal l’incidence immédiate de la coupe elle-même, puisque ces sites n’ont été « découverts » que récemment et qu’on ne connaît donc pas leur situation antérieure. Cependant, comme ils sont relativement petits et isolés par rapport aux autres, ils sont peut-être particulièrement sensibles à la perturbation, d’autant plus que la crête où ils sont situés possède la couverture arborescente la plus clairsemée de tous les sites canadiens du Calochortus lyallii et est facile d’accès pour le bétail.

Outre les effets anthropiques et la perte naturelle d’habitat liée à la succession naturelle vers une végétation forestière, divers facteurs biotiques pourraient avoir un rôle limitatif sur la répartition et l’abondance du C. lyallii près de la limite nord de son aire de répartition. Dans les sites du mont Black, par exemple, le succès de la reproduction semble exiger la présence d’une espèce particulière d’insecte pollinisateur. D’autres facteurs ont probablement une incidence sur les effectifs du C. lyallii, comme la prédation des fruits par les insectes, la prédation des bulbes par les petits rongeurs et le piétinement par les cervidés.

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Importance de l'espèce

Le groupe de collines abritant tous les sites canadiens du Calochortus lyallii fait partie d’un ensemble de hautes terres incluant le mont Kobau, le lac Kilpoola, le secteur de Chopaka et l’aire de conservation des International Grasslands. Cette région est depuis longtemps reconnue pour sa diversité naturelle exceptionnelle, qui est menacée par la dégradation des habitats et par la disparition d’espèces vertébrées, invertébrées et végétales associées à chacun de ces habitats (Bryan, 1996). Située à l’extrême nord de l’écosystème du Grand Bassin de l’Ouest, la région abrite une proportion démesurée des espèces les plus rares de la province, dont plusieurs ne poussent pas ailleurs au Canada. La région renferme en outre l’une des plus grandes superficies restantes de prairie à armoises de la partie sud de l’Okanagan (Bryan, 1996). Étant donné le caractère unique de la région englobant le mont Kobau, le lac Kilpoola et le secteur de Chopaka, le bureau chargé de la coordination des terres au gouvernement de la Colombie-Britannique a récemment accordé une priorité de niveau « Objectif 1 » à la protection de cette région (K. Lewis, comm. pers.).

Par ailleurs, du point de vue taxinomique, le Calochortus lyallii est une espèce unique en Colombie-Britannique, car c’est la seule des trois espèces de Calochortus présentes dans la province à appartenir à la sous-section Nitidi, qui forme un groupe distinct à l’intérieur de la section Eucalochortus (Owenby, 1940). Par ailleurs, la vallée de la Similkameen sépare les populations canadiennes du C. lyallii de la plus proche des populations de l’État de Washington, située à 20 km au sud. Par conséquent, toute dispersion de l’espèce vers le Canada devrait se faire par voie aérienne. Or, le très petit nombre d’occurrences du C. lyallii au nord de la frontière semble indiquer qu’une colonisation par cette voie se produit très rarement.

Enfin, un certain nombre d’arguments convaincants ont été avancés en faveur de la protection des populations se trouvant à la limite de l’aire de répartition d’une espèce (on trouvera un bon résumé de ces arguments dans Lesica et Allendorf, 1995). Certaines données empiriques semblent indiquer, par exemple, que ces populations périphériques présentent souvent des caractères génétiques et morphologiques divergents par rapport aux populations centrales (Lesica et Allendorf, 1995). Par conséquent, la capacité de l’espèce à s’adapter aux conditions changeantes, et donc sa capacité de survie à long terme, dépendent peut-être de la protection de ces populations génétiquement distinctes. Les populations de la limite nord de l’aire peuvent en outre avoir une importance particulière comme point de départ de migration en cas de réchauffement planétaire (Primrack et Miao, 1992). Au même moment, l’isolement géographique de ces populations et le fait qu’elles tendent à se contenter de milieux moins favorables que les populations plus centrales (Lawton, 1993) signifient qu’elles sont souvent plus vulnérables aux facteurs stochastiques ou démographiques qui risquent de les faire disparaître.

On ne sait pas si tous ces arguments, ou même un seul d’entre eux, s’appliquent au  Calochortus lyallii. Il n’en reste pas moins que le flux génétique entre les populations de la Colombie-Britannique et celles des États-Unis est presque certainement très faible, ce qui justifie en soi l’intérêt et la préoccupation qu’entraîne l’espèce.

