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Évaluation et Rapport de situation sur la Paruline de Kirtland au Canada - Mise à jour

Taille et tendances de la population

C’est en 1951 qu’on a mené la première étude exhaustive sur la Paruline de Kirtland, puis on a répété le dénombrement en 1961 et en 1971. En 1971, on a découvert que la population avait diminué de 50 % en 10 ans, pour atteindre un effectif d’à peine plus de 200 couples reproducteurs (tableau 1). On a alors conclu que, si aucune mesure d’intervention directe n’était prise, l’espèce allait probablement disparaître. Même si les habitats disponibles avaient diminué de 40% entre 1961 et 1971, on croyait qu’il existait encore des habitats propices (Mayfield, 1983). Le problème majeur semble avoir été le parasitisme des couvées par le Vacher à tête brune.

Tableau 1. Effectifs de mâles chanteurs dénombrés au Michigan entre 1951 et 1998 (Austen et al.,1993; P. Aird et H. Dewar, comm. pers.).

            1951 - 4321983 - 215
 1984 - 215
            1961 - 5021985 - 216
 1986 - 210
            1971 - 201        1987 - 167
            1972 - 2001988 - 207
            1973 - 2161989 - 212
            1974 - 1671990 - 265
            1975 - 1791991 - 347
            1976 - 2001992 - 397
            1977 - 2181993 - 485
            1978 - 1961994 - 633 (dont 2 dans la haute péninsule)
            1979 - 2101995 - 765 (dont 8 dans la haute péninsule)
            1980 - 2421996 - 692 (dont 14 dans la haute péninsule)
            1981 - 2321997 - 728 (dont 19 dans la haute péninsule)
            1982 - 2071998 - 804 (dont 14 dans la haute péninsule)
                                  (H. Dewar, comm. pers.)

Figure 1. Effectifs de mâles chanteurs dénombrés au Michigan entre 1951 et 1998 (données du tableau 1).

 Figure 1. Effectifs de mâles chanteurs dénombrés au Michigan entre 1951 et 1998 (données du tableau 1).

Les vachers n’ont gagné le territoire des Parulines de Kirtland qu’au cours du siècle dernier, et leur population n’a pas cessé d’augmenter. Plus de 70 % des nids de paruline ont été parasités, ce qui a réduit la productivité des parulines à moins d’un oisillon par couple par année (Ryel, 1981). La lutte contre les vachers a débuté en 1972 et a réduit le parasitisme des couvées à environ 3 %, un niveau négligeable (Kelly et DeCapita, 1982).

Une fois ce facteur limitatif éliminé, la population de paruline est demeurée stable, à environ 200 couples, jusqu’en 1989 (tableau 1). Elle n’a toutefois pas augmenté, comme l’on s’y attendait. L’un des facteurs responsables semble être la rareté de la paruline, combinée aux caractéristiques comportementales de l’espèce (Mayfield, 1983). Tandis que les oiseaux adultes sont très fidèles à leur aire de nidification, les jeunes d’un an se dispersent généralement, à la recherche d’un nouvel habitat, ce qui est un comportement approprié pour une espèce qui a besoin d’un habitat de début de stade de la succession végétale (voir sous « Habitat », plus bas). Les mâles chanteurs dispersés avaient peu de chance de se trouver une partenaire, puisqu’il restait si peu d’oiseaux. On avait de plus en plus d’indications suggérant que le manque d’habitat disponible limitait probablement aussi les populations (Probst, 1991).

La population a commencé à remonter récemment (tableau 1) grâce à la lutte soutenue contre les vachers et aux efforts déployés pour créer de nouveaux habitats. L’effectif des mâles chanteurs a atteint un nouveau sommet en 1994 et est demeuré au-dessus de ce niveau depuis. Même si la population n’a pas augmenté de manière constante au cours des dernières années, une nouvelle aire de nidification a été établie dans la haute péninsule du Michigan, et on a signalé la première reproduction à cet endroit en 1995 (tableau 1). La population y est certes de faible taille, mais elle augmente de façon constante et les oiseaux bagués commencent à y retourner pour nicher (P. Aird, comm. pers.).

