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Cahier de consultation sur la Lampsile jaune

Renseignement sur la lampsile jaune

La Lampsile jaune

La lampsile jaune, Lampsilis cariosa, est un mollusque bivalve dulcicole. Elle a une forme presque ovale, et sa surface extérieure est lustrée, allant du jaune vif au roux, avec plusieurs rayons fins. L’intérieur de la coquille est blanc rosé, et la charnière compte plusieurs dents fortes. La lampsile jaune peut atteindre 110 mm, mais la plupart des individus ont une taille inférieure à 75 mm.

Au Canada, la lampsile jaune ne se retrouve aujourd’hui qu’à deux endroits : en amont du barrage dans la rivière Sydney, au Cap-Breton (Nouvelle-Écosse), et en aval du barrage Macpaquac, dans le cours principal de la rivière Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, y compris cinq de ses grands affluents, et plusieurs grands lacs. Tout porte à croire que c’est la population du réseau de la rivière Saint-Jean qui est la plus grande des deux.

La lampsile jaune préfère un fond sableux ou graveleux dans les seuils vifs des grands cours d’eau à pente faible, et les parties peu profondes (moins de 6 m) des lacs, où le fond est sableux et où il y a peu de plantes aquatiques.

La lampsile jaune a besoin d’un poisson hôte (habituellement le baret et la perchaude) pour le stade parasitaire de son développement larvaire. Bien que la période de frai exacte ne soit pas connue, l’étude d’espèces semblables permet de présumer que la fixation des larves au poisson hôte a lieu du printemps au début de l’automne. Les larves parasitiques demeurent sur le poisson hôte de 43 à 80 jours à peu près, puis ils se décrochent et tombent au fond de l’eau pour se déposer sur le substrat. Les lampsiles jaunes atteignent la maturité sexuelle au bout de cinq ans.

Le rat musqué est le seul prédateur connu de ce filtreur et il semble s’intéresser uniquement aux adultes.

Évaluation du COSEPAC

Le COSEPAC justifie ainsi la désignation de la lampsile jaune comme espèce préoccupante :

Les populations sont assez grandes et vraisemblablement stables au Canada, mais elles ne se trouvent que dans la rivière Sydney en Nouvelle-Écosse et dans le bassin hydrographique de la rivière Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Les menaces sont actuellement très limitées, mais il existe des préoccupations à long terme en ce qui concerne l'introduction éventuelle de la moule zébrée dans la rivière Saint-Jean et le maintien de l'habitat de l'unique population dans la rivière Sydney.

Menaces qui pèsent sur la lampsile jaune

Une brèche dans le barrage de la rivière Sydney entraînerait une perte d’habitat due à la fois à la régression du rivage et à un afflux d’eau salée en amont du barrage. L’envasement et la pollution provoqués par les activités suburbaines et récréatives pourraient également endommager l’habitat. Les populations de lampsile jaune pourraient également souffrir si les autorités décident de traiter certains secteurs de la rivière Sydney aux molluscicides afin de contrôler la dermatite schistosomiale, ou le « prurit des nageurs ».

La population de la rivière Saint-Jean ne semble pas très menacée, quoique l’empiètement de l’aménagement riverain à certains endroits soit une source d’inquiétude. Le faible niveau d’eau à l’été pourrait provoquer une perte d’habitat à cause de températures élevées et de la pénétration de l’eau salée. Les risques d’implantation et de propagation de la moule zébrée dans la rivière Saint-Jean constituent une autre menace pour les lampsiles jaunes.

Protection de la lampsile jaune

La Loi sur les pêches, dont l’objet est de protéger les poissons capturés pour la consommation humaine ainsi que leur habitat, protège l’habitat de la lampsile jaune et interdit tout acte pouvant perturber cette espèce.

Aux termes du Règlement de pêche des provinces maritimes, il est illégal de prélever ou de pêcher des lampsiles jaunes sans permis. Aucun permis n’a jamais été délivré pour faire la pêche de cette espèce en Nouvelle-Écosse ni au Nouveau-Brusnwick.

Conséquences possibles pour les intervenants

Une fois que la lampsile jaune serait ajoutée à la liste des espèces en péril, toutes les activités qui nuisent à cette espèce ou à son habitat pourraient faire l’objet d’un examen minutieux. Un plan de gestion serait élaboré et plusieurs mesures pourraient être mises en œuvre pour assurer la conservation de la lampsile jaune. Ces mesures sont susceptibles d’avoir des répercussions diverses sur les intervenants. La liste suivante n’étant pas exhaustive, nous vous invitons à profiter de la présente consultation pour signaler les omissions qu’elle comporte.

Autochtones

Il est possible que soient envisagées des stratégies de gestion ayant des répercussions sur les activités des peuples autochtones qui ont lieu dans des eaux fréquentées par la lampsile jaune.

Propriétaires fonciers

Des restrictions pourraient être imposées sur les activités d’aménagement et d’autres mesures de planification et de gestion pourraient être prises dans les secteurs où des lampsiles jaunes sont observées.

Usages récréatifs

Des restrictions et d’autres mesures de gestion pourraient être imposées pour éviter l’implantation et la propagation de la moule zébrée. Il est aussi possible que des restrictions soient imposées sur l’utilisation de molluscicides qui visent à améliorer les zones de natation.

Activités scientifiques

Il est possible que les personnes qui veulent effectuer des recherches sur la lampsile jaune ou dans les zones faisant partie de son habitat aient à se conformer à des lignes directrices strictes. Celles-ci pourraient limiter le type de recherche autorisée sur la lampsile jaune et d’accroître les délais de planification des projets de recherche.

 

Bibliographie

COSEPAC 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lampsile jaune (Lampsilis cariosa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.  Vi + 44 pp.