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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lamproie du Nord (populations des Grands Lacs - du haut Saint-Laurent et population de la Saskatchewan – Nelson) au Canada - Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

En raison des difficultés de collecte et d’identification d’ammocètes, l’échantillonnage se limite généralement aux individus transformés, à l’automne, ou avant la mort suivant le frai, au début du printemps. La plupart des données sur la répartition présentées dans le présent rapport se fondent sur les données de prises accessoires obtenues dans le cadre de l’évaluation de la lamproie marine par le personnel du ministère des Pêches et des Océans et du Fish and Wildlife Service (USFWS) des États-Unis. Les relevés de lutte contre la lamproie marine ciblent les larves; ils privilégient les cours d’eau abritant des populations connues de lamproie marine. Les relevés menés à la pêche à l’électricité constituent la majorité des activités. Une petite partie des données sont tirées de relevés menés en bateau en eaux profondes en utilisant la préparation granulaire du lampricide « Bayluscide ». D’autres récoltes ont été effectuées pendant les traitements au TFM dans les cours d’eau.

Stewart et Watkinson (2004) sous-entendent que les activités de recherche au Manitoba n’ont pas été approfondies, car ils pensent que l’espèce pourrait avoir une aire de répartition plus vaste que ce que les données connues indiquent.

Aux printemps de 2000 et de 2001, le personnel d’évaluation du CCLM a mené des relevés à la pêche à l’électricité dans le but précis de repérer des emplacements non attestés de lamproies du Nord adultes et transformées. Ces activités ont permis de trouver deux emplacements auparavant inconnus dans le bassin versant du lac Nipissing (rivière Wolseley et ruisseau Bear) et de confirmer l’existence d’autres populations dans la région des Grands Lacs (CCLM, données inédites).

Abondance

Selon Scott et Crossman (1973), l’espèce ne serait abondante nulle part dans son aire de répartition. Toutefois, plus de 5 700 ammocètes de lamproies Ichthyomyzon ont été prises accessoirement au cours de l’évaluation de la lamproie marine larvaire dans les affluents canadiens des Grands Lacs de 2000 à 2004. Durant les 5 années qui ont précédé cette période (de 1995 à 1999), plus de 8 000 ammocètes Ichthyomyzon ont été prises au cours d’une activité de récolte similaire (CCLM, données inédites). Seul le genre a été défini, mais, en raison de la rareté de récoltes de lamproies argentées adultes dans les pièges d’évaluation, il est possible de supposer qu’un pourcentage élevé de ces ammocètes étaient des lamproies du Nord, ce qui donne à penser que cette espèce est beaucoup plus abondante que ce que l’on pensait auparavant.

Dans le cadre d’un relevé de cours d’eau dans la péninsule inférieure du Michigan, la lamproie du Nord était l’espèce de lamproies la plus fréquente. Elle était présente dans 31 cours d’eau des zones du bassin à l’est du lac Michigan et à l’ouest des lacs Huron et Érié (Morman, 1979).

Il n’existe pas d’information sur l’abondance des populations du Manitoba et du Québec.

 

Fluctuations et tendances

Il est difficile d’examiner les tendances dans la répartition et l’abondance de la lamproie du Nord, en raison des difficultés à identifier les ammocètes et à récolter des ammocètes et des adultes, et de l’échantillonnage ciblé restreint des lamproies indigènes. Cependant, il est possible de calculer certaines tendances à partir de la documentation et des données connues limitées.

Dans le bassin des Grands Lacs, Schuldt et Goold (1980) ont comparé l’occurrence des données sur les ammocètes Ichthyomyzon (probablement de lamproie du Nord et de lamproie argentée) dans le lac Supérieur entre deux périodes de temps (de 1953 à 1972, de 1973 à 1977). Ils ont découvert que sur 41 cours d’eau canadiens, elles n’en occupaient plus que 17. Cette réduction est probablement attribuable aux effets des traitements aux lampricides. Des données récentes (de 1990 à 2004) signalent que 20 affluents canadiens du lac Supérieur contiennent actuellement des ammocètes Ichthyomyzon, ce qui indique une stabilisation de ces populations (tableau 2). Cette situation est probablement due au fait que la plupart de ces populations ne sont pas exposées aux traitements aux lampricides.

