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Programme de rétablissement pour le putois d'Amérique (Mustela nigripes) au Canada

2. Rétablissement

2.1 Faisabilité du rétablissement

Le rétablissement du putois d'Amérique au Canada est jugé faisable puisque l'espèce satisfait aux quatre conditions nécessaires décrites ci-dessous (Environment Canada, 2005):

  1. Des individus capables de se reproduire sont ils actuellement disponibles pour augmenter le taux de croissance ou l'abondance de la population? Réponse: oui

    Il existe déjà un programme très fructueux d'élevage de putois d'Amérique aux fins de la conservation fondé sur des spécimens capturés au milieu des années 1980 dans la dernière population sauvage de l'espèce, à Meeteetse (Wyoming). Ce programme cherche à maximiser à la fois la diversité génétique et la production de petits (IUCN/SSC Conservation Breeding Specialist Group (CBSG), 2004); il compte sept installations réparties aux États-Unis et au Canada afin d'éviter qu'une catastrophe n'entraîne une perte génétique. Depuis 1987, environ 5 800 putois d'Amérique ont été produits en captivité (Marinari, comm. pers.). Le programme possède une installation canadienne mise sur pied au Toronto Zoo en 1992 et qui produit des putois pour le Species Survival Plan (SSP) de l'Association of Zoos and Aquariums (AZA) ainsi que pour les programmes de réintroduction des États-Unis et du Mexique.

    Les putois d'élevage doivent être répartis équitablement entre les divers programmes de réintroduction en cours en Amérique du Nord, mais la BFFRIT appuie néanmoins le programme de rétablissement canadien et veillera à ce qu'il obtienne un nombre suffisant d'animaux (Lockhart, comm. pers.).

    Le programme d'élevage de putois d'Amérique ayant démarré avec un groupe de sept sujets seulement, il y aurait lieu de s'inquiéter de la viabilité génétiques des populations de leurs descendants. Toutefois, l'expression de la dépression de consanguinité dépend très étroitement de l'espèce et de la population en cause. La base de données généalogiques régionale nord-américaine du putois d'Amérique subit actuellement des modifications qui permettront une évaluation systématique des rapports entre les coefficients de consanguinité et les taux de viabilité des populations (Miller et al., 2005). En dépit d'un niveau modéré de consanguinité (le coefficient de consanguinité atteint près de F=0,12), aucune preuve empirique ne permet de conclure à l'existence d'un problème de dépression de consanguinité au sein de la population captive (Miller et al., 2005).

    Les expériences de rétablissement réalisées aux États-Unis montrent que les putois élevés en captivité se reproduisent avec succès dans le milieu naturel (CBSG, 2004). Presque toutes les femelles élevées en captivité se reproduisent dès la première saison de reproduction après les lâchers, et leurs portées sont aussi nombreuses que celles des femelles sauvages plus expérimentées (Livieri, comm. pers.). Malgré la perte de diversité génétique due à la petite taille de la population fondatrice et à plus d'une décennie d'élevage en captivité, ni la fécondité des femelles ni la survie des juvéniles ne semblent avoir baissé (Wisely et al., 2002). Aux États-Unis, plusieurs populations réintroduites issues de putois élevés en captivité sont aujourd'hui autosuffisantes, notamment celles du bassin Conata et de la réserve Sioux de Cheyenne River, au Dakota du Sud, celle du bassin Shirley, au Wyoming, et celle de Aubrey Valley, en Arizona (Livieri, comm. pers.).


  2. Y a-t-il suffisamment d'habitats adéquats pour soutenir l'espèce? Pourrait-on les rendre disponibles grâce à la gestion ou à la restauration d'habitat? Réponse: oui

    Le manque d'habitats de taille et de configuration adéquates est le principal facteur limitant le rétablissement du putois d'Amérique aux États-Unis. Les facteurs qui réduisent la taille et la densité des colonies de chiens de prairie réduisent la qualité des habitats du putois d'Amérique (Rodger et al., 2004). La fragmentation de l'habitat peut rendre les colonies de chiens de prairie restantes impropres à la survie des putois si la distance qui les sépare devient trop grande pour permettre l'établissement d'habitats appropriés pour le putois sur l'ensemble du complexe des colonies de chiens de prairie ou si des obstacles empêchent les putois de se déplacer entre les colonies. À mesure que les colonies de chiens de prairie s'amenuisent ou deviennent plus espacées, les déplacements des putois entre les colonies et la population totale des putois qu'elles peuvent supporter sont réduits (Bevers et al., 1997). Cela étant dit, le nombre relativement limité d'habitats propices au putois ne fait pas toujours obstacle aux efforts de rétablissement. Les expériences effectuées aux États-Unis montrent que les efforts de réintroduction dans les régions portant des colonies de chiens de prairie plus petites peuvent donner de bons résultats. Par exemple, 36 putois ont été relâchés à Heck Table, un sous-complexe du bassin Conata (Dakota du Sud) d'une superficie de moins de 1 000 ha. Aucun lâcher supplémentaire n'a été effectué après le lâcher initial de 1999. Or, les contrôles annuels indiquent que cette population s'autosuffit depuis sept ans (Livieri, comm. pers.).

