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Scirpe timide (Trichophorum planifolium)

Mise à jour
Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Scirpe timide
Trichophorum planifolium
au Canada

scirpe timide (Trichophorum planifolium)

Espéce en voie de disparition
2000



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et en citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l'évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l'évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scirpe timide (Trichophorum planifolium) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vi + 9 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

White, D.J. 2000. Rapport de situation du COSEPAC sur le scirpe timide (Trichophorum planifolium) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-9.

Rapport précédent :

Crins, W.J. 1986.COSEWIC status report on the Few-flowered Club-rush, Scirpus verecundus. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 26 p.

 

Note de production :

Le scirpe timide Trichophorum planifolium, était autrefois appelé (Scirpus verecundus) dans les listes du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Bashful Bulrush Trichophorum planifolium in Canada.

Illustration de la couverture :
Scirpe timide – dessin par E. Haber, National Botanical Services, Ottawa (Ontario).

© Ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2002
No de catalogue : CW69-14/169-2002F-IN
ISBN : 0-662-32572-9

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2000

Nom commun :
Scirpe timide

Nom scientifique :
Trichophorum planifolium

Statut :
Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation :
Déclin de plus de 50 p. 100, au cours de la dernière décennie, des quelques dernières populations en raison de la destruction et de la modification de l'habitat dans les deux régions où l'espèce se trouve.

Répartition :
Ontario

Historique du statut :
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1986. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Scirpe timide
Trichophorum planifolium

Description

Le scirpe timide (Trichophorum planifolium = Scirpus verecundus) appartient à la famille des Cypéracées. Il forme de petites touffes de feuilles graminoïdes, courtes et dressées. Au printemps, la plante produit un nombre variable (quelques-unes à plusieurs douzaines) de tiges florifères délicates, à section triangulaire, généralement hautes de seulement 10 à 20 cm. Chacune de ces tiges produit un petit épi terminal constitué de plusieurs fleurs apétales. Chaque fleur est partiellement enveloppée par une bractée se terminant en une arête. L’espèce pousse habituellement en groupes lâches formés de quelques touffes à plusieurs centaines de touffes. Plus tard durant la saison, les feuilles et les tiges tendent à se coucher et à former un tapis entremêlé sur le sol forestier.

 

Répartition

L’espèce a une répartition plutôt restreinte, limitée au nord-est de l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, elle est présente depuis le sud du Maine jusque dans le nord de la Virginie, à l’Indiana et dans l’est du Missouri. Au Canada, elle n’est présente que dans deux secteurs du sud de l’Ontario, soit dans la partie est de la communauté urbaine de Toronto dans les Jardins botaniques royaux, à Hamilton.

 

Habitat

Au Canada, on trouve le scirpe timide dans des forêts claires qui possèdent peu de couverture arbustive et jouissent d’un drainage excellent. Il pousse sur des pentes partiellement dégagées orientées vers le sud ou vers l’ouest, en forêt décidue ou mixte.

 

Biologie générale

Le scirpe timide est une plante vivace. Comme les autres espèces de la famille des Cypéracées, il est pollinisé par le vent. Tous les sites ontariens se trouvent près du littoral ouest du lac Ontario, région possédant un des climats les plus chauds et une des saisons de végétation les plus longues de la province.

 

Taille et tendances des populations

En 1986, l’espèce n’avait été signalée que dans deux secteurs, soit la vallée de la rivière Rouge, à Toronto (deux populations), et les Jardins botaniques royaux, à Hamilton (cinq sous‑populations). La plupart des populations comprenaient alors entre plusieurs centaines de tiges et plusieurs centaines de touffes.

