Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Cahier de consultation au sujet de l’inscription à la Liste des espèces en péril pour les populations de l’Atlantique du requin bleu, du requin-taupe bleu, et du grand requin blanc

Grand requin blanc

Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est la seule espèce vivante du genre Carcharodon. La couleur de  son corps fusiforme va du gris au noir sur la partie dorsale, tandis que le ventre est blanc. L’animal est reconnaissable à son iris noir. Bien que le plus grand spécimen capturé mesurait entre 5 et 5,8 m,  on a signalé des grands requins blancs de plus de 7 m. Il n’y a eu aucun relevé ou aucune étude scientifique de cette espèce dans les eaux canadiennes.

On trouve des grands requins blancs dans le monde entier, y compris dans les eaux boréales et dans les eaux tropicales des deux hémisphères. Ils ont été répertoriés de Terre-Neuve au Brésil, dans la partie occidentale de l’Atlantique Nord, et depuis la mer de Béring jusqu’au Mexique, dans la partie orientale du Pacifique Nord. Le grand requin blanc est rare dans les eaux du Canada atlantique, qui représentent sans doute l’extrémité nord de son aire de distribution. On a signalé seulement 32 cas d’observation ou de capture de requins de cette espèce dans la région depuis 1874. Il s’agit d’animaux vus ou pris au large de la côte nord-est de Terre‑Neuve, dans le détroit de Belle Isle, dans le chenal Laurentien, le long du plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy.

Le grand requin blanc évolue tant dans les eaux du large que le long des côtes, y compris dans les baies, les ports et les estuaires. Bien qu’on ait enregistré sa présence dans des eaux dont la température variait entre 5 et 27 ºC et dont la profondeur se situe entre quelques mètres et 1280m, il semble préférer les températures des eaux côtières se situant entre 14 et 20 ºC. Quand il apparaît au Canada atlantique, c’est à la fin de l’été, lorsque les eaux du Gulf Stream se rapprochent des côtes.  

Le grand requin blanc est considéré comme un animal très opportuniste dans sa quête de nourriture. Il consomme une grande variété de proies, dont des poissons osseux, des raies et des mammifères marins, ainsi que divers invertébrés, oiseaux marins et reptiles. Au Canada atlantique, on a vu des grands requins blancs manger des marsouins communs et des phoques gris.

L’information sur la biologie du grand requin blanc dans les eaux canadiennes est limitée, mais les données recueillies dans des cas d’échouage ou de capture accessoire de cet animal révèlent qu’on trouve ici des mâles et des femelles. On estime la gestation à 14 mois et la portée moyenne à sept petits. La progéniture de la femelle serait au maximum de 45 petits environ. À la naissance, les petits mesurent déjà de 1,09 à 1,65 m, ce qui leur évite d’être la proie de la plupart des autres espèces marines. Les mâles atteignent la maturité sexuelle alors qu’ils mesurent de 3,5 à 4,1 m (à l’âge de 8 à 10 ans). Les femelles parviennent à la maturité à une longueur se situant entre 4 et 5 m (à l’âge de 12 à 18 ans). Le plus grand des grands requins blancs observés dans les eaux canadiennes mesurait plus de 5 m et pesait 907 kg. On estime que cet animal vit de 23 à 60 ans.

Évaluation du COSEPAC

Le COSEPAC justifie ainsi la désignation du grand requin blanc comme espèce en voie de disparition  (EVD) :

À l’échelle mondiale, l’espèce est répartie dans les eaux subtropicales et tempérées, mais elle est absente des eaux polaires froides; les populations canadiennes de l’Atlantique et du Pacifique sont donc isolées et sont considérées comme deux unités désignables distinctes. Ce très grand prédateur au sommet de la chaîne alimentaire est rare dans la majeure partie de son aire de répartition, en particulier dans les eaux canadiennes, qui représentent la limite septentrionale de celle-ci. Il existe seulement 32 enregistrements en 132 ans dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Il n’existe aucun renseignement sur la tendance de l’abondance dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Il est estimé que les nombres ont diminué d’environ 80 % en 14 ans (moins d’une génération) dans des régions du nord‑-ouest de l’océan Atlantique en dehors des eaux canadiennes. L’espèce est très mobile, et il est probable que les individus de l’Atlantique canadien sont des migrateurs saisonniers appartenant à une vaste population du nord-ouest de l’Atlantique; la situation de la population de l’Atlantique canadien est donc considérée comme étant la même que celle de l’ensemble de la population. D’autres facteurs à considérer comprennent la longue durée de génération (~23 ans) et les faibles taux de reproduction (gestation estimée à 14 mois et fécondité moyenne, à sept jeunes nés vivants), qui limitent la capacité de l’espèce à résister aux pertes découlant de l’augmentation du taux de mortalité. Les prises accessoires pendant la pêche pélagique à la palangre est considérée comme étant la cause première de l’augmentation du taux de mortalité.  