    L'analyse de la viabilité de la population (Population viability analysis - PVA) des putois d'Amérique du bassin Conata, au Dakota du Sud, montre qu'il faut environ 4 047 ha de colonies de chiens de prairie séparées l'une de l'autre par une distance maximale de 1,5 km pour soutenir une population de putois avec une probabilité de persistance de 90 % sur 100 ans (CBSG, 2004). Même si cette méthode de modélisation constitue un outil utile, les nombreuses lacunes de notre connaissance du comportement et de la démographie des putois au Canada rendent difficile de prévoir exactement le nombre de putois qui pourront survivre dans un habitat après les lâchers. Par exemple, la disposition " en îlots " des colonies de chiens de prairie du Canada permettra peut-être d'accueillir un plus grand nombre de putois que ne le pourraient des blocs plus vastes ou un habitat plus uniforme. Biggins et al. (2006b) laissent à penser que la disposition en îlots de colonies de chiens de prairie présentant une densité suffisante pour accueillir une seule femelle et sa portée réduit l'effet limitatif de la territorialité des femelles et permet de supporter globalement un plus grand nombre de putois que ne le pourraient des blocs plus vastes d'habitat uniforme. Dans le comté de Mellette (Dakota du Sud), des portées de cinq à neuf petits ont été élevées sur des colonies de moins de 16 ha de superficie (Hillman et al., 1979). Les putois peuvent également faire une plus grande utilisation d'autres sources de nourriture, comme le laisse deviner la carte de l'aire de répartition historique au Canada. Les contrôles effectués après les lâchers permettront d'obtenir une meilleure évaluation des besoins en matière d'habitat. Si on juge utile d'accroître la densité ou la taille des colonies de chiens de prairie pour répondre aux objectifs de rétablissement du putois, il existe des techniques efficaces pour le faire (Bly-Honness et al., 2004; Hof et al., 2002; Johnson et Collinge, 2004; Merriman et al., 2004; Milne-Laux et Sweitzer, 2006).

    Il n'existe actuellement dans le Parc national des Prairies et les zones avoisinantes qu'environ 1 000 ha de colonies de chiens de prairie. Même si la chose est difficile à prédire, les estimations préliminaires donnent à penser que ces colonies pourraient assurer la subsistance d'une trentaine de putois, soit une population qui serait très vulnérable à l'extinction et à laquelle il faudrait constamment ajouter de nouvelles recrues (Miller et al., 2005). Compte tenu des connaissances acquises dans le cadre des efforts de rétablissement déployés aux États-Unis et au Mexique, on suggère une capacité de charge à long terme de 50 putois pour le Canada (Miller et al., 2005).

    Le peu de superficie de l'habitat disponible au Canada ne devrait pas décourager les efforts de réintroduction du putois. Toutefois, il sera nécessaire de suivre de très près l'évolution des populations de putois, de chiens de prairie et d'autres espèces en péril pour adapter aux circonstances les efforts subséquents de réintroduction et recueillir des informations détaillées sur les succès, les défis et les effets sur les autres espèces.


  3. Les menaces importantes pour l'espèce ou son habitat peuvent elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement? Réponse: oui

    On a recensé un certain nombre de menaces importantes pour le putois d'Amérique : la peste sylvatique, les maladies naturelles, la prédation par le Grand-duc, l'empoisonnement des spermophiles de Richardson et des chiens de prairie, le changement climatique et la réduction de la diversité génétique. Exception faite de la peste sylvatique, toutes ces menaces peuvent être levées à l'aide des mesures décrites ci-dessous.

    Mesures d'atténuation de la menace 1 - peste sylvatique

    Il n'existe actuellement aucune stratégie efficace de prévention de la peste sylvatique ou de lutte contre cette maladie, mais la pulvérisation d'insecticides dans les terriers des chiens de prairie peut contribuer à stopper la propagation de la maladie aux étapes précoces d'une épizootie (Hoogland et al., 2004; Karhu et Anderson, 2000; Seery et al., 2003). Une gestion des colonies permettant d'isoler certaines d'entre elles des complexes plus importants pourrait également offrir une certaine protection en cas d'épizootie.

    Même si la peste sylvatique est prévalente dans l'écosystème et pourrait faire baisser radicalement les populations de chiens de prairie et la viabilité des putois d'Amérique en cas d'épizootie, ses répercussions possibles ne devraient pas décourager les efforts de réintroduction du putois au Canada. Malgré la présence de la peste sylvatique dans le milieu naturel, les données historiques ne font état d'aucun cas d'épizootie, et rien ne permet de prévoir qu'une épizootie pourrait survenir dans l'avenir. Par exemple, les tests de dépistage effectués sur les coyotes de certaines régions américaines de réintroduction des putois comme Aubrey Valley (Arizona) donnent régulièrement des résultats positifs, sans qu'aucune épizootie n'ait jamais été observée (Livieri, comm. pers.). Par ailleurs, l'idée reçue que la proie principale du putois, le chien de prairie, ne pourrait survivre en présence de niveaux même très bas de la maladie pourrait être fausse. Des observations récentes donnent en effet à penser que la peste peut être présente dans les colonies de chiens de prairie sans y causer de mortalité généralisée (Hanson et al., 2007).

