Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre agile bleue au Canada – Mise à jour

Mise à jour

Évaluation et Rapport

de situation du COSEPAC

sur la

couleuvre agile bleue

Coluber constrictor foxii

au Canada

couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii)

 

Espèce en voie de disparition 2002

COSEPAC logo

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante:

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteure); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l'évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l'évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii)au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi +  20 p.

WILLSON, R.J., et J.D. ROUSE. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii)au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-20.

Rapport précédent :

CAMPBELL, C.A. 1991. COSEWIC status report on the blue racer Coluber constrictor foxii au Canada. Comité sur le statut des espèces menacée de disparition au Canada. Ottawa. 77 p.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Blue Racer Coluber constrictor foxii in Canada.

Illustration de la couverture :
Couleuvre agile bleue -- Kathryn Peiman, Guelph (Ontario)

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
No de catalogue CW69-14/173-2003F-IN
ISBN 0-662-88961-4

 

Retournez à la table des matières

COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l'évaluation – Mai 2002

Nom commun : Couleuvre agile bleue

Nom scientifique : Coluber constrictor foxii

Statut : Espace en voie de disparition

Justification de la désignation : Il est presque certain que la couleuvre agile bleue a disparu de la partie continentale de l’Ontario; on ne la trouve plus aujourd’hui que dans les deux tiers de l’Est de l’île Pelée. La construction de chalets, de résidences et d’autres structures, ainsi qu’une circulation automobile accrue continuent de réduire et de fragmenter les habitats convenables restants.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1991. La situation a été réexaminée, et le statut a été confirmé en mai 2002. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.


Retournez à la table des matières

COSEPAC Résumé

Couleuvre agile bleue

Coluber constrictor foxii

 

Information sur l'espèce

La couleuvre agile bleue, dont la longueur du museau au cloaque peut atteindre de 90 à 152 cm, est l’un des plus grands serpents de l'Ontario. Souvent, ses écailles latérales sont gris terne à bleu vif, ses écailles ventrales blanc crémeux et ses écailles dorsales brun pâle à gris foncé. Elle porte aussi un masque noir caractéristique. Les jeunes ont sur le dos des taches qui disparaissent complètement avant la troisième année, mais on peut encore distinguer des motifs juvéniles sur le ventre de l'animal jusqu'à tard dans la troisième saison entière d’activité.

Répartition

Le Coluber constrictor est un serpent fort répandu en Amérique du Nord. La sous‑espèce Coluber constrictor foxii, la couleuvre agile bleue, est cependant confinée au Sud des Grands Lacs, depuis l'Iowa jusqu'à l'Ohio, et jusqu'à l'extrême Sud-Ouest de l'Ontario. Au Canada, la couleuvre agile bleue ne se trouve que dans l'île Pelée.

Habitat

La couleuvre agile bleue préfère les milieux ouverts à semi-ouverts, et exploite les alvars de savane, les champs abandonnés et les berges. Dans l'île Pelée, les domaines vitaux des individus sont extrêmement vastes, ce qui peut en partie s'expliquer par la fragmentation prononcée des habitats qui lui sont nécessaires pour répondre à ses besoins écologiques. Parce qu’elle est ovipare, il est extrêmement important pour elle de trouver des sites de ponte convenables, ce qui oblige souvent les femelles gravides à parcourir de grandes distances. Il est tout aussi important pour sa survie dans l'île Pelée de trouver des sites d'hibernation où passer l'hiver. Ces microhabitats sont le plus souvent associés aux plaines calcaires sèches dans l'assise rocheuse desquelles la météorisation a ouvert des fentes et des fissures.

Biologie

À l’île Pelée, la très grande étendue des domaines vitaux des individus pourrait être attribuable au fait que l’habitat propice à l’espèce est fragmenté et que celle‑ci a des besoins en matière d'habitat très variés. Cette couleuvre peut se reproduire chaque année, mais, dans cette population, les cycles bisannuels sont probablement plus fréquents. Comme microhabitat de nidification, les femelles de l'île préfèrent les troncs couchés en décomposition. La couleuvre agile bleue recherche activement sa nourriture et chasse couramment des rongeurs, des petits oiseaux et d'autres serpents. Parmi ses prédateurs figurent les oiseaux de proie et les mammifères carnivores.

Taille et tendances de la population

Depuis sa désignation comme espèce en voie de disparition en 1991, une recherche intensive a révélé que la population de couleuvres agiles bleues était plus nombreuse que ce qu'on pensait auparavant. Au terme d'une période d'échantillonnage (marquage-recapture) soutenue de 3 ans (de 1993 à 1995), on a estimé la taille de la population à 205 adultes. L'espèce est toutefois encore confinée aux deux tiers de l’Est de l'île, et son effectif semble avoir diminué depuis l'étude effectuée de 1993 à 1995.

Facteurs limitatifs et menaces

Comparativement à la couleuvre fauve de l'Est (Elaphe gloydi), qui fréquente un grand nombre des mêmes endroits dans l'île Pelée, la couleuvre agile bleue semble relativement mal tolérer des niveaux élevés d'activité humaine. Les principales menaces à peser sur elle dans l'île demeurent la disparition de bons sites de nidification et d'hibernation, la mortalité accidentelle sur les routes et l'abattage par les humains.

