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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Engoulevent d'Amérique au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’habitat de reproduction de l’Engoulevent d’Amérique comprend des habitats ouverts, tels que les dunes, les plages, les forêts récemment exploitées, les brûlis, les zones déboisées, les prairies à herbes courtes, les pâturages, les forêts claires, les tourbières, les marais, les rives de lacs, les routes de gravier, les bordures de rivières , les affleurements rocheux, les terrains rocheux dénudés, les chemins de fer, les parcs de résidus miniers, les carrières, les parcs urbains, les bases militaires, les aéroports, les mines ainsi que les bleuetières (Peck et James, 1983; Gauthier et Aubry, 1996; Poulin et al. 1996; Manitoba Avian Research Committee, 2003). L’espèce est également présente dans les peuplements mixtes ou de conifères ainsi que dans les pinèdes (Gauthier et Aubry, 1996). En Alberta et en Saskatchewan, les canyons, les plaines herbeuses et les complexes de dunes constituent des habitats favorisés par l’Engoulevent d’Amérique (Dale et al. 1999; A. R. Smith, comm. pers., 2005). Au début du XXe siècle, l’espèce nichait également dans les champs cultivés, les champs de maïs et de pommes de terre, les vergers, les parcs et les jardins de zones résidentielles ainsi que les chemins de fer (Gross, 1940). Depuis la fin des années 1870, elle nichait également sur des toits plats couverts de gravier en milieu urbain (Gross, 1940). Même si les engoulevents ont probablement tiré profit des nouveaux habitats offerts par les milieux urbains, ils préfèrent généralement les sites naturels (Brigham, 1989). Cependant, la proportion de la population canadienne se reproduisant dans des zones faisant l’objet de peu de relevés, telles que la forêt boréale, n’est pas bien connue.


Tendances en matière d’habitat

Il existe peu d’information sur les tendances de l’Engoulevent d’Amérique en matière d’habitat au Canada (Poulin et al. 1996). Au début de la colonisation, l’espèce a probablement tiré profit des habitats nouvellement ouverts à la suite de la déforestation massive dans l’est des États-Unis ainsi que dans certaines parties du Canada (Poulin et al. 1996). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l’apparition de toits couverts de gravier en milieu urbain a contribué davantage à l’expansion de l’habitat de l’Engoulevent d’Amérique en Amérique du Nord (Weir, 1989; Gauthier et Aubry, 1996) au point où, au début du XXe siècle, l’espèce se reproduisait presque exclusivement sur les toits d’édifices en milieux urbains en Ohio et en Pennsylvanie (Peterjohn et Rice, 1991; Brauning, 1992).

Toutefois, à partir du début du XXe siècle, la lutte contre les incendies de forêt et les modifications de pratiques de récolte a réduit le nombre d’aires ouvertes; ces deux facteurs, de même que le reboisement extensif et l’utilisation intensive des terres agricoles, ont contribué au déclin de la quantité d’habitat et de la qualité de l’habitat de l’Engoulevent d’Amérique (Gauthier et Cyr, 1996; R. M. Brigham comm. pers., 2007). De même, le remplacement graduel des toits couverts de gravier par des toits couverts de goudron a réduit davantage la quantité d’habitats propices en milieu urbain (Poulin et al. 1996). Dans certaines zones, l’habitat ne semble pas connaître de déclin. Dans les Maritimes, par exemple, les forêts exploitées, les bleuetières, les mines de charbon et les carrières de gravier, qui offrent un habitat de reproduction propice, constituent de nouveaux habitats qui sont constamment créés (S. Blaney, comm. pers., 2005).


Protection et propriété

Au Canada, la quantité d’habitats disponibles pour l’Engoulevent d’Amérique et le niveau de protection de l’habitat dans les terres publiques sont inconnus. Il ne fait aucun doute que certains habitats se trouvant dans des terres publiques seront protégées par la création d’aires protégées, même si celles‑ci représentent moins de 8 p. 100 de l’aire totale au Canada (Ressources naturelles Canada, 2005). Il n’existe aucun programme de protection de l’habitat de l’Engoulevent d’Amérique dans les aires protégées du Canada. Néanmoins, les programmes de brûlage dirigé dans des parcs nationaux particuliers pourraient accroître l’habitat de l’espèce (Campbell et al. 1990; R. M. Brigham, comm. pers., 2005). Dans les forêts aménagées, il n’existe pas de programme destiné à la protection de l’habitat de l’Engoulevent d’Amérique.

En outre, il y a des lacunes relativement aux données sur le niveau de protection de l’habitat dans les terres privées (c.-à-d. des zones urbaines et agricoles).