    Les opérations de rétablissement du putois peuvent également influer sur le pronostic des épizooties. Dans beaucoup de cas, une telle épizootie entraînera la perte de la population entière et rendra le site impropre à tout effort ultérieur de réintroduction. Toutefois, dans le cas du bassin Shirley (Wyoming), il semble qu'on ait réussi à contrer les effets d'une épizootie. Deux cent trente-huit putois ont été relâchés dans le bassin Shirley entre 1991 et 1993. Une épizootie de peste s'est ensuite déclarée dans cette région, et on a supposé qu'aucun putois n'avait survécu. Le site n'a fait l'objet d'aucun effort de gestion ni contrôle jusqu'en 1997, année où cinq putois y ont été découverts. Ce nombre était passé à 12 en 2000 et à 196 en 2006 (Livieri, comm. pers.). La peste constitue une menace sérieuse et les risques qu'elle présente sont inconnus, mais cela ne devrait pas décourager les efforts de rétablissement. Même les expériences qui échouent contribueront à accroître nos connaissances et seront utiles aux efforts de conservation du putois.

    Mesures d'atténuation de la menace 2 - maladies naturelles

    On peut faire face aux menaces que posent les maladies naturelles par des mesures de quarantaine et des protocoles de vaccination adéquats. Les réintroductions du putois d'Amérique effectuées aux États-Unis ont montré qu'on peut lutter efficacement contre la maladie de Carré en vaccinant les animaux relâchés et ceux nés dans le milieu naturel à l'aide du Purevax Ferret® (Merial, Athens, Georgia, 30601, U.S.A). Il convient également d'administrer un rappel du vaccin. Une vaccination unique avec Imrab 3® (Merial, Athens, Georgia, 30601, U.S.A.) assure par ailleurs une protection suffisante contre l'infection. La collaboration avec les résidents locaux afin de faire en sorte que tous les chiens domestiques soient adéquatement immunisés contre la rage et la malade de Carré permettre également d'atténuer cette menace. Aucune des autres maladies naturelles ne présente de risque sérieux.

    Mesures d'atténuation de la menace 3 - prédation

    On peut réduire sensiblement les taux de mortalité des putois élevés en captivité en les soumettant à une période d'acclimatation avant de les relâcher dans le milieu naturel (Biggins et al., 1999). L'utilisation de putois ainsi acclimatés ou de putois sauvages relocalisés peut atténuer la menace posée par la prédation. Si un prédateur particulier, comme un Grand-duc, prend l'habitude de s'attaquer aux putois au point de menacer le succès d'un lâcher, il conviendra de retirer cet animal de la zone de réintroduction.

    Mesures d'atténuation des menaces 4 à 7

    Au Canada, les lois qui interdisent la destruction non autorisée des chiens de prairie assurent la protection juridique de l'habitat des putois. Le putois d'Amérique figure sur la liste des espèces " disparues du Canada " aux termes de la Loi sur les espèces en péril du Canada et de la Wildlife Act de la Saskatchewan, et toute action ayant pour but de détruire, blesser, harceler ou capturer des putois d'Amérique ou de détruire les lieux où ils se trouvent ou leur habitat essentiel est donc illégale (Government of Canada, 2002; Government of Saskatchewan, 1998, 1981). On peut atténuer ou éviter les autres menaces à l'aide des mesures suivantes:

    • apport de recrues à des moments critiques afin de réduire les risques de disparition par perte de diversité génétique;
    • éducation, recherche et surveillance à l'appui de décisions de conservation et de gestion;
    • application des lois existantes (Loi sur les espèces en péril, Loi sur les parcs nationaux du Canada, Wildlife Act de la Saskatchewan et son règlement);
    • conclusion d'accords avec les propriétaires fonciers et coopération inter-organisation.

  4. Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles? Leur efficacité est-elle démontrée? Réponse: oui

    Les premiers lâchers de putois d'Amérique ont eu lieu aux États-Unis en 1991. Depuis, les techniques requises pour assurer le rétablissement de cette espèce ont été mises au point et leur efficacité prouvée. Ce sont entre autres les suivantes : élevage en captivité; acclimatation préalable aux lâchers; techniques de lâchers et de relocalisation; surveillance et recensements; protocoles de gestion des maladies. Le Canada profitera grandement des nombreuses années d'expérience de la BFFRIT en matière de réintroduction du putois.

2.2 Objectif du rétablissement

Le programme a pour objectif de rétablir au Canada une population sauvage de putois d'Amérique présentant une probabilité de survie d'au moins 80 % sur 20 ans (c'est-à-dire, une probabilité de disparition inférieure à 20 % sur 20 ans). Ce degré de viabilité est un seuil significatif puisqu'on l'utilise généralement en guise d'indicateur quantitatif du risque de disparition d'une espèce (COSEWIC, 2004; IUCN, 2006b).

2.3 Objectifs de rétablissement

  1. Créer et entretenir un mouvement d'appui à grande échelle pour le rétablissement et la préservation du putois d'Amérique en mettant l'accent sur les principaux intervenants.
  2. Réintroduire le putois d'Amérique au Canada.
  3. Faire en sorte que le rétablissement du putois d'Amérique ne nuise aux populations d'autres espèces en péril.
  4. Déterminer quels facteurs influent sur la capacité de charge de l'habitat du putois au Canada afin d'établir les objectifs à court et à long terme en matière de population.
  5. Intégrer les efforts de rétablissement du putois d'Amérique dans la planification et les interventions en faveur des autres espèces qui coexistent dans les prairies.

