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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) au Canada - 2003

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COSEPAC
Résumé

Obovarie ronde
Obovaria subrotunda

Information sur l’espèce

L’obovarie ronde (Obovaria subrotunda) (Rafinesque, 1820), est une petite mulette (longueur maximale au Canada ~ 60 mm) qui se distingue facilement des autres espèces canadiennes à sa forme presque parfaitement ronde. Elle possède une coquille épaisse et forte brun foncé, caractérisée par une bande plus pâle sur la partie dorsale postérieure.

Répartition

L’obovarie ronde était répandue dans tout le réseau des rivières Tennessee et Cumberland et dans celui de la rivière Ohio aux États-Unis, ainsi que dans le lac Érié, le lac Sainte-Claire et certains de leurs tributaires. Au Canada, sa présence était signalée dans le bassin ouest du lac Érié, dans le lac Sainte-Claire et dans les rivières Welland, Grand, Detroit, Thames et Sydenham. L’espèce est en déclin dans toute son aire de répartition en Amérique du Nord et disparue de l’État de New York. Au Canada, elle est encore présente dans la rivière Sydenham et le lac Sainte-Claire.

Habitat

L’obovarie ronde habite en général dans des rivières de taille moyenne à grande, mais on la trouve aussi dans les lacs Érié et Sainte-Claire. Elle préfère habituellement les rivières au débit modéré et régulier ainsi que les substrats de sable et de gravier à des profondeurs allant jusqu’à 2 m. Cependant, dans le Sud-Est du Michigan et le Sud-Ouest de l’Ontario, elle a été observée principalement dans des rivières aux eaux troubles et à faible pente, où le substrat est constitué d’argile et de sable ou d’argile et de gravier. Dans le lac Sainte-Claire, elle occupe actuellement des secteurs riverains aux eaux peu profondes (<1 m) où le substrat est ferme et sableux.

Biologie

Chez l’obovarie ronde, les sexes sont séparés et la femelle est plus petite que le mâle. L’espèce a une longévité de probablement au moins 10 ans. À l’instar des autres mulettes, l’O. subrotunda parasite des poissons durant son stade larvaire. La fraye a lieu en été et la femelle porte les embryons tout l’hiver jusqu’à ce qu’ils atteignent le stade de larve glochidium au mois de juin suivant. Les glochidiums sont alors libérés dans l’eau où ils se fixent aux branchies d’un poisson hôte approprié puis forment un kyste. Après un certain temps, les glochidiums se transforment en juvéniles qui quittent le poisson et tombent sur le substrat pour commencer à vivre de façon autonome. Le poisson hôte de l’obovarie ronde est inconnu, mais il s’agit peut-être du dard de sable (Ammocrypta pellucida). Comme toutes les mulettes, l’obovarie se nourrit de bactéries et d’algues qu’elle se procure en filtrant l’eau avec ses branchies.

Taille et tendances des populations

L’Obovaria subrotunda est une espèce très peu commune, nettement en déclin dans la plus grande partie de son aire de répartition en Amérique du Nord. Au Canada, il est disparu du lac Érié, de la rivière Détroit et des eaux du large du lac Sainte-Claire. Il est également disparu des rivières Grand et Thames et a diminué de façon importante dans la rivière Sydenham. La seule population importante d’O. subrotunda encore présente au Canada se trouve dans les eaux peu profondes du delta de la rivière Sainte-Claire, mais on ne sait pas si elle survivra. L’obovarie ronde est disparue d’environ 90 p. 100 de son ancienne aire de répartition au Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

L’obovarie ronde est disparue de la majeure partie de son ancienne aire de répartition dans les Grands Lacs à cause des effets de la moule zébrée, et la population restante dans le delta de la rivière Sainte-Claire pourrait être en péril. Les populations des rivières Grand et Thames sont probablement disparues à cause des effets combinés de la pollution par les eaux usées et de l’agriculture dans ces bassins hydrographiques très populeux. Le déclin de la population de la rivière Sydenham est probablement attribuable à l’agriculture. Il est aussi possible que la prédation par le rat musqué et le raton laveur y soit pour quelque chose. Si le dard de sable est l’hôte de l’obovarie ronde, le déclin de ce poisson menacé pourrait avoir une incidence sur la survie de cette mulette.

Importance de l’espèce

Le genre Obovaria comprend six espèces, mais seules l’obovarie olivâtre (O. olivaria) et l’obovarie ronde (O. subrotunda) ont une aire de répartition qui s’étend jusque dans le Canada. Aux États-Unis, le gouvernement fédéral a placé l’O. retusa sur la liste des espèces en voie de disparition. La American Fisheries Society considère que l’O. rotulata est également en voie de disparition, et que trois autres espèces, dont l’obovarie ronde, sont préoccupantes. La plupart des espèces de ce genre semblent donc être sensibles à la dégradation de l’environnement.

Protection actuelle ou autres désignations

L’obovarie ronde est considérée comme une espèce en voie de disparition en Illinois, au Michigan et en Alabama, une espèce menacée au Tennessee et une espèce préoccupante en Indiana, de sorte qu’elle bénéficie d’une certaine protection dans ces États. Actuellement, l’obovarie ronde ne bénéficie d’aucune protection au Canada.

Résumé du rapport de situation

L'Obovaria subrotunda a déjà été signalé dans 12 États et en Ontario. Aux États-Unis, la plupart des populations sont en déclin. L'obovarie ronde est disparue d'environ 90 p. 100 de son ancienne aire de répartition au Canada à cause de la moule zébrée et de mauvaises pratiques d'utilisation des terres. La population de la rivière Sydenham est probablement près de disparaître, étant donné qu'elle semble ne compter que quelques individus vivants dispersés. La seule population importante restant au Canada se trouve dans des eaux peu profondes du lac Sainte-Claire, près de l'île Walpole. Pour le moment, il n'est pas encore clairement établi que cette population réussit à se reproduire.