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Cahier de consultation au sujet de l’inscription à la Liste des espèces en péril pour les populations de l’Atlantique du requin bleu, du requin-taupe bleu, et du grand requin blanc

Requin bleu

Le requin bleu,Prionace glauca, est le plus abondant et le plus répandu de tous les requins pélagiques du monde. On le reconnaît facilement à sa coloration particulière, qui va du bleu foncé sur la partie dorsale au blanc sur le ventre, en passant par un bleu vif sur les flancs. Il peut atteindre plus de 3,8 m de long. Il présente aussi une échancrure caractéristique sur sa nageoire caudale et de longues nageoires pectorales en forme de faucille.

Le requin bleu est un poisson migrateur qu’on trouve partout dans le monde, notamment dans les deux hémisphères de l’Atlantique et du Pacifique. Des expériences de marquage réalisées dans l’Atlantique Nord-Ouest révèlent que bien que les requins bleus franchissent l’équateur, leurs populations semblent  généralement divisées par hémisphère.  Elles révèlent aussi que ces requins opèrent peut-être une migration dans le sens horaire d’ouest en est dans l’Atlantique Nord.

Le requin bleu semble présent dans les eaux du Canada atlantique de la fin de l’été au début de l’automne. Des prises de requin bleu ont été signalées le long du bord du plateau continental, depuis le nord-est de Terre-Neuve jusque dans le golfe du Saint-Laurent et dans la baie de Fundy.

Le requin bleu vit habituellement dans la couche supérieure des eaux du large, entre la surface et une profondeur de 350 mètres. Sa préférence pour les eaux dont la température se situe entre 10 et 20 oC est vraisemblablement le facteur qui détermine l’aire de distribution et les profondeurs dans lesquelles il évolue. Il semble aussi exister chez le requin bleu de l’Atlantique Nord-Ouest une ségrégation selon la taille et le sexe, comme le révèle l’absence de femelles adultes au large de la côte nord-est des États-Unis et du Canada. 

Le requin bleu est considéré comme un animal opportuniste dans sa quête de nourriture; il consomme une grande variété de proies : poissons, calmars, oiseaux et carcasses de mammifères marins.

L’accouplement des requins bleus semble avoir lieu hors des eaux canadiennes, du printemps au début de l’été. La gestation dure de 9 à 12 mois. Avec une portée moyenne de 25 à 50 petits tous les deux ans, le requin bleu est un des requins les plus prolifiques du monde. Les nouveau-nés mesurent en général entre 35 et 60 cm. Les mâles atteignent la maturité sexuelle quand ils mesurent entre 193 et 210 cm, tandis que les femelles parviennent à ce stade à une longueur de plus de 185 cm. L’âge de la maturité se situe entre 4 et 6 ans chez les deux sexes et la longévité maximale entre 16 et 20 ans. Le taux de croissance annuel de la population de requin bleu a été estimé à environ 43 %, ce qui, associé à la nombreuse portée de cet animal, contribue vraisemblablement à ralentir le déclin de sa population, malgré la forte mortalité par capture.

Évaluation du COSEPAC

Le COSEPAC justifie ainsi la désignation du requin bleu comme espèce préoccupante (P):

Cette espèce de requin est relativement productive (âge maximal de 16 à 20 ans; mature à l’âge de 4 à 6 ans; durée de génération de 8 ans; de 25 à 50 petits tous les deux ans). En tant qu’élasmobranche, les populations sont vulnérables à un taux de mortalité accru découlant de toutes sources, incluant des activités humaines. L’espèce est considérée comme ayant une seule population fortement migratrice dans l’Atlantique Nord, population dont une partie est présente dans les eaux canadiennes de façon saisonnière. L’indice d’abondance, considéré comme le meilleur moyen de représenter la population entière, a diminué de 60 % entre 1986 et 2000, mais un autre indice n’indique aucune tendance à long terme pour l’ensemble de la population entre 1971 et 2003. Les indices d’abondance dans les eaux canadiennes et près de celles-ci affichent des tendances de déclin variant entre 0 et 60 % à partir des années 1980 jusqu’au début des années 2000. Une diminution de la longueur moyenne des poissons capturés pendant la pêche à la palangre a été observée dans les eaux canadiennes entre 1986 et 2003. La principale menace provient des prises accessoires pendant la pêche pélagique à la palangre. Bien que cette menace soit comprise et évitable, elle n’est pas réduite de façon efficace par la gestion. L’évaluation de l’impact des prises accessoires sur la population bénéficierait d’une meilleure information sur la proportion d’individus rejetés qui survivent. Il semble que les récents retraits par pêche dans l’Atlantique Nord totalisent plusieurs dizaines de milliers de tonnes annuellement. Les retraits canadiens estimés, représentant une petite portion du nombre total, diminuent depuis le début des années 1990 et étaient récemment évalués à environ 600 t/année en moyenne.

