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Programme de rétablissement du corégone de l'Atlantique

Sommaire

 Le corégone de l’Atlantique [Coregonus huntsmani (Scott, 1987)], est une espèce canadienne endémique[1], dont les mentions historiques proviennent seulement des bassins hydrographiques de la rivière Tusket et de la Petite Rivière, dans le sud‑ouest de la Nouvelle-Écosse[2] (figure 1). Autrefois une espèce anadrome, le corégone d’Atlantique est maintenant jugé disparu de la rivière Tusket (figure 2) et entièrement confiné dans trois lacs semi-naturels (1 600 hectares au total) de la partie supérieure du bassin de la Petite Rivière (figure 3). Les corégones de l’Atlantique ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le monde, et la taille exacte de la population restante est inconnue.

L’espèce, autrefois pêchée dans les bassins de la Tusket et de la Petite Rivière, est l’unique représentant d’une lignée unique de corégones en Amérique du Nord. Elle est par conséquent une composante importante de la biodiversité au Canada. Un déclin prononcé de la population ces dernières décennies a incité le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (maintenant appelé Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, ou COSEPAC) à désigner l’espèce comme « en voie de disparition » en 1984 (ce statut a été reconfirmé par le COSEPAC en 2000). 

On ne connaît pas très bien les facteurs environnementaux/écologiques qui ont entraîné le déclin et la baisse continue de l’abondance des corégones de l’Atlantique. Toutefois, on sait que l’acidification de l’habitat aquatique due aux pluies acides s’est produite dans l’ensemble de l’aire de répartition connue de l’espèce, que l’habitat des corégones de l’Atlantique a été altéré par l’utilisation humaine des terres et des cours d’eau (particulièrement par l’aménagement et le fonctionnement de barrages et de passes migratoires) et que des poissons prédateurs non indigènes (dont l’achigan à petite bouche et le brochet maillé) ont été introduits illégalement dans les bassins hydrographiques. Ces facteurs, de même que l’exploitation excessive et non réglementée pratiquée par le passé, semblent être les principaux facteurs responsables du déclin de l’espèce.

En juin 2003, le Canada a passé la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP a été créée en vue d’empêcher les espèces sauvages canadiennes de disparaître et d’aider les espèces en péril à se rétablir à des niveaux viables. Avec l’entrée en vigueur de la LEP, le corégone de l’Atlantique, reconnu comme menacé par une disparition imminente, a été automatiquement inscrit à liste de l’annexe 1 de la LEP en tant qu’« espèce en voie de disparition ». Aux termes de la LEP, il est impératif d’élaborer des plans de protection juridique et de rétablissement pour les espèces figurant sur la liste.

Aux termes de la Loi, il est interdit de tuer un individu d’une espèce en péril, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre ainsi que d’endommager ou de détruire sa résidence. La Loi protège également l’habitat essentiel une fois que ce dernier a été désigné dans un programme de rétablissement ou un plan d’action. Bien que l’état des connaissances sur les besoins en matière d’habitat du corégone de l’Atlantique s’améliore à mesure que de nouvelles données scientifiques deviennent disponibles, il n’est actuellement pas possible de définir l’habitat essentiel de cette espèce. Par conséquent, l’habitat sera désigné ultérieurement dans un plan d’action. Toutefois, l’annexe II un calendrier des études dans lequel sont décrites les activités de recherche et de surveillance nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel du corégone de l’Atlantique.

La LEP protège le corégone de l’Atlantique, mais elle permet aussi aux programmes de rétablissement d’exempter des interdictions générales des personnes pratiquant certaines activités. En novembre 2004, la Région des Maritimes du MPO a tenu un examen du Processus consultatif régional pour évaluer le niveau de mortalité qui pourrait compromettre la survie ou le rétablissement de l’espèce. D’après la conclusion tirée de la réunion, rien n’indique que les activités humaines en cours dans le bassin de la Petite Rivière menacent la survie du corégone de l’Atlantique; toutefois, l’espèce pourrait ne pas survivre si de nouvelles activités ou des changements proposés aux activités existantes étaient mises en œuvre. En outre, il n’est pas certain que les perturbations causées par les activités humaines resteront faibles une fois que l’achigan à petite bouche se sera bien établi dans le bassin de la Petite Rivière. L’évaluation des dommages admissibles (EDA) n’a pas pu déterminer si les activités en cours compromettaient le rétablissement du corégone de l’Atlantique[3] à cause principalement du manque de connaissances préalables sur la biologie de l’espèce à l’extérieur de la zone actuelle d’occupation connue. Il ne sera possible de répondre à ces questions qu’après la mise en œuvre des mesures de rétablissement.

Une exigence clé de la nouvelle loi est l’élaboration de programmes de rétablissement qui décrivent en détail les mesures à prendre pour protéger et rétablir une espèce. Le présent programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec l’Équipe de conservation et de rétablissement du corégone de l’Atlantique (ECRCA). Pêches et Océans Canada (MPO), le ministère des Richesses naturelles de la Nouvelle-Écosse (MRNNE) et le ministère de l’Agriculture et des Pêches de la Nouvelle-Écosse (MAPNE) ont des responsabilités juridiques à l’égard du rétablissement du corégone de l’Atlantique.

Ce programme de rétablissement définit le but, les objectifs et les stratégies recommandées considérés comme nécessaires pour protéger et rétablir le corégone de l’Atlantique. En résumé, le programme de rétablissement a pour but de :

« Stabiliser la population actuelle de corégones de l’Atlantique en Nouvelle-Écosse, de rétablir la forme anadrome de l’espèce et d’élargir son aire de répartition. »

 Les objectifs énoncent la nécessité :

  1. de conserver, de protéger et de gérer l’espèce et son habitat;
  2. d’augmenter le nombre de populations viables et d’élargir leur aire de répartition;
  3. d’améliorer les connaissances sur l’espèce et son habitat;
  4. d’accroître la participation et l’acceptation du public.

Étant donné les attributs uniques du corégone de l’Atlantique, le danger imminent que l’espèce disparaisse accroît l’importance de mettre en œuvre le rétablissement. Certaines des initiatives particulières pour le rétablissement sont déjà appliquées. L’élargissement de l’aire de répartition du corégone de l‘Atlantique est un volet important du rétablissement de l’espèce. Des efforts visant à élargir l’aire de répartition par l’établissement de populations de secours sont actuellement déployés. Dans le cadre du projet d’essai de trois ans, des corégones de l’Atlantique élevés en captivité ont déjà été relâchés dans le lac Anderson, près de Burnside, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, en novembre 2005 et avril 2006. Comme le succès ou l’échec de cette introduction ne sera connu que dans plusieurs années, le programme de rétablissement ici proposé met l’accent sur les populations historiques et fait l’analyse des efforts de rétablissement au lac Anderson dans la section 2.8.



[1]Voir le glossaire à l’annexe I.

[2]La répartition antérieure de l’espèce (soit avant l’arrivée des Européens au XVIIe siècle) est inconnue.

[3]La condition préalable énoncée à l’alinéa 73(3)c) de la LEP exige que les activités ne mettent pas en péril la survie ou le rétablissement de l’espèce.