Le calcul précis du nombre maximal de putois qui peuvent théoriquement survivre compte tenu des habitats disponibles (capacité de charge) est une condition préalable à l'estimation de la viabilité de la population de putois. Malheureusement, les estimations actuelles de la capacité de charge du milieu pour les putois au Canada sont imprécises; cependant, de l'avis des experts, il sera nécessaire de trouver des habitats supplémentaires. Il conviendra d'effectuer de plus amples études sur les putois relâchés et sur les caractéristiques et la dynamique des populations de chiens de prairie pour améliorer les estimations de la capacité de charge et donc les superficies d'habitat supplémentaires requises pour atteindre les objectifs de rétablissement.

Une fois déterminée la capacité de charge actuelle du milieu pour les putois, on pourra élaborer un plan stratégique à long terme destiné à créer les habitats qui permettront d'atteindre les objectifs de rétablissement. Il faudra peut-être pour cela utiliser des terres situées à l'extérieur du Parc national des Prairies, voire au-delà de l'aire de répartition actuelle des colonies de chiens de prairie. Les modèles de population préliminaires fondés sur des avis d'experts donnent à penser que la réalisation de l'objectif de rétablissement pourrait nécessiter l'ajout de 500 à 1 100 ha de colonies de chiens de prairie afin d'obtenir une capacité de charge d'au moins 40 putois, en supposant que chaque femelle a besoin de 55 à 80 ha d'habitat (Miller et al., 2005; Rodger et al., 2004). Ce modèle sera amélioré à la lumière des résultats des projets de recherche à venir. L'engagement des intervenants et des partenaires de la conservation est une condition nécessaire à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'un programme visant à accroître le nombre et la taille des colonies de chiens de prairie par le biais de mesures volontaires d'intendance et de protection du patrimoine foncier. Les mesures d'établissement d'habitats qui pourraient se révéler nécessaires s'ajouteront aux actions d'élaboration de documents révisés sur le programme et la planification des mesures de rétablissement conduites, en particulier, avec la collaboration des intervenants et en consultation avec ces derniers.

Des mesures de surveillance seront requises puisque la population de putois d'Amérique pourrait avoir besoin d'apports périodiques de recrues pour ne pas disparaître. D'autres ajouts pourraient se révéler nécessaires à l'occasion, même une fois atteint l'objectif de rétablissement. Le rétablissement d'une population canadienne de putois d'Amérique contribuera à la conservation de l'espèce en Amérique du Nord en en créant une population sauvage saine à la limite nord de son aire de répartition. Cette population sera exposée à des facteurs naturels qui favoriseront le jeu de la sélection naturelle.

Considérations relatives aux intervenants

Des sondages effectués auprès de groupes témoins d'intervenants régionaux ont montré que le programme de réintroduction et de rétablissement du putois d'Amérique jouit d'un large soutien (Bowman, 2006). Toutefois, les propriétaires fonciers et la municipalité rurale de Val Marie se sont dits préoccupés des effets possibles d'une telle réintroduction sur la gestion des populations de chiens de prairie et de spermophiles de Richardson. On s'inquiète surtout des moyens qui seront pris pour faire face à ces problèmes. Des solutions satisfaisantes ont été proposées dans le plan de gestion pour le chien de prairie et le plan d'action visant le putois d'Amérique.

2.4 Activités recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement

 

