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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la salamandre de Cœur d’Alène (Plethodon idahoensis) au Canada - Mise à jour

Résumé

Salamandre de Cœur d'Alène
Plethodon idahoensis

Information sur l’espèce

Le Plethodon idahoensis est le seul membre de la famille des Pléthodontidés (salamandres sans poumons) dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Il est brun foncé à noir et présente une bande dorsale dentelée habituellement orange. La longueur museau-cloaque (LMC) moyenne est de 54 mm, et la longueur totale moyenne (queue comprise) est de 109 mm. Le plus grand individu recensé était une femelle d’une LMC de 69 mm qui se trouvait au nord de Creston, en Colombie-Britannique.

Répartition

L’aire de répartition de l’espèce se limite dans le nord-ouest du Montana, le nord de l’Idaho et le sud-est de la Colombie-Britannique. L’espèce ayant été trouvée dans sept secteurs généraux des chaînes Purcell et Selkirk, son aire de répartition est discontinue et longe approximativement le fleuve Columbia, la rivière Kootenay et leurs affluents. En Colombie-Britannique, sa limite septentrionale est à 95 km au nord de Revelstoke, et sa limite orientale se trouve près de la ville de Kimberley.

Habitat

Le Plethodon idahoensis occupe des microhabitats humides de terrain escarpé dans lesquels il y a un substrat rocheux fracturé et incisé ou des talus et de l’eau. Les habitats comprennent des parois rocheuses sur lesquelles s’écoulent des sources de suintement ou des ruisseaux, des zones d’éclaboussement de chutes, des grottes, des ruisseaux en escalier au substrat rocheux exposé, des couloirs d’avalanche et des talus humides. L’étage dominant de la végétation comprend des arbustes décidus (dans les couloirs d’avalanche et des sources de suintement) et des forêts de conifères (stades structuraux allant de jeune à mature).

Biologie

LePlethodon idahoensis passe la majeure partie de sa vie dans des refuges souterrains. Il se reproduit que lorsqu’il atteint trois ou quatre ans, et la femelle pond ses œufs une année sur deux. L’espèce ne passe pas par un stade larvaire et se nourrit principalement d’insectes aquatiques et semi-aquatiques. À l’instar d’autres Pléthodontidés, elle est limitée par sa physiologie – elle a besoin de microenvironnements humides pour faciliter le transfert de l’oxygène par la peau et est sujette à la déshydratation par évaporation. Elle est surtout active en surface durant les nuits pluvieuses lorsque la température du substrat est supérieure à 4 °C. La superficie de son domaine vital n’a pas été déterminée, mais des déplacements totalisant plus de 100 m ont été observés chez un individu. Entre autres, un individu s’est déplacé sur une distance de 48 m en sept semaines.

Taille et tendances des populations

Des relevés nocturnes effectués entre 1995 et 2003 ont permis le recensement de 919 Plethodon idahoensis dans 56 sites en Colombie-Britannique. Une reproduction a été constatée dans 52 p. 100 des sites fréquentés. En tenant compte des incertitudes liées à l’estimation de la taille de la population totale et des connaissances quant au nombre d’emplacements, la population compte probablement plus de 10 000 individus. La distribution étendue des différentes catégories de taille et la présence de juvéniles suggèrent indirectement que la population est peut-être stable. En raison de la topographie escarpée et de la difficulté d’accès la nuit, la majeure partie de l’habitat propice se trouvant entre les sites d’occurrence connus n’a toujours pas fait l’objet de relevés.

Facteurs limitatifs et menaces

Dans plus de 20 sites d’occurrences connus, l’élargissement et l’entretien des routes constituent la menace la plus imminente. La déviation des cours d’eau, la sédimentation dans les interstices, l’élimination de l’étage dominant de la végétation et les modifications hydrologiques provoquées par l’exploitation forestière constituent également des menaces. Des activités sylvicoles, comme le brûlage et l’épandage d’herbicides, peuvent avoir lieu directement en bordure des ruisseaux sans poissons qui soutiennent le Plethodon idahoensis. L’augmentation de l’isolement des parcelles d’habitat, les effets sur l’habitat des aménagements hydro électriques de petite envergure et les effets des changements climatiques sur le métabolisme et la disponibilité de l’habitat peuvent aussi représenter des menaces.

Importance de l’espèce

Le Plethodon idahoensis pourrait être une relique d’une faune de salamandres de la famille des Pléthodontidés autrefois étendue. L’espèce est la seule salamandre dépourvue de poumons se trouvant dans l’est de la Colombie-Britannique.

Protection actuelle ou autres désignations de statut 

Le Plethodon idahoensis a été évalué comme étant une espèce vulnérable par le COSEPAC en 1998 (c’est-à-dire une « espèce préoccupante »), et son statut « espèce préoccupante » a été confirmé de nouveau en 2001. L’espèce est inscrite à l’annexe 1 (partie 4) de la Loi sur les espèces en péril. Elle est classifiée G4 à l’échelle mondiale et S3 (inscrite à la liste bleue) en Colombie-Britannique. Elle est classifiée S2 dans les États de l’Idaho et du Montana. Les individus sont protégés en vertu de la Wildlife Act. L’habitat de 27 des 56 emplacements connus en Colombie-Britannique où l’espèce a été recensée a été désigné « aire d’habitat faunique ». De ces sites, 2 se trouvent dans des parcs nationaux, 1 dans un parc provincial et 1 sur une propriété gérée par le Columbia Basin Fish and Wildlife Compensation Program.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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