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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Moucherolle à côtés olive au Canada

Biologie

L’écologie de reproduction et la survie du Moucherolle à côtés olive sont peu documentées; les informations disponibles proviennent surtout d’études réalisées en Alaska (Wright, 1997) et en Oregon (Altman, 1999). La majorité des informations présentées dans la présente section sont tirées de ces études et d’Altman et Sallabanks (2000).

Reproduction

Les Moucherolles à côtés olive sont monogames, et les couples nicheurs sont généralement bien distancés les uns des autres. En Alaska, la taille des 16 territoires étudiés était de 10,5 à 26,4 hectares, la superficie moyenne étant de 18,4 hectares. Dans la Sierra Nevada, des territoires plus vastes ont été signalés (superficie maximale de 45 ha). Les limites des territoires de l’Alaska étaient fréquemment associées aux caractéristiques hydrologiques, et non au partage d’une limite avec un autre territoire.

Les couples se forment à l’arrivée des femelles sur les lieux de reproduction. Deux cas d’union à un même partenaire sur des années successives ont été rapportés; les unions intersaisonnières sont donc possibles. Les femelles choisissent le site de nidification, construisent le nid à partir de brindilles et de radicelles et pondent un œuf par jour jusqu’à ce que la couvée se compose de trois œufs en moyenne (de deux à cinq œufs). C’est peu pour un oiseau chanteur; le Moucherolle à côtés olive et ses congénères semblent afficher le taux de reproduction le plus faible de tous les genres de passereaux d’Amérique du Nord (Altman et Sallabanks, 2000).

L’incubation n’est effectuée que par la femelle, et le mâle lui apportera sa nourriture durant cette période. L’incubation dure de 15 à 19 jours. La femelle couve les oisillons durant leur première semaine de vie et les deux parents les nourrissent. Le séjour au nid dure de 17 à 23 jours et, une fois le nid quitté, les jeunes demeureront dépendants de leurs parents pour la nourriture jusqu’à une semaine suivant l’envol. Si une tentative de nidification entreprise tôt en saison échoue, le couple peut tenter de produire une nouvelle couvée; jusqu’à trois tentatives de nidification ont été rapportées. Toutefois, il n’existe aucune preuve démontrant la production d’une nouvelle couvée après qu’une couvée eut été élevée avec succès.

Les Moucherolles à côtés olive semblent se reproduire à leur premier retour aux sites de reproduction (donc au cours de leur deuxième année). La proportion d’oiseaux se reproduisant au cours d’une année donnée est inconnue, mais la présence de mâles solitaires pourrait indiquer que les femelles ne se reproduisent pas tous les ans.

Il n’y a aucune information concernant le succès d’éclosion ou d’envol. Il est donc impossible de mesurer la fécondité de cette espèce. En revanche, il existe quelques informations sur le succès de nidification. Dans le centre de l’Alaska, 8 couples sur 13 (62 p. 100) sont parvenus à élever des jeunes jusqu’à l’envol; dans le nord-ouest de l’Oregon, 82 couples sur 126 (65 p. 100) y sont parvenus. Au Montana, Robertson et Hutton (2007) ont enregistré un succès de nidification de 61 p. 100 dans des habitats brûlés par un feu d’origine naturelle, mais de seulement 30 p. 100 dans des habitats exploités.

Survie

La durée de vie et le taux de survie des adultes ne sont pas connus. Deux oiseaux ayant survécu au moins sept ans après une première capture ont été récupérés lors de programmes de baguage (l’un en Californie et l’autre en Ontario) (Altman et Sallabanks, 2000).

Déplacements et migration

Les Moucherolles à côtés olive arrivent au Canada entre avril et juin, mais principalement entre le milieu et la fin de mai. Ils entreprennent leur migration automnale tard en juillet ou tôt en août. Les individus parcourent plus de 8 000 km pour se déplacer entre leurs aires d’hivernage et de reproduction, et les périodes de migration et d’hivernage s’étalent sur plus de la moitié du cycle annuel. La disponibilité des ressources, les modifications apportées à l’habitat et le mauvais temps peuvent tous affecter les chances de survie des oiseaux migrateurs durant l’hiver et les périodes de migration (Moore et al., 1995). De plus, les oiseaux migrateurs néotropicaux n’accumulent généralement pas assez de graisse pour faire d’un seul coup le voyage entre les aires de reproduction et d’hivernage; ils doivent donc faire de fréquentes haltes pour s’alimenter. Les voies de migration et les sites d’hivernage utilisés par les populations reproductrices canadiennes sont inconnus car les Moucherolles à côtés olive sont rarement observés dans les filets japonais des sites de surveillance des migrations.

Il est possible que les Moucherolles à côtés olive demeurent très fidèles à un site de reproduction, mais les données sont rares. Des données de baguage et de recapture indiquent qu’il y aurait également fidélité envers les sites d’hivernage (Altman et Sallabanks, 2000).

Relations interspécifiques

Aucune tentative de prédation sur des Moucherolles à côtés olive n’a été signalée. Cependant, une carcasse de Moucherolle à côtés olive a été trouvée dans une aire de Faucons pèlerins (Falco peregrinus) en Alaska (Cade et al., 1968). Compte tenu de la tactique employée par les adultes pour chercher leurs proies, qui consiste à effectuer de courtes sorties pour capturer les proies en vol, il est probable que ceux-ci soient des cibles faciles pour les oiseaux de proie. Les écureuils et les geais seraient des prédateurs de nids importants, bien qu’aucun cas n’ait été rapporté au Canada. En Oregon, un Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis) a été observé pendant qu’il subtilisait deux œufs de Moucherolle à côtés olive (Altman et Sallabanks, 2000). Les deux sexes défendent agressivement les environs du nid, attaquant les prédateurs potentiels et les humains qui y font intrusion. Robertson et Hutto (2007) croient que la prédation plus soutenue serait la principale cause d’un taux de reproduction moins élevé dans les habitats exploités que dans les habitats brûlés par un feu d’origine naturelle; les écureuils roux (Tamiasciurus hudsonicus), les Mésangeais du Canada et les Grands Corbeaux (Corvus corax) étaient tous plus de deux fois plus communs dans les parcelles exploitées étudiées.

Comportement et adaptabilité

Le Moucherolle à côtés olive est un prédateur passif qui attendra, perché, jusqu’à ce qu’il repère des insectes en vol. Il poursuivra alors activement sa proie jusqu’à ce qu’il la capture, puis retournera à son perchoir. Les hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis, etc.) comptent pour la plus grande part du régime alimentaire durant la période de reproduction, constituant jusqu’à 83 p. 100 du contenu des 63 estomacs examinés (Beal, 1912, cité dans Altman et Sallabanks, 2000). Les hyménoptères constituaient également une grande part du régime alimentaire dans les aires d’hivernage du Costa Rica (Sherry, 1984). Meehan et George (2003) ont constaté que les restes de coléoptères formaient une importante part des fèces de Moucherolles à côtés olive en Californie.