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Mise à jour Rapport de situation du COSEPAC sur la Sterne de Dougall au Canada 1999

Résumé

Sterne de dougall

Sterna dougallii

 

Introduction

Dans la période de 1982 à 1985, on estimait que la population canadienne de Sterne de Dougall atteignait de 101 à 125 couples, soit 3 p. 100 de la population du Nord‑Est de l’Amérique du Nord (~ 3 100 couples). Les effectifs de la Sterne de Dougall ont probablement toujours été faibles au Canada, mais il semble qu’ils aient chuté depuis les années 1930. On pense que les deux principaux facteurs qui ont restreint la répartition et l’abondance de la Sterne de Dougall dans le Nord‑Est de l’Amérique du Nord sont le piégeage d’adultes dans les aires d’hivernage pour la vente dans des marchés locaux, et la prédation et le déplacement par les goélands dans les aires de nidification. En 1986, la Sterne de Dougall a été désignée « menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), qui portait à l’époque le nom de Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Depuis la première évaluation du statut de l’espèce par le COSEPAC, diverses études ont apporté de nouveaux renseignements sur la population canadienne de Sterne de Dougall.

 

Taille et tendances de la population

Selon les estimations du nombre de couples nicheurs effectuées en 1996 et en 1997, la population canadienne de Sterne de Dougall serait composée de 88 à 137 couples nichant en six endroits. Actuellement, l’espèce ne niche que dans trois des neuf sites indiqués dans le premier rapport de situation. La seule grosse colonie canadienne (plus de 20 couples) dont l’effectif est demeuré stable au cours des 15 dernières années est celle des îles Brothers, en Nouvelle‑Écosse. Par ailleurs, deux nouvelles colonies relativement importantes, soit celles des îles Country et Grassy, ont été découvertes en 1987 et en 1993, respectivement. À elles seules, ces trois grosses colonies constituent jusqu’à 94 p. 100 de la population canadienne. Au Nouveau‑Brunswick, l’île Machias Seal, le seul site de nidification connu, n’accueille chaque année qu’un ou deux couples nicheurs. Enfin, moins de cinq couples nichent aux îles de la Madeleine, seul site de nidification connu au Québec.

Aux États-Unis, le nombre de couples nicheurs s’accroît lentement depuis 1988. En 1997, 3 382 couples y ont niché. Actuellement, 93 p. 100 de la population américaine niche dans les cinq plus grandes colonies, et 78 p. 100 niche dans les deux plus grandes. Cette concentration rend l’espèce très vulnérable aux perturbations; il s’agit là de la principale raison pour laquelle la Sterne de Dougall a été déclarée en voie de disparition (endangered) aux États-Unis.

 

Facteurs limitatifs

La prédation dans les colonies nicheuses s’avère le principal facteur restreignant la répartition et la productivité de la Sterne de Dougall au Canada. Les principaux prédateurs dans les colonies canadiennes sont le Goéland argenté (Larus argentatus) et le Goéland marin (L. marinus). Par contre, aux États‑Unis, où des mesures contre la prédation sont prises dans la plupart des colonies, le principal facteur limitant la taille de la population est probablement la mortalité chez les adultes durant la migration ou dans les aires d’hivernage. Au Guyana, on a pratiqué un piégeage intensif des Sternes de Dougall de 1968 à 1981 pour des marchés locaux, mais il semble que cette activité ait cessé depuis. Des études devront être menées pour préciser les causes de la mortalité hivernale. Il se pourrait qu’une pénurie de mâles limite la productivité de l’espèce dans certaines colonies du Nord‑Est de l’Amérique du Nord. Dans l’une de ces colonies, 20 p. 100 des femelles adultes n’arrivent pas à trouver de partenaire mâle. Ces femelles forment donc des couples entre elles et produisent des couvées de trois à quatre œufs, soit de taille supérieure à la normale. Ces femelles copulent avec des mâles de la colonie pour assurer la fécondation de leurs œufs, mais le nombre de jeunes qui atteignent l’âge de l’envol par femelle dans les couples constitués de deux femelles est de 75 p. 100 inférieur à celui obtenu dans les couples mâle‑femelle. Par conséquent, la productivité moyenne de la colonie s’en trouve réduite d’environ 16 p. 100. 

 

Habitat

Au Canada, la Sterne de Dougall a presque complètement abandonné l’île de Sable et, presque certainement à cause de la prédation par les goélands, l’île Country. En l’absence de prédation, ces deux îles offrent des sites de nidification de grande qualité, surtout parce qu’elles se trouvent loin de la terre ferme (160 km et 5 km, respectivement); les colonies y sont donc moins exposées aux prédateurs terrestres et aux perturbations anthropiques. Au Canada, à l’heure actuelle, la Sterne de Dougall niche généralement dans de petits sites près de la terre ferme. Les colonies jugées essentielles au maintien de l’espèce au Canada doivent être surveillées annuellement et protégées contre l’installation des goélands. Actuellement, des goélands nichent dans trois des six sites canadiens abritant une colonie de Sterne de Dougall. Aux États-Unis, 97 p. 100 de la population de Sterne de Dougall niche dans des sites qui sont gérés et protégés par des biologistes et des gardiens. La gestion des prédateurs est absolument essentielle à la survie de la Sterne de Dougall.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*          Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**        Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***      Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****    Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement                   Environment
Canada                             Canada

Service canadien                Canadian Wildlife
de la faune                         Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.