Importance de l'espèce

La vélocité et la beauté de la couleuvre agile bleue font de sa rencontre une expérience exaltante pour quiconque s'intéresse authentiquement à l'histoire naturelle. Cette couleuvre est en outre largement reconnue aujourd’hui comme un élément faunique caractéristique de certains types d’habitat de l’île Pelée qui sont rares à l'échelle mondiale, principalement les savanes à chêne jaune (Quercus muehlenbergii) et à frêne bleu (Fraxinus quadrangulata), présentes dans les alvars de l'île.

COSEPAC logo


 MANDAT DU COSEPAC

 Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


Retournez à la table des matières

Information sur l'espèce

 

Nom et classification

Classe :              Reptiles

Ordre :                 Squamates

Sous-ordre :       Serpents

Famille :              Colubridés

Sous-famille :     Colubrinés

Espèce :             Coluber constrictor (Linné, 1758) ‑ couleuvre agile

Sous-espèce :   C.c. foxii; (Baird et Girard, 1853) couleuvre agile bleue [blue racer]

                             Nombre de sous-espèces en Amérique du Nord – 13; nombre de sous-espèces au Canada – 3

Description

La couleuvre agile bleue, dont la longueur du museau au cloaque peut atteindre de 90 à 152 cm, est l'un des plus grands serpents de l'Ontario (Conant et Collins, 1991). Le plus grand spécimen dont la capture dans l'île Pelée a été consignée mesurait 138 cm du museau au cloaque. Souvent, les écailles ventrales de la couleuvre agile bleue sont d'un blanc crémeux, ses écailles latérales sont gris terne à bleu vif, et ses écailles dorsales brun pâle à gris foncé (Porchuk, 1996). Cette couleuvre est aussi caractérisée par son masque noir, ses yeux assez grands et ses écailles rostrales (c.‑à‑d. du museau) orangé brunâtre. Contrairement aux adultes, les nouveau-nés et les jeunes de l'année (première saison active entière) ont sur le dos des taches qui disparaissent complètement avant la troisième année, mais on peut encore distinguer des motifs juvéniles sur le ventre de l'animal jusqu’à tard dans la troisième saison entière d’activité (Porchuk et al., données inédites).

L’établissement du C.c. foxii comme sous‑espèce distincte du C.c. flaviventris (la couleuvre agile à ventre jaune de l’Est) a fait l’objet d’une controverse, mais la plupart des spécialistes ont convenu dernièrement de la validité de cette distinction (Harding, 1997; Crother et al.; 2000; Conant et Collins, 1991).

Retournez à la table des matières

Répartition

 

Répartition mondiale

L'aire de répartition historique de la couleuvre agile bleue se trouve immédiatement au sud des Grands Lacs, depuis le Sud-Est du Minnesota et l'Iowa jusqu'à l'Ohio, et jusqu'à l’extrême Sud-Ouest de l'Ontario (figure 1). L'Ohio, l'Indiana, l'Illinois, le Michigan, le Wisconsin et l'Iowa sont aujourd'hui les seuls États où l'on trouve des populations de couleuvres agiles bleues (Harding, 1997).

Répartition canadienne

Au Canada, on ne trouve aujourd’hui le Coluber constrictor foxii que dans l'île Pelée (4 091 ha) (figure 2). Il était autrefois présent sur la terre ferme dans le parc national de la Pointe‑Pelée et dans le parc provincial Pinery, dans l’extrême Sud-Ouest de l'Ontario, mais il en a presque certainement disparu aujourd’hui malgré le statut de zones protégées de ces sites. La dernière mention fiable de la couleuvre agile bleue sur la terre ferme en Ontario remonte à 1983 (Campbell et Perrin, 1991). Dans l'île Pelée, l'espèce est confinée aux deux tiers de l’Est de l'île (figure 3).

Figure 1. Aire de répartition historique de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Amérique du Nord (Conant and Collins 1991, Field Guide)

Figure 1. Aire de répartition historique de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) en Amérique du Nord (Conant and Collins 1991, Field Guide).


Figure 2. La répartition canadienne du Coluber constrictor foxii est limitée à l'île Pelée (Willson et Rouse, données inédites)

Figure 2. La répartition canadienne du Coluber constrictor foxii est limitée à l'île Pelée (Willson et Rouse, données inédites)

 

Figure 3. Emplacement des sites des relevés de 2000 et de 2001 dans l’île Pelée. Les sites A, B et C correspondent aux zones d'étude décrites par Porchuk (1996), sauf que leur taille a été réduite aux fins des études récentes.

Figure 3. Emplacement des sites des relevés de 2000 et de 2001 dans l’île Pelée. Les sites A, B et C correspondent aux zones d'étude décrites par Porchuk (1996), sauf que leur taille a été réduite
aux fins des études récentes. Le site D a été ajouté lors des derniers relevés.