Dans les communautés végétales où il est présent, le C. lyallii constitue une portion appréciable de la strate herbacée et est l’une des espèces dont la densité relative est la plus élevée (tableau 3). Les sites du C. lyallii, qui s’étendent souvent sur plusieurs hectares, constituent l’une des composantes visuelles importantes du paysage local. La simple densité des populations indique que l’espèce occupe probablement une place importante dans le bilan énergétique local, comme élément du cycle de l’eau et des éléments nutritifs, ainsi que comme source d’énergie pour une variété d’espèces vertébrées et invertébrées. Cela est d’autant plus probable que le C. lyallii est une plante bulbifère : on sait que les bulbes ne font pas que stocker l’énergie recueillie par photosynthèse, mais contrôlent en outre la libération de cette énergie au cours des années subséquentes. Il se peut donc que le C. lyallii joue un rôle important dans la modération des flux d’énergie durant les années de conditions écologiques non optimales.

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Évaluation et statut proposé

Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle mondiale

Le Calochortus lyallii n’est pas protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). L’espèce n’a pas été désignée ni proposée en vertu de la Endangered Species Act des États-Unis, et elle ne figure pas dans le Red Data Book de l’UICN. L’organisme The Nature Conservancy des États-Unis lui a attribué à l’échelle mondiale la cote G3, qui signifie qu’elle est rare ou peu fréquente (normalement de 21 à 100 sites) et peut être sensible aux perturbations à grande échelle, telles que la perte de grandes populations périphériques. Dans la partie sud de son aire de répartition, dans le centre de l’État de Washington, l’espèce est peu fréquente, mais localement abondante.

À l’échelle du Canada et de la Colombie-Britannique

Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a attribué au Calochortus lyallii la cote S1, qui signifie qu’il est très fortement menacé à cause de son extrême rareté (5 sites ou moins, ou très petit nombre de sujets) ou parce qu’un ou plusieurs facteurs risquent de provoquer sa disparition du pays et même de la Terre.  Le même organisme a inscrit l’espèce sur la liste rouge du Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique (Douglas et al., 1998a).

 

Évaluation du statut et recommandation des auteurs

En Colombie-Britannique, le Calochortus lyallii ne se rencontre que dans les hauteurs englobant le mont Black et les secteurs environnants, dans l’extrême Centre-Sud de la Colombie-Britannique. Son habitat, constitué de clairières herbeuses de la forêt de douglas bleu, à une altitude de 900 à 1 300 m, est relativement commun dans les terrains élevés situés au sud du col Richter; l’espèce ne doit donc pas être limitée par le manque d’habitat convenable, du moins localement. Outre la gravité, le C. lyallii ne possède aucun mécanisme évident pour la dispersion de ses graines, et il se peut que cela constitue un facteur limitatif important pour l’établissement de nouvelles populations dans les milieux où l’espèce n’est pas présente.

Malgré les épisodes récents de perturbation due aux travaux sylvicoles et les épisodes réguliers de perturbation due au bétail, rien n’indique pour le moment que les populations de C. lyallii de Colombie-Britannique soit actuellement en déclin ou présentent un risque imminent de disparition. Les populations semblent généralement robustes, tant du point de vue de l’effectif (moyenne estimée à plus de 6 500 sujets) que du recrutement (proportion de nouveaux sujets). La succession vers un milieu forestier, tant naturelle que due aux activités humaines, présente un risque à long terme pour ces populations, mais un incendie survenu récemment au mont Black et dans les collines voisines a eu pour effet immédiat d’augmenter localement la superficie d’habitats dégagés. Par ailleurs, le port bulbifère de la plante, qui l’aide justement à résister aux incendies, la protège peut-être aussi contre d’autres types de perturbation superficielle à court terme, comme le piétinement.

Par contre, au cours des dernières années, le degré de perturbation subi par le mont Black a probablement atteint un niveau sans précédent. Depuis 1995, le milieu a été fragmenté par trois parterres de coupe mesurant chacun plusieurs hectares et a aussi été perturbé par la plantation d’arbres dans des prés qui en étaient auparavant dépourvus. De plus, environ 150 bovins sont relâchés chaque printemps et vont paître dans le brûlis, pratique dont on ignore les conséquences pour ce qui reste de l’habitat. Malheureusement, le caractère très récent de ces agressions rend impossible une évaluation de leur effet à long terme sur les populations actuelles du C. lyallii, d’autant plus qu’on ne possède aucune donnée sur l’effectif et l’étendue antérieurs des sites permettant de comparer le rendement actuel de l’espèce. Quelle que soit la situation actuelle des populations, il faudra un certain temps avant qu’on puisse établir si le C. lyallii est capable de s’adapter à des changements aussi rapides.

