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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’onagre à fruits tordus (Camissonia contorta) au Canada

Résumé

Onagre à fruits tordus
Camissonia contorta

Information sur l’espèce

L’onagre à fruits tordus (Camissonia contorta) appartient à la famille des Onagracées. Il s’agit d’une petite herbe atteignant tout au plus 40 cm de longueur et dotée d’une étroite racine pivotante. La tige est flexible, généralement ramifiée, pelée dans le bas et souvent étendue. Ses petites fleurs portent quatre pétales jaunes. Les fruits sont de petites gousses tordues qui contiennent plusieurs graines minuscules. Les tiges, feuilles et capsules sont souvent rouge foncé, en particulier dans les milieux en plein soleil.

Répartition

L’aire de répartition de l’onagre à fruits tordus s’étend de la Colombie-Britannique à la Californie, vers l’est jusqu’en Idaho et dans l’ouest du Nevada. Au Canada, l’espèce est confinée aux zones côtières du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf voisines, soit une aire de répartition d’environ 750 km². À l’intérieur de cette aire, l’espèce occupe sept petits sites totalisant environ 8 ha.

Habitat

Au Canada, l’espèce est confinée à des platiers de sable et à des dunes semi-stables à moins de 15 m au-dessus du niveau de la mer. Ces habitats sont naturellement fragmentés, mais ils le sont encore davantage en raison de la dégradation des habitats sableux côtiers dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce.

Biologie

L’onagre à fruits tordus est une plante annuelle très éphémère. Généralement, la germination a lieu de mars à mai, la floraison, en avril ou en mai et la dispersion des graines, en mai ou en juin. La plupart des plants meurent dès le début de la sécheresse d’été, en juin. Les années aux étés exceptionnellement pluvieux, une petite proportion de plants peuvent survivre jusqu’à la fin de l’été, voire au début de l’automne. Ces plants peuvent reprendre une croissance végétative, produire de nouvelles fleurs et fructifier après des précipitations abondantes.

Les graines de l’onagre à fruits tordus semblent dépourvues de toute forme d’adaptation qui faciliterait leur dispersion sur de longues distances. Il est probable que la plupart demeurent dans les environs immédiats du plant parent. Les courtes distances de dispersion des graines et une forte tendance à l’autopollinisation éliminent pratiquement toute possibilité d’une immigration de source externe, même sur de courtes distances.

Taille et tendances des populations

On compte sept populations existantes et une population disparue au Canada. Ces populations comptent entre 20 et 2 000 plants. On estime que la population totale du Canada se situe entre 3 500 et 4 500 plants matures. Une population a récemment disparu et une autre a subi un déclin d’environ 95 p. 100. Dans l’ensemble, on juge que la population canadienne a subi un déclin d’environ 35 p. 100 au cours des dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

Plusieurs facteurs importants menacent les populations existantes et leur habitat potentiel. Les activités récréatives représentent la menace la plus sérieuse, en particulier la circulation de véhicules et les activités de plage dans les vestiges d’habitat potentiel qui ont, eux-mêmes, subi un recul au cours des dernières décennies. Un certain nombre d’herbes et d’arbustes exotiques et envahissants amenuisent sérieusement la capacité des sites à accueillir l’espèce. Six des sept populations sont si petites qu’elles sont exposées à un risque de modéré à grave d’effondrement démographique. L’herbivorie, qui est vraisemblablement le fait du lapin à queue blanche, une espèce introduite, a eu un impact mineur sur plusieurs plants matures. Ce phénomène ne semble pas représenter une grave menace pour l’espèce.

Protection actuelle

En Colombie-Britannique, la seule province où l’on trouve l’onagre à fruits tordus, l’espèce est désignée S1 – gravement en péril (critically endangered). Aucune législation provinciale ne protège spécifiquement l’onagre à fruits tordus. Aucune des populations ne se trouve dans une aire protégée provinciale, mais une très petite population pousse dans une réserve de parc naturel. Capital Regional District Parks administre des terrains qui abritent une population de grande taille (environ 2 000 individus) et une de moyenne taille (<1 000 individus). Ces populations sont protégées par le règlement des parcs, mais de nombreuses activités récréatives se déroulent à l’intérieur même des petites zones occupées par l’espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged ,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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