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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la bartonie paniculée (ssp. paniculata) au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Bartonie paniculée
Bartonia paniculata ssp. paniculata

Information sur l’espèce

La bartonie paniculée (Bartonia paniculata ssp. paniculata) est une plante herbacée annuelle de 1 à 4 dm de hauteur, à tige verte ou violette anguleuse et parfois volubile. Comme elle pousse souvent enfouie dans la sphaigne, cette plante a généralement l’air beaucoup plus courte qu’elle ne l’est en réalité. Les feuilles sont réduites à d’infimes écailles essentiellement alternes. L’inflorescence consiste habituellement en une panicule de petites fleurs blanches quadrilobées, nombreuses ou non, poussant sur des ramifications divergentes ou ascendantes incurvées. La capsule, longue en moyenne de 4,2 mm, s’amincit en une pointe émoussée; elle contient de 1 000 à 1 500 graines mesurant en moyenne 0,19 mm de longueur sur 0,12 mm de largeur. Compte tenu de la taille fortement réduite de ses feuilles et, donc, de sa capacité photosynthétique limitée, la bartonie paniculée pourrait être hétérotrophe, c’est-à-dire dépendre directement ou indirectement des champignons du sol pour combler ses besoins nutritifs. La sous-espèce apparentée iodandra pousse au Canada atlantique, mais ne soulève pas globalement de crainte quant à sa conservation dans la région.

Répartition

Aux États-Unis, la bartonie paniculée a une vaste aire de répartition qui s’étend de la Nouvelle-Angleterre jusqu’à la Louisiane et au Texas, au sud. Au Canada, elle ne pousse que dans le centre-sud de l’Ontario.

Habitat

L’habitat de la bartonie paniculée est la tourbière ombrotrophe ou minérotrophe à graminoïdes (végétation de type graminée) ou à couvert arbustif bas, parsemée de mélèzes et d’épinettes noires. Le substrat est composé de tourbe. La température du lieu peut être inférieure à la normale en raison de la nature saturée de la tourbe et de la proximité de la baie Georgienne.

Biologie

Espèce annuelle, peut-être hétérotrophe, la bartonie paniculée ne se reproduit que par ses graines. On ne connaît ni l’importance du réservoir de graines ni les conditions qui sont nécessaires à la germination.

Taille et tendances des populations

On compte actuellement au Canada six populations de bartonie paniculée. Quatre sites ont été reconfirmés en 2002 : le site 3, avec 20 individus (78 en 1991); le site 4, avec 122 individus (12 en 1990); le site 5, avec 52 individus (plus de 200 en 1997); le site 6, avec 19 individus (30 en 1979). Une cinquième population se trouve sur une terre de la Couronne (site 7), dans un lieu isolé, sur la rive de la baie Georgienne. Cette population n’a fait l’objet d’aucune visite depuis 1977, année où on y a recensé de 20 à 30 individus, mais on présume qu’elle existe encore. Une sixième population (site 1), où on avait dénombré de 10 à 20 individus, n’a pas été visitée depuis 1983, mais on présume également qu’elle existe toujours. La population du site 2, confirmé en 1991, comptait 16 individus; cependant, comme on n’a pu y retrouver l’espèce en 2002, elle pourrait avoir disparu. Plus récemment, on a recensé 213 individus de l’espèce, mais l’effectif total pourrait dépasser les 500 individus. Comme la bartonie paniculée est une petite annuelle difficile à repérer, il est impossible d’affirmer avec certitude si ses effectifs augmentent ou diminuent dans la plupart des localités.

Facteurs limitatifs et menaces

Le type de tourbière ombrotrophe ou minérotrophe dégagée où pousse la bartonie paniculée est répandu dans le centre-sud de l’Ontario, et d’autres endroits pourraient abriter des populations de cette espèce. Toutefois, lorsqu’on prospecte les milieux susceptibles de convenir à cette plante dans son aire de répartition connue en Ontario, il est rare qu’on la découvre. Les espèces de la flore de la plaine côtière de l’Atlantique, à laquelle appartient apparemment la bartonie paniculée, sont généralement confinées à une zone plutôt restreinte du centre-sud de l’Ontario. Aucune menace imminente ne pèserait sur l’espèce, mais les zones périphériques de deux sites sont peu à peu envahis par un arbuste envahissant, le nerprun bourdaine (Rhamnus frangula). L’expansion soutenue de cet arbuste pourrait menacer la bartonie paniculée dans ces localités. Une autre population, dont l’existence n’a pu être confirmée en 2002 et qui pourrait avoir disparu, se trouve près d’un remblai de chemin de fer. Si ce remblai venait à être élargi, le site pourrait disparaître.

Importance de l’espèce

La bartonie paniculée est une plante rare des tourbières à sphaignes dont la valeur naturelle est largement inconnue. Les populations canadiennes pourraient avoir une importance sur le plan biogéographique du fait qu’elles se trouvent à quelque 600 km de l’extrémité nord de l’aire de répartition principale de l’espèce. La bartonie paniculée fait partie des espèces dites de la plaine côtière de l’Atlantique, qui comptent des populations disjointes dans le district de Muskoka en Ontario, mais dont l’aire principale se trouve le long de la plaine côtière de l’Atlantique. À notre connaissance, les Autochtones ne connaissaient pas cette plante.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce

Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)

Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)

Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea

Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)

Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb

Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec

Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged

Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.