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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la bartonie paniculée (ssp. paniculata) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Au début de la saison de terrain de septembre 1991, D.J. White a exploré deux sites de la bartonie paniculée et en a confirmé l’existence. D’autres botanistes de terrain ont confirmé l’existence d’autres sites à peu près à la même époque, et leurs données sont incorporées ici. La région où on trouve la bartonie paniculée est bien connue pour abriter des populations disjointes de la flore de la plaine côtière de l’Atlantique, et elle a fait l’objet d’une prospection poussée pendant de nombreuses années par des botanistes et des naturalistes chevronnés. Au moment de la parution du rapport de situation original, on avait dénombré dans la province cinq populations, qui ont toutes été vérifiées depuis 1973. Quatre d’entre elles se rencontrent dans le district de Muskoka et une autre, juste à l’extérieur de ce district, dans celui de Parry Sound. Une sixième population (site 4) a été découverte en 1990 (Oldham, 2002), mais n’est pas mentionnée dans le rapport original (White, 1991).

Depuis la parution du rapport original, un nouveau site a été découvert (site 5), ce qui porte à sept le nombre total de sites connus. Pour la présente mise à jour, le rédacteur a passé trois jours sur le terrain (du 11 au 13 septembre 2002). Une population du site 2, confirmée en 1991, n’a pu être retrouvée en 2002 malgré une prospection minutieuse dans une localité bien définie et pourrait donc avoir disparu. Comme la bartonie paniculée est une annuelle de petite taille difficile à repérer, il est impossible d’établir si elle est en croissance ou en déclin dans la majorité des localités.

Au total, 213 individus ont été localisés en 2002. Dans certaines localités, on note d’énormes variations dans les effectifs sur plusieurs années (par exemple aux sites 4 et 5); on ignore toutefois si ces variations sont graduelles ou abruptes. Le nombre total de plantes est sans doute beaucoup plus élevé que celui qui est consigné à l’heure actuelle.

Voici un aperçu des sept sites répertoriés (figure 3) :

  • Le site 1 abritait une petite colonie de bartonie paniculée dans un habitat plutôt inhabituel, à la lisière d’une flèche de sable. Découvert en 1983 par Irene Wisheu, ce site comptait de 10 à 20 individus (I. Wisheu, comm. pers., 1991). Depuis, elle n’a fait l’objet d’aucune autre prospection et on ignore quelle est sa situation actuelle. Vu la nature isolée de l’emplacement, on présume que l’espèce s’y trouve encore.
  • Le site 2 abritait une petite population repérée pour la première fois par Jim Goltz en 1975, qui y a trouvé un seul individu. Ensuite, on n’y a plus retrouvé l’espèce, malgré les recherches entreprises à cette fin (R.E. Whiting, comm. pers., 1991), jusqu’à ce que D.J. White la découvre de nouveau lors de ses travaux de terrain en 1991. Deux sous-populations distinctes ont été localisées, dont une comptait deux individus et l’autre, 14. Le site est plutôt vulnérable, vu la présence de la voie ferrée du CN qui longe le lac à quelques mètres des plantes. La colonie pourrait en effet disparaître si le talus de la voie ferrée venait à être élargi et qu’on ajoutait d’autres matériaux de remblai le long de la rive. Une prospection méticuleuse de la localité, réalisée par David J. White en 2002, n’a permis de retrouver aucune bartonie paniculée; l’espèce pourrait donc avoir disparu de l’endroit.
  • Le site 3 est celui où R.E. Whiting a découvert la plante pour la première fois dans la province en 1973, et c’est l’une des plus grandes populations connues. Dans cette tourbière ombrotrophe, la bartonie paniculée forme plusieurs colonies apparemment distinctes. En 1991, David J. White en a repéré trois, qui comptaient de 22 à 32 plantes sur une superficie d’environ 50 m sur 500. J. Soper et B. Bowles ont trouvé d’autres sites dans la même tourbière après la première découverte (R.E. Whiting, comm. pers., 1991). En 2002, D.J. White y a trouvé 4 sous-populations comptant de une à 16 plantes, pour un total de 20 plantes.
  • Le site 4 est une vaste tourbière ombrotrophe dégagée qui abrite une petite population de bartonie paniculée (12 plantes fortement disséminées). Cette colonie, découverte en 1990 par Jim Goltz, ne figurait pas dans le rapport de situation original (White, 1991). En 2002, D.J. White y a trouvé 6 sous-populations comptant de une à 45 plantes, pour un total de 122 plantes.
  • Le site 5 est une vaste tourbière minérotrophe dégagée qui abrite une grande population de bartonie paniculée (plus de 200 plantes dénombrées, réparties en trois sous-populations). Cette colonie a été découverte en 1997 par Jim Goltz, Richard Aaron et Shirley Lee. En 2002, D.J. White y a recensé six sous-populations comptant de une à 25 plantes, pour un total de 52 plantes.
  • Le site 6 est une petite tourbière ombrotrophe abritant une petite colonie de bartonie paniculée découverte en 1977 par Jim Goltz. Celui-ci n’y avait dénombré à l’époque que quelques plantes (R.E. Whiting, comm. pers., 1991). En 1979, on y a trouvé 30 plantes (Oldham, 2002), et en 2002, D.J. White y a recensé trois sous-populations comptant de une à 16 plantes, pour un total de 19 plantes.
  • Le site 7 est une vaste tourbière ombrotrophe abritant au moins une petite colonie de bartonie paniculée. Ce site est aujourd’hui protégé, car il se trouve dans la réserve naturelle de la Pointe-O'Donnell. Cette colonie a été découverte en 1977 par Stephen Darbyshire, Bill Crins, Vivian (Brownell) Catling et Loney Dickson, qui y ont dénombré quelque 20 à 30 plantes, mais sans y avoir fait de prospection poussée (B. Crins, V. [Brownell] Catling et S. Darbyshire, comm. pers., 1991). Comme ce site n’a fait l’objet d’aucune prospection depuis sa découverte, on ignore quelle est sa situation actuelle. Vu la nature isolée de la localité, on présume que la bartonie paniculée s’y trouve encore.

On trouvera au tableau 1 ci-dessous une présentation sommaire des populations et de leurs effectifs.

Tableau 1. Sommaire des populations de bartonie paniculée
EmplacementDénombrement du rapport de situation
(date entre parenthèses)
Autre dénombrement
(date entre parenthèses)
Dénombrement – 2002Zone d’occupation – 2002
Site 1
10-20 (1983)
 
 
 
Site 2
16 (1991)
 
0
peut-être disparue
Site 3
78 (1991)
 
20
50 m x 180 m
Site 4
 
12 (1990)
122
250 m x 300 m
Site 5
 
200+ (1997)
52
30 m x 800 m
Site 6
30 (1979)
 
19
20 m x 80 m
Site 7
20-30 (1977)