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Programme de rétablissement du corégone de l'Atlantique

1. Contexte

1.1 Situation

1.1.1 Situation au Canada

Résumé d’évaluation du COSEPAC

Nom commun : Corégone de l’Atlantique

Nom scientifique : Coregonus huntsmani

Désignation : en voie de disparition

Présence : Nouvelle-Écosse

Raison de la désignation: Cette espèce endémique à la Nouvelle‑Écosse n’est présente que dans les réseaux fluviaux de la rivière Tusket1 et de la Petite Rivière. L’espèce continue de décliner en raison de la perte d’habitat, de la dégradation de l’habitat par l’acidification, de barrages hydroélectriques, d’introductions d’espèces exotiques et de sa capture accidentelle.
 
Historique de la désignation : Espèce désignée en voie de disparition  en avril 1984. Situation de l’espèce réexaminée et confirmée en novembre 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation mis à jour.

1 L’espèce est maintenant considérée comme disparue de la rivière Tusket (Bradford et al., 2004a).

 1.1.2 Situation à l’échelle mondiale

En 1996, l’Union mondiale pour la nature (UICN) a désigné le corégone de l’Atlantique comme une espèce vulnérable. Dans sa liste rouge, l’UICN lui attribue le code VU D2, ce qui indique que l’espèce n’est pas en danger, mais qu’elle court un risque élevé extinction à l’état sauvage à moyen terme[1]. La désignation de 1996 indique que la population est très petite et que sa zone d’occupation est très réduite.

1.2 Répartition

1.2.1 Aire de répartition mondiale

Le corégone de l’Atlantique est endémique à la Nouvelle‑Écosse, c’est‑à‑dire qu’on ne le trouve nulle part ailleurs au monde.  En Nouvelle-Écosse, l’espèce n’était présente  que dans les réseaux hydrographiques de la rivière Tusket et de la Petite Rivière et dans les baies et estuaires adjacents (figure 1). Elle est disparue du réseau hydrographique de la rivière Tusket après 1982 (Bradford et al., 2004a).

Figure 1. Carte de la répartition historique du corégone de l’Atlantique[2]

Figure 1. Carte de la répartition historique du corégone de l’Atlantique[2]

Malgré d’importantes pêches commerciales et récréatives dans les eaux douces et les eaux côtières de toute la Nouvelle-Écosse et de vastes relevés de poissons effectués à la grandeur de la province, aucune population de corégone de l’Atlantique n’a été signalée ailleurs que dans ces deux réseaux hydrographiques. On a signalé des captures isolées de spécimens identifiés comme des corégones de l’Atlantique à l’embouchure de la rivière Sissiboo, dans le sud‑ouest de la Nouvelle-Écosse en 1919 (Scott et Scott 1988), à Halls Harbour, sur le chenal Minas, en 1958 (Edge et Gilhen, 2001) et dans l’estuaire de la rivière LaHave en 1995 et en 1997 (Edge et Gilhen, 2001). Ces spécimens appartenaient peut-être à la population de la rivière Tusket ou à celle de la Petite Rivière.

1.2.2 Réseau hydrographique de la rivièreTusket

La population de corégones de l’Atlantique de la rivière Tusket semble avoir été entièrement anadrome. On n’a pas signalé la présence de l’espèce dans ce réseau hydrographique depuis 1982, et cette population est maintenant considérée disparue (Bradford et al., 2004a).

 La présence du corégone de l’Atlantique a été signalée dans le cours inférieur non soumis aux marées des rivières Tusket et Annis, dans l’estuaire que se partagent ces deux rivières, ainsi que dans le havre de Yarmouth, situé plusieurs kilomètres à l’ouest de la rivière Tusket (figure 2). Il n’existe aucun renseignement concernant la distance sur laquelle le corégone de l’Atlantique remontait les rivières Tusket et Annis (Bradford et al., 2004a; figure 2).

Figure 2. Bassin hydrographique et estuaire des rivières Tusket et Annis.

Figure 2. Bassin hydrographique et estuaire des rivières Tusket et Annis.