Trois des sept populations et sous-populations n’ont pu être repérées en 1999, malgré les recherches menées par plusieurs personnes. Trois autres ont été retrouvées dans le cadre de la présente étude, mais elles avaient connu un déclin d’au moins 50 p. 100. La septième n’a pas été recherchée depuis 1986. Le scirpe timide a fait l’objet de recherches dans nombre d’autres secteurs par plusieurs botanistes expérimentés sur le terrain, mais aucun nouveau site n’a été découvert depuis 1986.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitant les chances de survie du scirpe timide semble être le manque de milieux adéquats. En effet, la répartition ontarienne de l’espèce coïncide avec une des régions les plus urbanisées de la province. Les sites dans la région de Toronto sont menacés par l’aménagement de tanières par les coyotes ou les renards. Parmi les autres menaces auxquelles est actuellement exposée l’espèce, mentionnons le piétinement par les marcheurs, la densification du couvert forestier et la croissance d’arbustes, notamment de chèvrefeuilles exotiques (Lonicera tatarica et L. morrowii) dans certains sites.

 

Protection actuelle

L’espèce ne fait l’objet d’aucune protection officielle.

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Mandat, composition et définitions du COSEPAC

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Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page 2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
scirpe timide
Trichophorum planifolium
au Canada
2000

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Trichophorum planifolium (Spreng.) Palla (synonyme : Scirpus verecundus Fern.)

Noms communs :

scirpe timide; trichophore à feuilles plates

Famille :

Cypéracées

Grand groupe végétal :

Monocotylédones

 


Description

Le scirpe timide est une plante herbacée vivace qui forme de petites touffes de feuilles graminoïdes, courtes et dressées. Au printemps, la plante produit plusieurs douzaines de tiges florifères délicates, à section triangulaire, généralement hautes de seulement 10 à 20 cm. Chacune de ces tiges produit un petit épi terminal constitué de plusieurs fleurs apétales. Chaque fleur est partiellement enveloppée par une bractée se terminant en une arête. L’espèce pousse habituellement en groupes lâches formés de quelques touffes à plusieurs centaines de touffes. Plus tard durant la saison, les feuilles et les tiges tendent à se coucher et à former un tapis entremêlé sur le sol forestier.

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Répartition

Répartition mondiale

Le scirpe timide est présent aux États-Unis depuis le sud du Maine jusque dans le nord de la Virginie, à l’Indiana et dans l’est du Missouri (voir la carte en médaillon de la figure 1). L’espèce atteint à peine le sud de l’Ontario.

 

Répartition canadienne

Au Canada, l’espèce n’est présente que dans deux secteurs du sud de l’Ontario, soit la vallée de la rivière Rouge, dans la partie est de la communauté urbaine de Toronto, et les Jardins botaniques royaux, à Hamilton.


Figure 1 : Répartition du scirpe timide (Trichophorum planifolium) en Amérique du Nord (médaillon) et au Canada

Figure 1 : Répartition du scirpe timide (Trichophorum planifolium)en Amérique du Nord (médaillon) et au Canada.

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Habitat

Le scirpe timide se trouve uniquement dans des forêts claires qui possèdent peu de couverture arbustive et jouissent d’un drainage excellent (Crins, 1986). Il pousse sur des pentes partiellement dégagées orientées vers le sud ou vers l’ouest, en forêt décidue ou mixte. Dans tous les sites, le climat est modéré toute l’année par la proximité du lac Ontario. La plupart des sites jouissent en outre d’un microclimat plus chaud que la normale, attribuable à la faible densité du couvert forestier et à l’exposition des pentes vers le sud ou vers l’ouest.

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Biologie générale

Le scirpe timide est une espèce méridionale qui ne pousse au Canada que dans deux localités d’une zone dont le climat est modéré par la proximité du lac Ontario. Comme les autres espèces de la famille des Cypéracées, cette plante herbacée vivace est pollinisée par le vent. C’est essentiellement tout ce que nous savons sur la biologie de l’espèce.

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Taille et tendances des populations

Au Canada, l’espèce n’est présente que dans deux secteurs, soit les pentes boisées de la vallée de la Rouge, à Toronto, et les pentes boisées bordant le marais Dundas des Jardins botaniques royaux, à Hamilton. Toutes les populations retrouvées ont décliné depuis 1986.