Retournez à la table des matières

Habitat

 

Besoins en matière d'habitat

Les couleuvres agiles de l'île Pelée préfèrent les habitats ouverts et semi-ouverts et exploitent les alvars de savane, les champs abandonnés sur les berges et les habitats de bordure (Porchuk, 1996). Vu le caractère extrêmement fragmenté de son habitat actuel dans l'île, il se pourrait que le C.c. foxii soit contraint d’utiliser une mosaïque d'habitats pour satisfaire ses besoins écologiques, en témoignerait la vaste étendue des domaines vitaux des individus dans l'île (voir la section Domaine vital et déplacements).

Tendances

L'altération ou la destruction de l'habitat ont été relativement lentes dans l'île Pelée comparativement aux autres secteurs du Sud-Ouest de l'Ontario, ce qui a sans doute contribué à y assurer la survie de la couleuvre agile bleue. Malgré le rythme relativement « modeste » du développement dans le passé, la destruction de l'habitat ne s’en poursuit pas moins de façon régulière, et les incidences cumulatives de cette perte d'habitat a probablement un effet négatif sur la population de couleuvres agiles bleues. Heureusement, on tente aujourd’hui d’augmenter la quantité et la qualité des habitats protégés dans l'île, que ce soit par l'acquisition de terrains par divers groupes, comme la Société canadienne pour la conservation de la nature, ou par l’aménagement de microhabitats importants pour les serpents. Plusieurs propriétaires fonciers de l'île Pelée, sensibles à la situation de la couleuvre agile bleue, acceptent que l'on aménage certaines portions de leurs terrains pour l'espèce.

Protection et propriété des terrains

La couleuvre agile bleue figure sur la liste des espèces en voie de disparition de l’Ontario depuis 1971 (voir la section Protection actuelle ou autres désignations); l'habitat jugé essentiel pour sa survie est donc protégé (contre la destruction ou toute altération substantielle) en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de la province. En 1998, l'« habitat » de la couleuvre agile bleue dans l'île Pelée a été cartographié (surtout au moyen des données de marquage-recapture et de radiotélémétrie recueillies entre 1990 et 1998) et intégré officiellement aux sites visés par le Programme d'encouragement fiscal pour les terres protégées du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO). Une fois l’habitat cartographié, le MRNO a jugé que ces terres devaient être protégées contre la destruction ou les perturbations anthropiques, tel que le prescrit la Loi sur les espèces en voie de disparition. La protection de l'habitat conférée par cette loi a d’importantes conséquences sur le plan de l'utilisation des terres, notamment parce qu'une importante proportion de l'habitat de la couleuvre agile bleue se trouve sur des terrains privés. Malheureusement, la mise en œuvre d'un programme visant à protéger efficacement l'habitat des espèces en voie de disparition s'est avérée fort ardue.

Plusieurs secteurs connus pour abriter des couleuvres agiles bleues et contenir des microhabitats importants pour elles (p. ex. les hibernacula) sont officiellement protégés dans l’île Pelée. La réserve naturelle provinciale de Lighthouse Point et le complexe d’alvars du chemin Stone (qui appartient à la Federation of Ontario Naturalists, à l'Office de protection de la nature de la région d'Essex et à la Société canadienne pour la conservation de la nature, qui en assurent également la gestion) sont les deux principales zones protégées pour la couleuvre agile bleue. La réserve naturelle provinciale de Fish Point ne semble pas convenir à la couleuvre agile bleue; la dernière mention pour cette réserve remonte à 1971.

Retournez à la table des matières

Biologie

 

Domaine vital et déplacements

Comparativement aux couleuvres agiles d’autres populations étudiées en Amérique du Nord, les couleuvres agiles bleues de l'île Pelée ont des domaines vitaux extrêmement vastes. On a établi que les domaines vitaux de 22  femelles et de 12 mâles atteignaient respectivement 75 ha et 140 ha en moyenne (Porchuk, 1996). La fragmentation prononcée de l'habitat dans l'île explique sans doute en partie ce phénomène : pendant la saison active, les couleuvres doivent en effet se déplacer sur de grandes distances pour trouver les ressources dont elles ont besoin.

Reproduction

La couleuvre agile bleue est ovipare; la taille moyenne de la couvée chez sept femelles de l'île Pelée était de 14,7 ± 2,53 (é.‑t.; Porchuk, 1996). Les femelles peuvent se reproduire chaque année, mais les cycles bisannuels sont vraisemblablement plus fréquents. Les mâles peuvent atteindre la maturité physiologique à 11 mois, mais n'ont pas l'occasion de s'accoupler avant leur deuxième saison active entière; de même, les femelles peuvent atteindre la maturité à 24 mois, mais ne peuvent se reproduire avant le printemps suivant (Porchuk, 1996). La période d'accouplement débute en avril et se poursuit en mai. Les femelles pondent à la fin juin, et les œufs éclosent entre la mi-août et la fin septembre. Les microhabitats de nidification les plus souvent utilisés par les couleuvres agiles bleues femelles de l'île Pelée sont les troncs couchés en décomposition; elles pondent cependant aussi sous de grosses roches et dans des amas de matières organiques en décomposition (Porchuk et Brooks; 1995, Porchuk, 1996). On a observé dans l’île des sites de nidification communautaires intraspécifiques et interspécifiques (avec la couleuvre fauve de l'Est), situation qui semble assez fréquente (Porchuk et Brooks, 1995).

