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Programme de rétablissement de l'obovarie et le ptychobranche [version finale]

Information sur l’espèce – Ptychobranche réniforme

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Figure 4 : Deux individus du ptychobranche réniforme de la rivière Sydenham. À noter les taches carrées caractéristiques. Crédit de la photo : T. Morris, Pêches et Océans Canada.

Sommaire de l’évaluation – mai 2003

 Nom usuel :Ptychobranche réniforme

Nom scientifique :Ptychobranchus fasciolaris

COSEPAC Situation :En voie de disparition

COSEPAC Raison de l’inscription : Cette espèce a été perdue dans environ 70 % de son aire historique au Canada en raison des impacts des moules zébrées et des pratiques d’utilisation des terres. Elle est maintenant limitée aux rivières Sydenham et Ausable du côté est. Bien que les deux populations semblent se reproduire, tout indique que l’abondance a diminué dans l’est de la rivière Sydenham. Les impacts agricoles, y compris l’envasement, ont éliminé les populations des rivières Grand et Thames, et menacent la survie de cette espèce au Canada.

Présence :Ontario

COSEPAC Situation historique : Inscrite en voie de disparition en 2003.

Le ptychobranche réniforme (figure 4) est l’un des cinq membres du Ptychobranchus génériques présents en Amérique du Nord, mais il est le seul membre de l’espèce ayant une répartition qui s’étend au Canada. L’espèce est considérée globalement en sécurité (G4) et est inscrite par l’American Fisheries Society comme étant stable aux États-Unis bien que, au Canada, le ptychobranche réniforme ait été inscrit comme espèce en voie de

Disparition par le COSEPAC en  2003.

Le ptychobranche réniforme a toujours eu une répartition canadienne limitée au sud-ouest de l’Ontario où il se trouvait autrefois dans les lacs St. Clair et Érié ainsi que dans les rivières Detroit, Sydenham,

 Thames, Ausable, Grand, Welland et Niagara. Les relevés récents ont montré que cette répartition a été réduite et que le ptychobranche réniforme se limite maintenant aux rivières Sydenham et Ausable avec quelques individus éparpillés dans le delta du lac St. Clair.

Le ptychobranche réniforme est une moule d’eau douce de taille moyenne à grande qui se distingue facilement par son coquillage elliptique allongé et son periostracum jaunâtre-brun avec de larges rayures vertes interrompues qui ressemblent à des marques carrées (figure 4). La localité type est la rivière Muskingham en Ohio. La description suivante de l’espèce, signalée par le COSEPAC (2003b), a été adaptée de Clarke (1981), Strayer et Jirka (1997) et Parmalee et Bogan (1998). Le coquillage est solide, lourd et compressé, et peut avoir une forme bossue chez les vieux individus. L’extrémité antérieure est arrondie et l’extrémité postérieure est légèrement pointue. La sculpture des becs est mal développée, consistant en plusieurs fines bosses ondulées indistinctes. La surface du coquillage (periostracum) va d’une couleur jaunâtre à jaunâtre-vert, jaunâtre-brun ou brun moyen, avec des rayures vertes interrompues distribuées de façon générale; le coquillage des vieux individus peut être marron foncé et sans rayure. Le periostracum est lisse sauf pour les restes de croissance rudes et une pente postérieure rugueuse. La nacre est généralement blanche ou bleutée mais peut être rosée chez les jeunes individus. Les dents cardinales sont lourdes. La valve de gauche comporte deux dents pseudocardinales triangulaires épaisses et dentelées et deux dents latérales qui sont courtes, presque droites et habituellement très séparées. La valve de droite comporte une seule dent élevée compressée et pyramidale et une large dent latérale allongée et dentelée. Les dents latérales sont presque pendantes et distantes, ce qui est une bonne caractéristique distinctive. L’interdentum est large et la cavité des becs est peu profonde. Les femelles ont une rainure évidente à l’intérieur du coquillage qui va en diagonale de la cavité des becs vers l’extrémité postérioventrale; cette rainure correspond au marsupium (COSEPAC 2003b).

Répartition :

Aire globale :Aux États-Unis, le ptychobranche réniforme se retrouve actuellement dans l’Ohio, le Tennessee, le Kentucky, le Michigan, l’État de New York, la Pennsylvanie, la Virginie occidentale, la Virginie, l’Alabama, le Mississippi et l’Illinois.

