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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) au Canada - 2003

Résumé du rapport de situation

L’Obovaria subrotunda a été signalé dans 12 États américains et en Ontario. Aux États-Unis, cette espèce a été trouvée dans tout le réseau des rivières Tennessee et Cumberland ainsi que dans le réseau de la rivière Ohio depuis l’Ouest de la Pennsylvanie et de la péninsule méridionale du Michigan jusque dans l’Est de l’Illinois. On l’a aussi trouvée dans les lacs Érié et Sainte-Claire et leurs bassins hydrographiques. Dans presque tous les États américains, on a signalé un déclin de l’espèce, dans certains cas passablement marqué, en particulier dans le réseau de la rivière Tennessee. Au Canada, on trouvait par le passé l’obovarie ronde dans le bassin ouest du lac Érié (en particulier autour de l’île Pelée), le lac Sainte-Claire et les rivières Welland, Grand, Detroit, Thames et Sydenham. Elle est disparue du lac Érié, de la rivière Detroit et des eaux du large du lac Sainte-Claire à cause de la moule zébrée. Une population importante a été découverte dans les eaux peu profondes du delta de la rivière Sainte-Claire (dans le lac Sainte-Claire) en 1999, mais la plupart des individus trouvés étaient de grande taille et il n’est pas sûr qu’il y ait recrutement. L’obovarie ronde est apparemment disparue des rivières Grand et Thames et la population a décliné de façon importante dans la rivière Sydenham, où l’on n’a trouvé que trois individus vivants ces dernières années.

Il est possible que l’Obovaria subrotunda soit très sensible aux perturbations humaines, car certaines indications donnent à penser qu’il est disparu de nombreux endroits depuis plusieurs décennies. Par exemple, on ne l’a trouvé que dans une seule rivière en Illinois depuis 1969, et les derniers individus vivants ont été observés dans le lac Érié en 1950, dans la rivière Clinton, au Michigan, en 1935, et dans la rivière Grand (Ontario) au tournant du 20e siècle. Seules quelques coquilles subfossiles ont été trouvées au New York et dans la rivière Thames (Ontario) ces dernières années. L’obovarie ronde ne figure pas parmi les 16 espèces d’Unionidés qui ont recolonisé le cours inférieur de la rivière Grand au cours des 25 dernières années à la suite d’une amélioration importante de la qualité de l’eau. De plus, l’O. subrotunda a connu un déclin important dans la rivière Sydenham, où d’autres espèces en voie de disparition, soit la dysnomie ventrue jaune (Epioblasma torulosa rangiana), l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra), la villeuse haricot (Villosa fabalis) et la mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua), survivent et se reproduisent.

L’obovarie ronde figure actuellement sur la liste des espèces en voie de disparition en Illinois, au Michigan et en Alabama, sur la liste des espèces menacées au Tennessee et sur celle des espèces préoccupantes en Indiana; elle bénéficie donc d’une certaine protection dans ces États (elle ne figure pas sur la liste fédérale américaine des espèces en péril). La plupart des terres longeant le tronçon de la rivière Sydenham Est où l’on a trouvé quelques O. subrotunda vivants ces dernières années sont des propriétés privées utilisées à des fins agricoles. La seule population importante d’O. subrotunda existant encore au Canada se trouve dans les eaux du delta de la rivière Sainte-Claire, dans le territoire de la Première nation de Walpole Island. Le secteur n’est pas développé et il est administré par la Première nation, de sorte que cette population devrait pouvoir jouir d’une bonne protection contre les perturbations anthropiques. Cependant, il ne sera peut-être pas possible de la protéger indéfiniment contre la moule zébrée. Les facteurs les plus importants qui menacent la survie de l’obovarie ronde au Canada sont la moule zébrée et l’agriculture.