Hibernation

Les hibernacula sont souvent associés à des régions où affleure une assise rocheuse calcaire. La plupart des couleuvres adultes hibernent en communauté; elles partagent à l'occasion leur tanière avec des couleuvres fauves de l'Est, des couleuvres d'eau du lac Érié (Nerodia sipedon insularum) et des couleuvres rayées (Thamnophis sirtalis sirtalis). Bien que les repaires communautaires soient fréquents, le nombre de couleuvres dans chaque hibernaculum est plus faible dans l’île Pelée que ce que l’on observe ailleurs pour les couleuvres agiles (moyenne = 2,72 ± 3,25 [é.‑t.], Fourchette = 1‑15, N = 18; Porchuk, 1996). Les individus n'arrivent habituellement pas dans les repaires communautaires avant leur troisième année, et on ignore où hibernent les jeunes couleuvres agiles bleues.

Nourriture et alimentation

La couleuvre agile bleue recherche activement sa nourriture. Les jeunes peuvent manger des grillons et d’autres insectes, tandis que les adultes se nourrissent surtout de rongeurs, d'oiseaux chanteurs et de serpents (Porchuk, 1996; Porchuk, données inédites). Les adultes cherchent leur nourriture autant sur terre que dans les arbres. La couleuvre agile bleue est diurne.

Survie

Au nombre des prédateurs naturels probables des couleuvres agiles bleues adultes de l'île Pelée figurent de gros oiseaux de proie, comme la Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus), de même que des mammifères carnivores, comme le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes), le renard gris (Urocyon cinereoargenteus) et le coyote (Canis latrans). On a déjà vu des chiens (Canis familiaris) et des chats harets (Felis catus) tuer ou harceler de jeunes couleuvres agiles bleues. Les œufs et les petits sont sans doute exposés à un plus large éventail d'oiseaux et de mammifères prédateurs.

Comportement et adaptabilité

La couleuvre agile bleue semble relativement mal tolérer des niveaux élevés d'activité humaine et passe la majorité de sa saison active dans des endroits peu fréquentés par les humains (Porchuk, 1996), d’après principalement les données de radiotélémétrie recueillies chez les couleuvres agiles bleues et les couleuvres fauves de l'Est, qui fréquentent en gros la même région dans l’île Pelée (bien que ces études n'aient pas été réalisées simultanément). Contrairement à la couleuvre agile bleue, la couleuvre fauve est souvent observée sous les galeries, dans les granges ou les garages ainsi que dans les fondations des maisons. La plupart des couleuvres agiles bleues (mais non la totalité) sont observées dans un cadre plus « naturel », ce qui les confinent davantage aux endroits où les activités humaines sont réduites au minimum (R. Willson, données et rapport inédits). Campbell et Perrin (1991; citant Minton, 1968) notent eux aussi que les couleuvres agiles sont parmi les premiers serpents à disparaître des régions suburbaines.

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

 

Taille des populations

Au terme d'une période intensive d'échantillonnage de 3 ans (de 1993 à 1995), on a estimé l'effectif de la population de couleuvres agiles bleues de l'île Pelée à 205 adultes par marquage-recapture (Porchuk, 1996; tel que mentionné dans le rapport de situation de 1997). D’après les paramètres démographiques évalués au moyen des méthodes de la triple capture et de Peterson, il y aurait eu un déclin monotone de la population adulte sur la période de 3 ans. Entre la fin de la saison de terrain de 1995 et la saison de 2000, la surveillance de la population de couleuvres agiles bleues par marquage-recapture a été sporadique (on trouvera un résumé des recherches de couleuvres agiles bleues dans l’île Pelée au tableau 1). On ne possède donc aucune estimation récente de la population. Les travaux de terrain réalisés au printemps 2002 devraient toutefois permettre d’obtenir une estimation à jour. Entre environ le 13 avril et le 12 mai de 2000 et de 2001, on a effectué des relevés systématiques le long de transects standardisés ainsi que dans des secteurs définis (pour la méthode utilisée, voir Willson, 2000). Quatre régions historiquement connues pour abriter des couleuvres agiles bleues ont ainsi été prospectées rigoureusement (voir les secteurs de relevé à la figure 3). Depuis 1992, les équipes de recherche à l’œuvre dans l’île Pelée ont marqué quelque 320 couleuvres agiles bleues juvéniles et adultes (tableau 2).

Tableau 1. Études ou rapports importants sur la répartition, l’écologie et le comportement de la couleuvre agile bleue à l’île Pelée, de 1970 à 2001.Les dates indiquées pour les travaux de terrain, fondées sur les données présentées dans les documents cités, sont approximatives.
Année(s)Chercheur(s)

Nature de l’étude

(objectifs)

MéthodesDates des travaux sur le terrainObservations ou résultats notables
1976CampbellaÉvaluer la situation de la couleuvre agile dans l’île PeléeProspection intensive, inventaire sur les routes

2‑12 mai, 30 mai‑4 juin

9-13 juin, 16‑19 juil., 24‑27 sept.