Menaces qui pèsent contre le grand requin blanc

Selon le COSEPAC, l’homme est la plus grande menace qui pèse contre le grand requin blanc. Cet animal fait l’objet d’une pêche sportive et il est aussi capturé accessoirement dans la pêche d’autres poissons pélagiques à la palangre. Ses mâchoires et ses dents sont très recherchées par les collectionneurs, tandis que ses ailerons sont convoités en Asie sur les marchés de l’alimentation et des produits médicinaux. Il n’y a pas eu d’études des populations de grand requin  blanc au Canada, mais compte tenu du petit nombre d’individus observés, on pense qu’il y est moins abondant que dans les eaux des États-Unis situées plus au sud. Toutefois, l’importante intensification de l’effort de pêche à la palangre hors des eaux canadiennes inquiète. La seule estimation de l’abondance dont on dispose est fondée sur la pêche à la palangre et la pêche du thon dans le sud-est des États-Unis et des Antilles. Elle reflète une diminution de 79 % des prises par unité d’effort (PUE) concernant le grand requin blanc. Les tendances de l’abondance dans d’autres zones sont très incertaines. 

 

Protection du grand requin blanc

À l’échelle mondiale, le grand requin blanc est protégé par plusieurs internationaux accords, comme la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui essaye de maîtriser l’exploitation des espèces menacées et en voie de disparition au moyen d’un système de permis. Au Canada atlantique, il n’y a pas de pêche dirigée du grand requin blanc. Celui-ci est capturé accidentellement à l’occasion dans la pêche d’autres grands poissons pélagiques et il est géré en vertu du Plan de gestion intégrée de la pêche des requins pélagiques du Canada atlantique, qui autorise des prises accessoires illimitées, mais exige une vérification à quai intégrale (100 %) des prises. Quant à la pêche récréative du requin, il s’agit uniquement d’une pêche avec remise à l’eau des captures, sauf lorsqu’elle a lieu dans le cadre de tournois de pêche, où les carcasses peuvent être gardées à des fins d’étude scientifique. Enfin l’ablation des ailerons (pratique consistant à enlever les ailerons pour les vendre et à rejeter la carcasse) est interdite dans toutes les eaux canadiennes depuis 1994.

Conséquences possibles pour les intervenants

Une fois le grand requin blanc ajouté à la liste des espèces en péril, il bénéficiera de la protection de la LEP. Si des activités données sont jugées menaçantes pour la survie et le rétablissement d'une espèce figurant sur cette liste, des mesures de gestion seront mises en place pour restreindre ces activités et protéger l'espèce considérée. 

Les mesures en question pourraient avoir des conséquences variées pour les intervenants, y compris des coûts supplémentaires. La liste qui suit n’est pas exhaustive. Veuillez profiter de cette consultation pour signaler toute omission.

Autochtones

Il se peut que les stratégies de gestion envisagées aient des incidences sur les Autochtones qui pratiquent la pêche à des fins alimentaires et sociales et la pêche commerciale communautaire commerciale dans les eaux fréquentées par le grand requin blanc.

Industrie de la pêche

Il est important de déterminer toute l’étendue des menaces que pourraient représenter les activités de pêche pour le grand requin blanc. Si l’espèce est inscrite sur la liste de la LEP, les activités halieutiques considérées comme une menace à sa survie et à son rétablissement seront frappées d’interdiction. Un certain volume de prises accessoires pourrait être autorisé dans le cadre de la pêche  dirigée d’autres espèces, mais uniquement si des mesures sont prises pour réduire au minimum l’impact de l’activité sur l’espèce et si ce volume de prises accessoires ne nuit pas à ses chances de rétablissement. Les dispositions actuelles de la LEP interdisent toutefois de garder ces prises accessoires.

Opérations militaires

Il se peut que les Forces maritimes de l’Atlantique soient appelées à rédiger

des lignes directrices pour les exercices navals dans les zones fréquentées par le grand requin blanc. On pourrait également leur demander de s’abstenir d’entreprendre certains genres d’exercices précis dans ces secteurs. Comme le précise la LEP, ces exigences cessent de s’appliquer en situation d’urgence et dans les cas où la sécurité nationale est compromise.

Activités récréatives

Des restrictions et mesures de gestion seront imposées pour limiter les activités récréatives susceptibles d’influer sur la survie et le rétablissement du grand requin blanc. Il est probable que la pêche récréative du grand requin blanc cesserait.

Activités scientifiques

Les personnes qui veulent mener des études sur le grand requin blanc ou dans des parties de son habitat devront obtenir un permis etse conformer à des lignes directrices plus strictes. Il est possible que ces exigences aient pour effet de limiter la nature et la durée des recherches autorisées sur le grand requin blanc et d’accroître les délais de planification des projets de recherche. 

Autres activités

La navigation maritime ainsi que les activités pétrolières et gazières pourraient également être touchées par l’inscription du grand requin blanc sur la liste de la LEP. Aucune menace qui proviendrait de ces activités ou d’autres n’a cependant été cernée. Toutefois, si tel que le suggère le COSEPAC, le grand requin blanc est inscrit sur la liste de la LEP, les interdictions s’appliqueront à TOUTES les activités qui touchent l’espèce.   

Les incidences de toutes les activités prévues  dans le milieu maritime qui sont visées par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale devront aussi être évaluées par rapport aux espèces figurant sur la liste de la LEP, conformément à cette loi.

Bibliographie

COSEPAC 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand requin blanc Carcharodon carcharias (population de l’Atlantique) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada Canada. Ottawa. vii + 31 pp.

(www.registrelep.gc.ca/status/showDocument_f.cfm?id=1019)

MPO, 2002. Plan de gestion intégrée de la pêche intégrée des requins pélagiques du Canada atlantique 2002-2007.