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Programme de rétablissement du corégone de l'Atlantique

Introduction

 Les corégones de l’Atlantique se rencontrent uniquement en Nouvelle-Écosse, au Canada, et, à l’état sauvage, ils forment une seule population répartie parmi trois petits lacs semi-naturels interreliés. La population, à un niveau actuel dangereusement faible, a été évaluée comme « en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est protégée aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

 Le corégone de l’Atlantique est un membre de la famille des Salmonidés, dont font partie les saumons et les truites. On l’appelait autrefois « corégone d’Acadie » (Edge et Gilhen, 2001). Le corégone de l’Atlantique a le dos vert foncé ou bleu, les flancs argentés et le ventre argenté à blanc. Il possède une queue fortement fourchue et une nageoire adipeuse (figure 4). En plus d’être consommée par les humains, l’espèce fait l’objet d’une pêche récréative (Scott et Scott, 1988).

On peut distinguer le corégone de l’Atlantique des autres corégones par sa structure génétique (Bernatchez et al., 1991; Murray, 2005) et ses caractéristiques physiques (Edge et al., 1991; Hasselman, 2003). Seul représentant vivant des premières formes de corégones (Smith et Todd, 1992), l’espèce constitue un élément unique de la biodiversité locale, nationale et mondiale.

Le corégone de l’Atlantique, décrit pour la première fois par Huntsman (1922), est une espèce endémique au Canada. Historiquement, l’espèce est réputée fréquenter la rivière Tusket et la Petite Rivière, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Scott, 1987; Edge et Gilhen, 2001) (figure 1). Une population anadrome (qui vit en mer) a été signalée dans la rivière Tusket (figure 2) (Edge et Gilhen, 2001); toutefois, il n’existe aucune mention d’une remonte d’automne dans la Petite Rivière (Bradford et al., 2004a). Depuis l’aménagement des barrages sur la Petite Rivière, on rapporte des corégones de l’Atlantique en aval, dans les portions tant d’eau douce que d’eau de mer du bassin (figure 3) (Edge et Gilhen, 2001). On présume que ces individus sont parvenus, d’une façon ou d’une autre, à passer en aval, au-delà du barrage Hebbville, et qu’ils ont réussi à s’adapter aux conditions marines.     

À cause de ses effectifs à la baisse dans les bassins de la rivière Tusket et de la Petite Rivière ces dernières décennies (Edge, 1984b) et de son aire de répartition mondiale limitée à deux bassins fluviaux, le corégone de l’Atlantique a été désigné « en voie de disparition » par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC; ancien nom du COSEPAC) en 1984. Le corégone de l’Atlantique a été la première espèce de poisson à recevoir cette désignation au Canada. La réévaluation du statut de l’espèce par le COSEPAC en 2000 a permis de conclure qu’une population anadrome existe peut-être dans la rivière Tusket, que la population confinée aux eaux intérieures de la Petite Rivière continue à survivre et qu’il y a une incertitude entourant l’existence d’une remonte anadrome vers la Petite Rivière. Un déclin continu de l’abondance, l’absence d’atténuation des menaces décrites dans l’évaluation précédente et l’apparition de nouvelles menaces (Edge et Gilhen, 2001) ont été cités pour appuyer la désignation de l’espèce comme « en voie de disparition ».

Les renseignements acquis depuis l’évaluation de 2000 du COSEPAC ont confirmé l’existence d’une population confinée aux eaux intérieures de la Petite Rivière, jeté des incertitudes concernant l’existence d’une remonte anadrome vers cette rivière (Bradford et al., 2004a) et révélé que l’espèce a disparu de la rivière Tusket (le dernier spécimen confirmé a été capturé en 1982 [Edge, 1984a]). L’aire de répartition de l’espèce est actuellement limitée au sein d’une superficie globale de 16 km2 réunissant trois petits lacs semi-naturels (Hebb, Milipsigate et Minamkeak) du bassin de la Petite Rivière (figure 3) (Bradford et al., 2004a; MPO, 2004a).

Les Canadiens et les Canadiennes reconnaissent que le patrimoine naturel fait partie intégrante de l’identité et de l’histoire nationales ainsi que du patrimoine mondial. Nous reconnaissons aussi que les espèces sauvages, y compris les poissons, ont une valeur intrinsèque ainsi que des valeurs d’ordre esthétique, culturel, spirituel, récréatif, éducatif, historique, économique, médical, écologique et scientifique. Par conséquent, quand une espèce devient en péril, comme c’est clairement le cas du corégone de l’Atlantique, le Canada et la Nouvelle-Écosse ont tous deux la responsabilité, dans le cadre de leur mandat de conservation, de protéger, de conserver et de rétablir l’espèce. Les deux compétences ont déterminé que la préparation d’un programme de rétablissement visant le corégone de l’Atlantique est appropriée comme première étape officielle en vue de remplir cette responsabilité.

En résumé, le corégone de l’Atlantique se rencontre seulement en Nouvelle-Écosse, il représente une importance considérable sur le plan évolutionnaire, il risque l’extinction à cause de plusieurs menaces et il faut mettre immédiatement des mesures en vue de son rétablissement. Conçu pour présenter aux parties participantes une orientation commune à suivre, ce document a pour objet d’énoncer un programme de rétablissement visant le corégone de l’Atlantique par la définition d’un but et d’objectifs destinés à arrêter ou à inverser le déclin de l’espèce ainsi que par l’identification des principaux secteurs où des activités doivent être entreprises.