Tableau 2. Résumé des objectifs et stratégies de rétablissement (Essentiel = pour éviter un déclin de la population; nécessaire = pour évaluer et orienter les efforts de rétablissement; utile = utile pour le rétablissement)
ObjectifPrioritéStratégie généraleMenaces viséesMesures proposées
1. Créer et entretenir un mouvement d'appui à grande échelle pour le rétablissement et la préservation du putois d'Amérique en mettant l'accent sur les principaux intervenantsNécessaireConsultation, éducation, sensibilisation des visiteurs et de la communautéToutes les menaces
  • Évaluer l'attitude initiale des intervenants qui risquent d'être touchés, des principales organisations et de la communauté locale à l'endroit du rétablissement du putois d'Amérique et en mesurer l'évolution dans le temps.
  • Parachever et mettre en ouuvre un plan de communication visant à informer efficacement le public local, régional et national et à obtenir sa collaboration pour le rétablissement et la conservation du putois d'Amérique et pour la gestion du chien de prairie. Dans le cadre de ce plan, offrir aux visiteurs du parc, aux bénévoles et aux intervenants régionaux l'occasion de participer à la recherche et aux activités de surveillance et d'accroître leurs connaissances au contact des spécialistes de la gestion des putois et des chiens de prairie.
  • Mettre sur pied un programme d'intendance pour réduire les risques de mortalité accidentelle des putois par empoisonnement et encourager les propriétaires fonciers à accepter la présence des chiens de prairie et de leur habitat.
  • Collaborer avec les résidents locaux pour veiller à ce que les chiens domestiques soient immunisés contre la rage et la maladie de Carré afin de réduire la menace que présentent ces maladies pour les putois.
  • Le cas échéant, recruter des résidents locaux pour les activités de recherche, de surveillance ou d'éducation.
  • Informer en temps utile les propriétaires fonciers et les intervenants intéressés des résultats des recherches effectuées sur le putois d'Amérique.
2. Réintroduire le putois d'Amérique au CanadaEssentielRecherche, planificationToutes les menaces
  • Achever la préparation d'un plan de réintroduction et soumettre une demande à la U.S. Black-footed Ferret Implementation Team afin d'obtenir des spécimens aux fins des lâchers.
  • Relâcher des putois dans des colonies interconnectées de chiens de prairie sur le cours de la rivière Frenchman, en Saskatchewan. Le nombre de sujets alloués aux fins des lâchers canadiens déterminera le nombre et l'emplacement (possibilité de lâchers à l'extérieur du parc) des sites de réintroduction. Les premiers lâchers seront effectués à l'automne 2009.
  • Surveiller l'évolution de la taille de la population de putois d'Amérique et sa diversité génétique.
  • Soutenir le plan de rétablissement des putois d'Amérique du US Fish & Wildlife Service et de l'AZA.
3. Faire en sorte que le rétablissement du putois d'Amérique ne nuise pas aux populations d'autres espèces en périlNécessaireRecherche, surveillance 
  • Effectuer des relevés des populations d'espèces en péril dans les zones de lâchers de putois avant et après la réintroduction de l'espèce.
  • Atténuer les effets nuisibles du rétablissement du putois sur les autres espèces en péril en collaboration avec les équipes chargées du rétablissement de ces dernières.
4. Déterminer les facteurs qui influent sur la capacité de charge de l'habitat du putois au Canada afin d'établir les objectifs à court et à long terme en matière de populationNécessaireRecherchePeste sylvatique; maladies naturelles; changement climatique.
  • Établir des cartes des colonies de chiens de prairie au moins tous les 2 ans.
  • Établir chaque année la densité des chiens de prairie dans un sous-échantillon de colonies.
  • Estimer le nombre de putois que l'habitat actuel peut supporter.
  • Établir les taux démographiques des chiens de prairie et déterminer les effets des variations saisonnières des conditions météorologiques (par exemple, les sécheresses) et de la prédation sur ces derniers.
  • Améliorer l'analyse de la viabilité des populations à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.
  • Déterminer l'incidence de la prédation sur les putois et mettre en oeuvre les mesures voulues pour gérer cette prédation si nécessaire.
  • Évaluer le choix des proies et de l'habitat par le putois au Canada.
5. Intégrer les efforts de rétablissement du putois d'Amérique dans la planification et les interventions en faveur des autres espèces qui coexistent dans les prairiesNécessaireCommunication et collaborationToutes les menaces
  • Intégrer le rétablissement du putois d'Amérique dans les programmes plus globaux de conservation des prairies et de planification des espèces et collaborer avec d'autres équipes de rétablissement canadiennes à l'étude des initiatives de conservation à l'échelle du paysage qui risquent de bénéficier à l'ensemble des espèces concernées.
  • Intégrer le rétablissement du putois dans les programmes d'éducation à la conservation des prairies.
  • Organiser chaque année une réunion des équipes de rétablissement des espèces en péril pour coordonner les méthodes de rétablissement et la planification des actions.
  • Travailler en partenariat avec les comités de rétablissement du putois d'Amérique des États-Unis et du Mexique pour coordonner le rétablissement de l'espèce sur l'ensemble du continent.

2.5 Mesures du rendement

Il faudrait utiliser une méthode de gestion adaptée pour intégrer régulièrement les nouvelles informations dans le processus de rétablissement et tirer ainsi le meilleur parti des nouveaux outils, des nouvelles connaissances, ainsi que des défis et occasions qui se présentent. Une évaluation quinquennale des progrès accomplis s'appuiera sur les mesures du rendement énumérées ci-dessous, en utilisant 2008 comme année de référence.

  • Le plan de gestion des chiens de prairie du Canada a été rédigé, et on a établi et entretenu un large consensus sectoriel, notamment chez les principaux intervenants, en faveur du rétablissement du putois d'Amérique.
  • Le plan d'action a été achevé et approuvé; il répond aux préoccupations des intervenants.
  • Le putois d'Amérique a été réintroduit au Canada.
  • On a estimé le nombre de putois que l'habitat actuel est capable de supporter.
  • Les objectifs de rétablissement à court et à long terme ont été élaborés et précisés.
  • Les populations de chiens de prairie et de Chevêches des terriers ont fait l'objet de contrôles dans la zone de lâchers de putois et les mesures d'atténuation nécessaires ont été appliquées.