Vallée de la rivière Rouge

Crins (1986) a signalé une grande population (site 1a de son rapport) située au sud de la route 401 et constituée de « centaines de tiges florifères ». Varga et al. (1991) ont signalé « plusieurs centaines de touffes » poussant dans un secteur de plusieurs mètres carrés. Mike Oldham, du Centre d’information sur le patrimoine naturel, à Peterborough, a fouillé en vain cet endroit en 1997. Le 5 mai 1999, j’ai moi‑même fouillé le secteur avec Steve Varga et Mike McMurtry, du bureau d’Aurora du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, ainsi que Pam Fulford, du parc de la Rouge, à Toronto. Après deux heures d’efforts concertés, nous n’avons réussi à trouver qu’une petite touffe, là où il existait autrefois une grande colonie. Une tanière  de coyotes ou de renards, qui n’existait pas en 1990, se trouvait alors juste à côté de cette dernière touffe. Il est probable que ses occupants, en creusant et en circulant autour de leur tanière, aient fait disparaître la plupart des touffes. Il s’agit d’une réduction énorme, puisqu’il restait moins de 1 p. 100 de la population recensée en 1990.

Une deuxième population a déjà été signalée dans la vallée de la Rouge (site 1b de Crins, 1986), au nord de la route 401, mais cette population constituée d’une seule touffe n’a pas été revue depuis sa découverte, en 1981, par Steve Varga. Elle n’a pas été retrouvée par Crins (1986) ni par Varga et al. (1991). Mike Oldham, du Centre d’information sur le patrimoine naturel, à Peterborough, a recherché en vain la population en 1997. Il se peut qu’elle soit disparue.


Jardins botaniques royaux

Crins (1986) mentionne cinq sous-populations historiques de la plante sur le terrain des Jardins botaniques royaux (dont quatre avaient été découvertes en 1984); trois de ces sous-populations se trouvaient sur la rive nord du marais Dundas (sites 2a, 2b et 2c), et deux sur la rive sud de ce marais (sites 2d et 2e). Deux des sous‑populations de la rive nord (situées près du sentier Grey Doe) se trouvaient à moins de 100 mètres l’une de l’autre. Les deux sous-populations de la rive sud étaient également rapprochées l’une de l’autre.

Le 6 mai 1999, Tyler Smith des Jardins botaniques royaux, Anthony Goodban, de Milton, et moi-même avons fouillé pendant trois heures les environs du sentier Grey Doe, sur la rive nord du marais, et nous n’avons trouvé qu’une petite colonie de scirpe timide, formée de quatre touffes comptant chacune une dizaine de tiges florifères. Il s’agit probablement du site 2a de Crins (1986). Or, en 1984, ce site renfermait huit petites touffes comptant chacune de 5 à 30 tiges florifères. Il semble donc y avoir eu une réduction de 50 p. 100. Nous n’avons trouvé aucun individu de l’espèce au site 2b de Crins (1986), lequel avait compté plusieurs centaines de tiges florifères réparties sur une superficie de 10 m sur 10 m. Il se peut que ce site ait disparu ou qu’il n’en reste plus que quelques individus, qui nous auraient échappé en 1999. Crins (1986) signalait sur la rive nord un autre site (2c), qui occupait une superficie de 1 m sur 10 m et comptait plusieurs centaines de tiges florifères. Comme cette population n’a pas été recherchée depuis 1984, nous ne savons rien de sa situation actuelle.

Le 6 mai 1999, Tyler Smith et moi-même avons fouillé, pendant deux heures, les environs de la rive sud du marais, et nous n’avons trouvé qu’un groupe de dix touffes, occupant une superficie de 1,5 m sur 1,5 m et comptant chacune de 10 à 20 tiges florifères. Il s’agit peut‑être du site 2d de Crins (1986), lequel avait compté plusieurs centaines de tiges florifères réparties sur une superficie de 8 m sur 5 m, s’étendant de part et d’autre d’un sentier. Il s’agit d’une réduction d’au moins 50 p. 100. Crins (1986) n’a pas réussi à retrouver le site 2e (situé à quelques centaines de mètres à l’ouest du site 2d), qui avait été observé pour la dernière fois en 1958 par A. Tamsalu, auteur de la récolte originale. J’ai moi-même recherché brièvement ce site, mais en vain.

