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Programme de rétablissement de l'obovarie et le ptychobranche [version finale]

Contexte

1. Information sur l'espèce - Obovarie ronde

Sommaire de l’évaluation – mai 2003

 Nom usuel :Obovarie ronde

Nom scientifique :Obovaria subrotunda

COSEPAC Situation :En voie de disparition

COSEPAC Raison de l’inscription : Cette espèce est perdue dans 90 % de son aire historique au Canada. Les populations des rivières Grand et Thames sont disparues et les populations de la rivière Sydenham sont en déclin, le tout attribuable aux effets combinés de la pollution et des impacts agricoles. La plupart des populations des Grands Lacs se sont perdues à cause des impacts de la moule zébrée, et la population restante dans le delta du St. Clair près de l’île Walpole peut être en péril. Si le dard de sable est l’hôte de cette espèce, le déclin de ce poisson menacé affecterait la survie de la moule.

Présence :Ontario

COSEPAC Situation historique : Inscrite en voie de disparition en 2003.

deux individu d'obovarie ronde du delta du lac st-clair

Figure 1 : Deux individus d'obovarie ronde du delta du lac St. Clair. À noter la coloration caractéristique de la pente postérieure. Crédit de la photo : D. McGoldrick, Environnement Canada.

L’obovarie ronde est l’une des 6 espèces d’obovarie générique. Seulement 2 de ces espèces, O. subrotunda et O. olivaria, ont des répartitions qui s’étendent au Canada où les deux espèces sont limitées dans le drainage des Grands Lacs inférieurs et du fleuve Saint-Laurent. L’obovarie ronde est considérée en sécurité au plan mondial (G4) et en sécurité au plan national (N4) aux États-Unis, bien que l’American Fisheries Society l’ait inscrite comme une espèce préoccupante. L’espèce commence à manifester un déclin dans toute sa répartition américaine. Elle est considérée en voie de disparition dans le Michigan et on croit qu’elle est disparue de l’Illinois (G. Kruse, Illinois Department of Natural Resources, communication personnelle, février 2004) et de l’État de New York (D. Strayer, Institute of Ecosystem Studies, communication personnelle, février 2004). Au Canada, l’obovarie ronde est considérée en péril de façon critique (N1) et elle a été inscrite en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada en 2003. La répartition canadienne de cette espèce a toujours été limitée au sud-ouest de l’Ontario où elle se trouvait autrefois dans les rivières Welland, Grand, Sydenham, Thames, St. Clair et Detroit ainsi que dans les eaux du lac St. Clair et à l’ouest du lac Érié. La dégradation de la qualité de l’eau et l’introduction des moules dreissenas ont entraîné un déclin prononcé de la répartition canadienne de l’obovarie ronde et elle ne se retrouve maintenant que dans les eaux du delta du Lac St. Clair et dans une petite portion de la rivière Sydenham du côté est.

L’obovarie ronde est une petite moule atteignant une taille maximale de 60 à 65 mm au Canada. La moule se reconnaît facilement par sa forme ronde et ses becs incurvés vers l’intérieur situés au centre de façon proéminente qui sont élevés bien au-dessus de la charnière. La sculpture des becs est légère consistant en 4 à 5 doubles barres faibles qui sont sinueuses au centre et anguleuses à l’arrière (Parmalee et Bogan 1998). Le coquillage est généralement de couleur sombre, allant du brun-olive au brun foncé et il est relativement lisse sauf pour les restes de croissances proéminents. La pente postérieure est souvent plus claire de façon distinctive que le reste du coquillage (COSEPAC 2003a) (figure 1). Les dents cardinales de cette espèce sont lourdes et fortes. La valve de gauche présente deux dents pseudocardinales triangulaires épaisses et rudes et deux dents latérales fortes, courtes et légèrement incurvées. La valve de droite présente une seule grande dent pseudocardinale triangulaire massivement dentelée, habituellement avec une petite dent tuberculaire compressée de l’un ou l’autre côté. Il y a une seule courte dent latérale rude, épaisse et incurvée, et souvent une dent latérale secondaire incomplète dans la valve de droite (Parmalee et Bogan 1998)

Répartition

Aire globale :La répartition globale de l’obovarie ronde se limite à l’est de l’Amérique du Nord (figure 2). Aux États-Unis, l’obovarie ronde est considérée en sécurité au plan national mais manifeste des déclins dans toute son aire. Cette espèce est connue historiquement dans les systèmes fluviaux de l’Ohio, du Tennessee, du Cumberland et du Mississippi ainsi que dans les drainages du Saint-Laurent, du lac Érié et du lac St. Clair. Elle se trouve actuellement dans l’Alabama, l’Indiana, le Kentucky, le Michigan, le Mississippi, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee et la Virginie occidentale et on croit qu’elle est disparue des États de New York et de l’Illinois. Au Canada, l’obovarie ronde est considérée en péril de façon critique, inscrite en voie de disparition par le COSEPAC et elle se retrouve seulement dans le sud-ouest de l’Ontario.

