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Programme de rétalissement : Lamproie de Vancouver (proposition)

4.  Tendances relatives à l’habitat

On ne dispose pas de données actuelles et historiques sur la qualité et l’étendue de l’habitat de la lamproie de Vancouver, de sorte que les tendances demeurent inconnues. Les pratiques en matière d’utilisation des terres, de stockage et de dérivation de l’eau ainsi que d’autres activités humaines ont probablement occasionné un certain déclin sur le plan de la qualité et de l’étendue de l’habitat. En outre, l’aménagement du territoire du bassin hydrographique devrait se poursuivre dans le futur. Cependant, il est difficile de déterminer l’ampleur de ces effets.

5.  Protection de l’habitat

Aucune disposition ne vise de façon précise la protection de l’habitat de la lamproie de Vancouver. Cependant, l’espèce peut profiter des lois en vigueur qui protègent l’habitat du poisson en général. La Loi sur les pêches assure la protection légale des poissons et de leur habitat et s’appliquerait à une grande partie du bassin hydrographique du lac Cowichan. En outre, la réglementation sur les zones riveraines associée à la Fish Protection Act (C.‑B.) exige que les administrations municipales protègent les habitats riverains soumis à des aménagements urbains, la Water Act (C.‑B.) régit tout ouvrage dont la réalisation est prévue « dans un cours d’eau ou près d’un cours d’eau », et des dispositions de la Forest and Range Practices Act de la C.-B. traitent de certaines questions en matière de protection de l’habitat associées à l’exploitation forestière sur les terres privées. Finalement, la Loi sur les espèces en péril comporte des interdictions légales qui protègent la lamproie de Vancouver, sa résidence et son habitat essentiel, une fois qu’ils sont définis. La lamproie profite également d’efforts de protection et de mise en valeur de l’habitat ciblant d’autres espèces de poissons.

6.      Habitat essentiel

La désignation et la protection de l’habitat essentiel est un composant clé de la gestion des espèces en péril. Même si la définition de l’habitat essentiel est l’un des aspects les plus complexes de la gestion d’une espèce, cette étape est essentielle si l’on veut assurer la survie à long terme d’une espèce. Ce principe est commun à la législation sur les espèces menacées en général et à la Loi sur les espèces en péril en particulier, qui définit l’habitat essentiel comme étant :

« … l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. » [par. 2(1)]

La nécessité de désigner et de protéger l’habitat essentiel est clairement reconnue par les scientifiques, les gestionnaires des ressources et le public en général. Malgré sa complexité, la question centrale est la même pour toutes les espèces, à savoir déterminer le rôle de l’habitat sur le plan de la limitation de la population et répondre à la question suivante : quelle quantité d’habitats est nécessaire pour assurer la survie et le rétablissement d’une espèce sauvage inscrite?

6.1  Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Présentement, il est possible de relever certains habitats qui sont importants. Par exemple, on sait que les ammocètes vivent dans les sédiments fins présents dans la zone littorale et dans la portion inférieure de certains affluents. On sait également que, pendant le frai, les lamproies de Vancouver se regroupent sur des lits de graviers peu profonds à l’embouchure des ruisseaux et le long des rives du lac. Ainsi, ces habitats ou des parties de ceux‑ci peuvent être désignées comme faisant partie de l’habitat essentiel de l’espèce. Toutefois, en raison d’un certain nombre de lacunes dans les renseignements, nous ne pouvons établir une démarcation précise de l’habitat essentiel pour le moment.

6.2  Programmes d’étude

Nous savons très peu de chose à propos de la lamproie de Vancouver. Nous proposons, par conséquent, qu’une série de tâches soient entreprises en vue de la délimitation de l’habitat essentiel de l’espèce. La nature de chacune des tâches sera exposée en détail dans un ou plusieurs plans d’action. On projette que ces études soient entreprises au cours des cinq années à venir, et réévaluées en même temps que les mises à jour du programme de rétablissement.

Utilisation de l’habitat -- La première tâche associée à la désignation de l’habitat essentiel de la lamproie de Vancouver est d’acquérir une meilleure compréhension de l’habitat utilisé par l’espèce à ses différents stades de vie. La description des associations à un habitat fondamentales pour chaque stade de vie est une information dont il faut absolument disposer pour définir l’habitat essentiel (Rosenfeld et Hatfield, 2006). La première étape de la définition de l’utilisation de l’habitat pourrait être l’établissement d’une synthèse et d’un rapport sur les données recueillies dans des études antérieures, comme celles menées par R. Beamish. En général, on s’entend sur les types d’habitats utilisés par les ammocètes et les lamproies de Vancouver adultes au moment du frai. Cependant, une définition plus précise serait utile. Dans la mesure du possible, les exigences en matière d’habitats doivent être définies sur le plan des éléments des microhabitats tels que la profondeur et la vélocité de l’eau ainsi que le type de substrat et son état. Des observations concernant les lieux de frai seraient également utiles pour la détermination des caractéristiques des habitats appropriés pour la reproduction et des sites pouvant servir d’habitat essentiel. De la même manière, l’échantillonnage des sédiments du littoral, destiné à déterminer la répartition et la densité des ammocètes, pourrait nous aider à relever les emplacements et les caractéristiques de l’habitat susceptible d’être important pour les larves de lamproies.