On ne sait pratiquement rien, même de façon très générale, sur les facteurs qui peuvent restreindre une espèce donnée à la limite extrême de son aire de répartition; on sait seulement que ces facteurs sont probablement complexes. Dans le cas du C. lyallii, il se peut que l’incapacité de fonctionner efficacement au-delà d’un certain seuil démographique, déterminé par une combinaison de facteurs climatiques, écologiques et physiologiques, empêche l’espèce de migrer plus au nord ou de s’étendre à partir de son aire actuelle (Carter et Prince, 1981). En pareil cas, toute source anthropique de variation démographique (comme le broutage, dont on a constaté l’incidence sur le rendement reproducteur de l’espèce) devient immédiatement préoccupante. Par ailleurs, si le principal facteur limitant la répartition locale du C. lyallii est la dispersion des graines, plutôt que la reproduction elle-même, alors la préservation des secteurs inoccupés par cette espèce, mais pouvant lui convenir, au mont Black et plus au nord, acquiert une importance cruciale à mesure que les sites actuels sont menacés par la perturbation.

En Colombie-Britannique, des 11 sites connus du C. lyallii, deux sont situés sur des terres privées, au-dessus du ruisseau Lone Pine, tandis que les neuf autres se trouvent sur des terres de la Couronne administrées par le Ministry of Forests de la Colombie-Britannique et occupant une superficie continue d’un millier d’hectares sur les versants supérieurs du mont Black. La désignation de ce secteur comme réserve écologique aiderait à protéger l’habitat de l’espèce, une des plus rares au Canada, et permettrait en outre de conserver un écosystème riche et diversifié, caractérisé par une diversité d’habitats et un cortège d’espèces végétales qu’on ne trouve pas ailleurs dans la province. Le secteur abrite au moins deux autres espèces figurant sur la liste rouge de la province et renferme de bons exemples relativement intacts de la prairie à graminées cespiteuses, dont il ne reste que quelques îlots dans le Sud de la province. Le mont Black et le secteur environnant pourraient à tout le moins constituer un excellent modèle pour l’application des principes de la gestion écosystémique en cours d’élaboration dans plusieurs publications traitant de conservation (Noss, 1992).

Dans un article antérieur (Miller et Douglas, 1999), on a recommandé que le statut d’espèce menacée au Canada soit attribué au Calochortus lyallii. Comme sa répartition canadienne est très restreinte et que ses sites sont tous peu étendus et situés à proximité l’un de l’autre, l’espèce est très sensible aux facteurs écologiques stochastiques, ainsi qu’à l’empiètement des activités humaines sur son habitat.

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Résumé technique

RÉPARTITION

            Zone d’occurrence : 150 km2
               Zone d’occupation:  ca. 4,1 ha

 

INFORMATION SUR LES POPULATIONS

Nombre total de sujets au Canada : 536 740
Nombre de sujets matures (reproducteurs) dans la population canadienne : ?
Durée d’une génération : années
Tendance de la population totale : stable
Taux de déclin (le cas échéant) de la population totale :0 % en 10 ans ou 3 générations (selon la durée la plus longue)
Si les données ne sont disponibles que pour une période inférieure à 10 ans ou 3 générations, déclin de ______% en _____ ans.
Nombre de populations connues : 11 sites (peut-être seulement 3 ou 4 populations)
La population totale est-elle fragmentée? OUI
Nombre de sujets dans la plus petite population :40+
Nombre de sujets dans la plus grande population : 400 000+
Nombre d’emplacements toujours existants : 11
Nombre d’emplacements aujourd’hui disparus :
L’espèce connaît-elle des fluctuations d’effectif?
Le cas échéant, quel est   l’effectif maximal?
l’effectif minimal?
L’ampleur de ces fluctuations est-elle supérieure à un ordre de grandeur?

 

FACTEURS LIMITATIFS ET MENACES

La plantation d’arbres et les autres travaux sylvicoles menacent le Calochortus lyallii. Le piétinement par le bétail et l’envahissement par les espèces exotiques sont des facteurs limitatifs. La prédation par les insectes et les petits mammifères pourrait nuire aux populations. Enfin, deux facteurs biologiques intrinsèques, la disponibilité des pollinisateurs et la dispersion médiocre des graines, constituent des menaces pour l’espèce.

 

POTENTIEL DE SAUVETAGE

L’espèce existe-t-elle à l’extérieur du Canada? OUI
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? OUI
Les sujets des populations étrangères les plus proches seraient-ils adaptés aux conditions canadiennes? OUI
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les sujets immigrants? OUI


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Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier Gerry Allen et Joe Antos pour les conseils et les suggestions qu’ils ont fournis pendant la réalisation de la présente étude. Ils aimeraient également remercier Rob Webster et Anthea Bryan, qui ont fourni des renseignements locaux très utiles, et la fondation Nature Trust of British Columbia, qui les a hébergés au lac Kilpoola. Le rapport a été financé par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

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Ouvrages cités

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Carter, R., et S. Prince. 1981. Epidemic models used to explain biogeographical distribution limits. Nature 293: 644-645.

