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Programme de rétalissement : Lamproie de Vancouver (proposition)

2. Description des besoins de l’espèce

2.1 Besoins biologiques, rôle écologique et facteurs limitatifs

Rôle écologique -- Après sa métamorphose, la lamproie de Vancouver est un parasite externe d’autres espèces de poissons et, comme tel, joue un rôle en limitant l’abondance de ces espèces. Cette lamproie s’alimente principalement sur le saumon coho (Oncorhynchus kisutch) et sur la truite fardée côtière (O. clarki clarki), bien que d’autres salmonidés, comme le Dolly Varden (Salvelinus malma), figurent également parmi ses proies (Beamish, 1998). La lamproie est également la proie de poissons et d’autres espèces fauniques et, de ce fait, fait partie du régime alimentaire de ces espèces. Les ammocètes sont très vulnérables aux prédateurs immédiatement après avoir émergé du sol (Close et al., 2002). Les lamproies du Pacifique vivantes et venant de frayer sont aussi des composants importants du régime alimentaire de certains poissons et animaux sauvages (Close et al., 2002), mais on ne connaît pas l’ampleur de la prédation dont fait l’objet la lamproie de Vancouver.

Facteurs limitatifs -- Les facteurs environnementaux qui limitent la survie de la lamproie de Vancouver n’ont pas été étudiés en profondeur. Nous croyons que les populations sont affectées par la concurrence, la prédation, la qualité de l’habitat et son étendue ainsi que par la disponibilité des aliments, bien que l’effet relatif de chacun de ces facteurs demeure inconnu. Il est cependant évident que pour persister à long terme, toute espèce a besoin de suffisamment d’habitat de frai et de croissance ainsi que de ressources alimentaires de qualité.

2.2 Besoins en matière d’habitat

La lamproie de Vancouver n’a été observée que dans les lacs Cowichan et Mesachie, sur l’île de Vancouver. Le lac Cowichan mesure 30 km de longueur, couvre une superficie de 6 204,3 ha, affiche une profondeur maximale de 152 m et une profondeur moyenne de 50,1 m et est situé à une altitude de 164 m (Gouvernement de la C.-B., 2005). Il s’agit du deuxième plus grand lac de l’île de Vancouver, et il se jette dans la rivière Cowichan, à l’est. Le lac Mesachie est beaucoup plus petit : 59,3 ha de superficie, profondeur maximale de 32 m et altitude de 167 m (Gouvernement de la C.-B., 2005). Il est entièrement situé à l’intérieur du bassin hydrographique du lac Cowichan et il se déverse dans la partie sud-ouest du lac Cowichan. Ces deux lacs sont oligotrophiques, un statut trophique typique des lacs côtiers de la région. La vallée de la Cowichan est soumise à un climat variable qui est généralement sec et chaud en été de même que doux et humide en hiver.

Plusieurs autres espèces de poissons ont été observées dans ces lacs, y compris le saumon quinnat (O. tschawytscha; lac Cowichan seulement), le saumon coho, la truite fardée, le Dolly Varden, le saumon rouge (O. nerka), le chabot piquant (Cottus asper), la truite et le saumon arc‑en‑ciel (O. mykiss) et l’épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) ainsi que trois espèces exotiques, à savoir le saumon atlantique (Salmo salar; population probablement non autonome), l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) et l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieui; lac Cowichan seulement) (Gouvernement de la C.‑B., 2005).

Les exigences en matière d’habitat de la lamproie de Vancouver ne sont pas connues en détail. Beamish (1985, 1998) indique qu’elle utilise l’habitat situé à proximité des rives du lac pour le frai plutôt que les habitats de cours d’eau utilisés habituellement par la lamproie du Pacifique. Toutefois, des ammocètes ont été observés dans les tronçons inférieurs de certains affluents du lac (Beamish, 1982), ce qui indique que certains géniteurs s’y reproduisent. Beamish (1998) décrit les regroupements de géniteurs dans les deltas graveleux peu profonds situés près de l’embouchure des ruisseaux qui se déversent dans le lac, à des profondeurs de 0,2 à 2 m. Le comportement reproducteur observé en laboratoire est similaire à celui observé chez la lamproie du Pacifique (Beamish, 1998), laquelle construit des nids dans des zones de gravier, où les œufs sont déposés et fertilisés, et où les petits sont ensuite élevés. L’éclosion survient généralement peu de temps après la fertilisation. D’autres espèces de lamproie ont besoin de gravier propre avec un débit interstitiel ou des remontées d’eau souterraine pour le frai et l’incubation. Nous supposons donc que la lamproie de Vancouver a des besoins similaires. La répartition de l’espèce dans les habitats plus profonds n’a pas été étudiée.

Après l’incubation, les ammocètes dérivent sur une courte distance depuis leur nid, puis ils s’enfouissent dans les sédiments fins mous ou dans le sable (Scott et Crossman, 1973). Les ammocètes de la lamproie de Vancouver sont d’ordinaire observés dans le lac, à proximité immédiate des ruisseaux tributaires (Beamish, 1998). L’habitat des larves est, par conséquent, définit de façon générale comme étant une zone où se trouvent des sédiments fins, à proximité des affluents du lac, mais la profondeur et la répartition spatiale de l’habitat de larves demeurent mal comprises.

On sait peu de chose sur la biologie de la lamproie de Vancouver entre le moment de la métamorphose et le frai. Elles s’alimentent activement pendant les mois plus chauds, et une croissance importante survient entre la métamorphose et le frai (Beamish, 1982). Nous supposons que, pendant cette période, la lamproie est à la recherche de proies dans divers endroits dans la colonne d’eau. Les exigences en matière d’habitat pour ce stade du cycle de vie demeurent inconnues.