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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) au Canada - 2003

Protection actuelle ou autres désignations

L’Obovaria subrotunda est actuellement considéré comme une espèce en voie de disparition en Illinois, au Michigan et en Alabama (et elle est candidate à ce statut en Pennsylvanie), comme une espèce menacée au Tennessee et comme une espèce préoccupante en Indiana, ce qui lui assure une certaine protection dans ces États. En Illinois, par exemple, il est interdit à quiconque de posséder, récolter, transporter, vendre, offrir en vente ou donner un animal ou un produit d’un animal d’une espèce figurant sur la liste de l’État, ou d’en disposer de toute autre façon. Les espèces figurant sur la liste comprennent toutes les espèces désignées en voie de disparition (endangered) en vertu de la loi fédérale sur les espèces en voie de disparition (U.S. Endangered Species Act), ainsi que d’autres espèces en voie d’extinction dans la nature dans l’État d’Illinois (Illinois DNR, 2002). En Pennsylvanie, on a également proposé d’attribuer à l’obovarie ronde le statut d’espèce en voie de disparition. Actuellement, l’obovarie ronde n’est pas sur la liste des espèces en voie de disparition de la U.S. Endangered Species Act, ni candidate à cette désignation, et elle ne figure pas non plus sur la Liste rouge de l’UICN. L’organisme The Nature Conservancy a attribué à l’obovarie ronde la cote mondiale G4. Les cotes qui lui sont attribuées à l’échelle subnationale (États et provinces) sont indiquées à la figure 5 (pour les sources, voir la section Autorités consultées). L’obovarie ronde est actuellement classée S4S5 au Kentucky, S3 au Tennessee et en Virginie-Occidentale, S2 au Mississippi, en Alabama, en Indiana et en Ohio, et S1 en Illinois, en Pennsylvanie, au Michigan et en Ontario. On pense qu’elle est disparue (SX) de l’État de New York, et on ne lui a pas attribué de cote en Géorgie.

À l’heure actuelle, le Canada ne possède pas de législation fédérale concernant les espèces en péril, mais l’Ontario est l’une des six provinces ayant une loi autonome concernant ces espèces (B.T. Fowler, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des lépidoptères et mollusques, COSEPAC, comm. pers., août 2002). La loi ontarienne interdit la destruction volontaire d’une espèce en voie de disparition faisant l’objet d’une réglementation ou de son habitat, ou toute interférence avec cette espèce ou son habitat. Cinq espèces de mulettes figurant actuellement sur la liste des espèces en voie de disparition du COSEPAC ne se trouvent qu’en Ontario : la dysnomie ventrue jaune (Epioblasma torulosa rangiana), la villeuse haricot (Villosa fabalis), la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola), l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) et la mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua). Étant donné que l’Ontario n’a pas encore procédé à la réglementation de l’une de ces espèces en vertu de sa Loi sur les espèces en voie de disparition (A. Dextrase, Section des espèces en péril, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, comm. pers., novembre 2001), les mulettes ne sont pas actuellement protégées par cette loi.

Actuellement, la Loi sur les pêches fédérale pourrait constituer la législation la plus importante pour la protection des mulettes et de leur habitat au Canada. Cette loi donne une définition très large de « poissons », en y assimilant notamment les mollusques, l’intention du législateur étant toutefois de protéger les mollusques marins récoltés pour la consommation humaine. La protection des poissons et de leur habitat pourrait aussi indirectement protéger l’habitat de l’O. subrotunda et d’autres espèces de mulettes. De plus, la récolte des mulettes reviendrait en théorie à les « pêcher »; elle serait donc interdite par le Règlement de pêche de l’Ontario de la Loi sur les pêches fédérale. En Ontario, aucun permis de récolte de mulettes n’a été délivré (J. Maffei, Unité de gestion des ressources du lac Érié, comm. pers., mai 2001). La Déclaration de principes provinciale faite en vertu de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire prévoit la protection contre le développement et l’altération du milieu dans des portions importantes des habitats des espèces menacées et en voie de disparition. Au nombre des autres instruments concourant à la protection des mulettes et de leur habitat en Ontario, on compte la Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario, qui interdit d’endiguer ou de détourner un cours d’eau si cela entraîne un envasement, et le programme d’intendance des terres II (Land Stewardship Program II), programme volontaire du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario qui a pour but de réduire l’érosion des terres agricoles. En Ontario, le développement des rives des cours d’eau est régi par la réglementation sur les plaines inondables appliquée par les offices de protection de la nature locaux. Dans la rivière Sydenham Est, où trois O. subrotunda vivants ont été trouvés ces dernières années, 85 p. 100 des terres sont des propriétés privées utilisées à des fins agricoles (Staton et al., 2002).


Figure 5 : Cotes de priorité pour la conservation à l’échelle des États et des provinces (cotes S) pour l’Obovaria subrotunda

Figure 5 : Cotes de priorité pour la conservation à l’échelle des États et des provinces (cotes S) pour l’Obovaria subrotunda.

La seule population importante d’O. subrotunda existant encore au Canada se trouve dans les eaux du delta de la rivière Sainte-Claire, dans le territoire de la Première nation de Walpole Island. Le rivage y est un milieu marécageux naturel aucunement aménagé. Il faut obtenir une autorisation spéciale du conseil de bande pour pénétrer dans le secteur, de sorte que le milieu y est très peu perturbé. La Première nation de Walpole Island s’est engagée à protéger son patrimoine naturel et a adopté l’énoncé suivant (extrait) concernant sa philosophie à l’égard de l’environnement : « Pour préserver, accroître et entretenir un respect mutuel et pour maintenir notre dépendance bénéfique par rapport à l’environnement, nous devons nous efforcer de bien coexister avec mère Nature et de protéger cette relation » [traduction]. (C. Jacobs, Walpole Island Heritage Centre, comm. pers., oct. 2001). Le centre du patrimoine de Walpole Island est conscient de la présence de l’O. subrotunda dans son territoire et de l’importance de la population à l’échelle nationale.