Disponibilité de l’habitat --L’examen de l’habitat historique et de l’habitat disponible présentement pour la lamproie de Vancouver constitue une tâche connexe pertinente. L’information concernant l’étendue et la répartition des différents types d’habitats disponibles pour l’espèce constitue également un composant clé dans l’exercice de délimitation de l’habitat essentiel. Il faut effectuer des études pour décrire l’abondance et la répartition des différents habitats dans le milieu. Dans la mesure du possible, la disponibilité historique des habitats doit être explorée afin que l’on puisse disposer d’un contexte pour évaluer les conditions actuelles et procéder à la délimitation finale de l’habitat essentiel.

Abondance de la population -- Il faudra également passer en revue les données historiques et actuelles sur l’abondance de la population dans le cadre du processus d’établissement des objectifs de rétablissement. Les données actuelles et historiques sur l’abondance de la population nous donnent un contexte significatif pour situer les objectifs de rétablissement, bien que nous reconnaissions que l’abondance historique puisse être difficile à établir avec précision.

Objectifs de rétablissement --La définition d’objectifs de rétablissements de la population clairs pour chaque stade de développement fait partie intégrante du processus de désignation de l’habitat essentiel du fait que l’étendue de l’habitat désigné comme étant essentiel doit être associée à une valeur repère en matière de population (Rosenfeld et Hatfield, 2006). L’établissement d’objectifs de rétablissement peut nécessiter plusieurs étapes et la collecte de plusieurs données. Les objectifs de rétablissement peuvent s’appuyer sur des principes de base (p. ex. Thomas, 1990; IUCN, 2001; Reed et al., 2003), des analyses numériques telles que l’analyse de la viabilité de la population (AVP; Morris et Doak, 2002) ou une combinaison de diverses techniques. Dans le cas d’espèces telles que la lamproie de Vancouver, pour lesquelles on dispose de relativement peu d’information et pour lesquelles l’acquisition de renseignements supplémentaires nécessite une longue période de collecte, il peut être avantageux d’utiliser des objectifs fondés sur des principes de base. Cependant, il n’en demeure pas moins important d’examiner de tels objectifs en procédant à une évaluation des paramètres démographiques clés (p. ex. survie et fécondité) et d’entreprendre une modélisation de la population (p. ex. analyse de l’élasticité; voir Gross et al., 2002) pour explorer les stades biologiques qui ont le plus grand effet limitatif sur l’abondance de la lamproie.

Relations entre l’habitat et l’abondance -- La désignation de l’habitat essentiel nécessite l’établissement de relations quantitatives entre l’habitat et l’abondance qui nous permettent ensuite d’établir l’étendue de l’habitat nécessaire à l’atteinte d’un objectif de rétablissement démographique (Rosenfeld et Hatfield, 2006). L’élaboration d’une telle relation n’est pas simple et peut nécessiter, du moins en partie, le recours à l’avis d’experts.

Définition de l’habitat essentiel -- La dernière étape, à savoir la définition même de l’habitat essentiel, consiste à utiliser des objectifs démographiques et les relations qui existent entre les types d’habitats et l’abondance pour déterminer quelles quantités d’habitats différents sont requises pour maintenir une population de lamproies de Vancouver viable et, par la suite, de déterminer les emplacements précis de ces habitats dans le milieu.

6.3 Exemples d’activités qui sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

Tant que l’habitat essentiel n’est pas officiellement délimité, il n’est pas possible de formuler des orientations précises concernant les activités qui sont les plus susceptibles de détruire l’habitat essentiel autrement qu’en employant des termes très généraux. Ainsi, la lamproie a des exigences en matière d’habitats semblables en de nombreux égards à celles des salmonidés, ce qui nous amène à déduire que les activités susceptibles de détériorer l’habitat des salmonidés peuvent également avoir des effets négatifs sur la lamproie. Les menaces plus générales pesant sur certains des types d’habitats importants pour la lamproie de Vancouver sont traitées à la section 3. Ces menaces et ces activités doivent être évaluées en fonction de leurs effets sur l’habitat essentiel et des étapes nécessaires à l’atténuation des effets négatifs.