En 1919, Paul Harrington et Fred Starr, en poste à la base militaire de Petawawa en Ontario, ont remarqué que la présence de la Paruline de Kirtland n’était pas « rare » sur une « assez grande superficie » dans les pins gris (Pinus banksiana) des plaines sablonneuses de la région. Les deux hommes, ornithologues amateurs et collectionneurs d’œufs passionnés, étaient certains que les oiseaux se reproduisaient dans la région. Lorsqu’il y est retourné en 1939, Harrington a encore une fois observé des Parulines de Kirtland mais, cette fois, il a seulement rencontré un individu seul à deux reprises (Harrington, 1939).

La Paruline de Kirtland nichait probablement régulièrement dans la région de Petawawa dans les années 1800 et au début des années 1900, et peut-être ailleurs au pays. Toutefois, la seule véritable mention de reproduction au Canada est l’observation d’un couple avec au moins un oisillon dans la région de Barrie, en Ontario, en 1945 (James, 1984; Speirs, 1984).

Outre les observations à Petawawa et la mention d’activités de reproduction à Barrie, on a par la suite signalé la présence de mâles chanteurs dans des peuplements de pins des premiers stades de la succession végétale en Ontario à au moins sept occasions (tableau 2). À l’été 1978, on a aussi rencontré un mâle chanteur du côté québécois de la rivière des Outaouais, près de Petawawa. D’autres oiseaux peuvent être passés inaperçus dans les parcelles souvent inaccessibles d’habitats disponibles.

Tableau 2. Observations de mâles chanteurs dans des peuplements de pins des  premiers stades de la succession végétale en Ontario et au Québec depuis 1945

1958- Péninsule Bruce, 8-30 juin (Mayfield, 1960; Wormington, 1985)
1961- Pointe au Baril, 17 Juin (Curry, 1991)
1964- Barrie, 16-21 mai (Devitt, 1967)
1977- Petawawa, 9 juin-14 juillet (Wormington, 1986)
1978- Petawawa, 2 juin-18 juillet (Wormington, 1986)
 - Québec, près de Petawawa (Chamberlain, 1978)
1985- près d’Orillia, ? juin - début juillet (Aird et Pope, 1987)
1990- Péninsule Bruce, 26 mai (Curry, 1991)

Entre 1900 et le moment de la rédaction du rapport du COSEPAC en 1978, il y a eu au moins 34 observations de la Paruline de Kirtland en Ontario (voir Chamberlain, 1978). Depuis 1990, avec l’accroissement de la population au Michigan, il y a eu une augmentation notable du nombre d’observations en Ontario, en moyenne plus d’une par année (tableau 3). La Paruline de Kirtland a aussi fréquenté assez régulièrement le Wisconsin, à raison d’au moins une fois par an depuis 1989; en 1997, il y a eu cinq observations de l’espèce dans cet État.

Tableau 3. Observations de Parulines de Kirtland en Ontario depuis 1990.

1990- Cabot Head (Curry, 1991) - mâle, 26 mai
 - Port Hope (Curry, 1991) - mâle, 31 mai
1991- Toronto (Bain, 1992) - ?, 22 mai
1993- Pointe Pelée (Pittaway, 1995) - mâle, 9 mai
1994- Rondeau (Pittaway, 1995) - ?, 18-20 mai
1995- Pointe Pelée (Dobos, 1996) - femelle, 21 mai
1996- Pointe Pelée (Dobos, 1997) - mâle, 10 mai
 - Stoney Point (Dobos, 1998) - ?, 14 mai
 - Pointe Pelée (Dobos, 1998) - ?, 16 mai
1997- St. Williams (Dobos, 1998) - ?, 24 mai
 

           - Région de Thessalon (B. Knudsen, comm. pers. à H. Dewar) -

mâle, 4 juillet.

Le but du plan américain de rétablissement de la Paruline de Kirtland est d’avoir une population autonome d’au moins 1 000 couples (Probst, 1991). Si ce but est atteint, ce qui semble maintenant faisable, on peut s’attendre non seulement à des visites régulières de l’espèce au Canada, mais aussi à la possibilité que quelques couples commencent à y chercher des aires de reproduction. La Paruline a réussi à établir une nouvelle colonie dans la haute péninsule du Michigan, ce qui indique que la population est maintenant capable de s’étendre à un habitat propice éloigné de la population principale.