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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) au Canada - 2003

Répartition

Répartition mondiale

L’obovarie ronde occupe les réseaux des rivières Tennessee et Cumberland et le réseau de la rivière Ohio, depuis l’Ouest de la Pennsylvanie et la péninsule méridionale du Michigan jusque dans l’Est de l’Illinois; on l’a aussi trouvée dans les lacs Érié et Sainte-Claire et leur bassin hydrographique au Canada et aux États-Unis (Parmalee et Bogan, 1998). Par le passé, on l’a déjà signalée en Alabama, en Géorgie, en Illinois, en Indiana, au Kentucky, au Michigan, au Mississippi, au New York, en Ohio, en Pennsylvanie, au Tennessee, en Virginie-Occidentale ainsi qu’en Ontario (figure 2).


Figure 2 : Répartition de l’Obovaria subrotunda en Amérique du Nord (d’après les informations fournies par les compétences)

Figure 2 : Répartition de l’Obovaria subrotunda en Amérique du Nord (d’après les informations fournies par les compétences).


Répartition canadienne

Au Canada, l’O. subrotunda n’a été répertorié que dans le Sud de l’Ontario. Les mentions ontariennes d’O. subrotunda présentées ici sont tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs, tenue par l’Institut national de recherche sur les eaux. Au moment d’écrire ces lignes, la base de données contenait environ 6 000 mentions se rapportant à 40 espèces récoltées à plus de 2000 endroits dans le bassin hydrographique des Grands Lacs inférieurs depuis 1860 (voir Metcalfe-Smith et al., 1998a, pour une description détaillée de la base de données et de ses sources). La mention la plus ancienne d’obovarie ronde au Canada se rapporte à deux coquilles fraîches entières récoltées en 1890 dans le lac Érié, à Kingsville, par J.T. McQueen (spécimens conservés au Musée canadien de la nature, no cat. 002448). Depuis, l’espèce a été récoltée à d’autres endroits dans la partie ouest du bassin du lac Érié (en particulier autour de l’île Pelée), dans le lac Sainte-Claire et dans les rivières Welland, Grand, Detroit, Thames et Sydenham. La figure 3 montre l’aire de répartition historique de l’obovarie ronde en Ontario, établie à partir de 44 mentions pour la période de 1890 à 1986, et l’aire de répartition actuelle, fondée sur 30 mentions (animaux vivants et coquilles) couvrant la dernière décennie (de 1991 à 2001). Les récoltes les plus récentes d’individus vivants ont été faites dans la rivière Sydenham Est et dans le delta de la rivière Sainte-Claire (dans le lac Sainte-Claire) pendant l’été 2001.

Le lac Érié, le lac Sainte-Claire et la rivière Detroit (et probablement aussi la rivière Welland) sont maintenant infestées par une espèce exotique, la moule zébrée (Dreissena polymorpha) qui a presque entièrement détruit toutes les populations indigènes de mulettes qu’abritaient ces eaux, ne laissant que des groupes isolés de survivants dans certains secteurs riverains des lacs (Zanatta et al., 2002). Environ 64 p. 100 des mentions historiques d’O. subrotunda se rapportent à des eaux maintenant infestées de moules zébrées. L’obovarie ronde est apparemment disparue des rivières Grand et Thames (Metcalfe-Smith et al., 1998b, 1999), et ses effectifs ont chuté de façon spectaculaire dans la rivière Sydenham (Metcalfe-Smith et al., 2001). Cependant, 53 individus vivants ont été récoltés dans les eaux canadiennes du delta de la rivière Sainte-Claire (dans le lac Sainte-Claire) entre 1999 et 2001 (Zanatta et al., 2002). La population du delta de la rivière Sainte-Claire semble être la seule population restante importante d’O. subrotunda au Canada. Dans l’ensemble, l’obovarie ronde a disparu de plus de 90 p. 100 de son ancienne aire de répartition au Canada. Actuellement, on ne la trouve plus que dans la rivière Sydenham Est et une portion du delta de la rivière Sainte-Claire. La zone d’occurrence actuelle de l’espèce est d’environ 1 750 km2 et sa zone d’occupation, de 8 km2.