En 1957 et en 1958, Tamsalu a procédé à plusieurs récoltes, soit sur les rives nord et sud du marais Dundas. Il est difficile de dire si certaines de ces récoltes correspondent à des sites qui ne sont mentionnés ni dans le présent rapport ni dans celui de Crins (1986).

Des renseignements détaillés sur les sites ont été déposés auprès du Sous‑comité des plantes vasculaires, mousses et lichens du COSEPAC.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le scirpe timide est présent dans deux zones naturelles reliques : la vallée de la rivière Rouge et les portions boisées des Jardins botaniques royaux. Ces deux secteurs sont parcourus de nombreux sentiers très recherchés pour certaines activités récréatives à faible impact, comme la marche, le jogging et la bicyclette de montagne. Les environs de la vallée de la Rouge sont très peuplés, et un terrain de camping en milieu urbain (le parc de la Rouge) est situé dans la vallée non loin du site nord. Des coyotes et des renards ont aménagé leurs tanières dans des buttes dégagées et bien drainées, milieu dont a justement besoin le scirpe timide (obs. pers.; S. Varga, comm. pers., 1999).

Il existe un imposant réseau de sentiers sur la rive nord du marais Dundas, et ils sont très utilisés par les visiteurs des Jardins botaniques royaux. Les nombreux sentiers le long de la rive sud du marais sont très utilisés par les étudiants de la McMaster University, située à proximité. Or, tous les sites de scirpe timide signalés dans les Jardins botaniques royaux sont situés près de sentiers.

Lors de la rédaction du premier rapport de situation, Crins (1986; 1989; comm. pers., 1999) estimait que le scirpe timide était vulnérable, mais non menacé ni en voie de disparition, parce que ses populations paraissaient stables et qu’aucun facteur évident ne menaçait l’espèce en Ontario. Or, la situation a beaucoup changé depuis 1986. Tous les sites retrouvés ont connu un déclin. De plus, durant les 15 années qui ont suivi les premiers travaux sur le terrain, aucun nouveau site n’a été découvert, malgré le relevé détaillé effectué en 1990 dans la vallée de la Rouge par Steve Varga, qui a pratiquement examiné chaque pied carré de la vallée (S. Varga, comm. pers., 1999), et malgré les travaux d’envergure menés dans la municipalité régionale de Hamilton-Wentworth par Anthony Goodban et Don Sutherland, dans le cadre de l’inventaire des zones naturelles de Hamilton-Wentworth (Heagy, 1993), et par Anthony Goodban, pour la flore récente de la municipalité (Goodban, 1995). D’ailleurs, comme toute la région est très urbanisée, elle renferme peu d’endroits non exploités qui pourraient abriter l’espèce.

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Importance de l'espèce

On ne connaît aucun aspect ou caractère de l’espèce qui puisse lui conférer une importance spéciale.

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Évaluation et statut proposé

Protection légale actuelle et autres désignations

Les sites de la vallée de la Rouge se trouvent sur des terrains appartenant à l’Office de protection de la nature de la région de Toronto et gérés conjointement par cet organisme, le Service des parcs de la Ville de Toronto et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Les sites de Hamilton se trouvent sur des terrains appartenant aux Jardins botaniques royaux et gérés par cet organisme. Les deux organismes sont conscients de la présence de l’espèce sur leurs terrains et soucieux d’en assurer la protection (T. Smith et S. Varga, comm. pers., 1999).


Évaluation de la situation et recommandation de l’auteur

Le scirpe timide a été désigné « espèce vulnérable » par le COSEPAC en 1986. L’espèce avait une répartition canadienne très restreinte, mais la plupart des populations étaient d’une taille appréciable et semblaient hors de danger (Crins, 1986). Cette année-là, l’espèce comptait deux populations à Toronto et quatre à Hamilton.

