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Loi sur les espèces en péril- Cahier de consultation au sujet de l'inscription sur la liste des espèces en péril, Maraîche (Lamna nasus)

La maraîche

La maraîche, Lamna nasus, est un grand requin qui est aussi un puissant nageur et le seul représentant connu du genre Lamna dans tout l'Atlantique Nord. La couleur de son corps fusiforme va du gris-bleu foncé dans sa partie supérieure au blanc sur les flancs et le ventre. Bien qu'on en ait rencontré des spécimens qui mesuraient plus de trois mètres de long, les maraîches de plus de deux mètres ne sont pas courantes.

La maraîche est présente de part et d'autre de l'Atlantique, mais des études de marquage ont révélé que sa population du nord-ouest est distincte de celle du nord-est. Dans le nord-ouest de l'Atlantique, ce requin est distribué sur une vaste étendue, allant du Groenland aux Bermudes, mais c'est entre Terre-Neuve et le golfe du Maine qu'il est le plus abondant. La maraîche est un requin pélagique généralement fréquent sur les plateaux continentaux, mais qu'on trouve aussi dans les eaux côtières et dans celles du large, depuis la surface jusqu'à des profondeurs d'au moins 700 m. Elle préfère les eaux dont la température est inférieure à 18 ºC et, d'après des observations provenant des pêches commerciales canadiennes, elle se déplace pour rester dans sa plage thermique préférentielle tout au long de l'année.

Il ressort d'observations d'animaux matures que l'accouplement aurait lieu entre août et novembre sur les Grands Bancs, au large du sud de Terre-Neuve et à l'entrée du golfe du Saint-Laurent. Les analyses des données de prises révèlent que les mâles adultes commencent à migrer vers ces lieux d'accouplement au printemps, avant les femelles.

Les maraîches croissent rapidement la première année, alors qu'à une longueur moyenne de 85 cm elles commencent à être capturées par les pêcheurs. Leur taux de croissance commence à diminuer lorsqu'elles atteignent la maturité, qui survient chez les mâles à 8 ans et à une longueur de 162 à 185 cm et chez les femelles à 13 ans et à une longueur de 210 à 230 cm. Les femelles donnent naissance en moyenne à quatre petits par an, au terme d'une gestation de 8 à 9 mois.

La maraîche se nourrit de poissons avec voracité. Dans des études de son alimentation, on a recensé 21 espèces parmi ses proies, dont le sébaste, le gaspareau, le hareng, la morue, le marquereau et l'encornet. D'après ce qu'on sait, elle ne consomme pas de mammifères marins. Évaluation du COSEPAC Le COSEPAC justifie ainsi la désignation de la maraîche comme espèce en voie de disparition :

Ce requin pélagique très répandu est le seul représentant du genre auquel il appartient dans l'Atlantique Nord. Son abondance a connu un grand déclin depuis que la pêche a repris au Canada dans les années 1990 après un effondrement antérieur et un rétablissement partiel. Les quotas de pêche ont été considérablement réduits, et la pêche est interdite dans certains endroits où se trouvent des requins matures. Les débarquements sont maintenant formés surtout de juvéniles. Les caractéristiques de son cycle biologique, y compris sa maturité tardive et sa faible fécondité, rendent cette espèce particulièrement vulnérable à la surexploitation.

Menaces qui pèsent contre la maraîche

Quoiqu'on ne connaisse pas d'autre prédateur que l'homme à la maraîche, la qualité supérieure de la chair de ce requin en fait une prise convoitée. En même temps, son faible nombre de petits et sa maturité tardive le rendent très vulnérable à la surpêche. Aussi, quand la pêche commerciale de la maraîche a commencé, au début des années 1960, la population s'est effondrée en seulement six ans. Elle n'avait retrouvé que 30 % de son abondance initiale lorsque la pression de pêche se mit à augmenter dans les années 1990, occasionnant un nouveau déclin.