Tusket Falls Dam = Barrage des chutes Tusket

Watersheds = Bassins hydrographiques

Annis River Watershed = Bassin hydrographique de la rivière Annis

Tusket River Watershed = Bassin hydrographique de la rivière Tusket

1.2.3 Réseau hydrographique de la Petite Rivière

Le réseau de la Petite Rivière contient une bonne population résidente de corégones de l’Atlantique répartie dans les lacs Minamkeak, Milipsigate et Hebb (Edge et Gilhen, 2001; figure 3). Les poissons ne peuvent accéder à ces lacs (qui couvrent ensemble une superficie d’à peine plus de 16,0 km2) à partir de la mer, car le barrage situé à Hebbville (figure 3) bloque complètement le passage des poissons vers l’amont. Le premier spécimen confirmé de corégone de l’Atlantique a été capturé à la décharge du lac Milipsigate en 1923 (Piers, 1927). 

Il n’existe aucune mention d’une remonte anadrome du corégone de l’Atlantique dans la Petite Rivière avant ou après la construction des barrages sur cette rivière. Depuis la construction des barrages, on a observé des corégones de l’Atlantique dans le lac Fancy, en aval des trois lacs susmentionnés, et dans les eaux à marée de la Petite Rivière (figure 3). Comme aucune population résidente n’a été trouvée dans les récents relevés effectués dans les lacs situés en aval des barrages (Bradford et al., 2004a), on présume que ces poissons sont parvenu, d’une façon ou d’une autre, à franchir le barrage Hebbville vers l’aval (sans doute ont‑ils été emportés par le courant au-dessus du barrage). Il n’existe aucune information sur ce franchissement du barrage, et on ignore à quel moment et à quel âge le corégone de l’Atlantique pourrait le franchir. D’autres spécimens, sans doute aussi des membres égarés de la population lacustre résidente (Bradford et al., 2004a), ont été capturés dans l’estuaire de la rivière LaHave (Edge et Gilhen, 2001), qui se trouve à l’est de la Petite Rivière (figure 3).

La présence du corégone de l’Atlantique dans le lac Minamkeak revêt une importance particulière parce que les eaux du lac ont été détournées de la rivière Medway (figure 3) vers la Petite Rivière (Edge et Gilhen, 2001). De récents relevés ont montré que le  corégone de l’Atlantique n’est pas résident dans la rivière Medway et son affluent qui recevait auparavant les eaux du lac Minamkeak (Bradford et al., 2004a). La présence du corégone de l’Atlantique dans le lac Minamkeak résulte sans doute de sa colonisation à partir des lacs Milipsigate et Hebb après le détournement (Bradford et al. 2004a).

1.3 Protection légale

Comme le corégone de l’Atlantique est inscrit à l’annexe 1, partie 2, de la Loi sur les espèces en péril (LEP), les dispositions des articles 32 (interdiction de tuer un individu d’une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre) et 33 (interdiction d’endommager ou de détruire la résidence) de la LEP s’appliquent directement à cette espèce. On dispose de trop peu d’information sur le cycle de vie du corégone de l’Atlantique et son utilisation de l’habitat pour décrire sa résidence. 

Figure 3. Bassin hydrographique de la Petite Rivière et estuaire de la baie Green

Figure 3. Bassin hydrographique de la Petite Rivière et estuaire de la baie Green

Features within ... = Légende

Current known range... = Aire de répartition actuelle connue du corégone de l’Atlantique

Petite Rivière watershed = Bassin hydrographique de la Petite Rivière

  1. Canal de trop-plein relié à la rivière Medway lorsque les eaux sont hautes
  2. Ancienne connexion avec le réseau de la rivière Medway
  3. Prise d’eau de la municipalité de Bridgewater

Fish  Passage barriers = Obstacles au passage du poisson

  1. Barrage Crousetown
  2. Conquerall Mills
  3. Barrage Hebbville
  4. Barrage Milipsigate
  5. Barrage Minamkeak

Lorsque l’habitat essentiel sera légalement déterminé, l’interdiction de sa destruction s’appliquera (article 58 de la LEP).

