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Programme de rétalissement : Lamproie de Vancouver (proposition)

10.  Conflits et difficultés prévus

La lamproie de Vancouver, à l’heure actuelle, n’a que peu de valeur économique, voire aucune, et il est peu probable que des changements surviennent à ce chapitre. Par contre, il y a d’autres intérêts publics, privés et commerciaux dans les bassins hydrographiques où vit cette espèce. Parmi ces intérêts, mentionnons l’exploitation forestière, les prélèvements d’eau à des fins industrielles et résidentielles, des routes, des travaux d’aménagement de propriétés à des fins résidentielles ou récréatives et des activités de pêche sportive, de navigation et de baignade. Il est possible que l’atténuation des menaces pesant sur la lamproie entre en conflit avec certains des intérêts susmentionnés. Le rétablissement de l’espèce profitera, par conséquent, des mesures d’intendance mises en place et de travaux de recherche précis à long terme. Il importe de comprendre que nombre des menaces pesant sur la lamproie de Vancouver peuvent être réduites, mais non éliminées.

10.1   Impacts potentiels de la gestion sur d’autres espèces

La lamproie de Vancouver est un parasite et peut avoir un effet sur l’abondance d’autres espèces de poissons, y compris les salmonidés (Beamish, 1982). En conséquence, l’introduction de cette espèce dans d’autres bassins hydrographiques n’est pas recommandée. Aucun but concernant l’établissement de cette espèce dans d’autres bassins hydrographiques n’a été formulé.

Il est peu probable que les efforts de rétablissement de la lamproie de Vancouver aient un effet négatif important sur d’autres espèces de poissons ou d’animaux sauvages indigènes des lacs Cowichan ou Mesachie; une surveillance des tendances relatives à l’abondance des espèces-proies et des cicatrices des lamproies pourrait le confirmer. L’augmentation des effectifs de l’espèce n’est pas recommandée, et la protection des habitats de la lamproie devrait profiter à d’autres espèces également.

11.  Faisabilité du rétablissement

La lamproie de Vancouver n’a été observée que dans le lacs Cowichan et Mesachie et il est peu probable qu’elle soit introduite de façon délibérée ailleurs en C.‑B. En conséquence, cette population continuera d’être limitée à une petite zone. En fait, c’est le caractère fortement endémique de l’espèce qui est à l’origine de sa désignation actuelle d’espèce en voie de disparition et qui fera probablement en sorte que l’espèce demeurera en péril à un certain point. Le but des mesures de rétablissement sera de maintenir ou d’améliorer les conditions actuelles de son habitat, d’assurer la surveillance de la population et de permettre la réalisation de travaux de recherche précis. Avec l’aide des administrations locales, de l’industrie locale et du public, le rétablissement devrait être faisable sur les plans technique et biologique.

Dans le cadre du processus de la LEP, le ministre compétent doit déterminer la faisabilité du rétablissement de chacune des espèces en péril. Afin de normaliser cette tâche, la politique actuelle sur la faisabilité du rétablissement (Gouvernement du Canada, 2005) pose quatre questions auxquelles il faut répondre dans chaque programme de rétablissement. Nous répondons à ces questions ci‑après.

  1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou son abondance?
  2. Oui. La lamproie de Vancouver a une aire de répartition naturelle très limitée. On considère que les populations sont autonomes, bien que la situation de la population demeure inconnue. Malgré l’abondance de la population et les tendances relatives à celle‑ci, l’espèce demeurera en péril en raison de son aire de répartition géographique limitée.

  3. Y a-t-il suffisamment d’habitats adéquats disponibles pour soutenir l’espèce ou, encore, pourrait-on rendre de tels habitats disponibles par l’application de mesures de gestion ou de restauration?
  4. Oui. Il y a suffisamment d’habitats adéquats dans les lacs Cowichan et Mesachie.

  5. Les menaces importantes qui pèsent sur l’espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?
  6. Oui. Le contrôle des menaces qui pèsent sur la lamproie de Vancouver est possible, mais repose davantage sur des considérations sociales que sur des considérations techniques. Ainsi, les principales menaces sont la gestion de l’eau et l’utilisation des terres. La plupart des menaces, telles que celles résultant de l’utilisation excessive de l’eau et des terres, peuvent être gérées à l’aide des règlements actuels, mais exigeront la tenue de consultations avec les intervenants.

