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L’albatros à queue courte (Phoebastria albatrus)

Résumé du rapport de situation

L’Albatros à queue courte (Phoebastria albatrus) se reproduit uniquement dans deux îles situées au sud du Japon, mais son aire de répartition couvre tout le Pacifique Nord. L’espèce a déjà compté des millions d’individus, mais elle a presque disparu à cause de la chasse pour la récolte de plumes au début du 20e siècle. L’estimation la plus récente de la taille de la population est de 1 600 individus. On ne dispose pas d’une évaluation quantitative du degré d’incertitude associé à cette estimation. La population totale croît régulièrement, les populations de reproducteurs augmentant de 7 à 11 p. 100 par année.

Ce taux de croissance actuel est probablement dû à la taille extrêmement petite de la population comparativement à son abondance historique. À mesure que les populations s’accroissent, certains paramètres démographiques dépendant de la densité pourraient prendre des valeurs différentes de celles figurant dans le présent rapport. Par exemple, l’âge à la première reproduction pourrait augmenter, ou le taux de jeunes atteignant l’envol pourrait diminuer. Cependant, il est probable qu’il faudra bien des années avant que les populations n’atteignent des niveaux où de tels effets pourraient apparaître (Cochrane et Starfield, 1999).

Les plus grandes menaces pour le rétablissement de l’espèce sont les éruptions volcaniques et la mortalité accidentelle liée à la pêche à la palangre. Le mazoutage présente une menace potentielle importante. D’autres menaces sont la pollution par les objets en plastique et la présence d’espèces introduites, mais elles ne sont pas encore quantifiées. Comme la taille de la population est petite et que la reproduction est limitée à seulement deux colonies, une éruption volcanique ou un phénomène météorologique catastrophique dans l’île Torishima pourrait réduire notablement le nombre d’oiseaux, et particulièrement réduire la population reproductrice mondiale jusqu’à un niveau tel que le risque d’extinction deviendrait élevé. Ce risque est modéré par le fait que les oiseaux non reproducteurs adultes ou immatures demeurent en mer pendant la saison de reproduction. Bien que non négligeable, la mortalité accidentelle dans les pêches à la palangre n’est pas considérée comme la principale menace pour la survie de l’espèce compte tenu de la population actuelle et de son taux de croissance. Cependant, elle pourrait contribuer à freiner le rétablissement de l’espèce en cas de phénomène stochastique comme une éruption volcanique ou un déversement d’hydrocarbures majeur.

Parmi les menaces mentionnées ci-dessus, la mortalité accidentelle dans les pêches à la palangre constitue actuellement la plus importante pour le maintien et l’accroissement de la population d’Albatros à queue courte dans les eaux canadiennes. Des Albatros à pieds noirs sont régulièrement tués dans les pêches à la palangre commerciales visant le flétan et le sébaste dans les eaux de la Colombie-Britannique, malgré l’obligation d’utiliser des moyens pour éviter la prise d’oiseaux de mer précisée dans les conditions d’obtention de permis (pour la pêche au flétan). Par conséquent, il est probable que ce n’est qu’une question de temps avant que des Albatros à queue courte ne soient capturés dans les eaux de la Colombie-Britannique. La mortalité associée au mazoutage des oiseaux représente pour l’avenir la plus grande menace potentielle.