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Programme de rétablissement de la salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum) (population des Grands Lacs) au Canada (Proposition)


Sommaire

Jusqu'en 2008, la population des Grands Lacs de la salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum) était considérée comme l'une des six sous-espèces de salamandre tigrée, soit la salamandre tigrée de l'Est (A. t. tigrinum). Cette taxonomie sera celle employée dans le présent programme de rétablissement. L'une des salamandres les plus volumineuses au monde, elle mesure à l'état adulte de 18 à 21 cm de long. Elle est caractérisée par des taches jaunes de différentes grosseurs ou par des rayures verticales jaunes sur un dos brun, vert ou noir, ainsi que par un ventre jaune olive avec des taches jaune pâle. Au cours du mois suivant la ponte, des larves gris argenté mesurant de 9 à 17 mm de long naissent des masses d'œufs pigmentés. La métamorphose peut prendre de deux à cinq mois, et la maturité sexuelle est atteinte entre deux et cinq ans.

L'aire de répartition de la salamandre tigrée de l'Est s'étend de Long Island, dans l'État de New York, vers le sud le long de la plaine côtière atlantique; puis vers l'ouest le long du golfe du Mexique jusqu'au sud-est de la Louisiane; et ensuite vers le nord, de l'Alabama au Michigan (quasi-totalité du Michigan inférieur). L'espèce est présente de façon irrégulière dans bon nombre d'États du nord et de l'est de l'aire de répartition principale; elle est toutefois absente de la majeure partie des hautes terres des Appalaches et de la région du delta du Mississippi inférieur. Des petites populations isolées existent ailleurs, notamment sur une ou plusieurs des îles de l'Ohio dans l'ouest du lac Érié.

La population des Grands Lacs est considérée comme disparue de l'Ontario et, par conséquent, du Canada, bien qu'elle puisse n'y avoir jamais existé. L'hypothèse de son existence au Canada est fondée sur la découverte d'un unique spécimen confirmé dont l'origine est mise en cause et qui aurait été capturé en 1915 à la pointe Pelée. L'origine des spécimens qui auraient été capturés à l'île Pelée n'est pas confirmée, et il en va de même pour d'autres spécimens trouvés et observations signalées ailleurs en Ontario. Aucun test génétique ne permet de vérifier leur identité, et aucun complément génétique de la salamandre tigrée n'a été trouvé. Les salamandres tigrées de l'Est qui vivent dans l'extrême sud-est du Manitoba font partie de la population boréale et des Prairies, laquelle n'est pas en péril. Bien qu'elles soient génétiquement similaires aux salamandres tigrées de l'Ohio et de l'est de l'Indiana, elles ne sont pas non plus différentes génétiquement de la salamandre tigrée de Gray, qui vit dans les grandes plaines.

Les besoins en matière d'habitat de la salamandre tigrée de l'Est et les menaces auxquelles elle est confrontée sont hypothétiques et ont été déduits à partir des populations des États-Unis. Le lieu exact de capture et d'habitat du spécimen canadien est inconnu et les menaces connexes, en supposant que la population ait existé, relèvent également de l'hypothèse.

Le rétablissement de la salamandre tigrée de l'Est (population des Grands Lacs) au Canada n'est pour le moment jugé ni réalisable sur les plans biologique et technique, ni approprié. L'existence passée de cette population au Canada est mise en doute. Selon certaines hypothèses, le spécimen aurait été à l'origine capturé aux États-Unis ou il s'agirait d'un individu égaré appartenant à la sous-espèce des îles du lac Érié, ou encore d'un hybride. Néanmoins, les populations adjacentes ne sont considérées ni appropriées ni suffisamment sûres pour servir de source pour une éventuelle relocalisation. Il ne semble pas exister non plus d'habitat de reproduction convenable ou facile à établir de façon à réduire les menaces au minimum. Les zones terrestres existantes présentent une contamination aux pesticides et sont menacées par la mortalité routière, et l'érosion des berges risque de permettre l'introduction de poissons prédateurs dans le seul habitat de reproduction potentiellement convenable et disponible. Ailleurs, les tentatives de rapatriement ont connu un succès mitigé, en raison de la fidélité de la salamandre tigrée de l'Est à ses sites de reproduction et au taux élevé de mortalité de ses œufs. En outre, comme la salamandre tigrée n'a pas été observée dans la région depuis 90 ans, si elle y a jamais existé, d'autres organismes occupent maintenant sa niche écologique. Le caractère réalisable de son rétablissement sera réévalué au besoin, lorsque de nouveaux renseignements le justifieront. Il est recommandé que les chercheurs travaillant sur le terrain soient invités à signaler les observations éventuelles, qu'une confirmation soit obtenue si possible et que le spécimen de C. A. Campbell fasse l'objet d'un test génétique afin de confirmer qu'il n'est pas différent des spécimens de salamandres hybrides provenant du même endroit qui ont déjà été analysés.

L'habitat essentiel ne peut pas être défini pour le moment, étant donné l'incertitude quant à l'existence de cette population au Canada, même antérieurement, ainsi que l'absence de précisions sur l'habitat et le lieu d'origine du seul individu de cette population dont l'observation a été reconnue. Les besoins en matière d'habitat de la salamandre tigrée des États-Unis ne sont pas nécessairement applicables au Canada.