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Mise à jour Rapport de situation du COSEPAC sur la Sterne de Dougall au Canada 1999

Taille et tendances de la population

 

Au Canada, la Sterne de Dougall se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition dans le Nord-Est de l’Amérique du Nord. Pour déterminer les tendances de la taille et de la répartition de cette population, il faut donc examiner, en plus des données canadiennes, celles recueillies aux États-Unis.

États‑Unis

Le nombre de couples nicheurs dans la période de pointe et pour la saison entière a lentement augmenté aux États-Unis depuis 1988, sauf entre 1991 et 1992, où il a chuté de 17 p. 100 (tableau 1). En 1997, 3 382 couples ont niché aux États-Unis durant la période de pointe. Le nombre de couples pour la saison entière, estimé à 3 980 en 1997, est généralement supérieur de 10 à 20 p. 100 à celui des couples présents dans la période de pointe (U.S. Fish and Wildlife Service, 1998), et comprend probablement les cas d’échec de la nidification et de nidification tardive.

Depuis 1988, la Sterne de Dougall a niché dans 44 colonies réparties du Maine jusqu’à New York (U.S. Fish and Wildlife Service,1998). Cependant, seulement de 16 à 20 de ces sites sont utilisés d’une année à l’autre par la Sterne de Dougall. Certains sites sont fréquentés chaque année, tandis que d’autres ne sont utilisés qu’occasionnellement par de petits nombres de Sternes de Dougall. Depuis 1988, certains anciens sites des États-Unis ont été recolonisés (p. ex. rocher Eastern Egg, ME; Kress, 1983; île Ram, MA; Nisbet et Spendelow, 1998), tandis que d’autres sont moins fréquentés (p. ex. Nauset‑île New, MA) ou ont été complètement abandonnés (p. ex. île East Inlet, NY; plage Cedar, NY). Actuellement, les cinq plus grosses colonies américaines sont celles de l’île Great Gull, NY (1 455 couples en 1997), de l’île Bird, MA (1 179 couples en 1997), de l’île Ram, MA (253 couples en 1997), du rocher Eastern Egg, ME (138 couples en 1997) et de l’île Falkner, CT (136 couples en 1997). Les effectifs ont diminué aux îles Bird et Falkner, sont demeurés stables à l’île Great Gull et ont augmenté au rocher Eastern Egg et à l’île Ram au cours des dix dernières années (U.S. Fish and Wildlife Service, 1998).

À l’heure actuelle, 93 p. 100 de la population américaine niche dans les cinq plus grandes colonies, et 78 p. 100 niche dans les deux plus grandes (tableau 1). Cette concentration rend l’espèce très vulnérable aux perturbations; il s’agit là de la principale raison pour laquelle la Sterne de Dougall a été déclarée en voie de disparition (endangered) aux États-Unis (U.S. Fish and Wildlife Service, 1987, 1998).

 

Tableau 1. Estimations du nombre de couples nicheurs de Sterne de Dougall dans la période de pointe dans le Nord-Est des États-Unis par État, de 1988 à 1997 (tiré de U.S. Fish and Wildlife Service, 1998).
Voir le texte pour les noms et les emplacements des cinq plus grosses colonies. Les effectifs pour l’ensemble de la saison sont généralement de 10 à 20 p. 100 supérieurs à ceux de la période de pointe; ils sont indiqués dans U.S. Fish and Wildlife Service (1998).
État1988198919901991199219931994199519961997
Maine6877102123119141142152161237
Massachusetts1656157615851778141313551341148017431454
Connecticut149106150149107130124125135136
New York1122107411591380110411491265134511311555
Nbre total de couples2995283329963430274327752872310231703382
Nbre total de sites utilisés19201618161917181720
Concentration dans les plus grosses colonies
% dans 2 colonies86868685858583746578
% dans 5 colonies96949695949492909693

 

Canada 

Selon les estimations du nombre de couples nicheurs effectuées au Canada en 1996 et en 1997, la population canadienne compterait entre 88 et 137 couples nichant à six endroits (tableau 2). Ces estimations sont fondées sur une combinaison des effectifs pour la saison entière aux îles Brothers et à l’île Country, d’une part, et des effectifs dénombrés principalement lors d’une visite unique pour tous les autres sites, d’autre part. Le résultat est semblable à celui obtenu par Kirkham et Nettleship (1985), soit de 101 à 125 couples nichant à neuf endroits. Ainsi, la population canadienne de Sterne de Dougall est demeurée stable depuis 1985 (tableau 2). Actuellement, 3 p. 100 de la population du Nord-Est du continent niche au Canada.

