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Programme de rétablissement du corégone de l'Atlantique

1.1 Indicateurs de performance

Des indicateurs de performance mesurables constitueront un élément essentiel du plan d’action pour le rétablissement du corégone de l’Atlantique; ils permettront de déterminerle succès obtenu dans l’atteinte des objectifs de rétablissement énoncés. L’évaluation continue de l’efficacité des mesures prises dans le cadre du programme de rétablissement sera essentielle pour assurer l’utilisation intelligente des ressources et les plus grandes chances de rétablissement de l’espèce.

1.2 Lacunes dans nos connaissances

Depuis la formation de l’Équipe de rétablissement en 1999, de bons progrès ont été accomplis pour combler des lacunes dans les connaissances importantes pour la planification et la réalisation du programme de rétablissement. Des données ont été obtenues ou le seront bientôt sur les aspects suivants du corégone de l’Atlantique :

  • identité phylogénétique, situation et répartition actuelles et passées de l’espèce;
  • santé génétique des individus qui forment maintenant l’espèce;
  • identification sur le terrain de spécimens vivants selon leurs caractères externes;
  • marqueurs génétiques pour soutenir l’application des règlements et l’évaluation future de la répartition de l’espèce;
  • protocoles de reproduction et d’élevage en captivité;
  • évaluation de la susceptibilité des différents stades de vie de l’espèce à l’acidification, de leurs préférences thermiques et de leur tolérance à la salinité;
  • niveau trophique du corégone de l’Atlantique résident des lacs;
  • ampleur de la menace que posent les espèces envahissantes pour la survie et le rétablissement;
  • effets des activités humaines actuelles sur la survie du corégone de l’Atlantique;
  • besoins en matière de passage du poisson aux barrages;
  • faisabilité d’établir d’autres populations résidentes d’eau douce par l’ensemencement de poissons élevés en captivité.

Bien que toute cette information puisse accroître les chances de succès des mesures de rétablissement, il n’est pas sûr que nous en sachions assez. Le corégone de l’Atlantique ne peut se rétablir que s’il étend son aire de répartition au milieu marin (forme anadrome) et dans d’autres milieux dulcicoles. On ignore tout de son cycle vital ailleurs que dans les lacs de la Petite Rivière. À mesure que l’Équipe de rétablissement obtient de nouvelles informations, elle doit appliquer une approche de gestion adaptée pour assurer la survie de l’espèce dans son habitat actuel et l’expansion de son aire de répartition en eau douce et en mer. Voici des lacunes dans nos connaissances qui devront être comblées au cours de la mise en oeuvre des mesures de rétablissement : 

Surveillance

  • évaluation quantitative de la taille, de la composition par âge et de la mortalité de la population, ainsi que de l’âge à maturité et de la croissance des individus;
  • effets des activités humaines actuelles sur la survie du corégone de l’Atlantique;
  • besoins en matière de passage du poisson. 

Élevage en captivité

  • besoins en matière de nutrition, de conditions d’élevage et d’espace pour l’élevage du corégone de l’Atlantique en captivité;
  •  probabilité qu’une sélection de domestication s’exercera sur le corégone de l’Atlantique reproduit et élevé en captivité.

Habitat

  • détermination des besoins précis en matière d’habitats de fraie, d’incubation, d’alevinage et de refuge thermique; 
  • détermination des habitats occupés par le corégone de l’Atlantique selon les saisons;
  •  identification et cartographie des résidences et des habitats essentiels;
  • évaluation de la qualité de l’habitat des sites candidats à l’ensemencement.

L’annexe II présente les détails des activités qui visent à combler les principales lacunes dans nos connaissances sur les besoins en matière d’habitat et la désignation de l’habitat essentiel du corégone de l’Atlantique.

1.3 Élaboration du plan d’action[1]

Le plan d’action est le document qui établit comment le programme de rétablissement sera mis en oeuvre. À partir des recommandations du programme de rétablissement, les plans d’action précisent qui doit participer, et dans quelle mesure, à la réalisation des activités proposées.

