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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la frasère de Caroline au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Frasera caroliniensis pousse dans des milieux relativement stables, principalement des forêts claires de feuillus, mais parfois aussi dans des bordures forestières claires ou des fourrés arbustifs denses. Threadgill et al. (1979) notent que l’espèce se rencontre dans une variété de milieux dans l’ensemble de son aire de répartition, notamment dans des forêts de feuillus, de pins et de genévrier de Virginie, des fourrés, des prés dégagés et des prairies. Ils notent en outre qu’elle pousse le plus souvent dans des forêts de terrain élevé, mais qu’elle a également été trouvée dans des terrains marécageux. L’espèce a été récoltée sur des versants rocheux dans toute son aire de répartition, mais elle peut pousser sur toute une gamme de sols. Le F. caroliniensis a déjà été observé dans des milieux récemment perturbés. Cependant, selon Threadgill et al. (1979), ces récoltes pourraient simplement signifier que certains individus âgés peuvent persister malgré des conditions devenues peu favorables, et non que l’espèce préfère ou tolère des milieux associés aux stades transitoires de la succession végétale.

L’aire de répartition du Frasera caroliniensis couvre un vaste gradient climatique, depuis des régions à étés humides très chauds et à hivers doux, dans le sud, jusqu’à des régions à étés moins chauds et à hivers très froids, dans le nord (Threadgill et al., 1979). Dans toutes les parties de l’aire, le climat n’impose habituellement aucun stress hydrique à la plante durant la saison de végétation, mais les conditions édaphiques de certains sites peuvent entraîner une sécheresse saisonnière (observation personnelle).

Les populations canadiennes du F. caroliniensis se trouvent toutes dans la région forestière « carolinienne », laquelle est la plus chaude du sud de l’Ontario (voir Waldron, 2003, pages 25 à 30). On ne sait pas si le climat constitue un facteur limitatif pour l’espèce à la limite nord de sa répartition au Canada, ou si elle serait en mesure d’étendre son aire vers le nord. Les populations de la municipalité régionale de Halton se trouvent sur des sols argileux ou argilo-loameux secs-mésiques à mésiques, dans des chênaies claires à érable dominées par le Quercus alba, le Q. rubra et l’Acer saccharum, dans des fourrés dominés par les Cornus, le Viburnum rafinesquianum, le Rhus typhina et les Rubus ainsi que dans des clairières (Crins et Sharp, 1993; observations personnelles). L’uvulaire perfoliée (Uvularia perfoliata), rare dans la province, est associée au F. caroliniensis à Halton (observation personnelle). Les autres plantes herbacées souvent associées comprennent l’hélianthe à feuilles étalées (Helianthus divaricatus), le carex de Pennsylvanie (Carex pensylvanica), la danthonie à épi (Danthonia spicata) et diverses espèces d’asters (les Aster) et de verges d’or (les Solidago).

Le site de Paris (Ontario) est situé à la base d’un versant escarpé, sur sol limono-argileux mésique, sous couvert de bouleau à papier (Betula papyrifera), de pin blanc (Pinus strobus) et de peuplier à grandes dents (Populus grandidentata). Une liste plus complète des espèces associées a été compilée par Crins et Sharp (1993).


Tendances en matière d’habitat

Les milieux forestiers, qui occupaient autrefois 80 p. 100 de la région carolinienne du Canada, n’en occupent plus que 11p. 100 (Carolinian Canada, 2004). Une bonne partie de cette perte peut être imputée au développement de l’agriculture survenu dans le passé, mais l’urbanisation est maintenant une cause majeure de la perte de milieux naturels dans le sud de l’Ontario (Pim et Ornoy, 2002).


Protection et propriété

Deux des populations actuelles se trouvent dans des parcs provinciaux, le parc provincial Selkirk (pop. 6) et le parc provincial des Collines Short (pop. 16). Deux autres se trouvent dans les sanctuaires naturels de Hendrie Valley (pop. 9) et de Cootes Paradise (pop. 22), gérés par les Royal Botanical Gerdens. La population du ruisseau de Borer (pop. 7) se trouve dans l’Aire de conservation du même nom, gérée par l’Office de protection de la nature de la région de Hamilton (Hamilton Conservation Authority). La population de Glen Morris (pop. 2) se trouve sur un terrain géré par l’Office de protection de la nature de la rivière Grand (Grand River Conservation Authority). La population du domaine Cartwright (pop. 21) est située dans un sanctuaire naturel appartenant au Hamilton Naturalists’ Club et géré par cet organisme (Rothfels, 2005). La population du lac Blue (pop. 3) se trouve sur un terrain privé, dont le propriétaire actuel s’est cependant montré disposé à protéger cette population. Certaines parties des populations du chemin King (11 et 12) ainsi qu’une partie de la population des bois de l’escarpement Clappison (8) sont situées sur l’emprise de lignes de transport d’électricité. La gestion actuelle de ces terrains ne semble pas nuire aux populations du F. caroliniensis (Crins et Sharp, 1993). Les onze autres populations actuelles se trouvent toutes sur des terrains privés, où elles ne bénéficient d’aucune protection.