2.6 Habitat essentiel

2.6.1 Désignation de l'habitat essentiel du putois d'Amérique

Une des étapes initiales du travail de rétablissement consistera à établir une population de putois d'Amérique au sein des colonies de chiens de prairie présentes le long de la rivière Frenchman, en Saskatchewan. L'habitat jugé essentiel pour supporter cette étape du rétablissement du putois au Canada comprend l'ensemble des colonies de chiens de prairie recensées au Canada, telles que délimitées en 2007, mais il exclut toutes les routes existantes, ainsi que leurs fossés, qui sont comprises à l'intérieur des limites de ces colonies. Il englobe donc les colonies de chiens de prairie présentes dans le Parc national des Prairies, le pâturage collectif Masefield (Direction générale des services agroenvironnementaux, Agriculture et Agroalimentaire Canada) et le pâturage collectif Dixon (province de la Saskatchewan), et sur les terres publiques louées par la province et les terres privées faisant l'objet d'un acte de cession. Les colonies qui se trouvent sur des terres gérées par deux propriétaires fonciers se trouvent à l'intérieur des limites du parc national des Prairies proposé. L'accord conclu en 1988 par Parcs Canada et la province de la Saskatchewan concernant la création du Parc national des Prairies stipule (paragraphe 12.1) que " la Saskatchewan accepte de gérer le parc national proposé d'une manière qui reconnaît la nécessité de maintenir les terres dans leur état naturel actuel aux fins de la gestion du parc, en attendant le transfert de l'administration et de la gestion de ces terres au Canada " [traduction libre]. La gestion des colonies de chiens de prairie est décrite dans un plan de gestion de cette espèce conforme aux dispositions de la Loi sur les espèces en péril.

Les populations de putois seront surveillées pendant cinq ans après les lâchers. On estimera le nombre de sujets que l'habitat actuel peut supporter ainsi que l'usage fait des habitats supplémentaires. Ces informations serviront à déterminer si l'habitat essentiel actuel peut répondre aux objectifs de rétablissement. Si des habitats supplémentaires s'avèrent nécessaires, le problème sera examiné dans le cadre de l'élaboration des documents révisés du programme de rétablissement et du plan d'action dans lesquels il sera notamment question de la coopération avec les intervenants et des consultations de ces derniers.


Figure 2. Habitat essentiel du putois d'Amérique au Canada

Habitat essentiel du putois d'Amérique au Canada (voir description longue ci-dessous).

Livieri, comm. pers.

Description pour la figure 2

Figure 2 est une carte illustrant l'habitat essentiel du putois d'Amérique au Canada. Elle montre aussi la rivière Frenchman, les routes, le parc national des Prairies, le pâturage collectif de Dixon, le pâturage collectif de Masefield ainsi que l'emplacement des ranchs privés à l'intérieur de la frontière proposé du Parc National du canada des Prairies.

Comme la réalisation des objectifs de rétablissement à long terme risque d'exiger l'ajout d'habitats supplémentaires, plusieurs des mesures de rétablissement énumérées au tableau 3 sont essentielles au départ afin de déterminer l'emplacement des habitats propices. Parcs Canada pourrait également effectuer des recherches sur les techniques requises permettant d'agrandir la superficie des colonies de chiens de prairie existantes ou d'en créer de nouvelles.


2.6.2 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

L'habitat essentiel du putois d'Amérique est jugé détruit lorsque lorsqu'il devient impossible pour les putois d'utiliser une portion quelconque d'une colonie de chiens de prairie pour se nourrir, s'abriter ou élever leurs petits; c'est le cas lorsque les terriers s'effondrent, se remplissent de terre ou d'eau ou sont excavés ou autrement bloqués. L'habitat essentiel est également détruit si la communauté végétale subit un changement radical, devient trop haute ou obstructive et nuit aux déplacements des putois entre les terriers, ou offre aux prédateurs des endroits pour se dissimuler ou se percher. Les chiens de prairie maintiennent la végétation dans un état propice aux putois. La destruction de l'habitat essentiel peut aussi découler d'un changement physique apporté au territoire ou de la disparition des chiens de prairie d'une colonie. Certains pâturages offrent aux putois un habitat propice, ce qui témoigne de l'importance des vastes écosystèmes de pâturages. Une gestion appropriée de ces pâturages et les activités qui l'accompagnent sont compatibles avec le maintien d'un habitat essentiel. L'installation de nouvelles canalisations peu profondes pourrait également être compatible avec l'habitat essentiel. Les pratiques de gestion qui ne conduisent pas à la destruction de l'habitat essentiel sont notamment l'utilisation et l'entretien:

  • des clôtures existantes;
  • des canalisations d'eau et des mares-réservoirs existantes;
  • des emplacements de blocs à lécher;
  • des chemins existants pour véhicules, y compris les chemins de terre;
  • des pare-feu existants ou d'urgence.

Parmi les activités qui peuvent entraîner la destruction de l'habitat essentiel figurent les suivantes:

  • agriculture
  • extraction de gravier
  • exploration, mise en valeur et infrastructures industrielles;
  • construction de nouveaux pare-feu permanents;
  • inondations ou remblayages délibérés;
  • activités humaines (y compris construction de routes ou de bâtiments);
  • destruction d'un nombre suffisant de chiens de prairie pour empêcher la colonie de répondre aux besoins des putois (alimentation et abri).

Par contre, certaines activités agricoles préexistantes comme l'exploitation durable des pâturages sont compatibles avec l'habitat essentiel du putois. Les routes existantes ne sont pas incluses dans la description de l'habitat essentiel, et les activités d'entretien de ces routes ne risquent donc pas d'entraîner de destruction de l'habitat essentiel.