Aire canadienne :Au Canada, l’obovarie ronde est connue historiquement dans les eaux de l’ouest du lac Érié, du lac St. Clair et des rivières Welland, Grand, Thames, Sydenham et Detroit (COSEPAC 2003a). Depuis 1996, des individus vivants n’ont été signalés que dans la rivière Sydenham et le lac St. Clair (figure 3).

Pourcentage de l’aire globale au Canada :Environ 1 % de l’aire globale de cette espèce se trouve au Canada.

répartition globae de l'obovarie ronde 

Figure 2 : Répartition globale de l’obovarie ronde (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998).

Répartition de l'obovarie ronde au canada

Figure 3 – Répartition de l’obovarie ronde au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1996.

Tendance de la répartition :Depuis l’invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas, la répartition géographique canadienne de cette espèce est réduite de 90 %.

Abondance de la population:

Aire globale :Aux États-Unis, l’obovarie ronde est rarement un élément important de la communauté des moules, représentant généralement entre 0,1 et 1,4 % des espèces présentes (COSEPAC 2003a).

Aire canadienne :La population canadienne la plus importante de l’obovarie ronde se trouve dans le delta du Lac St. Clair où elle constitue 0,011 % de la communauté globale des moules à une densité de 0,0006/m2. Dans la rivière Sydenham, l’obovarie ronde représente environ 0,0024 % de la communauté des moules.

Pourcentage de l’abondance globale au Canada :moins de 1 % de l’abondance globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la population : On estime que la population de l’obovarie ronde au Canada a diminué de 90 % depuis l’invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas. Cette estimation se fonde sur le nombre de dossiers historiques dans les eaux qui contiennent maintenant des moules dreissenas.

Facteurs limitatifs biologiques

Attributs reproductifs : La biologie reproductive de l’obovarie ronde suit la biologie reproductive générale de la plupart des unionidés. Durant le frai, les mâles libèrent le sperme dans la colonne d’eau et les femelles le filtrent de l’eau avec leurs branchies. La fertilisation se produit ensuite dans les régions spécialisées des branchies appelées marsupia. Les jeunes immatures, appelés glochidies, se développent dans les marsupia des branchies et sont libérés par la femelle dans la colonne d’eau pour traverser une période de parasitisme sur un poisson hôte approprié. Le stade de développement du jeune ne peut pas continuer sans une période d’enkystement sur l’hôte. Les glochidies sans crochet deviennent enkystés sur les branchies de l’hôte et sont encapsulés dans un sac rempli de fluide où ils sont nourris par l’hôte jusqu’à ce qu’ils se métamorphosent et deviennent libres, s’installant dans le substrat pour commencer leur vie de jeunes libres. Les espèces de poissons hôtes de l’obovarie ronde n’ont pas été confirmées pour les populations canadiennes, bien que 5 espèces hôtes aient été identifiées aux États-Unis, soit : le dard varigate (Etheostoma variatum), le dard rousselé (Percina stickogaster), le dard moucheté (E. stigmaeum), le dard vert (E. blennioides), et le dard émeraude (E. balleyi) (M. McGregor, Kentucky Department of Fish and Wildlife Resources, communication personnelle, janvier 2004). Seul le dard vert se trouve au Canada où son aire semble s’élargir. Aspect intéressant, l’aire actuelle et historique connue du dard vert ne chevauche pas complètement l’aire historique de l’obovarie ronde (c’est-à-dire que le dard vert n’est pas connu dans la rivière Grand avant 1990 et aucun relevé n’existe pour cette espèce dans la rivière Welland ou le lac Érié (A. Dextrase, ministère des Ressources naturelles de l’Ontario, Peterborough, communication personnelle), suggérant l’existence d’un autre hôte. On sait que les obovaries rondes sont gravides entre septembre et juin et peuvent utiliser le poisson hôte durant cette période.

Dispersion :Comme la plupart des moules d’eau douce indigènes, les adultes de l’obovarie ronde sont essentiellement sessiles, leur mouvement se limitant à seulement quelques mètres sur le fond de la rivière ou du lac. Bien que le mouvement des adultes puisse se diriger en amont ou en aval, les études ont permis de constater un net mouvement en aval avec le temps (Balfour et Smock 1995; Villella et al. 2004). Le principal moyen de dispersion à grande échelle, le mouvement en amont et l’invasion d’un nouvel habitat ou l’évasion d’un habitat détérioré est limité au stade de glochidie enkysté sur le poisson hôte.