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Teigne tricheuse du yucca (Tegeticula corruptrix)

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Aux fins de l’estimation de l’abondance du T. corruptrix, environ 30 à 200 fruits mûrs de yucca glauque par population par année (tableau 1) ont été disséqués. Les femelles laissent des traces permanentes de leur activité reproductrice durant une saison sous la forme de cicatrices de ponte dans les parois des carpelles des fruits. Le recrutement de nouveaux individus a été estimé par dénombrement des chenilles vivantes dans chaque fruit. Comme elle nécessite une dissection minutieuse des fruits, cette méthode est destructrice, tant pour les plantes que pour les chenilles. Malheureusement, les adultes sont beaucoup plus difficiles à dénombrer, car ils volent et émergent tard durant la saison et, de ce fait, ne trouvent pas de fleurs de yucca susceptibles de leur servir de cachette durant le jour, contrairement à ceux de la teigne du yucca.  

 

Tableau 1. Fluctuations des taux de survie de la teigne tricheuse du yucca (Tegeticula corruptrix) d’une année et d’un site à l’autre.
Les fruits exempts de pontes et de chenilles ont été pris en compte dans le calcul des indices d’abondance et de densité et des nombres de pontes et de chenilles par fruit. Le taux d’infestation des fruits correspond au pourcentage de jeunes fruits qui ont reçu des œufs. Le taux de survie correspond à la proportion d’œufs qui ont éclos et de larves qui ont survécu jusqu’au quatrième stade.
SiteAnnéePontes /
fruit
Chenilles /
fruit
Proportion
de fruits
infestés
Taux de survieSource
Onefour, Alb.19995,400+1,4431,560+0,451---0,289Hurlburt, données inédites
 20007,846+5,3290,692+0,3280,3850,088Hurlburt, données inédites
 20012,350+1,0910,100+0,0690,1000,042Hurlburt, données inédites
 20023,648+5,3760,110+0,379---0,030Hurlburt, données inédites
 200213,939+0,8753,636+0,254---0,261Snell, 2004
 20031,000+0,2350,033+0,0330,5000,033Hurlburt et Smith,
données inédites
Fort Belknap, MT200115,211+22,2330,947+1,810---0,062Hurlburt, données inédites
 200217,726+23,0044,569+6,061---0,258Hurlburt, données inédites
 20034,467+0,08990,200+0,0880,7330,045Hurlburt et Smith,
données inédites
Loma, MT19992,789+1,5021,053+0,4920,2110,378Hurlburt, données inédites
 200028,00+24,4580,273+0,467---0,010Hurlburt, données inédites
 20011,200+2,3970,050+0,224---0,042Hurlburt, données inédites
 200214,167+14,0490,500+1,225---0,035Hurlburt, données inédites
 20020,534+0,2060,125+0,084---0,234Snell, 2004
Decision Pt, MT20028,933+12,7530,067+0,258---0,008Hurlburt, données inédites
Ft Benton, MT20000,384+0,7680,231+0,599---0,602Hurlburt, données inédites
 20014,250+7,6150,300+0,657---0,071Hurlburt, données inédites
 20020,171+1,0140,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
 20038,182+2,0640,227+0,066---0,028Snell, 2004
Ft Benton 2, MT20001,5 à 9---------Perry, 2001
Cascade, MT20000 à 6 (zéros)
14 à 22 (pas de zéros)
---------Perry, 2001
Judith River, MT20012,790+6,1970,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
 20020,113+0,3750,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
Highwood Mtn, MT20020,627+1,1650,030+0,244---0,048Hurlburt, données inédites
Wolf Creek, MT19997,278+4,2810,556+0,8561,0000,076Hurlburt, données inédites
 20015,962+11,6430,269+0,6671,0000,045Hurlburt, données inédites
 20020,556+1,6530,056+0,236---0,101Hurlburt, données inédites
Roundup, MT20010,500+1,6890,056+0,234---0,112Hurlburt, données inédites
 20020,900+2,1830,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
Billings, MT20023,925+5,2030,170+0,427---0,043Hurlburt, données inédites
 20033,368+1,0510,316+0,1880,6840,094Hurlburt et Smith,
données inédites
Little Big Horn, MT20013,250+5,4370,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
 20020,213+0,6500,000+0,0000,0000,000Hurlburt, données inédites
Kanab 1 – Yellowjacket, UT19950 à 556,62+0,65
(pas de zéros)
0,907---James, 1998
Kanab 2 – Old 89, UT19960 à 325,12+0,35
(pas de zéros)
0,550---James,1998

