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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve-souris blonde (Antrozous pallidus) au Canada - Mise à jour

Introduction

La chauve-souris blonde (Antrozous pallidus, Chiroptères : Vespertilionidés) est présente partout dans les régions arides et semi-arides de l'Ouest de l'Amérique du Nord, depuis le Mexique jusqu'à la vallée de l'Okanagan dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique. Cette espèce particulière est l’une des plus grosses chauves-souris nord-américaines, et la plus imposante au Canada, avec un poids de 12 à 24,3 g et une envergure de 310 à 370 mm (Nagorsen et Brigham, 1993). Elle se caractérise par ses grands yeux et ses énormes oreilles, ainsi que par son pelage court de couleur pâle passant d'un brun jaunâtre sur le dos à une teinte crème sur le ventre. À la différence de la plupart des chauves-souris nord-américaines, la chauve-souris blonde a l'habitude de capturer des arthropodes au sol, qu'elle transporte ensuite souvent dans un gîte nocturne où elle peut en détacher les parties non comestibles avant de se nourrir. Elle s'alimente de divers arthropodes, notamment de scorpions (Edwards, 1974), de coléoptères et de papillons de nuit (Hermanson et O’Shea, 1983), mais aussi d'autres types de proies. On a même déjà signalé la capture d'une souris à abajoues (Perognathus flavus) de 7 à 10 g (Bell, 1982).

Balcombe (1988) a proposé au COSEPAC que l'A. pallidus soit désigné vulnérableNote de bas de page1, en raison de sa présence sporadique au Canada, qu'il attribuait principalement au fait que la vallée de l'Okanagan se trouve à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce, ainsi qu’à certains facteurs limitatifs anthropiques. Selon cet auteur, ce sont surtout l'agriculture et l'exploitation forestière qui pouvaient mettre la population de la vallée de l'Okanagan en péril, directement par de la perturbation de son habitat, et indirectement, par la bioaccumulation des pesticides largement utilisés dans les cultures fruitières, qui constituent la plus grande partie de l'activité agricole dans la région. Par contre, l'exploitation forestière pourrait n'avoir qu'une faible incidence sur les chauves-souris blondes, parce qu'elle s’effectue à des altitudes relativement élevées, soit au-delà de la zone de 300 à 490 m dans laquelle l'espèce a été observée en Colombie-Britannique (Nagorsen et Brigham, 1993; Brigham, comm. pers.).

Avant 1988, la présence de l'A. pallidus dans le sud de la vallée de l'Okanagan n'avait été signalée que six fois (p. ex. Racey, 1933; Anderson, 1946; Fenton, 1980), et une tentative infructueuse de l'y repérer en 1986 (Fenton et al., 1987) a incité Balcombe (1988) à penser que les observations antérieures pourraient n'avoir été attribuables qu'à des incursions de chauves-souris blondes provenant d'une population établie au sud de la frontière canado-américaine. L'incertitude quant à la présence d'une population résidante au Canada était d'autant plus forte que, même dans le Sud-Ouest des États-Unis, où l'espèce est pourtant abondante, la taille des populations était mal estimée jusqu'en 1988.

Note de bas de page 1

Jusqu'en 1990, la catégorie de risque « espèce rare » du COSEPAC désignait une espèce qui, en raison de ses caractéristiques biologiques, ou du fait qu’elle se trouve à la limite de son aire de répartition ou pour toute autre raison, était présente au Canada seulement en petit nombre ou dans des zones très restreintes, mais qui n’était pas menacée. Cette catégorie est devenue la catégorie « espèce vulnérable » en 1990 et, depuis 2000, on parle plutôt d’« espèce préoccupante ».

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