Dans le bassin du lac Supérieur, les lamproies du Nord adultes n’ont pas été enregistrées récemment (à savoir, au cours des 15 dernières années – environ 3 générations) dans 3 des 9 cours d’eau où elles étaient historiquement présentes (de 1960 à 1989), y compris la rivière Chippewa, la rivière Neebing-McIntyre et la rivière Black Sturgeon (figure 2). Dans le bassin du lac Huron, la présence de l’espèce a été récemment confirmée dans la plupart des cours d’eau où elle était historiquement présente (à l’exception de la rivière Bannockburn, de la rivière Bayfield, de la rivière St. Mary’s, de la rivière Thessalon, de la rivière Koshkawong et de la rivière du Nord) et dans plusieurs cours d’eau où elle n’avait pas été observée auparavant (figure 2). Historiquement, la lamproie du Nord était également présente dans le ruisseau Big Otter (lac Érié), mais elle n’a pas été signalée de 1990 à 2004.

Actuellement, 13 des 28 cours d’eau du bassin des Grands Lacs du Canada où des lamproies du Nord adultes ont été récoltées n’étaient pas occupés par la lamproie marine et n’ont pas été exposés aux lampricides. Les densités sont beaucoup plus élevées dans ces cours d’eau que dans ceux traités (CCLM, données inédites). Les populations des zones non traitées des cours d’eau traités (p. ex. les zones situées en amont des barrières) et des cours d’eau non traités ont tendance à être stables (CCLM, données inédites). Comme il a été mentionné antérieurement, on a observé au cours des dernières années que plusieurs nouveaux cours d’eau abritaient des lamproies du Nord (y compris le ruisseau Wabuno, affluent de la rivière Thames, et le ruisseau Bear et la rivière Wolseley, affluent du lac Nipissing). Ces nouveaux enregistrements sont probablement le résultat d’un manque d’activités de recherche dirigées, plutôt que de nouvelles populations. De même, le manque d’activités de recherche intensives dans les cours d’eau qui sont identifiés sur la carte comme ne comportant pas récemment de lamproies du Nord pourrait expliquer cette absence.

Dans d’autres régions de l’Ontario, des lamproies du Nord ont été récemment trouvées où elles étaient présentes dans le passé, dans les rivières Sainte-Claire et des Outaouais, et dernièrement dans certaines parties du bassin du lac Nipissing (figure 2).

Au Québec, il existe très peu d’enregistrements pour examiner les tendances chez la lamproie du Nord. Vladykov (1952) a signalé une abondance élevée d’ammocètes dans la rivière Yamaska; cependant, Renaud et al. (1995) ont observé que la lamproie du Nord ne se trouvait plus dans des zones similaires du bassin. Ce cours d’eau n’a pas été traité aux lampricides, et le déclin est attribué à la pollution. Renaud et al. (1995) ont indiqué qu’une autre rivière québécoise, la rivière Saint-François, qui contenait, selon Vladykov (1952), des lamproies du Nord en comptait encore en 1990. Avant 1960, en plus de la rivière Yamaska, la lamproie du Nord n’a été récoltée que dans le lac Saint-Louis (1941), dans la rivière Nicolet Sud-Ouest (1951) et dans le fleuve Saint-Laurent, à Lachine (1950) (figure 2). Elle n’a été récoltée que dans la rivière Hinchinbrooke et dans la rivière Trout en 1976 (D. Banville, comm. pers.). Enfin, depuis 1990, elle n’a été prise que dans la rivière Châteauguay (1990, 1992), la rivière Richelieu (1990), la rivière des Prairies (1998), la rivière Gatineau (1999) et la rivière aux Outardes-Est (2002) (figure 2). La répartition actuelle de la lamproie du Nord dans le bassin du fleuve Saint-Laurent est probablement précise depuis une récente activité de recherche approfondie dans le cadre du Réseau de suivi ichtyologique du Saint-Laurent (La Violette et Richard, 1996; La Violette et al., 2003; Société de la faune et des parcs du Québec, données inédites).

Au Manitoba, la lamproie du Nord a été signalée pour la première fois dans une petite partie du réseau de la rivière Winnipeg en 1979 (Jyrkkanen et Wright, 1979). Très peu de spécimens ont été attrapés pour inférer des tendances, mais l’enregistrement le plus récent, en 2003, indique que cette population est encore présente (Stewart et Watkinson, 2004). Stewart et Watkinson (2004) pensent que cette espèce est peut-être plus répandue au Manitoba que ne l’indiquent les données.

Effet d’une immigration de source externe

La nature non migratrice de la lamproie du Nord donne à penser que les effets potentiels d’une immigration de source externe entre les cours d’eau sont minimes. Dans les cours d’eau, les larves de lamproie se déplacent en dérivant vers l’aval (Purvis, 1970; Potter, 1980b). Schuldt et Goold (1980) ont signalé des cours d’eau qui, après des traitements aux lampricides dans la section inférieure, se sont repeuplés de lamproies du Nord provenant de la partie supérieure du cours d’eau.