 

Abondance

L’abondance de la teigne tricheuse du yucca a été estimée d’après le nombre de cicatrices de ponte par fruit et de chenilles par fruit disséqué (tableau 1). Chez la population de la rivière Lost, à Onefour, les nombres de cicatrices de ponte et de chenilles enregistrés sur une période de 5 ans étaient comparables aux valeurs observées chez d’autres populations (Montana et Utah) par D. Hurlburt et mentionnées dans la littérature spécialisée (tableau 1). Toutefois, le faible nombre de données pour les populations comprises dans les portions centrale et méridionale de l’aire de l’espèce ne permet pas d’évaluer l’état global des populations canadiennes. La comparaison des données est également limitée par le fait que les méthodes employées au Utah pour la collecte de données (voir James, 1998) différaient de celles utilisées dans la portion nord de l’aire de l’espèce.

 

Fluctuations et tendances  

En l’absence de données à plus long terme, on ne sait pas si la population de teigne tricheuse du yucca à Onefour est en déclin, stable ou en hausse. Les effectifs de la teigne tricheuse fluctuent considérablement d’une année à l’autre, le nombre de cicatrices de ponte par fleur et le nombre de chenilles par fruit oscillant entre 1 et 14 et 0,03 et 1,60, respectivement, sur une période de 5 ans (de 1999 à 2003). Durant cette même période, les taux d’infestation des fruits ont varié entre 10 et 50 %, et les taux de survie larvaire, entre 0 et 60 % (tableau 1).

Le nombre de populations de T. corruptrix semble toutefois en déclin. Compte tenu du faible pouvoir de dispersion de la teigne tricheuse du yucca et de l’absence de preuves indiquant que l’espèce colonise des peuplements isolés de yucca aux États-Unis, où le yucca glauque et la teigne tricheuse sont tous deux beaucoup plus communs, il paraît raisonnable de supposer que les individus observés dans la réserve de pâturage Pinhorn ne sont ni des individus errants ni des individus issus d’une nouvelle population, mais plutôt les derniers représentants d’une population jadis plus abondante. Cette hypothèse est renforcée par le fait que les effectifs de la teigne du yucca (sans laquelle le T. corruptrix ne peut survivre) ont décliné à la réserve de pâturage de Pinhorn (COSEPAC, 2002). La teigne tricheuse du yucca semble disparue de la réserve Pinhorn. Si c’est le cas, c’est une des deux seules populations connues au Canada qui a disparu. La population de la teigne tricheuse du yucca, comme celle de la teigne du yucca (COSEPAC, 2002), semble avoir souffert des épisodes répétés d’herbivorie par le cerf-mulet dans la réserve. La survie de la teigne tricheuse dépend entièrement du lien de mutualisme entre le yucca glauque et la teigne du yucca et du succès de reproduction de ces deux espèces. En conséquence, les facteurs qui influent sur la survie de l’une ou l’autre de ces deux espèces ont automatiquement une incidence sur celle du T. corruptrix.

 

Effet d’une immigration de source externe

La teigne tricheuse du yucca est présente au Canada, aux États-Unis et vraisemblablement au Mexique. Comme elle n’a été décrite officiellement que tout récemment, les limites précises de son aire de répartition à l’échelle du continent nord-américain demeurent à préciser. Elle ne bénéficie nulle part d’une protection légale, et les informations relatives à sa répartition font défaut dans la plupart des régions. L’étude la plus approfondie concernant la teigne tricheuse a été réalisée par D. Hurlburt, dans les portions les plus septentrionales de l’aire de répartition de l’espèce. Cette étude a révélé que l’abondance et la densité des populations du Montana étaient comparables à celles des populations canadiennes (tableau 1).

Environ 200 km séparent les populations canadiennes de yucca glauque des populations américaines connues les plus proches, situées le long du Missouri, au Montana. Les populations canadiennes sont isolées des populations américaines par la distance et de vastes étendues d’habitat inhospitalier. L’immigration à partir de populations situées plus au sud est très improbable et, dans le meilleur des cas, extrêmement rare.