La répartition de la Sterne de Dougall au Canada a changé depuis le début des années 1980 (tableau 2, figure 1). L’espèce niche actuellement dans seulement trois des neufs sites indiqués dans le premier rapport sur sa situation, soit dans l’île de Sable (N.‑É.), les îles Brothers (N.‑É.), et les îles de la Madeleine (Qc) (tableau 2). Plusieurs nouveaux sites ont par ailleurs été colonisés (tableau 2). Les changements dans la répartition de l’espèce sont présentés ci‑dessous par province.

 

Tableau 2. Nombre estimé de couples nicheurs de Sterne de Dougall au Canada entre 1982 et 1985 (tiré de Kirkham et Nettleship, 1985) et en 1997 (voir le tableau 3 pour les sources).
La présence ou l’absence de goélands nicheurs à chaque site est également indiquée.
SiteEstimation pour 1982-1985Estimation pour 1997Nids de goélands
Plusieurs colonies aux îles de la Madeleine, Qc1 - 51 - 5oui
Île Machias Seal, N.‑B.01 - 2non; les goélands sont chassés
Île Peter’s, N.-É.10oui
Îles Brothers, N.-É.55 - 6054non; les nids sont détruits
Île Mud, N.-É.20oui
Île Tusket, N.-É.15 - 200?
Île Westhaver, N.-É.80?
Île Grassy, N.-É.012 - 30non
Île Wedge, N.-É.60oui
Île Sambros, N.-É.30?
Complexe de l’île Country*, N.‑É.018 - 45oui
Île de Sable, N.-É.10 - 201oui
TOTAL101 - 12587 - 137 
* Comprend les oiseaux nichant sur l’île Country, à l’anse Charlos, à la baie Fisherman’s et à l’île Inner West Bird en 1997 (voir le texte).

Nouvelle‑Écosse

Au moins 95 p. 100 (de 86 à 130 couples) de la population canadienne de Sterne de Dougall niche en Nouvelle‑Écosse. L’espèce s’y reproduit à quatre endroits, dont deux (île de Sable et îles Brothers) étaient mentionnés dans le rapport de Kirkham et Nettleship de 1985 (tableau 2). La Sterne de Dougall est aujourd’hui presque disparue de l’île de Sable, tandis qu’elle niche en nombre comparable à celui estimé en 1982 aux îles Brothers (tableau 3). Ainsi, la colonie des îles Brothers est la seule grosse colonie canadienne (plus de 20 couples) dont l’effectif est demeuré stable au cours des 15 dernières années (tableau 3).

Deux nouvelles colonies relativement importantes, soit celles des îles Country et Grassy, ont été découvertes en 1987 et en 1993, respectivement (notes de terrain d’Erskine, 1992; Boates et al., 1993). On a établi que ces deux colonies abritaient chacune un tiers de la population canadienne de Sterne de Dougall (tableau 3). L’île Grassy pourrait s’avérer un site de nidification stable, mais on a besoin de plus d’information sur la taille de la population et la productivité des sternes à cet endroit. L’effectif de l’île Country a considérablement fluctué depuis la découverte de la colonie : en 1987 il comptait 25 couples, mais un seul couple a été observé en 1997 (tableau 3). On pense que certains des oiseaux ayant abandonné l’île Country en 1997 sont allés dans trois autres sites où la nidification de l’espèce n’avait jusqu'alors pas été confirmée, soit l’anse Charlos, la baie Fisherman’s et l’île Inner West Bird (Whittam, 1997). Je n’ai pas considéré ces sites comme des colonies établies (dans le tableau 2) parce qu’on ne sait pas si les oiseaux continueront de les utiliser ou retourneront plutôt à l’île Country. Ces trois sites, avec celui de l’île Country, sont désignés sous le terme de « complexe de l’île Country » (tableau 2) étant donné la probabilité que les oiseaux qui y nichent proviennent de la même grosse colonie de l’île Country (Whittam, 1997). Il est intéressant de noter qu’en 1987, plusieurs couples semblent avoir niché sur l’une des îles Bird de même que dans deux sites de la baie Tor (îles Cooks et Hog; tableau 3 et figure 1), ce qui laisse penser que le « complexe de l’île Country » pourrait exister depuis un certain temps.