Seules certaines de ces activités, comme la culture et l'inondation, présentent par elles mêmes un risque vraisemblable de destruction de l'habitat essentiel. Toutefois il existe probablement des seuils ou des intervalles seuils de perte ou de fragmentation de l'habitat ou de changements des conditions de l'habitat au-delà desquels leurs effets cumulés nuiraient aux chances d'atteindre les objectifs de rétablissement ou de répartition des putois (Huggett, 2005; Lindenmayer et Luck, 2005; Jager et al., 2006; Bets et al., 2007; Rhodes et al., 2008). Les effets cumulés de certaines combinaisons de ces activités risquent de modifier les caractéristiques et les fonctions de l'habitat au-delà du seuil requis pour atteindre les objectifs de population et de répartition nécessaires au rétablissement de l'espèce. Malheureusement, nous ignorons toujours à l'heure actuelle quelles sont les valeurs seuils relatives à l'habitat essentiel du putois.


2.6.3 Calendrier des travaux de définition de l'habitat essentiel

 

Tableau 3. Études liées à la définition de l'habitat essentiel du putois d'Amérique au Canada
MesureAnnée d'achèvement
Parachèvement du plan d'action pour putois d'Amérique et réintroduction de cette espèceSeptembre 2009
Surveillance des putois après les lâchers et estimation de la capacité de charge des colonies actuelles de chiens de prairie.Août 2011
Évaluation du succès de la réintroduction et détermination de la nécessité d'accroître les colonies de chiens de prairie à l'intérieur et à l'extérieur du Parc national des Prairies.Mars 2011
Intégration des putois d'Amérique dans un plan d'action visant plusieurs espèces et définition de l'habitat essentiel du putois en tenant compte des autres espèces qui partagent cet habitat.Juin 2011

2.7 Effets sur d'autres espèces

Les effets possibles des activités de rétablissement du putois d'Amérique sur les espèces avec lesquelles il coexistera au Canada restent largement inconnus (voir la section 1.7 portant sur les lacunes des connaissances). Le tableau 4 résume les effets possibles du rétablissement du putois sur les espèces non visées, les communautés naturelles et les processus écologiques.

La collaboration avec les équipes de rétablissement des espèces touchées peut aider à atténuer beaucoup des effets négatifs possibles du rétablissement du putois d'Amérique sur ces espèces. Les effets sur ces espèces seront étroitement surveillés, et on proposera la tenue d'une réunion annuelle de l'ensemble des équipes de rétablissement des Prairies pour examiner les problèmes qui touchent plusieurs espèces. L'application de procédures adéquates de quarantaine pour tous les putois avant les lâchers et le contrôle de l'immunisation de tous les putois relâchés ou nés dans le milieu naturel contre la maladie de Carré et la rage peuvent réduire les risques de maladies.

Les précautions visant à limiter dans la mesure du possible les effets d'une croissance des colonies de chiens de prairie peuvent atténuer les effets négatifs possibles sur l'habitat d'autres espèces. Il s'agit par exemple d'éviter l'expansion des colonies de chiens de prairie dans les zones où se trouvent des espèces végétales rares ou des communautés d'armoises. On peut recourir à la pulvérisation d'insecticides dans les terriers de chiens de prairie dans le cadre d'un programme de lutte contre la peste lorsqu'on détecte des indices de cette maladie dans une colonie de chiens de prairie. Toutefois, une telle opération, malgré ses effets positifs sur les chiens de prairie et les putois, risque de nuire à la faune des invertébrés.

Les putois, les chiens de prairie et autres espèces susceptibles d'être touchées feront l'objet d'un suivi attentif après les lâchers, et toutes les incidences importantes observées chez d'autres espèces en péril seront atténuées en collaboration avec les équipes chargées de leur rétablissement. Ces mesures d'atténuation seront décrites dans le plan d'action pour putois d'Amérique. Dans le cas improbable où la survie d'une espèce en péril serait menacée par les putois réintroduits, ces derniers pourraient devoir être retirés de la zone en question. Une telle décision devrait être prise par le comité de coordination des espèces en péril de la Saskatchewan, sur l'avis des équipes de rétablissement concernées.

 

