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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la salamandre de Cœur d’Alène (Plethodon idahoensis) au Canada - Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans le sud-est de la Colombie-Britannique, le Plethodon idahoensis est associé à un habitat où le substrat rocheux est entaillé et fracturé ou encore où se trouvent des talus humides et de l’eau. Il a été observé sur des parois rocheuses sur lesquelles s’écoulent des sources de suintement ou des ruisseaux (14 des 56 sites d’occurrence connus), des zones d’éclaboussement de chutes (24 des 56 sites), des grottes (1 des 56 sites), des ruisseaux en escalier au substrat rocheux exposé (10 des 56 sites), des couloirs d’avalanche (3 des 56 sites) et des talus humides (4 des 56 sites). Ces environnements se trouvent en terrain escarpé où le substrat rocheux est proche de la surface et/ou le talus s’est écroulé au bas d’une pente. L’étage dominant de la végétation varie grandement d’un site à l’autre, allant d’arbustes décidus (dans les sites escarpés comportant des sources de suintement et dans les couloirs d’avalanche) aux peuplements mixtes de résineux de stades structuraux jeune à mature.

Dans le sud-est de la Colombie-Britannique, les hivers sont froids et les étés, arides (Braumandl et Curran, 1992). Alors que d’autres espèces occidentales de salamandres de la famille des Pléthodontidés, comme la salamandre à dos rayé (Plethodon vehiculum) et la salamandre errante (Aneides vagrans), occupent les sols profonds et humides et des troncs d’arbres tombés de la forêt côtière humide (K. Ovaska, 1987; Davis, 1998), les sols dans la majeure partie de l’aire de répartition du P. idahoensis sont superficiels et recouverts d’une litière de feuilles limitée, et les troncs peuvent demeurer secs même durant des périodes de pluie prolongées. Dans cet environnement hostile, les fissures du substrat rocheux représentent un refuge contre le gel et la dessiccation pour le P. idahoensis, qui peut passer jusqu’à sept mois par année terré dans des interstices humides entre les roches (Cassirer et al., 1994). Ces refuges profonds dans la roche sont indispensables à certaines salamandres durant des froids extrêmes. Les espèces appalachiennes, le P. dorsalis et le P. richmondi, peuvent survivre au froid extrême dans les secteurs de talus et de substrats rocheux ayant de nombreux couloirs souterrains (Petranka, 1979). La structure et l’étendue des refuges souterrains, bien qu’elles constituent un élément vital et potentiellement limitatif des besoins du P. idahoensis en matière d’habitat, demeurent inconnues. Les interstices, les couloirs reliant cet environnement souterrain à la surface et les conduits d’humidité sous la surface doivent tous être des facteurs importants.

Tendances en matière d’habitat

En Colombie-Britannique, l’habitat duPlethodon idahoensis se trouve généralement en terrain escarpé difficilement accessible. Cependant, l’élargissement et l’entretien des routes auront probablement une incidence sur plusde 20 sites occupés par le P. idahoensis, soit ceux qui s’étendent en partie sur des emprises routières, ce qui entraînera donc des pertes d’habitat.

Protection et propriété

Des 56 sites où la présence de l’espèce a été confirmée, 31 bénéficient d’une certaine protection. De ce nombre, 27 sites ont été désignés comme étant des aires d’habitat faunique du Plethodon idahoensis en vertu de la Forest and Range Practices Act provinciale, et 4 autres sont à l’étude en vue de déterminer si ce statut leur sera accordé (Identified Wildlife Management Strategy, 2004). Des autres sites, 1 se trouve sur une propriété gérée par le Columbia Basin Fish and Wildlife Compensation Program, 2 se trouvent dans le parc national du Mont-Revelstoke (Dykstra, 2004), et 1 se trouve dans le parc provincial Syringa Creek. De plus, 3 se trouvent sur des terres privées, 6 sur des emprises routières, et 1 se trouve dans une halte routière du Ministry of Transportation and Highways. Enfin, 2 sites s’étendent à la fois sur une terre privée et une emprise routière, et 9 sites sur une terre publique et une emprise routière.

Il y a un biais inhérent quant au nombre de sites qui sont contigus aux emprises routières où la présence de l’espèce a été rapportée; en raison des préoccupations relatives à la sécurité et à l’accès aux terrains escarpés au cours des relevés nocturnes, les habitats se trouvant sur le bord de la route ont tendance à être plus souvent échantillonnés. Il est probable qu’il y ait d’autres sites sur de nombreux cours d’eau, plus en hauteur et loin de la route. De même, il y a sans doute d’autres sites sur une terre privée qui n’a pas été visitée.