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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lamproie du Nord (populations des Grands Lacs - du haut Saint-Laurent et population de la Saskatchewan – Nelson) au Canada - Mise à jour

Résumé

Lamproie du Nord
Ichthyomyzon Fossor
Populations des Grands Lacs - du haut Saint-Laurent
Population de la Saskatchewan - Nelson

Information sur l’espèce

La lamproie du Nord est une des six espèces du genre Ichthyomyzon. Elle est anguiforme et mesure environ 160 mm de longueur à l’âge adulte. Elle n’est pas un parasite. Les adultes se distinguent des autres lamproies par leur nageoire dorsale unique et par la disposition caractéristique et la forme de leurs dents. Les ammocètes (larves de lamproie) du genre sont impossibles à distinguer les unes des autres. Certaines analyses génétiques récentes ont remis en question le fait que l’espèce soit vraiment distincte de la lamproie argentée. Sa situation taxinomique a fait l’objet d’un débat, mais cette question n’a pas encore été résolue et, entre-temps, la lamproie du Nord est reconnue comme une espèce distincte.

Répartition

Des adultes ont été trouvés dans des ruisseaux partout en Ontario, au sud-ouest du Québec ainsi qu’au sud-est du Manitoba. En Ontario, des activités d’échantillonnage accrues ont permis de découvrir plus d’emplacements au cours des dernières années. L’occurrence générale de larves d’Ichthyomyzonindique peut-être une répartition plus vaste, mais une récolte d’adultes est nécessaire afin de confirmer l’identification.

L’aire de répartition américaine est éparse, mais elle inclut l’Illinois, l’Indiana, le Kentucky, le Michigan, le Minnesota, le Missouri, l’État de New York, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Vermont, la Virginie-Occidentale et le Wisconsin.

Habitat

La lamproie du Nord se trouve généralement dans des ruisseaux d’eau claire d’un vaste éventail de tailles. Les larves de l’espèce résident dans des terriers aux substrats vaseux et boueux. Après leur métamorphose en juvénile, elles émergent de leur terrier et se fixent au fond du ruisseau. Pour frayer, l’espèce a besoin d’un substrat composé de gravier grossier exposé à un courant unidirectionnel relativement rapide.

Biologie

Il s’agit d’un poisson dulcicole qui habite les sédiments de ruisseaux au stade larvaire filtreur. Il vit de trois à sept ans enfoui dans les zones meubles des fonds de ruisseaux. Après la transformation, la lamproie du Nord vit de quatre à six mois avant de frayer et de mourir. Elle ne se nourrit pas du tout à l’âge adulte.

Taille et tendances des populations

Aucune estimation de la population n’a été effectuée pour l’espèce. La lamproie du Nord n’est plus présente dans un certain nombre de ruisseaux autour des Grands Lacs qui abritaient des populations dans le passé. Cependant, un grand nombre d’ammocètes du genre, dont plusieurs sont apparemment des lamproies du Nord, sont observées incidemment dans les évaluations de lamproies marines larvaires.

Facteurs limitatifs et menaces

L’épandage de lampricides dans les habitats où la lamproie marine et la lamproie du Nord cohabitent a réduit les populations autour des Grands Lacs. Ces applications sont menées périodiquement afin de lutter contre la lamproie marine envahissante, mais elles ont également entraîné involontairement des déclins de lamproies indigènes. La manipulation des niveaux d’eau, les changements de température de l’eau et la pollution ont aussi été signalés comme des menaces.

Importance de l’espèce

Cette espèce, comme toutes les espèces de lamproies, est précieuse, car ses origines anciennes facilitent les recherches sur l’histoire de l’évolution. La lamproie du Nord a été utilisée de façon efficace comme bio-indicateur de contaminants. Il est probable également qu’elle joue un rôle dans le cycle nutritif.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La lamproie du Nord est actuellement considérée comme une espèce préoccupante au Canada. La Loi sur les pêches du Canada et le Règlement sur les habitats fauniques du Québec protègent en principe son habitat.

Aux États-Unis, l’espèce est actuellement cotée gravement en péril (critically imperiled) en Illinois, dans l’État de New York, en Pennsylvanie, au Vermont et en Virginie-Occidentale. Elle est cotée en péril (imperiled) au Kentucky et en Ohio, et vulnérable (vulnerable) au Minnesota.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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