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Mise à jour Rapport de situation du COSEPAC sur la Sterne de Dougall au Canada 1999

Introduction

Résumé du premier rapport sur la situation de la Sterne de Dougall (Kirkham et Nettleship, 1985)

La Sterne de Dougall (Sterna dougallii) se reproduit sur six continents et niche en colonies sur de petites îles marines généralement dépourvues de prédateurs terrestres (Gochfeld, 1983). En Amérique du Nord, la Sterne de Dougall niche sur la côte atlantique dans deux régions. La population du Nord‑Est du continent niche depuis les îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint‑Laurent, jusqu’à New York. Les membres de cette population nichent toujours en association avec d’autres espèces de sternes, particulièrement la Sterne pierregarin (S. hirundo; Nisbet, 1981). L’autre population niche depuis la Floride et les Bahamas jusqu’aux Petites Antilles (Cramp, 1985). Les deux populations hivernent en Amérique du Sud, depuis la Colombie jusque dans l’Est du Brésil (Nisbet, 1984; Hays et al., 1997).

En 1986, la Sterne de Dougall a été désignée « menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, qui portait à l’époque le nom de Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada). Cette désignation reposait sur le fait que la population du Nord‑Est a chuté, passant de 8 500 couples dans les années 1930 à 2 600 couples en 1976 (Kress et al., 1983). Ce déclin a aussi été accompagné d’une réduction de l’aire de répartition de l’espèce et du nombre de sites de nidification, ainsi que de la concentration de plus de 90 p. 100 de la population dans une petite région s’étendant de Long Island (New York) à Cape Cod (Massachusetts) (Nisbet, 1981).

La population canadienne de Sterne de Dougall a été estimée à 101‑125 couples dans la période de 1982 à 1985, et niche presque entièrement en Nouvelle‑Écosse (Kirkham et Nettleship, 1985). Elle constituait alors 3 p. 100 de la population du Nord‑Est du continent (~ 3 100 couples; Kress et al., 1983). Les effectifs de la Sterne de Dougall ont probablement toujours été faibles au Canada, mais il semble qu’ils aient chuté depuis les années 1930, selon les données historiques sur le nombre d’oiseaux nicheurs à l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse (Kirkham et Nettleship, 1985). Le déclin le plus rapide à cet endroit a été observé entre 1971 (130 couples) et 1976 (18 oiseaux). Parallèlement, on observait aussi aux États-Unis un important déclin de l’espèce, de 4 800 couples en 1972 à 2 600 couples en 1976 (Kress et al., 1983). La plus grosse colonie canadienne de Sterne de Dougall à l’époque du premier rapport sur la situation de l’espèce se trouvait aux îles Brothers (Nouvelle‑Écosse), qui comptait alors de 55 à 60 couples nichant en association avec plusieurs centaines de Sternes arctiques et de Sternes pierregarins (Kirkham et Nettleship, 1985).

Dans le premier rapport, on estimait que les deux principaux facteurs limitant la répartition et l’abondance de la Sterne de Dougall dans le Nord‑Est de l’Amérique du Nord étaient le piégeage des adultes dans les aires d’hivernage pour la vente dans des marchés locaux (Hamilton, 1981), et la prédation et le déplacement par les goélands dans les aires de nidification (Nisbet, 1981). L’accroissement des effectifs du Goéland argenté (Larus argentatus) et du Goéland marin (L. marinus) en Amérique du Nord (Kadlec et Drury, 1968) était étroitement lié au déclin des effectifs de sternes (Kress et al., 1983). Il est bien établi que les goélands se nourrissent d’œufs de sternes, ainsi que d’oisillons et parfois d’adultes (p. ex. Hatch, 1970), et qu’ils chassent les sternes de leurs sites de nidification habituels (Nisbet, 1981). Cependant, à l’époque du premier rapport, on connaissait peu les effets des goélands sur la biologie ou le succès de la reproduction de la Sterne de Dougall au Canada.

 

Raison d’être de la présente mise à jour

Après l’attribution à la Sterne de Dougall du statut d’espèce menacée au Canada en 1986, l’Équipe de rétablissement de la Sterne de Dougall et des participants au programme RESCAPÉ (Rétablissement des espèces canadiennes en péril) ont élaboré le Plan de rétablissement de la Sterne de Dougall (Lock et al., 1993), dont les deux objectifs étaient les suivants  : 1) accroître la population canadienne de Sterne de Dougall à 200 couples d’ici 2010; 2) maintenir la productivité des colonies à plus d’un jeune atteignant l’âge de l’envol par couple par année. Pour atteindre ces objectifs, on prévoyait assurer un nombre suffisant de sites de nidification dépourvus de prédateurs pour la Sterne de Dougall, la Sterne arctique et la Sterne pierregarin, protéger la Sterne de Dougall dans ses aires d’hivernage, et réduire à long terme les populations de goélands.

Depuis la première désignation attribuée par le COSEPAC, diverses études (p. ex. D’Eon, 1991-1997; Boates et al., 1993; Boates et Sam, 1996; Whittam, 1997) ont apporté de nouveaux renseignements sur la population canadienne de Sterne de Dougall. Aux États-Unis, on a entrepris en 1987 le « Cooperative Long-Term Roseate Tern Metapopulation Project », auquel participent des chercheurs du Massachusetts, du Connecticut et de l’État de New York (voir l’annexe). Ces chercheurs ont coordonné des études détaillées sur la croissance des oisillons, la productivité, la dispersion, le recrutement, la survie, l’alimentation et le comportement de l’espèce dans le Nord-Est des États-Unis au cours des dix dernières années (résultats présentés dans Nisbet et Spendelow, 1998). De plus, le segment américain de la population du Nord-Est du continent a été déclaré en voie de disparition en 1987 (U. S. Fish and Wildlife Service, 1987).

Dans le présent rapport, j’examine l’information récente sur la taille de la population, la répartition et l’habitat de la Sterne de Dougall dans le Nord-Est de l’Amérique du Nord. Je fais également état des résultats du Plan canadien de rétablissement de la Sterne de Dougall à ce jour, et réévalue le statut d’espèce menacée attribué à cet oiseau au Canada.