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L’albatros à queue courte (Phoebastria albatrus)

Habitat

Besoins et tendances en matière d’habitat

Habitat de reproduction

L’Albatros à queue courte est un oiseau qui se reproduit en colonies, nichant en général sur des îles isolées et balayées par le vent, qui sont situées au large et auxquelles les humains ont un accès restreint (Sherburne, 1993). Par le passé, il semble que l’espèce préférait nicher dans des zones plates et dégagées, adjacentes à de grandes touffes d’herbes. Tickell (dans Hasegawa et DeGange, 1982) a décrit le nid de cet oiseau comme une coupe dans les cendres volcaniques, construite et tapissée avec des herbes. Les éruptions volcaniques de 1902 et de 1939, ainsi que le broutage intensif du bétail, ont détruit une grande partie de l’habitat de reproduction original dans l’île Torishima. Actuellement, l’oiseau y niche sur une pente abrupte à végétation dispersée sur un sol volcanique meuble (Hasegawa et DeGange, 1982; Hasegawa, 1984). En 1981‑1982, des espèces végétales indigènes ont été transplantées dans la colonie dans le but de stabiliser l’habitat de reproduction restant ainsi que les nids. On s’efforce maintenant de créer dans l’île Torishima un autre site, à végétation bien fournie, qui serait moins susceptible d’être touché par une coulée de lave, des glissements de boue ou l’érosion. On possède peu de documentation sur l’habitat de reproduction dans l’île Minami-kojima, où il n’y a pas de menace d’activité volcanique.

Habitat marin

On possède très peu d’information sur les besoins de l’Albatros à queue courte en ce qui a trait à son habitat marin. On connaît mal les profils de répartition de l’espèce sur le plan géographique et en fonction des saisons et des classes d’âge dans l’aire de répartition marine (voir les sections ci‑dessous), ou bien on ne les connaît pas encore (p. ex. l’habitat d’alimentation et la répartition des oiseaux nicheurs).

Nombre des mentions historiques indiquent que l’espèce fréquentait les eaux côtières, probablement pour s’alimenter, et qu’elle était abondante dans les eaux peu profondes de la côte de l’Amérique du Nord. Cette assertion est corroborée par le nombre élevé d’ossements de cette espèce découverts dans des tertres depuis la Californie vers le nord jusque dans l’île St. Lawrence, comparativement à ceux des autres espèces d’albatros du Pacifique Nord (Yesner, 1976; McAllister, 1980; Lefèvre, 1997; Crockford et al., 1997; Crockford, 2003). Il faut qu’un grand nombre d’Albatros à queue courte se soient aventurés assez près des terres pour que cette espèce ait été aussi importante dans le régime alimentaire des Autochtones (Hasegawa et DeGange, 1982). De récentes observations en mer dans les eaux nord‑américaines (Sanger, 1972; McDermond et Morgan, 1993) montrent aussi une tendance de l’espèce à fréquenter les eaux côtières, avec des concentrations dans les régions longeant le rebord de la plate‑forme continentale dans la mer de Béring et le long des îles Aléoutiennes (Camp, 1993; McDermond et Morgan, 1993; Sherburne, 1993; Federal Register, 2000). Dans le Pacifique Nord, le milieu marin est caractérisé par des régions côtières de remontées d’eaux avec une productivité biologique élevée, et les profils de répartition observés chez l’Albatros à queue courte, par le passé et actuellement, coïncident probablement avec ces régions. On ne peut toutefois pas écarter la possibilité que ces profils soient liés aux efforts d’observation déployés. Il existe très peu d’information sur la répartition de l’Albatros à queue courte en haute mer, car ces régions sont rarement visitées par des observateurs chevronnés (Kenyon, 1950; Hasegawa et DeGange, 1982). Il est donc difficile de déterminer l’importance relative du milieu marin côtier pour cette espèce.

Quand on a inscrit l’Albatros à queue courte sur la liste des espèces en péril aux États‑Unis, on jugeait que, compte tenu des faibles effectifs de l’espèce comparativement à son abondance historique, cette espèce n’était nulle part en nombres approchant la capacité de support de son habitat marin. Le taux actuel de croissance annuelle (voir les sections ci‑dessous) donne à penser qu’aucun facteur lié à l’habitat marin de l’espèce ne limite la croissance de la population (Federal Register, 2000).


Protection et propriété des terrains

Les îles Torishima et Minami-kojima appartiennent toutes deux au Japon, qui en assure la gestion. Le fait que la propriété de l’île Minami-kojima est également revendiquée par la Chine et Taïwan est préoccupant. Le différend est dû principalement à la présence d’hydrocarbures sur la plate‑forme continentale, près des îles Senkaku (H. Hasegawa, 2001, in litt.). Cette situation pourrait poser des problèmes logistiques et diplomatiques dans les efforts visant à protéger la colonie et entraver les recherches dans l’île.

L’aire de répartition marine de l’espèce comprend différentes régions des eaux japonaises, russes, américaines, canadiennes et internationales, ce qui souligne bien la complexité et l’importance de la collaboration internationale pour la conservation de cette espèce en mer (Suryan et al., 2003).