Lorsque le statut d’espèce vulnérable a été accordé au scirpe timide, en 1986, cette espèce n’était présente que dans deux secteurs : la vallée de la rivière Rouge, à Toronto, et les Jardins botanique royaux, à Hamilton. Aux Jardins botaniques royaux, il reste au moins deux populations. Cependant, dans la vallée de la Rouge, la seule population restante est constituée d’une seule touffe, poussant à proximité d’une tanière utilisée par des coyotes ou des renards. La situation de cette population est donc très précaire. Depuis 1986, plusieurs botanistes expérimentés sur le terrain, dont Steve Varga, Bill Crins, John Riley et Don Sutherland, ont recherché l’espèce dans d’autres milieux apparemment propices des régions de Toronto et de Hamilton, mais ils n’ont découvert aucun nouveau site (Oldham, 1999). De plus, les quelques populations ou sous‑populations canadiennes ont décliné au moins de moitié. Il y a donc lieu d’attribuer à l’espèce le statut d’espèce en voie de disparition.

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Remerciements

Steve Varga, du bureau d’Aurora du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, nous a fourni des cartes et des renseignements de base sur les sites de la vallée de la Rouge, et il nous a aidé sur le terrain. Bill Crins a fourni des cartes et des indications permettant de retrouver les sites situés aux Jardins botaniques royaux. Tyler Smith, des Jardins botaniques royaux, nous a fourni des cartes, communiqué des mentions historiques et aidés sur le terrain dans les deux sites situés aux Jardins. Anthony Goodban, de Milton, nous a remis de l’information sur les mentions historiques et a confirmé qu’il n’existait pas de nouvelles mentions pour la région de Hamilton-Wentworth; il nous a aussi aidés sur le terrain aux Jardins botaniques royaux. Mike Oldham, du Centre d’information sur le patrimoine naturel, à Peterborough, a fourni des rapports de base et une liste des mentions connues, avec des détails sur les confirmations récentes. Audrey Heagy, de London, a vérifié s’il existait des mentions dans l’inventaire des zones naturelles de Hamilton-Wentworth. Mike McMurtry, du bureau d’Aurora du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, et Pam Fulford, du parc de la Rouge, à Toronto, nous ont aidés sur le terrain dans la vallée de la Rouge. Le présent rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Crins, W.J. 1986. Status report on the Few-Flowered Club-Rush (Scirpus verecundus) in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Service canadien de la faune, Ottawa. Rapport inédit, 22 p.

Crins, W.J. 1989. Status of the Few-Flowered Club-Rush, Scirpus verecundus (Cyperaceae), in Canada. Canadian Field-Naturalist 103:57-60.

Goodban, A.G. 1995. The vascular plant flora of the Regional Municipality of Hamilton-Wentworth.Office de protection de la nature de la région de Hamilton.

Heagy, A.E. (éd.). 1993. Hamilton-Wentworth natural areas inventory. Hamilton Naturalists’ Club.

Oldham, M.J. 1999. Element Occurrence records of Few-Flowered Club-Rush (Scirpus verecundus). Extrait de la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough. 14 p.

Varga, S., J. Jalava et J.L. Riley. 1991. Ecological survey of the Rouge Valley Park. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, région du Centre, Aurora (Ontario). Rapport inédit.

Ball, P.W., et D.J. White. 1982. Scirpus verecundus Fern. Page non numérotée dans : Atlas des plantes vasculaires rares de l’Ontario. Partie 1. Sous la direction de G.W. Argus et D.J. White. Musée national des sciences naturelles, Ottawa. (feuilles volantes).

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L'auteur

David J. White détient un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en biologie; il travaille depuis plus de 25 ans à répertorier les zones naturelles et à évaluer la situation et l’importance des plantes rares. Il a effectué ses premiers relevés en 1972, dans le cadre du Programme biologique international. De 1973 à 1983, M. White a occupé le poste de technicien de recherche au Musée canadien de la nature. Durant cette période, il a corédigé de nombreuses publications sur les plantes rares, dont l’Atlas des plantes vasculaires rares de l’Ontario. À partir de 1984, il a travaillé a son propre compte à titre de consultant en sciences biologiques dans divers domaines, ayant notamment réalisé des inventaires et des évaluations de zones naturelles et rédigé, des rapports sur les espèces envahissantes. M. White a déjà rédigé, pour le COSEPAC, des rapports de situation sur trois espèces ainsi que rédigé ou corédigé des rapports de mise à jour sur dix autres espèces.

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