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Lotier splendide (Lotus formosissimus)

Taille et tendances des populations

En Colombie-Britannique, le Lotus formosissimus a été récolté dans cinq localités (tableau 1, figure 3). Tous ces sites se trouvent dans la région de Victoria, soit sur l’île de Vancouver, soit sur des îles voisines. Seulement deux des sites ont pu être vérifiés pour le présent rapport de situation. Un troisième n’a pu être retrouvé en 1993, mais il est probable que le L. formosissimus soit toujours présent dans cette localité. Les deux autres sites ont été fortement perturbés, et il est peu probable que des populations y existent encore.

Tableau 1. Sites du Lotus formosissimus au Canada
LocalitéDernière observationHerborisateurEffectif / superficie
Baie Foul (Victoria)         1912       Macoun 
Cap William (Victoria)         1953       Hardy 
Île Bentinck (Victoria)         1977?       Ceska 
Île Trial (Victoria)         1992       Douglas               28 / 30 m2
Pointe Rocky (Victoria)         1993       Ryan               165 / 125 m2

 

Populations récemment confirmées

Pointe Rocky (Victoria)

Trois groupes de Lotus formosissimus ont été découverts récemment (1993) du côté est de la pointe Rocky. Le premier groupe comptait une quarantaine de sujets et occupait 10 m2 d’un ravin dominé par les graminées, en bordure d’une falaise littorale, à l’intérieur d’une communauté de type Quercus garryana - Holodiscus discolor. Le versant sud-est présentait une pente douce à modérée. La végétation était clairsemée, mais le milieu était partiellement abrité des embruns salés et des vents du large par la paroi d’une falaise adjacente. La population occupait une mince couche d’humus (2‑5 cm) recouvrant la roche en place, mais certains sujets semblaient enracinés dans des crevasses plus profondes. Au nombre des espèces associées figuraient les espèces introduites Hypochoeris radicata, Holcus lanatus, Aira praecox et A. caryophyllea, les espèces indigènes Sedum spathifolium, Achillea millefolium, Danthonia californica et Piperia elegans et un lichen du genre Cladina.

Le deuxième groupe de sujets se trouvait un peu plus à l’intérieur (à environ 20 m de la mer), dans le même type de végétation, entre deux affleurements formant un ravin profond de 1 à 2 m exposé au nord-ouest. Le groupe semblait compter entre 50 et 100 sujets et occupait une superficie de 15 m2. Le Lotus formosissimus constituait quelque 25 p. 100 de la couverture herbacée totale du ravin. Malgré l’absence de couvert forestier, le milieu était partiellement ombragé par des chênes de Garry poussant du côté ouest. Le sol était mince et se composait d’une couche d’humus brun foncé et d’une couche minérale de 10 cm d’épaisseur posée sur la roche en place. Au nombre des espèces associées figuraient deux espèces introduites, le Vicia hirsuta et le Plantago lanceolata, et deux espèces indigènes, le Mimulus guttatus et le Plectritis congesta. Les espèces présentes sur les affleurements adjacents étaient l’Holcus lanatus, l’Hypochoeris radicata, la mousse Dicranum scoparium et un lichen du genre Cladina.

Le troisième groupe était situé encore plus loin de la côte, dans une forêt de type Quercus garryana - Bromus établie en bordure de communautés de type Pseudotsuga menziesii -Holodiscus discolor et de buttes rocheuses. Les quelque 50 sujets occupaient une superficie de 100 m2, partiellement ombragée par une chênaie de Garry clairsemée, en sol profond, humide et plat. Le sous‑étage était dominé par un mélange de graminées et d’autres herbacées, dont les espèces introduites Plantago lanceolata, Vicia hirsuta et Holcus lanatus ainsi que l’espèce indigène Elymus glaucus. 

Île Trial (Victoria)

Le Lotus formosissimus est présent dans un pré de l’île Trial, en face de Victoria. En 1992, nous y avons observé 28 sujets, répartis en deux groupes occupant respectivement 20 et 10 m2. Le milieu était relativement abrité, sauf lors des tempêtes violentes, qui exposaient les plantes à des quantités variables d’embruns salés. Le sol était mince, d’épaisseur habituellement inférieure à 20 cm. Le pré était dominé par de nombreuses espèces de graminées et autres herbacées correspondant en grande partie à celles poussant dans les chênaies de Garry, dont le Camassia quamash, le Ranunculus occidentalis, le Plantago lanceolata, le Taraxacum officinale, le Danthonia spicata, l’Achillea millefolium et l’Allium cernuum.

 

Situation inconnue

Île Bentinck (Victoria)

La végétation de l’île Bentinck est dominée par le Pseudotsuga menziesii. Cependant, le Pinus contorta var. contorta et, dans une moindre mesure, le chêne de Garry sont présents le long du littoral, où l’on trouve communément des sols minces et des buttes rocheuses exposées. Le Lotus formosissimus a déjà été observé à l’île Bentinck (A. Ceska, comm. pers.), mais n’a pu être retrouvé lors d’un relevé récent (1993). Or, cette espèce passe souvent inaperçue, surtout lorsqu’elle n’est pas en fleur. Il est donc probable que la population de L. formosissimus existe toujours, mais il faudra le confirmer par de nouveaux relevés.

Figure 3. Situation et position des stations du Lotus formosissimus au Canada

     Figure 3. Situation et position des stations du Lotus formosissimus au Canada.

Populations disparues

Baie Foul (Victoria)

Le Lotus formosissimus a été récolté en 1912 aux environs de la baie Foul. Ce secteur est maintenant dominé par des résidences familiales, et la végétation d’origine y a pratiquement disparu, notamment le long du littoral, où la plupart des espèces indigènes ont été remplacées par des murs de soutènement ou des espèces introduites. Il est fort peu probable que le Lotus formosissimus y soit encore présent, compte tenu des transformations profondes subies par le milieu et de la longue période écoulée depuis la dernière observation. 

Cap William (Victoria)

Le Lotus formosissimus a été récolté dans cette localité en 1953. Pratiquement toute la végétation naturelle y a disparu, et un établissement correctionnel occupe maintenant tout le secteur. Il est fort peu probable que le L. formosissimus soit encore présent.