4 couleuvres agiles capturées, 5 observées; en plus de cette étude, Campbell a réalisé par intermittence divers travaux de terrain dans l’île Pelée à partir de 1970; en mai 1971, on a trouvé une couleuvre agile femelle près d’une vieille citerne à Fish Point (dernière mention pour cet endroit)
1978Ecologistics LTDbDéterminer si les carrières proposées (3 et 4) le long du chemin Browns sont des habitats importants pour la couleuvre agileProspection intensive et installation d’abris (panneaux de bardeaux)

juin‑nov.

284,25 h-pers.

L’étude a confirmé que les couleuvres agiles étaient très difficiles à observer en été (on n’en a observé aucune).
1984OldhamcDocumenter la présence des couleuvres dans la région dela pointe  Mill.Prospection intensive6 voyages intermittents (21,5 jours) entre le 5 avril et le 24 sept.5 couleuvres agiles capturées, 1 trouvée morte sur la route dans la région de la pointe Mill; l’auteur a aussi cartographié 61 observations fiables de la couleuvre agile bleue entre 1969 et 1984 (intégrées à la figure 1); 46 mentions fournies par C. Campbell).
1985OldhamdDocumenter la présence des couleuvres agiles dans la région de la pointe MillProspection intensive

8‑14 mai

40 h-pers.

Aucune couleuvre agile observée à la pointe Mill; 3 individus ont toutefois été observés ailleurs.
1991Campbell et PerrineRecommander un statut national à partir de l’ensemble des données disponiblesRecherche documentaire et examen des donnéesS.O.Statut d’espèce en voie de disparition recommandé; le COSEPAC désigne officiellement la couleuvre agile bleue comme une espèce en voie de disparition au Canada.
1991KamstrafDresser un plan de rétablissement pour la couleuvre agile en OntarioRecherche documentaire et examen des donnéesS.O.Vu la difficulté de trouver des couleuvres agiles par prospection ordinaire, l’auteur recommande d’installer des abris en panneaux, de faire des relevés sur les routes et de procéder à des études radiotélémétriques.
1992Équipe de rétablisse-ment de la couleuvre agile bleueDéterminer la faisabilité d’une étude radiotélémétriqueProspection intensive, marquage-recapture2 mai, 21 sept., 4 oct.Le 2 mai, 16 individus sont capturés, ce qui établit la faisabilité des études radiotélémétriques.
1992KrausgDocumenter la mortalité routière, installer et surveiller des abrisRelevé sur les routes et installation d’abris2 mai‑15 juillet (intermittent)2 couleuvres agiles trouvées mortes sur la route.

1993

1994

1995

Équipe de Guelph dirigée par Porchuk et BrookshDocumenter la répartition, l’écologie et le comportementProspection intensive, marquage-recapture, radiotélémétrie, relevé sur les routes

20 avril‑16 oct.

31 mars‑22 oct.

14 avril‑27 sept.

Collecte de données spatiales, écologiques et comportementales détaillées ; repérage de microhabitats de nidification et d’hibernation essentiels.
1996PorchukDéterminer s’il est efficace de construire des pièges dans les hibernacula et poursuivre le marquage-recaptureMarquage-recapture, pièges dans les hibernacula19 avril‑30 maiLes couleuvres agiles font montre individuellement d’une nette fidélité à leur hibernaculum.

1997

1998

1999

Équipe de Guelph dirigée par Willson et BrooksiContinuer à surveiller la population de couleuvres agiles dans la savane du chemin BrownsMarquage-recapture, pièges dans les hibernacula, relevé sur les routes

1er avril-5 juin

1er avril‑13 sept.

1er avril‑1er juin

Données de recapture à long terme provenant d’individus marqués en 1992.
1999PorchukjDresser un plan officiel de rétablissement pour le RESCAPÉRecherche documentaire et examen des donnéesS.O.Mesures de rétablissement proactives nécessaires pour assurer la survie des couleuvres agiles dans l’île Pelée.

2000

2001

Équipe de relevé printanier dirigée par WillsonkEffectuer un relevé systématique afin de documenter la taille et les tendances de la populationProspection intensive le long de transects standardisés et dans des zones définies, marquage-recapture

13 avril‑14 mai

13 avril‑12 mai

Les méthodes de relevé systématique peuvent donner des taux de capture permettant l’estimation de la population.

aCampbell (1976)                   g Kraus (1992)                      COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

b Ecologistics Ltd. (1979)       hPorchuk (1996), Brooks et Porchuk (1997)

c,d Oldham (1984, 1985)         iBrooks et al.(2000)

eCampbell et Perrin (1991)    jPorchuk (1999)                    RESCAPÉ – Rétablissement des espèces canadiennes en péril

fKamstra (1991)                 k Willson (2000)

 

Tableau 2. Couleuvres agiles bleues capturées, trouvées mortes sur les routes (MR)
ou hors des routes (HR) dans l’île Pelée par l’équipe de rétablissement de la couleuvre agile bleue (1992) et l’équipe de recherche de Guelph (de 1993 à 2001).
AnnéeCaptures vivantes MR HRa Total NouvellesRecaptures Marquéesb Date de la première capture
Adultes et jeunesNouveau-nésd’années antérieures  de la même année
1992c23