Figure 1. Emplacements des colonies récentes de Sterne de Dougall au Canada, incluant les sites occupés en 1997 (points noirs) et les sites occupés au moins une fois dans les années 1980 ou 1990 (cercles). Les détails, dont les noms des colonies, sont présentés au tableau 3. Voir Kirkham et Nettleship (1985, figure 2) pour les colonies occupées avant 1980.

Figure 1. Emplacements des colonies récentes de Sterne de Dougall au Canada, incluant les sites occupés en 1997 (points noirs) et les sites occupés au moins une fois dans les années 1980 ou 1990 (cercles). Les détails, dont les noms des colonies, sont présentés au tableau 3. Voir Kirkham et Nettleship (1985, figure 2) pour les colonies occupées avant 1980.


Kirkham et Nettleship (1985) avaient mentionné les îles Peter’s, Mud, Wedge et Sambro comme sites de nidification de la Sterne de Dougall, mais depuis, ces îles ont été abandonnées par toutes les espèces de sternes (Lock et al., 1993; Boates et Sam, 1996; D. Currie ‑ Nova Scotia Bird Society ‑ comm. pers.). On a signalé la présence de huit couples à l’île Westhaver, également en Nouvelle‑Écosse, en 1985 (Kirkham et Nettleship, 1985), mais aucune Sterne de Dougall n’y a niché depuis. Environ 168 couples de Sterne arctique et de Sterne pierregarin ont niché à cet endroit en 1997 (Gregoire, 1998), et des Sternes de Dougall ont été observées en train de s’alimenter dans le secteur, mais on n’a pas pu établir avec certitude si elles nichaient sur cette île (D. Currie, comm. pers.). L’île Grassy ne se trouve qu’à 16 km de l’île Westhaver, de sorte que les sternes qui s’alimentaient près de cette dernière pouvaient avoir niché à l’île Grassy.

Nouveau-Brunswick

L’île Machias Seal est le seul site de nidification connu de la Sterne de Dougall au Nouveau‑Brunswick, et seulement un ou deux couples y nichent chaque année.

La nidification de l’espèce y a été observée en 1979 pour la première fois, puis de nouveau en 1982, mais aucune Sterne de Dougall ne s’y est reproduite de 1983 à 1985 (Kirkham et Nettleship, 1985). Un seul couple a été observé en 1988, et un nid a été identifié en 1994. Dans la période de 1995 à 1997, des comportements de parade nuptiale et de vol de parade ont laissé croire que deux nidifications pourraient avoir eu lieu, mais elles n’ont pas pu être confirmées (K. Amey, comm. pers.).

Québec

Les îles de la Madeleine sont le seul lieu de nidification connu de la Sterne de Dougall au Québec. Moins de cinq couples y nichent chaque année (Shaffer et Laporte, 1996). La présence de la Sterne de Dougall a été signalée pour la première fois sur les îlots au large de Pointe‑aux‑Loups, puis au bout de la dune du Sud et à la baie du Havre‑aux‑Basques, mais ces deux derniers sites n’ont pas été occupés depuis le début des années 1970 et le début des années 1980, respectivement (Shaffer et Robert, 1996). Depuis 1987, on a confirmé la nidification de la Sterne de Dougall en petits nombres (de 1 à 3 couples) dans trois colonies, soit sur l’île aux Cochons, sur l’un des îlots au large de Pointe‑aux‑Loups (Deuxième Îlot), et sur un îlot artificiel (îlot C) au large de Grande‑Entrée. Ces colonies ne sont pas toutes occupées tous les ans (Shaffer et Robert, 1996; Shaffer et Laporte, 1996).