Menaces qui pèsent contre le requin bleu

Selon le rapport du COSEPAC, la capture accessoire dans les pêches à la palangre pélagique est la principale menace qui pèse contre le requin bleu. Étant donné que l’effort déployé dans ces pêches a décuplé au cours des 50 dernières années dans l’Atlantique Nord, on tient pour acquis que les prises accessoires de requin bleu ont augmenté au même rythme. Malheureusement, à cause de la piètre qualité de sa chair, le requin bleu est généralement rejeté en mer, mais on estime que jusqu’à 60 % de ceux qui sont capturés survivent. Dans les eaux canadiennes, toutefois, on évalue les prises de requin bleu à 1% de la capture mondiale.  À l’heure actuelle, la mortalité par pêche du requin bleu dans les eaux du Canada atlantique est tombée de plus de 1 500 t/an au début des années 1990 à moins de 1 000 t/an entre 1996 et 2002. La pratique consistant à enlever les ailerons pour les vendre et à rejeter la carcasse est aussi considérée comme étant une source de mortalité du requin bleu, en particulier dans les eaux internationales. Bien qu’on ne sache pas quelle quantité d’ailerons de requin bleu est  prélevée annuellement, on estime qu’ils représentent plus de 50 % de l’offre sur le marché. 

Protection du requin bleu

Les requins bleus sont gérés en vertu du Plan de gestion intégrée de la pêche des requins pélagiques du Canada atlantique. Bien qu’une pêche dirigée, pour laquelle un quota de 250 t est prévu, soit autorisée aux termes de plan, il n’y a pas véritablement de marchés pour la chair de ce poisson, qui se détériore rapidement en mer. Le plan autorise aussi des prises accessoires de requin bleu dans les autres pêches de grands poissons pélagiques, mais il exige une vérification à quai intégrale (100 %) des prises de la pêche dirigée et des prises accessoires. Quant à la pêche récréative du requin au Canada atlantique, il s’agit uniquement d’une pêche avec remise à l’eau des captures, sauf lorsqu’elle a lieu dans le cadre de tournois de pêche où les carcasses peuvent être gardées à des fins d’étude scientifique. L’ablation des ailerons est interdite dans toutes les eaux canadiennes depuis 1994.

Conséquences possibles pour les intervenants

Si le requin bleu est inscrit sur la liste des espèces en péril, il se peut que les activités susceptibles de nuire à l’espèce ou à son habitat soient scrutées de plus près. Les espèces préoccupantes ne sont pas visées par les interdictions prévues à la LEP. Elles doivent plutôt faire l’objet d’un plan de gestion élaboré en vertu de la LEP. Diverses mesures de gestion peuvent être prises pour conserver la population de requin bleu.

Les mesures de gestion choisies pourraient avoir des conséquences variées pour les intervenants, y compris des coûts supplémentaires. La liste qui suit n’est pas exhaustive. Veuillez profiter de cette consultation pour signaler toute omission.

Autochtones

Il se peut que les stratégies de gestion envisagées aient des incidences sur les Autochtones qui pratiquent la pêche à des fins alimentaires et sociales et la pêche commerciale communautaire  dans les eaux fréquentées par le requin bleu.

Industrie de la pêche

Lorsqu’il est établi qu’une activité halieutique donnée compromet la survie et le rétablissement d’une espèce inscrite sur la liste de la LEP, certaines mesures de gestion peuvent être prises pour corriger la situation. Il peut s’agir d’une présence accrue d’observateurs dans certains secteurs; de la fermeture de secteurs; de la modification d’engins de pêche ou d’autres mesures élaborées en collaboration avec l’industrie pour prévenir ou réduire au minimum les interactions.

Activités récréatives

Des restrictions et mesures de gestion peuvent être imposées pour limiter les activités récréatives susceptibles d’influer sur la survie et le rétablissement du requin bleu.

Activités scientifiques

Les personnes qui veulent mener des études sur le requin bleu ou dans des parties de son habitat pourraient devoir se conformer à des lignes directrices plus strictes. Il est possible que ces exigences aient pour effet de limiter la nature et la durée des recherches autorisées sur le requin bleu et d’accroître les délais de planification des projets de recherche. 

Opérations militaires

Il se peut que les Forces maritimes de l’Atlantique soient appelées à rédiger des lignes directrices pour les exercices navals dans les zones fréquentées par le requin bleu. On pourrait également leur demander de s’abstenir d’entreprendre certains genres d’exercices précis dans ces secteurs. Comme le précise la LEP, ces exigences cessent de s’appliquer en situation d’urgence et dans les cas où la sécurité nationale est compromise.

Autres activités

La navigation maritime ainsi que les activités pétrolières et gazières pourraient également être touchées par l’inscription du requin bleu sur la liste de la LEP. Aucune menace qui proviendrait de ces activités ou d’autres n’a cependant été cernée.

Les incidences de toutes les activités prévues  dans le milieu maritime qui sont visées par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale devront aussi être évaluées par rapport aux espèces inscrites sur la liste de la LEP, conformément à cette loi.

Bibliographie

COSEPAC 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin bleu Prionace glauca (population de l’Atlantique) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 46 pp.

(www.registrelep.gc.ca/status/showDocument_f.cfm?id=1016)

MPO, 2002. Plan de gestion intégrée de la pêche intégrée des requins pélagiques du Canada atlantique 2002-2007.