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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre agile bleue au Canada – Mise à jour

Biologie

 

Domaine vital et déplacements

Comparativement aux couleuvres agiles d’autres populations étudiées en Amérique du Nord, les couleuvres agiles bleues de l'île Pelée ont des domaines vitaux extrêmement vastes. On a établi que les domaines vitaux de 22  femelles et de 12 mâles atteignaient respectivement 75 ha et 140 ha en moyenne (Porchuk, 1996). La fragmentation prononcée de l'habitat dans l'île explique sans doute en partie ce phénomène : pendant la saison active, les couleuvres doivent en effet se déplacer sur de grandes distances pour trouver les ressources dont elles ont besoin.

Reproduction

La couleuvre agile bleue est ovipare; la taille moyenne de la couvée chez sept femelles de l'île Pelée était de 14,7 ± 2,53 (é.‑t.; Porchuk, 1996). Les femelles peuvent se reproduire chaque année, mais les cycles bisannuels sont vraisemblablement plus fréquents. Les mâles peuvent atteindre la maturité physiologique à 11 mois, mais n'ont pas l'occasion de s'accoupler avant leur deuxième saison active entière; de même, les femelles peuvent atteindre la maturité à 24 mois, mais ne peuvent se reproduire avant le printemps suivant (Porchuk, 1996). La période d'accouplement débute en avril et se poursuit en mai. Les femelles pondent à la fin juin, et les œufs éclosent entre la mi-août et la fin septembre. Les microhabitats de nidification les plus souvent utilisés par les couleuvres agiles bleues femelles de l'île Pelée sont les troncs couchés en décomposition; elles pondent cependant aussi sous de grosses roches et dans des amas de matières organiques en décomposition (Porchuk et Brooks; 1995, Porchuk, 1996). On a observé dans l’île des sites de nidification communautaires intraspécifiques et interspécifiques (avec la couleuvre fauve de l'Est), situation qui semble assez fréquente (Porchuk et Brooks, 1995).

Hibernation

Les hibernacula sont souvent associés à des régions où affleure une assise rocheuse calcaire. La plupart des couleuvres adultes hibernent en communauté; elles partagent à l'occasion leur tanière avec des couleuvres fauves de l'Est, des couleuvres d'eau du lac Érié (Nerodia sipedon insularum) et des couleuvres rayées (Thamnophis sirtalis sirtalis). Bien que les repaires communautaires soient fréquents, le nombre de couleuvres dans chaque hibernaculum est plus faible dans l’île Pelée que ce que l’on observe ailleurs pour les couleuvres agiles (moyenne = 2,72 ± 3,25 [é.‑t.], Fourchette = 1‑15, N = 18; Porchuk, 1996). Les individus n'arrivent habituellement pas dans les repaires communautaires avant leur troisième année, et on ignore où hibernent les jeunes couleuvres agiles bleues.

Nourriture et alimentation

La couleuvre agile bleue recherche activement sa nourriture. Les jeunes peuvent manger des grillons et d’autres insectes, tandis que les adultes se nourrissent surtout de rongeurs, d'oiseaux chanteurs et de serpents (Porchuk, 1996; Porchuk, données inédites). Les adultes cherchent leur nourriture autant sur terre que dans les arbres. La couleuvre agile bleue est diurne.

Survie

Au nombre des prédateurs naturels probables des couleuvres agiles bleues adultes de l'île Pelée figurent de gros oiseaux de proie, comme la Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus), de même que des mammifères carnivores, comme le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes), le renard gris (Urocyon cinereoargenteus) et le coyote (Canis latrans). On a déjà vu des chiens (Canis familiaris) et des chats harets (Felis catus) tuer ou harceler de jeunes couleuvres agiles bleues. Les œufs et les petits sont sans doute exposés à un plus large éventail d'oiseaux et de mammifères prédateurs.

Comportement et adaptabilité

La couleuvre agile bleue semble relativement mal tolérer des niveaux élevés d'activité humaine et passe la majorité de sa saison active dans des endroits peu fréquentés par les humains (Porchuk, 1996), d’après principalement les données de radiotélémétrie recueillies chez les couleuvres agiles bleues et les couleuvres fauves de l'Est, qui fréquentent en gros la même région dans l’île Pelée (bien que ces études n'aient pas été réalisées simultanément). Contrairement à la couleuvre agile bleue, la couleuvre fauve est souvent observée sous les galeries, dans les granges ou les garages ainsi que dans les fondations des maisons. La plupart des couleuvres agiles bleues (mais non la totalité) sont observées dans un cadre plus « naturel », ce qui les confinent davantage aux endroits où les activités humaines sont réduites au minimum (R. Willson, données et rapport inédits). Campbell et Perrin (1991; citant Minton, 1968) notent eux aussi que les couleuvres agiles sont parmi les premiers serpents à disparaître des régions suburbaines.