En plus de la LEP, la Loi sur les pêches et ses règlements s’appliquent directement ou indirectement au corégone de l’Atlantique. Cette loi protège le poisson et son habitat, tandis que ses règlements d’application, soit le Règlement de pêche (dispositions générales) [RP(DG)], le Règlement de pêche des provinces maritimes (RPPM), le Règlement de pêche de l’Atlantique de 1985 (RPA) et le Règlement sur les permis de pêche communautaires des Autochtones (RPPCA), constituent des outils pour protéger, conserver et gérer les pêches.

En ce qui concerne les pêches, voici trois des plus importantes dispositions réglementaires :

  1. l’article 6 du RPPM qui interdit de prendre et de garder ou d'avoir en sa possession un corégone de l’Atlantique;
  2. l’article 6 du RP(DG) qui prévoit la prise d’une ordonnance de modification pour fermer une saison de pêche fixée par règlement;
  3. l’article 22 du RP(DG) qui prévoit l’établissement des conditions de permis.

Après des discussions avec les parties intéressées, le MPO et la province ont convenu de prendre d’autres mesures de gestion pour la Petite Rivière afin de protéger le corégone de l’Atlantique, surtout contre la capture accidentelle. Toute pêche à la ligne est maintenant interdite par ordonnance de variation chaque année du 1er avril au 30 juin dans les lacs Minamkeak, Milipsigate et Hebb et les eaux qui les relient (figure 3). Depuis 2005, seuls les mouches artificielles et les leurres non appâtés sont permis durant la saison de pêche à la ligne (du 1er juillet au 30 septembre). Un titulaire de permis de pêche commerciale du gaspareau au filet maillant dans l’estuaire de la Petite Rivière a dû relocaliser ses filets pour respecter une condition de permis.

En ce qui concerne la protection du poisson et de son habitat, voici quelques dispositions réglementaires importantes de la Loi sur les pêches :

  1. les articles 20 à 22 qui concernent les exigences en matière de passage du poisson et la construction de passes migratoires;
  2. l’article 32 qui interdit de causer la mort de poissons par d’autres moyens que la pêche, à moins d’avoir l’autorisation du ministre;
  3. le paragraphe 35(2) qui interdit la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson, à moins d’avoir l’autorisation du ministre;
  4. le paragraphe 36(3) qui interdit d’immerger ou de rejeter une substance nocive dans des eaux où vivent des poissons.

Le MPO administre ces dispositions de la Loi sur les pêches, à l’exception de l’article 36, qui relève d’Environnement Canada.

Le corégone de l’Atlantique et son habitat sont également protégés par la Endangered Species Act (1998) et la Environment Act (1994-1995) de la Nouvelle-Écosse. Comme les lacsMinamkeak, Milipsigate et Hebb constituent l’approvisionnement en eau de la municipalité de Bridgewater, ils sont protégés à titre de « Protected Water Area » en vertu de l’Environment Actde la province. Cette protection consiste en une combinaison de règlements et de meilleures pratiques de gestion établis dans un  « Source Water Protection Plan » et qui visent toutes les activités se déroulant dans le bassin versant qui pourrait nuire à la qualité de l’eau (p. ex. foresterie, agriculture, construction de routes, utilisation récréative, exploitation minière). La seule pêche dans laquelle du corégone de l’Atlantique est susceptible d’être capturé dans ces trois lacs est la pêche récréative à la ligne, laquelle a été fermée ou suffisamment modifiée pour éliminer toute probabilité de dommage. 



[1]Cette évaluation est fondée sur les critères de l’UICN, lesquels diffèrent de ceux utilisés par le COSEPAC, et elle indique erronément que l’espèce est présente dans la région des Grands Lacs de l’Amérique du Nord.

[2]Toutes les cartes sont tirées de la Nova Scotia Topographic Database (NSTDB) et reproduites avec la permission de Service Nova Scotia. Les cartes ne sont destinées qu’à des fins d’illustration.