 

3

 

-

 

-

 

26

 

25

 

-

 

1

 

22

 

2 mai

1993741510-99785165320 avril
1994807201108869135431 mars
199571911495583254014 avril
1996383--41162231319 avril
1997551-1573819-3706 avril
19983532-40241422204 avril
19994336153262431702 avril
2000

33

(31)

-

1

(0)

1

(1)

35

(32)

28

(23)

7

(7)

-

25

(24)

13 avril
2001

61

(60)

1

(0)

--

62

(60)

37

(37)

24

(23)

1

37

(37)

08 avril

 

Totals

 

513

 

45

 

50

 

8

 

616

 

416

 

156

 

44

 

320

 

 

aLes causes de mort présumées sont la prédation par les oiseaux de proie et les canidés, les tondeuses à gazon et les chasseurs.

bCertaines années, on n’a pu marquer toutes les nouvelles captures vivantes en raison des restrictions de taille dues à la méthode de marquage (p. ex. les nouveau-nés n’ont pas été marqués).

cIl est apparu qu’un individu trouvé mort sur une route (MR) au printemps 1993 était mort en fait en 1992; on l’a donc inclus ici. 

 

Survie des populations

Les relevés effectués en 2000 (Willson, 2000) et en 2001 ont confirmé la présence de la couleuvre agile bleue dans les trois sites d'étude établis par Porchuk (1996). Malheureusement, à cause d'une controverse récente à propos de l'utilisation des terres, les propriétaires fonciers privés collaborent beaucoup moins volontiers, ce qui a limité la prospection et l'échantillonnage aux hibernacula « traditionnels ». On n'a donc pas pu confirmer l’utilisation de plusieurs de ces repaires. On espère que la conception de l'actuel relevé systématique triennal de la population (dont la deuxième année est maintenant terminée) permettra aux chercheurs de continuer d'échantillonner dans les mêmes secteurs (les secteurs de relevé actuels se trouvent sur des terres protégées et la collaboration des propriétaires semble assurée, du moins pour le moment).

Depuis que Porchuk (1996) a établi que la couleuvre agile bleue était confinée aux deux tiers de l’Est de l'île, les données ont toujours corroboré cette observation. Deux couleuvres agiles bleues ont été localisées plus à l’ouest (une capturée et l'autre observée) par des sources fiables au cours de l'étude de 1993 à 1995, mais comme on était au milieu de l'été, il pourrait s'agir d'individus qui s'étaient très éloignés de leur hibernaculum (Porchuk [1996] a fait état de domaines vitaux extrêmement vastes pour les couleuvres de l'île Pelée). Le nombre de couleuvres agiles bleues tuées par des véhicules automobiles sur les routes dans la moitié orientale de l'île entre 1998 et 1999 a été de loin inférieur à celui relevé lors de la période d'échantillonnage antérieure (de 1993 à 1995) (Willson et al., en préparation). Cette diminution pourrait s’interpréter comme un déclin de la population de couleuvres agiles bleues, ou simplement indiquer qu'un plus grand nombre de conducteurs s’efforcent d'éviter les couleuvres sur la route. Or, comme pour les mêmes périodes d'échantillonnage, le nombre de couleuvres fauves de l'Est trouvées mortes sur les routes est demeuré constant (Willson et al., en préparation), on peut en déduire que ce ne sont sans doute pas les chauffeurs qui ont modifié leur comportement, mais bien le nombre de couleuvres agiles bleues présentes sur les routes qui a diminué.

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

 

La disparition de bons sites de nidification et d'hibernation, la mortalité routière et l'abattage par les humains demeurent les principales menaces à peser sur les couleuvres agiles bleues de l'île Pelée. Malgré la précarité de la situation de l'espèce au Canada, le repérage d’habitats essentiels (grâce à d'intenses travaux sur le terrain) et la protection de l'habitat garantie par la Loi sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario, certains particuliers et organisations n’en proposent pas moins des projets d’exploitation que l’on ne peut considérer que comme nuisibles à la survie de l'espèce dans l’île. La perte d’habitats de nidification attribuable à la construction de chalets le long de la rive orientale est sans doute l'une des plus lourdes menaces à peser sur l'espèce; il ne restera en effet que fort peu d'habitats convenables une fois que tous les terrains privés auront été aménagés (et nombre d'entre eux ont déjà été bornés en vue de leur futur aménagement). Par ailleurs, comme on prévoit que la circulation automobile continuera à augmenter dans l’île parallèlement à l’exploitation de l'industrie touristique, l’effet de la mortalité routière ne pourra lui aussi qu'augmenter. Enfin, certains événements récents (1998‑2001) ont suscité une forte animosité entre les chercheurs qui s'intéressent aux serpents rares de l'île et certaines personnes qui, pour stimuler l'économie de l'île, favorisent une utilisation des terres plus intense et plus destructive.