  7. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sait-on si elles sont efficaces?
  8. Oui. Aucune technique de rétablissement particulière n’est requise pour le rétablissement de la lamproie de Vancouver. Ce dont on a besoin, c’est une gestion efficace du bassin hydrographique et l’application de mesures d’atténuation des menaces actuelles et futures, ce que l’on considère comme totalement faisable. Il convient de souligner, cependant, que la lamproie de Vancouver aura toujours une aire de répartition très limitée. Ainsi, elle demeurera vraisemblablement toujours en péril jusqu’à un certain point. Il est préférable de concentrer les efforts de rétablissement sur le contrôle des menaces. Aucune difficulté technique majeure n’est relevée à cet égard.

12.  Approche recommandée / Échelle du rétablissement

Le présent programme de rétablissement recommande l’utilisation d’une approche axée sur une seule espèce plutôt que d’une approche écosystémique du fait qu’il ne porte que sur une seule unité taxonomique. Il ne semble pas possible de combiner les efforts de rétablissement de la lamproie de Vancouver avec ceux consentis pour d’autres espèces inscrites dans la région immédiate. Il est toutefois possible de partager de l’information avec les responsables du rétablissement de la lamproie du ruisseau Morrison, une autre espèce extrêmement endémique rencontrée sur l’île de Vancouver. En outre, on ne doit ménager aucun effort pour soutenir les autres initiatives, mesures ou politiques de planification de la gestion.

Même si l’on sait très peu de chose sur la lamproie de Vancouver, il existe fort probablement un chevauchement important entre les types d’habitats utilisés par les salmonidés, particulièrement en ce qui touche le frai. Comme tel, il peut être possible de coordonner les efforts de rétablissement avec ceux des groupes d’intendance locaux qui travaillent à l’heure actuelle sur les populations de salmonidés. Les efforts consentis pour protéger les habitats des salmonidés dans le bassin hydrographique du lac Cowichan sont susceptibles de contribuer à protéger la lamproie également.

13.  Lacunes dans les connaissances

On dispose de connaissances de base sur l’histoire naturelle de cette espèce. Toutefois, des lacunes existent en ce qui concerne son statut taxonomique, la démographie, l’habitat essentiel et la tolérance de l’espèce aux changements survenant dans l’habitat physique. On connaît moins bien l’écologie de la lamproie de Vancouver, les facteurs environnementaux qui influent sur son abondance et sa répartition ainsi que les menaces qui pèsent contre elle. Plusieurs lacunes dans les connaissances devront être comblées pour que l’on puisse atteindre les objectifs de conservation. Les lacunes en question se répartissent en trois catégories principales, comme on l’indique ci‑après.

Biologie de base

  • Statut taxonomique et relations phylogénétiques.
  • Utilisation de l’habitat et exigences selon le stade de développement (p. ex. répartition de la population dans le bassin hydrographique, utilisation différentielle des différents affluents).
  • Habitats qui risquent le plus d’être limitatifs.
  • Information concernant le cycle biologique.
  • Causes de mortalité (p. ex. température, polluants, prédation, prises accessoires).
  • Facteurs limitant la croissance de la population.

Clarification des menaces

  • Effets des changements affectant l’élévation du lac et la qualité de l’eau.
  • État des habitats clés et menaces potentielles pesant sur ces habitats.
  • Tendances relatives à l’abondance des espèces-proies et ampleur du parasitisme.
  • Effets des activités humaines actuelles et futures et classement des menaces par ordre de priorité.

Abondance et dynamique de la population

  • Abondance actuelle de la population de lamproie de Vancouver.
  • Fluctuation naturelle de la population de lamproie de Vancouver.
  • Tendances actuelles et historiques au chapitre de l’abondance.
  • Effets de la démographie sur l’utilisation de l’habitat.

14. Mesures déjà prises ou en cours

Plusieurs mesures de rétablissement ont été prises ou amorcées.

  1. Diverses études scientifiques ont été réalisées, notamment par R.J. Beamish et ses collègues (MPO, Nanaimo) :
    1. études taxonomiques, y compris certains travaux en génétique moléculaire;
    2. évaluation de la situation de la lamproie de Vancouver.
  2. L’espèce est protégée à l’égard de la capture et de la rétention par l’article 5 du BC Sport Fishing Regulations, 1996, de la Fisheries Act.

15. Achèvement des plans d’action

Dans les deux ans qui suivront la publication du programme de rétablissement final, un ou plusieurs plans d’action seront élaborés. Les plans comprendront des descriptions des programmes ainsi qu’un échéancier des programmes accompagné d’estimations budgétaires, et ils s’échelonneront sur au moins cinq ans.