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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’onagre à fruits tordus (Camissonia contorta) au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Camissonia contorta (Dougl. ex. Hooker) Kearney

Synonymes :

O. cruciata (S. Wats.) Munz.; Oenothera contorta Dougl. ex. Hooker

Noms communs :

Français – onagre à fruits tordus. Anglais – Contorted-pod evening-primrose; Contorted evening-primrose; Contorted primrose; Bentpod desert primrose; Twisted suncup; Douglas’ evening primrose; Contorted suncup; Dwarf contorted suncup.

Famille :

Onagracées (famille des onagres)

Grand groupe végétal :

Plantes eudicotylédones phanérogames

Macoun a identifié les premiers spécimens de Camissonia contorta recueillis en Colombie-Britannique à la fin des années 1880 comme étant des Oenothera strigulosa (Fischer et Meyer) Torrey et A. Gray. Les trois spécimens de Macoun ont été identifiés comme étant des Camissonia contorta par des taxinomistes compétents.

Le Camissonia contorta est un taxon distinct, et aucun taxon infraspécifique n’est reconnu au Canada. Le Camissonia pubens (S. Wats.) Raven est une espèce étroitement apparentée qui est occasionnellement identifiée comme étant C. contorta var. pubens Kearney. Le Camissonia pubens est confiné à la Californie et au Nevada.

Description morphologique

Le Camissonia contorta (figure 1) est une herbe, généralement de petite taille, qui peut atteindre jusqu’à 40 cm de longueur et qui est dotée d’une étroite racine pivotante. La tige est flexible, habituellement ramifiée, pelée dans le bas et souvent étendue. La tige porte des poils grossiers et étalés, et l’inflorescence peut être glandulaire-pubescente. Les feuilles vont d’une ligne droite à une ellipse allongée, mesurent de 5 à 30 mm de longueur et sont entièrement ou partiellement dentées. Les fleurs, aux bractées foliacées, sont disposées en un racème terminal retombant. Les fleurs sont soit portées par un court pédoncule, soit exemptes de pédoncule. Chaque fleur est constituée d’un hypanthe de 1,5 à 2,0 mm de longueur qui porte quatre sépales, quatre pétales, huit anthères et un ovaire inférieur. Les sépales mesurent de 2,5 à 4,0 mm de longueur et sont réfléchis à maturité. Les pétales, de 3 à 5 mm de longueur, sont d’abord de couleur jaune, puis rougissent. Les étamines sont assez inégales, la plus longue étant presque deux fois la taille de la plus courte. L’ovaire renferme quatre compartiments et se transforme, à maturité, en une capsule linéaire de 2 à 4 cm de longueur d’une épaisseur d’à peine 1 mm. La capsule, sans pédoncule, est cylindrique et enflée au niveau des graines. Sa forme varie de droite à recourbée, presque en fer à cheval. On compte une rangée de graines de 0,7 à 0,9 mm de longueur, luisantes et légèrement texturées, par compartiment (Douglas et Meidinger, 1999). Les tiges, les feuilles et les capsules sont souvent rouge foncé, en particulier dans les milieux en plein soleil.

Figure 1. Le Camissonia contorta; fleur, fruit et apparence générale de la plante (illustration : Jeanne R. Janish, avec l’autorisation de University of Washington Press).

Figure 1. Le Camissonia contorta; fleur, fruit et apparence générale de la plante (illustration : Jeanne R. Janish, avec l’autorisation de University of Washington Press).

Description génétique

Le genre Camissonia a un nombre de chromosomes normal de x=7. L’aneuploïdie est presque inconnue chez les Camissonia, mais plus répandue chez d’autres genres d’Onagracées.Le Camissonia contorta est la seule espèce hexaploïde du genre Camissonia (n=21), d’après le décompte chromosomique de 40 populations, y compris des spécimens provenant de deux emplacements en Colombie-Britannique. Cette espèce peut produire des hybrides stériles avec l’espèce diploïde C. campestris et l’espèce tétraploïde C. strigulosa (dont aucun représentant ne pousse au Canada) et pourrait être un allopolyploïde dérivé d’une hybridation entre ces deux taxons. Cependant, l’espèce pourrait être issue de la fécondation de gamètes non réduits d’une espèce tétraploïde comme le C. strigulosa (autopolyploïdie). Rien n’indique l’existence d’un état intermédiaire entre le C. contorta et quelque espèce que ce soit dans son aire de répartition (Raven, 1969).