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Scirpe timide (Trichophorum planifolium)

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Résumé

Scirpe timide
Trichophorum planifolium

Description

Le scirpe timide (Trichophorum planifolium = Scirpus verecundus) appartient à la famille des Cypéracées. Il forme de petites touffes de feuilles graminoïdes, courtes et dressées. Au printemps, la plante produit un nombre variable (quelques-unes à plusieurs douzaines) de tiges florifères délicates, à section triangulaire, généralement hautes de seulement 10 à 20 cm. Chacune de ces tiges produit un petit épi terminal constitué de plusieurs fleurs apétales. Chaque fleur est partiellement enveloppée par une bractée se terminant en une arête. L’espèce pousse habituellement en groupes lâches formés de quelques touffes à plusieurs centaines de touffes. Plus tard durant la saison, les feuilles et les tiges tendent à se coucher et à former un tapis entremêlé sur le sol forestier.

 

Répartition

L’espèce a une répartition plutôt restreinte, limitée au nord-est de l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, elle est présente depuis le sud du Maine jusque dans le nord de la Virginie, à l’Indiana et dans l’est du Missouri. Au Canada, elle n’est présente que dans deux secteurs du sud de l’Ontario, soit dans la partie est de la communauté urbaine de Toronto dans les Jardins botaniques royaux, à Hamilton.

 

Habitat

Au Canada, on trouve le scirpe timide dans des forêts claires qui possèdent peu de couverture arbustive et jouissent d’un drainage excellent. Il pousse sur des pentes partiellement dégagées orientées vers le sud ou vers l’ouest, en forêt décidue ou mixte.

 

Biologie générale

Le scirpe timide est une plante vivace. Comme les autres espèces de la famille des Cypéracées, il est pollinisé par le vent. Tous les sites ontariens se trouvent près du littoral ouest du lac Ontario, région possédant un des climats les plus chauds et une des saisons de végétation les plus longues de la province.

 

Taille et tendances des populations

En 1986, l’espèce n’avait été signalée que dans deux secteurs, soit la vallée de la rivière Rouge, à Toronto (deux populations), et les Jardins botaniques royaux, à Hamilton (cinq sous‑populations). La plupart des populations comprenaient alors entre plusieurs centaines de tiges et plusieurs centaines de touffes.

Trois des sept populations et sous-populations n’ont pu être repérées en 1999, malgré les recherches menées par plusieurs personnes. Trois autres ont été retrouvées dans le cadre de la présente étude, mais elles avaient connu un déclin d’au moins 50 p. 100. La septième n’a pas été recherchée depuis 1986. Le scirpe timide a fait l’objet de recherches dans nombre d’autres secteurs par plusieurs botanistes expérimentés sur le terrain, mais aucun nouveau site n’a été découvert depuis 1986.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitant les chances de survie du scirpe timide semble être le manque de milieux adéquats. En effet, la répartition ontarienne de l’espèce coïncide avec une des régions les plus urbanisées de la province. Les sites dans la région de Toronto sont menacés par l’aménagement de tanières par les coyotes ou les renards. Parmi les autres menaces auxquelles est actuellement exposée l’espèce, mentionnons le piétinement par les marcheurs, la densification du couvert forestier et la croissance d’arbustes, notamment de chèvrefeuilles exotiques (Lonicera tatarica et L. morrowii) dans certains sites.

 

Protection actuelle

L’espèce ne fait l’objet d’aucune protection officielle.