Après l’approbation de ce programme de rétablissement prévu par la LEP et sa publication dans le registre public, un plan d’action pour le rétablissement du corégone de l’Atlantique sera élaboré dans un délai de deux ans. Entre-temps, bon nombre des stratégies exposées dans le présent document peuvent être adoptées : la mise en oeuvre du rétablissement sera une activité continue qui pourra se dérouler sans plan d’action officiel. De plus, le programme reconnaît le besoin d’une gestion adaptée qui permet de modifier les mesures de rétablissement à mesure que l’on acquiert de nouvelles connaissances.

1.4 Activités autorisées

 Depuis que les interdictions prévues par la Loi sur les espèces en péril (LEP) sont entrées en vigueur le 1er juin 2004, le corégone de l’Atlantique est légalement protégé contre les activités qui contreviennent à ces interdictions. Toutefois, le paragraphe 83(4) de la LEP permet d’exempter de certaines interdictions générales de la LEP certaines activités. Pour que cette disposition d’exemption soit applicable, il faut que les activités soient autorisées sous le régime d’une autre loi fédérale.

Une réunion du Processus consultatif régional (PCR) s’est tenue en novembre 2004 pour évaluer le niveau de mortalité qui ne compromettrait pas la survie ou le rétablissement de l’espèce. Y ont participé des scientifiques et des gestionnaires des pêches du MPO, des représentants des ministères provinciaux de l’agriculture et des pêches ainsi que des ressources naturelles, des scientifiques universitaires et des représentants de l’Équipe de rétablissement. Ces travaux d’examen de la situation du corégone de l'Atlantique ont donné lieu à deux documents officiels : un qui présente les conclusions de la réunion (MPO, 2004a), et l’autre qui donne un compte-rendu détaillé des discussions tenues dans le cadre de l’examen des documents de travail (MPO, 2004b). Ils sont disponibles dans le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) du ministère des Pêches et des Océans, à l’adresse suivante :

http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/etat/2004/SSR2004_052_f.pdf

Il ressort de ces discussions qu’il n’existe aucune estimation de l’abondance du corégone de l’Atlantique et que notre connaissance de sa situation et de ses tendances se restreint à une analyse d’indicateurs relatifs d’occupation spatiale (c.-à-d. l’évolution de sa répartition géographique). La référence « MPO, 2004b » présente les sources possibles de mortalité et de dommage global, l’appréciation de leur incidence relative, des solutions de rechange aux activités humaines actuelles et des mesures réalisables visant à limiter les incidences des activités sur le corégone de l’Atlantique. Parmi ces sources figurent les activités de pêche, les effets sur l’habitat dus aux obstacles au passage des poissons, les prélèvements d’eau, l’urbanisation, l’eutrophisation et les prélèvements à des fins scientifiques.

Voici la conclusion de la réunion : rien n’indique que les activités humaines actuelles (susmentionnées) dans le bassin hydrographique de la Petite Rivière menacent la survie du corégone de l’Atlantique, mais il n’y a peut-être pas de marge de tolérance pour d’autres dommages qui découleraient de nouvelles activités ou de changements proposés aux activités existantes, parce que ces dommages pourraient compromettre la survie et le rétablissement de l’espèce (MPO, 2004a). Un examen scientifique des activités et de toute nouvelle information sera effectué aux cinq ans pour s’assurer de ne pas compromettre la survie et le rétablissement de l’espèce. Conformément au paragraphe 83(4) de la LEP, le Programme de rétablissement permet l’exploitation du barrage du lac Hebb qui est autorisée par le paragraphe 6(4) de la Loi sur la protection des eaux navigables, L.R.C., 1985, c. N-22.

Si de nouvelles activités ou modifications aux activités existantes sont prévues, une évaluation de leurs impacts sur la survie et le rétablissement du corégone de l’Atlantique sera entreprise.

L’évaluation des dommages admissibles n’a pas permis de déterminer si les activités actuelles compromettent le rétablissement du corégone de l’Atlantique, car on a défini que le rétablissement de cette espèce passe par une augmentation de l’aire d’occupation. Par conséquent, le manque de connaissances préalables sur les menaces pour l’espèce hors de son aire d’occupation actuelle connue empêche la réalisation de cette évaluation. Le présent programme de rétablissement présente plusieurs options de rétablissement (augmentation de l’aire de répartition); la faisabilité de chacune n’a pas encore été déterminée (voir l’objectif 2, à la page 31).