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

 

La couleuvre agile bleue a déjà disparu de la partie continentale de l’Ontario, et sa situation demeure précaire dans l’île Pelée. La vélocité et la beauté de l’animal font de sa rencontre une expérience exaltante pour quiconque s'intéresse authentiquement à l'histoire naturelle. Cette couleuvre est en outre largement reconnue aujourd’hui comme un élément faunique caractéristique de certains types d’habitat de l’île Pelée qui sont rares à l'échelle mondiale, principalement les savanes à chêne jaune (Quercus muehlenbergii) et à frêne bleu (Fraxinus quadrangulata), présentes dans les alvars de l'île. Ces habitats, de même que la flore et la faune qu'on y trouve, sont précieux en soi. Enfin, le statut provincial d'espèce en voie de disparition attribué à la couleuvre agile bleue, parallèlement à la protection de l’habitat jugé essentiel à sa survie conférée par la loi (en vertu des règlements d'application de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario), contribue certes à la protection de plusieurs espèces et habitats rares de l'île Pelée (grâce à un « effet parapluie »).

Retournez à la table des matières

Protection actuelle ou autres désignations

 

Le Coluber constrictor foxii et son habitat sont protégés en vertu des règlements d'application de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario (le taxon a été désigné espèce en voie de disparition par la province en 1971). La couleuvre agile bleue est également un « reptile spécialement protégé » en vertu de la Loi sur la conservation du poisson et de la faune de l'Ontario (janvier 1999); cette dernière loi interdit de harceler, de posséder (sans autorisation) ou de tuer l'espèce. La couleuvre agile bleue a été désignée espèce en voie de disparition par le COSEPAC en 1991. Selon le système de classification de l'organisme The Nature Conservancy, la couleuvre agile bleue est classée G5T5 à l'échelle mondiale (1996-10-31) et S1 à l'échelle provinciale (1999-10-31).

 

Retournez à la table des matières

Résumé du rapport de situation

 

Le statut d'espèce en voie de disparition du Coluber constrictor foxii (revu pour la dernière fois par le COSEPAC en 1991) devrait être maintenu. Au moins quatre facteurs justifient le maintien de ce statut au Canada. Premièrement, la couleuvre agile bleue a presque certainement disparu de la terre ferme au Canada, l'île Pelée demeurant le seul endroit au pays où on l’observe encore. Deuxièmement, elle a déjà été plus répandue qu’aujourd’hui dans l'île Pelée; on la trouvait en effet autrefois autant à l'extrémité sud que dans l’Ouest de l'île. Troisièmement, comme la circulation automobile continuera d'augmenter sur les routes de l'île, la mortalité routière ne pourra qu’augmenter elle aussi. Enfin, la construction de chalets, de résidences, etc. réduira encore plus la superficie d'habitat convenable. Sans mesures de rétablissement proactives visant à préserver une superficie d'habitat relativement intact pour l'espèce (des perturbations mineures sont tolérables et peuvent même à l'occasion être bénéfiques), on peut douter de la survie de la couleuvre agile bleue au Canada.

Retournez à la table des matières

Résumé technique

 

Coluber constrictor foxii

Couleuvre agile bleue

Blue Racer

Ontario

 

Information sur la répartition

·        Zone d’occurrence (km2) : 40,91 (totalité de l'île Pelée)

  •        Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion,          inconnue).Stable
  •        Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence         (ordre de grandeur > 1)?Non

·        Zone d’occupation (km2) : 23,60 (voir la figure 3)

  •       Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion inconnue).Stable
  •       Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation         (ordre de grandeur > 1)?Non

·        Nombre d’emplacements existants : 1

  •      Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin,         stable, en croissance, inconnue).Stable
  •      Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre        d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?Non

·        Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)Il y a simultanément pertes et gains (grâce aux efforts de remise en état) d’habitat. La tendance nette est inconnue. La qualité de l'habitat s'améliore.

 

Information sur la population

·        Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)7 ans

·        Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles) : 200‑300

·        Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue) : D'après les données, il y aurait eu déclin entre 1993 et 2000.

  •       S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).Inconnu
  •       Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus :          matures (ordre de grandeur > 1)?Non

·        La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?Non

  •       Énumérer chaque population et donner le nombre         d’individus matures dans chacune.S.O.
  •       Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).S.O.
  •      Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations        (ordre de grandeur > 1)?S.O.

 

Menaces

-         Augmentation des taux de mortalité routière.

-         Destruction de l'habitat de nidification à cause de la construction de chalet sur les berges.

-         Extraction d'agrégats dans les plaines calcaires constituant des habitats de la couleuvre agile bleue.

-         Destruction intentionnelle d'hibernacula communautaires.

 

Effet d’une immigration de source externe

·        L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?On trouve des populations dans 5 États des États-Unis.

  •        Statut ou situation des populations de l’extérieur?Certaines en déclin et d'autres non en péril.
  •        Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Non
  •        Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à         l’endroit en question?S.O.
  •        Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus         immigrants à l’endroit en question?S.O.