Aire canadienne :Au Canada, le ptychobranche réniforme se retrouve seulement dans le sud-ouest de l’Ontario. Depuis 1997, des individus vivants ont été signalés seulement dans la rivière Ausable, la rivière Sydenham et le lac St. Clair.

Pourcentage de l’aire globale au Canada :Moins de 5 % de l’aire globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la répartition :Depuis l’invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas, la répartition géographique canadienne de cette espèce a été réduite de 70  %.

Abondance de la population :

Aire globale :Aux États-Unis, le ptychobranche réniforme est rarement un élément important de la communauté des moules mais il peut être abondant localement. Il représente habituellement en moyenne 2,5 % (0,2-8,0 %) de la communauté des moules dans les rivières mais aux sites individuels où il est observé, le ptychobranche réniforme peut représenter plus de 10 % de la communauté.

Aire canadienne :La plus importante population canadienne de ptychobranche réniforme se trouve dans la rivière Ausable où il constitue 1,5 % de la communauté des moules. Dans la rivière Sydenham, il est présent selon une densité estimative moyenne de 0,12/m2 aux sites où on le trouve vivant. Dans le delta du lac St. Clair, le ptychobranche réniforme constitue seulement 0,3 % de la communauté des moules (COSEPAC 2003b).

Pourcentage de l’abondance globale au Canada :Moins de 5 % de l’abondance globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la population : On estime que la population du ptychobranche réniforme au Canada a diminué de 70 % depuis l’invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas. Cette estimation se fonde sur le nombre de relevés historiques dans les eaux qui contiennent maintenant des moules dreissenas.

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Figure 5 : Répartition globale du ptychobranche réniforme (modifiée à partir de Parmalee de Bogan 1998)
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Figure 6: Répartition du ptychobranche réniforme au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1997

Facteurs limitatifs biologiques

Attributs reproductifs : La biologie reproductive du ptychobranche réniforme suit la biologie reproductive générale de la plupart des unionidés. Durant le frai, le mâle libère le sperme dans la colonne d’eau et la femelle le filtre avec ses branchies. La fertilisation est possible dans les régions spécialisées des branchies appelées marsupia. Les jeunes immatures, appelés glochidies, se développent dans les marsupia des branchies et son libérés par la femelle dans la colonne d’eau pour traverser une période de parasitisme sur une espèce de poisson hôte appropriée. Le développement jusqu’au stade juvénile ne peut continuer sans une période d’enkystement sur l’hôte. Les membres du Ptychobranchus génériques ont évolué vers une méthode spécialisée de libération des glochidies visant à accroître la probabilité de rencontrer un hôte approprié. Les glochidies sont libérés dans les muqueuses adhérentes appelées conglutines qui ressemblent à des restes de poissons complets avec les trous des yeux ou à des invertébrés benthiques comme les chironomides. Ces deux formes représentent des proies de l’espèce hôte et stimulent l’instinct d’alimentation de l’hôte donnant lieu à une absorption active dans la bouche où les conglutines se rompent, libérant les glochidies à proximité des branchies de l’hôte. Les glochidies sans crochet deviennent enkystés dans les branchies de l’hôte et sont encapsulés dans un sac rempli de fluide où ils sont nourris par l’hôte jusqu’à ce qu’ils se métamorphosent et se libèrent, s’installant sur le substrat pour commencer leur vie de jeunes libres. Trois poissons hôtes des glochidies ont été identifiés pour le ptychobranche réniforme au Canada : le dard noir (Percina maculata), le dard barré (Etheostoma flabellare), et le raseux-de-terre (E. nigrum) (McNichols et Mackie 2004). Au Canada, on sait que les ptychobranches réniformes sont gravides entre septembre et novembre et que l’enkystement dure jusqu’à 60 jours, donnant lieu au potentiel de glochidies enkystés sur les poissons hôtes entre septembre et janvier. (McNichols et MacKie 2004).

Dispersion :Comme la plupart des moules d’eau douce indigènes, les adultes du ptychobranche réniforme sont essentiellement sessiles, leur mouvement se limitant à seulement quelques mètres sur le fond de la rivière ou du lac. Bien que le mouvement des adultes puisse se diriger en amont ou en aval, les études ont démontré un net mouvement en aval avec le temps (Balfour et Smock 1995; Villella et al. 2004). Le principal moyen de dispersion à grande échelle, de mouvement en amont et l’invasion d’un nouvel habitat ou l’évasion d’un habitat détérioré, est limité au stade des glochidies enkystés sur le poisson hôte.