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L’obovarie ronde (Obovaria subrotunda)

Biologie

Généralités

Le cycle biologique de l’obovarie ronde, décrit ci-dessous (sur la base des travaux de Kat, 1984; Watters, 1999; Nedeau et al., 2000), est fondamentalement le même que celui des autres mulettes. Durant la fraye, les mâles libèrent leur sperme dans l’eau et les femelles se trouvant en aval le captent par filtration avec leurs branchies. Les œufs sont fécondés dans une région spécialisée des branchies de la femelle appelée marsupium, où ils demeurent jusqu’à ce qu’ils atteignent un stade larvaire intermédiaire, celui de glochidium. La femelle relâche alors les glochidiums, qui doivent se fixer à un hôte approprié et s’encapsuler. Les glochidiums demeurent fixés à l’hôte et se nourrissent de ses fluides corporels, jusqu’à leur métamorphose en juvéniles. Ceux-ci se libèrent ensuite de leur capsule et tombent sur le fond pour commencer à vivre de façon autonome. On estime que la proportion de glochidiums qui survivent jusqu’au stade juvénile n’est que de 0,000001 p. 100. Les mulettes compensent cette mortalité extrême en produisant une grande quantité de glochidiums.


Reproduction

L’obovarie ronde, comme la plupart des mulettes, est considérée comme une espèce dioïque. L’hermaphrodisme n’a pas été observé chez cette espèce. On ne connaît pas la longévité de l’O. subrotunda, mais les membres de la sous-famille des Lampsilinés croissent en général plus vite et vivent moins longtemps que les espèces de la famille des Ambléminés, qui peuvent vivre jusqu’à plus de 40 ans (Stansbery, 1967). Aux fins de comparaison, la longévité de trois autres espèces de Lampsilinés figurant sur les listes du COSEPAC est la suivante : de 10 à 20 ans pour le L. fasciola (Metcalfe-Smith et al., 2000c), plus de 15 ans pour l’Epioblasma torulosa rangiana (Staton et al., 2000) et jusqu’à 11 ans pour le V. fabalis (Woolnough et Mackie, 2002).

Chez l’Obovaria subrotunda, la période de gravidité est longue (bradytictic species). Des femelles gravides ont été observées tous les mois, sauf en juillet, dans la rivière Huron, au Michigan (van der Schalie, 1938), et tous les mois de l’année dans le réseau hydrographique de la rivière Cumberland au Tennessee et au Kentucky (Gordon et Layzer, 1989). D’après Clarke (1981), la période de gravidité s’étend d’environ septembre à juin au Canada. Clarke (1981) décrit les glochidiums comme des organismes ovalaires, à charnière presque droite, sans crochets et mesurant environ 180 mm de long et 200 mm de haut (200 mm de long et 230 mm de haut, selon Hoggarth, 1993). L’absence de crochets donnent à penser qu’ils sont des parasites des branchies. Le poisson hôte est inconnu; cependant, Clark (1977) a noté une association entre le dard de sable (Ammocrypta pellucida) et l’obovarie ronde dans le réseau de la rivière St. Joseph, tributaire de la rivière Maumee dans le bassin hydrographique du lac Érié. Le dard de sable a été désigné comme étant une espèce menacée au Canada en 1994, et de nombreuses populations du Canada ont diminué ou sont disparues. Cependant, ce poisson est encore présent dans la rivière Sydenham Est et les eaux canadiennes du delta de la rivière Sainte-Claire (Holm et Mandrak, 1996), ce qui renforce l’hypothèse d’une relation hôte-parasite avec l’O. subrotunda. De plus, on sait que deux autres espèces de dard, l’Ammocrypta beani et l’Ammocrypta meridiana, sont des hôtes de l’Obovaria unicolor (Haag et Warren, 2001).


Déplacements et dispersion

Sous leur forme adulte, les mulettes sont à toutes fins pratiques sessiles; leurs déplacements se limitent à quelques mètres du fond du lac ou de la rivière. La seule période où une dispersion importante peut se produire est la phase parasite. Les poissons hôtes infestés peuvent transporter les Unionidés larvaires vers de nouveaux habitats, ce qui peut permettre la reconstitution des populations réduites. La dispersion est particulièrement importante pour les échanges génétiques entre populations (Nedeau et al., 2000). La population d’obovaries rondes de la rivière Sydenham est isolée et peut-être proche de la disparition. La population restante dans le lac Sainte-Claire se trouve entièrement dans les eaux canadiennes. Ainsi, il n’existe aucun moyen naturel par lequel des individus des populations américaines pourraient venir augmenter la population canadienne ou recoloniser l’aire de répartition canadienne si les populations canadiennes venaient à disparaître.


Nutrition et interactions interspécifiques

Au stade adulte, l’obovarie ronde, comme toutes les espèces de mulettes, est un organisme filtreur. Ses principaux aliments sont des bactéries, des algues, des débris de matière organique et certains Protozoaires (Nedeau et al., 2000). La disponibilité de la nourriture peut être un facteur limitatif pour la population du lac Sainte-Claire à cause de la présence de fortes densités de moules zébrées, organismes filtreurs extrêmement efficaces. Pendant la phase larvaire parasite, les glochidiums se nourrissent des fluides corporels de leur hôte.