Tableau 4. Effets possibles des mesures de rétablissement du putois d'Amérique sur les espèces non visées avec lesquelles il coexistera et sur les communautés naturelles
Espèces ou communautésEffets escomptésNature de l'effetProbabilité de l'effetImportance de l'effet
Chien de prairie (espèce préoccupante)Prédation directe par les putoisInconnu, peut-être négatifCertainInconnue
(peut être négligeable, mais pourrait modifier les niveaux de population s'il coïncidait avec d'autres sources de stress comme la sécheresse ou l'hibernation.)
Chien de prairie (espèce préoccupante)Expansion de l'habitatPositifProbableModérée
Chien de prairie (espèce préoccupante)Augmentation du risque de maladiesRésultats négatifsPossibleInconnue
(voir section 1.7.)
Chevêche des terriers (espèce en voie de disparition)Prédation directe sur les adultes, les jeunes et les oeufsRésultats négatifsPossibleInconnue
(Voir la section 1.7). On trouve des Chevêches des terriers à presque tous les sites actuels de réintroduction du putois aux États-Unis, mais on n'observe aucun signe d'effet possible de la prédation par les putois à l'échelle des populations de Chevêches (Livieri, comm. pers.)
Chevêche des terriers (espèce en voie de disparition)Expansion de l'habitat de nidification grâce à l'expansion des colonies de chiens de prairiePositifProbableInconnue
Chevêche des terriers (espèce en voie de disparition)Risque accru de maladies du fait de l'expansion des colonies de chiens de prairieRésultats négatifsPossibleInconnue
(voir section 1.7)
Renard véloce (espèce en voie de disparition)Expansion de l'habitat grâce à l'expansion des colonies de chiens de prairiePositifPossibleFaible
[D'autres éléments propres à l'habitat et la prédation pourraient jouer un rôle plus important (Moehrenschlager et al., 2004).]
Tétras des armoises (espèce en voie de disparition)Prédation sur les oeufs et les jeunesRésultats négatifsPossibleInconnue
(Jugée négligeable aux États-Unis. Voir la section 1.7)
Tétras des armoises (espèce en voie de disparition)Perte d'habitat due à l'expansion des colonies de chiens de prairieRésultats négatifsPossibleNégligeable
(L'expansion des colonies de chiens de prairie envisagée dans le cadre du programme sera limitée et se produira à l'écart des aires de nidification du Tétras des armoises.)
Pluvier montagnard (espèce en voie de disparition)Prédation sur les adultes, les jeunes et les oeufsRésultats négatifsImprobableNégligeable
(Aucun nid n'a été observé récemment dans la région du Parc national des Prairies.)
Pluvier montagnard (espèce en voie de disparition)Expansion de l'habitat grâce à l'expansion des colonies de chiens de prairiePositifPossibleFaible
(Aucun nid n'a été observé récemment dans la région du Parc national des Prairies malgré la présence de colonies de chiens de prairie.)
Bison des plainesRéduction des superficies propices au pâturage à cause de l'expansion des colonies de chiens de prairieRésultats négatifsPossibleNégligeable
(L'exploitation prévue de pâturages dans le Parc national des Prairies est très limitée.)
Crotales des prairiesSource de proies supplémentaire (putois)PositifProbableInconnue
Crotales des prairiesExpansion de l'habitat grâce à l'expansion des colonies de chiens de prairiePositifProbableInconnue
Aigle royal et Buse rouilleuse (espèces préoccupantes)Source de proies supplémentaire (chiens de prairie)PositifProbableFaible
Spermophile de RichardsonPrédation directe par les putoisRésultats négatifsProbableInconnue
(Même si le putois d'Amérique se nourrit presque exclusivement de chiens de prairie aux États-Unis, les données historiques donnent à penser qu'il pourrait avoir exploité d'autres sources de proies au Canada. Voir sections section1.3 et section1.4.1.)
InvertébrésMortalité accrue à cause des pulvérisations d'insecticides effectuées pour lutter contre la peste sylvatiqueRésultats négatifsPossibleInconnue
(Les pulvérisations nuisent également aux invertébrés endémiques et utiles qui servent de proies aux espèces insectivores. Voir la section 1.7)
Reptiles et amphibiensPrédation directe par les putoisRésultats négatifsImprobableNégligeable
(Le putois d'Amérique se nourrit presque exclusivement de chiens de prairie. Voir la section 1.4.1)
Reptiles et amphibiensExpansion de l'habitat grâce à l'expansion des colonies de chiens de prairiePositifPossibleFaible
(Les reptiles et amphibiens du Parc national des Prairies ne semblent pas dépendre des colonies de chiens de prairie pour leurs habitats.)
Espèces végétales raresPerte d'habitat due à l'expansion des colonies de chiens de prairieRésultats négatifsPossibleFaible
(L'expansion des colonies de chiens de prairie peut être gérée de manière à éviter les zones où se trouvent des espèces végétales rares.)
Espèces végétales raresExpansion de l'habitatPositifPossibleFaible
(Les espèces végétales rares du Parc national des Prairies ne semblent pas dépendre étroitement des colonies de chiens de prairie.)
Stade de fin de succession de la prairie indigèneRéduction de la biodiversité des espèces endémiques ou inconnues due à l'expansion des colonies de chiens de prairieRésultats négatifsPossibleFaible
(L'expansion des colonies de chiens de prairie peut être gérée de manière à éviter les zones où se trouvent des espèces végétales rares.)
Communautés d'armoisesRéduction de l'habitat des armoisesRésultats négatifsProbableModérée
(L'expansion des colonies de chiens de prairie peut être gérée de manière à éviter les zones où se trouvent des espèces végétales rares.)
Autres prédateurs indigènesMortalité accrue ou déplacement des prédateurs communs du putoisRésultats négatifsPossibleFaible
(La mortalité due à la prédation sera principalement réduite par l'acclimatation des putois avant les lâchers. Voir section 2.1.)
Autres prédateurs indigènesRisque accru de maladies (peste sylvatique, maladie de Carré ou rage)Résultats négatifsPossibleFaible
(La peste sylvatique, la maladie de Carré et la rage sont déjà présentes dans le sud de la Saskatchewan. Tous les putois relâchés feront l'objet de procédures appropriées de quarantaine et seront immunisés contre la maladie de Carré et la rage. Voir section 2.1.)
Autres prédateurs indigènesSources de proies supplémentaires (chiens de prairie et putois)PositifProbableFaible

2.8 Énoncé sur les plans d'action

Le plan d'action pour putois d'Amérique au Canada sera achevé en septembre 2009.