Les quotas actuels sont considérablement réduits par rapport à ceux du milieu des années 1990 et les prises accessoires dans d'autres pêches sont limitées. Toutefois, étant donné le faible effectif de la population de maraîche, même cette basse pression de pêche peut nuire au rétablissement de l'espèce.

On s'inquiète de ce qu'une raréfaction de la nourriture, occasionnée par la diminution des stocks de poisson de fond, puisse contribuer au déclin de la maraîche. Il est cependant peu probable que ce facteur entre vraiment en ligne de compte, étant donné la grande diversité de l'alimentation de ce requin.

Selon le rapport de situation du COSEPAC, rien n'indique que d'autres facteurs aient contribué au déclin de l'effectif de la population de maraîches.

Protection de la maraîche Le MPO a élaboré des Plans de gestion de la pêche de la maraîche en 1994 et 1995, interdisant le prélèvement des nageoires et prévoyant des permis de pêche exploratoire limitée ainsi que des restrictions sur les engins, les zones et les saisons de pêche. Un programme de recherche concertée entre le MPO et l'industrie du requin s'est traduit par une réduction du quota, de 1 000 t en 1997, ramené à 250 t pour la période 2002-2007, au terme de laquelle il est prévu de procéder à une évaluation détaillée du stock.

Conséquences possibles pour les intervenants Une fois ajoutée à la Liste des espèces en péril, la maraîche sera protégée. Si certaines activités sont jugées menaçantes pour la survie et le rétablissement d'une espèce figurant sur la liste, des mesures de gestion seront prises pour limiter ces activités et assurer la protection des espèces en péril.

Les mesures de gestion sont susceptibles d'avoir des répercussions diverses sur les intervenants, notamment d'entraîner pour eux des frais supplémentaires. L'énumération de ces répercussions qui est faite ci-après n'est pas exhaustive. Nous vous invitons à profiter de la présente consultation pour signaler les omissions qu'elle comporte.

Peuples ou groupes autochtones

Des interdictions pourraient toucher les Autochtones qui pratiquent la pêche dirigée de la maraîche si la conservation de l'espèce est menacée. Certaines prises accessoires pourraient être autorisées dans les pêches où on capture accidentellement de la maraîche, si des mesures sont prises pour réduire l'incidence de ces prises sur la maraîche et si la conservation de l'espèce n'est pas compromise.

Industrie de la pêche

Il importe de déterminer pleinement l'ampleur de la menace possible que représente toute activité de pêche pour la maraîche. Une fois cette espèce inscrite sur la liste, des interdictions s'appliqueront aux activités de pêche jugées menaçantes pour sa survie et son rétablissement. Il est peu probable qu'une pêche dirigée soit maintenue. Des prises accessoires pourraient être permises dans une certaine mesure dans les pêches où on capture accidentellement de la maraîche, mais seulement si des moyens sont pris pour réduire l'incidence de ces prises sur ce requin et si la quantité de prises accessoires n'occasionne pas d'autre recul dans la situation de l'espèce. 

Activités scientifiques

Il est possible que les personnes qui veulent effectuer des recherches sur la maraîche dans les zones faisant partie de son habitat essentiel aient à se conformer à des lignes directrices strictes. Il pourrait s'agir de limiter encore davantage le type de recherche autorisée sur la maraîche et d'accroître les délais de planification des projets de recherche.

Autres activités

La navigation maritime, l'exploration du pétrole et du gaz et d'autres activités pourraient subir des répercussions de l'inscription de la maraîche sur la liste des espèces en péril. Aucune menace précise émanant de ces activités n'a été identifiée. Toutefois, si la maraîche est inscrite sur la liste des espèces en péril, comme le suggère le COSEPAC, les interdictions s'appliqueront à TOUTES les activités touchant cette espèce. Les projets d'activités pétrolières et gazières visés par la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (LCEE) devront, conformément à cette loi, tenir compte des effets de ces activités sur les espèces inscrites sur la liste de la LEP.