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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la frasère de Caroline au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Frasère de Caroline
Frasera caroliniensis

Information sur l’espèce

La frasère de Caroline (Frasera caroliniensis) est une plante herbacée à racine pivotante appartenant à la famille des Gentianacées. Durant la plus grande partie de son existence, la plante se limite à une rosette basilaire de feuilles qui peuvent atteindre 40 cm de longueur. Lorsque la plante produit une tige florifère, celle-ci comporte des feuilles verticillées qui sont graduellement plus courtes vers le sommet de la tige. Les cymes de fleurs apparaissent à l’aisselle des feuilles supérieures. Les populations tendent à fleurir de manière synchrone, chaque individu produisant une seule tige florifère de 2 à 3 m de hauteur après avoir passé de 7 à 15 ans, ou même davantage, à l’état végétatif. La plante meurt après avoir fleuri une seule fois; il s’agit donc d’une espèce polycarpique.

 

Répartition

Le Frasera caroliniensis a une vaste répartition dans l’est de l’Amérique du Nord, où il se rencontre depuis le sud de l’Ontario jusqu’au nord de l’Alabama et des États voisins. L’espèce n’est pas abondante, ni même commune, dans aucune des parties de son aire de répartition. Au Canada, 22 populations ont été répertoriées, dont 12 existent encore.

 

Habitat

Le Frasera caroliniensis se rencontre le plus souvent sur des versants à couvert forestier clairsemé, mais il pousse parfois dans des fourrés et des clairières. Sa grande longévité lui permet peut-être de persister temporairement dans des milieux qui ne constituent pas son habitat optimal.

 

Biologie

On sait peu de choses sur la biologie du Frasera caroliniensis, sauf en ce qui concerne son écologie florale, qui a été bien étudiée. Les questions fondamentales ayant trait au déclenchement de la floraison demeurent sans réponse.

 

Taille et tendances des populations

Sur les 22 populations canadiennes déjà répertoriées, 9 semblent être disparues, dont 7 correspondent à des mentions historiques assez anciennes. Un total de 12 populations existent toujours, et la situation d’une autre population est incertaine. Parmi les populations actuelles, 10 sont assez grandes pour être considérées comme hors de danger à court terme. Parmi ces 10 populations, 2 sont peut-être en augmentation, et 4 semblent stables. Dans le cas des autres sites actuels, la tendance de l’effectif ne peut pas être précisée, à cause d’un manque de données. Seulement 5 des grandes populations sont situées dans des milieux jouissant d’une protection permanente, tandis que 3 seront peut-être, voire probablement, éliminées par des travaux d'aménagement. La perte de 9 populations survenue au cours de la dernière cinquantaine d’années représente un déclin d’environ 41 p. 100. Les tendances plus récentes sont difficiles à préciser, parce qu’il n’existe aucune estimation antérieure des effectifs. Comme la plante reste à l’état de rosette de feuilles pendant nombre d’années avant de fleurir puis de mourir, il est difficile de déterminer combien d’individus relativement adultes compte une population, si celle-ci ne comporte aucun individu en fleurs l’année du relevé. C’est ce qui est arrivé en 2004 : cette année-là, 3 919 rosettes végétatives ont été dénombrées, mais seulement quelques tiges florifères, toutes de l’année précédente, ont été observées. En 2005, par contre, on a compté 63 tiges florifères, réparties entre 5 des 6 populations recensées, ainsi que 419 rosettes supplémentaires (nouvelles données), situées dans 2 nouveaux sites (21 et 22) ainsi que dans une nouvelle sous-population (9B). Dans la plus grande des populations, celle du parc provincial des Collines Short, on a recensé à peu près le même nombre de rosettes en 2005 que ce qui avait été estimé en 2004. Dans le site 12, les rosettes étaient trop fanées pour qu’il soit facile de les compter. Le nombre total d’individus présents en 2005 est sans doute de l’ordre de 4 200, la plupart à l’état végétatif.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les principales menaces connues pesant sur le Frasera caroliniensis sont la perte continue d’habitat dans le sud de l’Ontario et l’empiétement d’espèces exotiques envahissantes. Tel que mentionné plus haut, les projets d’aménagement où se trouvent plusieurs des plus grandes populations causeront des pertes supplémentaires à moyen terme.

 

Importance de l’espèce

Le Frasera caroliniensisa été mis à profit dans le cadre d’études sur la biogéographie de la forêt de feuillus de l’est de l’Amérique du Nord.

 

Protection actuelle

Le Frasera caroliniensis figure sur la liste des espèces menacées de l’État de New York ainsi que sur celle des espèces en voie de disparition de la Pennsylvanie. La situation de l’espèce est jugée préoccupante par le Comité de détermination du statut des espèces en péril de l'Ontario (COSSARO).