1.5 Mesure de rétablissement en cours : ensemencement dans le lac Anderson

 L’Équipe de rétablissement a constaté le besoin d’établir d’autres populations de corégones de l’Atlantique pour réduire le risque d’extinction de l’espèce. En 2004, le MPO a tenu un atelier scientifique pour examiner les critères de décision concernant l’introduction du corégone de l’Atlantique dans un plan d’eau situé hors de son aire de répartition actuelle et pour mettre au point un outil d’aide à la décision à cet égard  (MPO, 2004c). Un comité technique de l’Équipe de rétablissement a par la suite évalué cet outil. Selon les critères de l’outil, le lac Anderson, situé près de Burnside, à Dartmouth (Nouvelle-Écosse), a été jugé être un site qui convient à l’ensemencement en corégones de l’Atlantique.

Le 4 novembre 2005, dans le cadre d’un projet-pilote de trois ans, on a relâché dans le lac Anderson 1 500 corégones de l’Atlantique élevés au centre de biodiversité Mersey du MPO. On a relâché 750 autres poissons le 24 avril 2006, et on prévoit la libération d’un autre groupe de 750 poissons à l’automne de 2006. En outre, on a relâché un certain nombre de jeunes de l’année en avril et en mai 2006. Des employés du MPO surveilleront les corégones de l’Atlantique dans le lac Anderson pour déterminer le succès des introductions.

En ce qui concerne la protection légale, la LEP, abordée à la section 1.3, et la Loi sur les Pêches s’appliquent au corégone de l’Atlantique dans le lac Anderson. L’article 6 du Règlement de pêche des provinces maritimes s’y applique également, mais aucune mesure de protection supplémentaire (p. ex. ordonnance de modification) n’a été jugée nécessaire dans ce lac. Le MPO a consulté les propriétaires des terres entourant le lac Anderson (voir l’annexe III) avant les introductions et a conclu avec eux des ententes pour faciliter la collaboration afin d’éviter ou de limiter toute incidence néfaste qui pourrait résulter d’éventuelles activités de développement autour du lac.

1.6 Conflits ou difficultés prévus

 Comme il a été mentionné tout au long de ce document, le manque de connaissances générales sur la biologie, l’abondance et les besoins en matière d’habitat de l’espèce, ainsi que l’évaluation de l’incidence des menaces relevées et des mesures à prendre pour les atténuer, constituent une importante difficulté pour le rétablissement du corégone de l’Atlantique (section 2.5).

Voici certains des conflits ou difficultés prévus selon les mesures qui seront prises pour le rétablissement du corégone de l’Atlantique :

  • L’introduction de l’espèce dans des réseaux hydrographiques autres que ceux de la rivière Tusket et de la Petite Rivière pourrait poser des problèmes écologiques ou sociaux et nuire à d’autres pêches récréatives ou ressources.
  • Des modifications à la régularisation des eaux pourraient nuire à des parties intéressées. 
  • Des modifications aux règlements de pêche pourraient avoir des incidences sur des parties intéressées, en particulier les pêcheurs récréatifs.
  • Il sera peut-être difficile de lutter contre des prédateurs et des compétiteurs du corégone de l’Atlantique, comme l’achigan à petite bouche et le brochet maillé. On ne comprend pas bien les conséquences de l’introduction de ces espèces et on n’a pas trouvé de méthodes efficaces pour les combattre. En outre, comme l’achigan à petite bouche est une espèce populaire auprès des pêcheurs sportifs, les groupes d’intérêt ne considèrent pas nécessairement sa présence dans un réseau hydrographique comme un facteur négatif.
  • Il sera peut-être difficile d’obtenir les ressources financières ainsi que l’expertise scientifique et technique nécessaires pour mettre rapidement en oeuvre tous les aspects du projet de rétablissement. De nombreux groupes d’intérêt divers se livrent une intense concurrence pour faire financer leurs projets par les secteurs public et privé. En outre, bon nombre des principaux participants au projet de rétablissement ont une charge de travail considérable.



[1]Selon la LEP, le programme de rétablissement doit comporter « un exposé de l’échéancier prévu pour l’élaboration d’un ou de plusieurs plans d’action relatifs au programme de rétablissement » [LEP, par. 41(g)].