Demarchi, D.A. 1996. Ecoregions of British Columbia--fourth approximation. Wildlife Branch, Ministry of Environment, Lands and Parks, Victoria (Colombie-Britannique).

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Primrack, R., et S.L. Miao. 1992. Dispersal can limit local plant distribution. Conservation Biology 6: 513-519.

Werner, P.A., et H. Caswell. 1977. Population growth rates and age versus stage distribution models for teasel. Ecology 58: 1103-1111.

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Travaux sur le terrain et autres sources d'information

Travaux sur le terrain

À moins d’indication contraire, l’information que renferme le présent rapport est fondée sur les données que le premier auteur a recueillies dans le cadre de ses recherches doctorales sur les exigences d’habitat et la démographie comparée du Calochortus lyallii et d’une espèce répandue et plus commune, le C. macrocarpus. Les recherches ont été effectuées durant les printemps et étés 1996 et 1997, et une troisième saison sur le terrain était prévue pour 1998. Environ 1 300 sujets ont été marqués et cartographiés dans 95 parcelles permanentes, dans trois sites où étaient représentés plusieurs types d’habitats. Un dénombrement a été effectué dans les parcelles deux fois par année, une première fois durant la floraison et une deuxième, durant la fructification. Des données ont aussi été recueillies sur la taille des sujets (y compris leur croissance et leur survie d’une année à l’autre), sur le nombre de fleurs et de fruits, ainsi que sur le broutage par les vertébrés et les invertébrés. Au moyen de transects, des données ont été recueillies sur l’abondance du C. lyallii dans les divers types de microhabitats, notamment en ce qui à traits aux caractéristiques de la litière et du substrat, d’humidité et de couverture des espèces associées. Une matrice de projection fondée sur les divers stades de développement du C. lyallii est en cours d’élaboration, à partir des données recueillies les deux premières années.

En plus d’avoir recherché l’espèce à plusieurs reprises au mont Black, le premier auteur a visité des sites possibles du C. lyallii au lac Kilpoola, au lac Blue, dans l’aire de conservation des International Grasslands, dans le secteur ouest de Chopaka et au mont Kruger. Ces relevés ont permis de découvrir six nouvelles occurrences du C. lyallii (voir Annexe 1). Dans le cas des plus grands sites, comme il n’était pas possible de dénombrer tous les sujets présents, l’abondance a été estimée à partir de la densité moyenne observée à l’intérieur de transects établis dans chacun des trois principaux sites. Par conséquent, les estimations sont dans certains cas provisoires.

 

Herbiers consultés 

Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique)

University of Victoria Herbarium, Victoria (Colombie-Britannique)

 

Experts

1)   Gerry Allen, écologie végétale, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique) V8W 3N5

2)   Joe Antos, écologie végétale, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique) V8W 3N5

3)   Anthea Bryan, consultante en environnement, Penticton (Colombie-Britannique)

4)   Rob Webster, résidant d’Osoyoos (Colombie-Britannique)

5)   Orville Dyer, biologiste de la faune principal, Ministry of Environment, Lands and Parks, Penticton (Colombie-Britannique) V2A 7K2

6)   Jane Thornton, Range Management, Ministry of Forests, Penticton (Colombie-Britannique) V2A 7C8

7)   Jerome Jang, agent des ressources, Sylviculture, Ministry of Forests, Penticton (Colombie-Britannique) V2A 7C8

 

Sommaire des documents conservés au dossier

Toutes les fiches d’occurrence et les cartes ayant trait au Calochortus lyallii sont disponibles auprès du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, à Victoria. Des diapositives du C. lyallii et de son habitat peuvent être obtenues du premier auteur.  

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Les auteurs

Michael J. Miller détient un B.Sc. en biologie de la University of Victoria, où il prépare actuellement un Ph.D. en biologie. Ses travaux de thèse portent sur la biologie et l’écologie du Calochortus lyallii.

George W. Douglas détient un M.Sc. en foresterie de la University of Washington, ainsi qu’un Ph.D. en botanique de la University of Alberta, à Edmonton. Il étudie les plantes rares depuis plus de 20 ans. Il a été auteur principal des Plantes vasculaires rares du Yukon (1981), coauteur de The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985), auteur principal de Rare Native Plants of British Columbia (1998),ainsi que directeur principal de la publication Illustrated Flora of British Columbia (1998-2000). Il occupe le poste de botaniste de programme au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique depuis la fondation de ce centre, en 1991. Durant cette période, George W. Douglas a été auteur ou coauteur de 15 rapports de situation .

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