Analyse quantitative

Retournez à la table des matières

Remerciements

 

Les auteurs tiennent à remercier Environnement Canada, qui a parrainé le présent rapport, de même que le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (district d'Aylmer) et le FREP, parrainé par le Fonds mondial pour la nature – Canada et Environnement Canada, qui a financé nos plus récentes activités de recherche dans l’île Pelée. Nous remercions notamment Allen Woodliffe, Dawn Burke et Brian Wilke du MRNO (en liaison avec l'équipe de rétablissement de la couleuvre agile bleue), qui nous ont procuré des fonds. Nous désirons enfin exprimer toute notre reconnaissance à Ben Porchuk pour les précieuses données qu’ils nous a fournies, de même qu'au projet « The Wilds of Pelee Island ». Le présent projet a été financé par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada.

Retournez à la table des matières

Ouvrages cités

 

Brooks, R.J., et B.D. Porchuk. 1997. Conservation of the endangered blue racer snake (Coluber constrictor foxii) on Pelee Island, Canada. Rapport inédit préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. 26 p.

Brooks, R.J., R.J. Willson, et J.D. Rouse. 2000. Conservation and ecology of three rare snake species on Pelee Island. Rapport inédit préparé pour le Fonds de rétablissement des espèces canadiennes en péril. 30 p.

Campbell, C.A. 1976. Preliminary field study of the blue racer (Coluber constrictor foxii) on Pelee Island, Ontario. District de Chatham, Direction de la faune, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. 69 p.

Campbell, C.A., et D.W. Perrin. 1991. Rapport du COSEPAC sur la situation de la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii) au Canada. COSEPAC. [Avec ajouts sur la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est et la couleuve agile à ventre jaune de l'Ouest par J.M. Macartney, et sur la couleuvre agile bleue par B.D. Porchuk; révisé par I. Bowman et le Sous-comité sur les amphibiens et les reptiles du COSEPAC pour la réunion de 1991, et par R.J. Brooks en 1997], 42 p.

Conant, R., et J.T. Collins. 1991. A field guide to reptiles and amphibians of eastern and central North America. 3e édition. Houghton Mifflin Co., Boston, Massachusetts. 450 p.

Ecologistics, Ltd. 1979. Pelee Island Blue Racer Study. Contrat pour le ministère des Richesses naturelles, Région du Sud-Ouest.13 p.

Harding, J.H. 1997. Amphibians and reptiles of the Great Lakes region. The University of Michigan Press, Ann Arbor, Michigan. 378 p.

Kamstra, J. 1991. Blue racer recovery plan for Ontario. Rapport inédit préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. 33 p.

Kraus, D.A. 1992. Final report for the Ontario herpetofaunal summary. Rapport inédit préparé pour l'Office de protection de la nature de la région d'Essex. 24 p.

Minton, S.A., Jr. 1968. The fate of amphibians and reptiles in a suburban area. Journal of Herpetology 2: 113-116.

Oldham, M.J. 1984. Update on the status of the blue racer (Coluber constrictor foxii) on Pelee Island, Ontario, with special reference to the Mill Point area. District de Chatham, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.

Oldham, M.J. 1985. Blue racer (Coluber constrictor foxii) reconnaissance study at Mill Point, Pelee Island, Ontario.District de Chatham, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.

Porchuk, B.D. 1996. Ecology and conservation of the endangered blue racer snake (Coluber constrictor foxii) on Pelee Island, Canada. Mémoire de maîtrise, University of Guelph (Ontario). 162 p.

Porchuk, B.D. 1999. Canadian blue racer snake recovery plan. Rapport provisoire préparé pour le Comité de rétablissement des espèces canadiennes en péril (RESCAPÉ). 55 p.

Porchuk, B.D., et R.J. Brooks. 1996. Natural History: Coluber constrictor, Elaphe vulpina and Chelydra serpentina. Reproduction. Herpetological Review 26: 148.

Willson, R.J. 2000. A systematic search for the blue racer snake (Coluber constrictor foxii) on Pelee Island. Rapport inédit préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. 54 p. + II annexes.

Retournez à la table des matières

Les auteurs

 

Robert Willson est directeur de recherche à « The Wilds of Pelee Island », organisation sans but lucratif basée à l'île Pelée. Il a obtenu son B.Sc. et son M.Sc. à la University of Guelph en 1997 et en 2001 respectivement. Son mémoire de maîtrise portait notamment sur l'écologie de la reproduction de la couleuvre fauve de l'Est dans l'île Pelée (1998-1999). Auparavant, monsieur Willson avait participé à une étude radiotélémétrique portant sur le crotale massasauga de l'Est dans la baie Georgienne (de 1994 à 1997). Il participe activement aux recherches sur les serpents de l'île Pelée depuis 1994, notamment aux études de marquage‑recapture concernant la couleuvre agile bleue, la couleuvre d'eau du lac Érié et la couleuvre fauve de l'Est.

Jeremy Rouse dirige actuellement une étude du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (Parry Sound) sur les effets de la construction de routes sur le crotale massasauga de l’Est. Titulaire d’un B.Sc. spécialisé en toxicologie environnementale obtenu en 1997 à la University of Guelph, il a fait une recherche sur l’écotoxicologie de la couleuvre d’eau du Nord et de la couleuvre d’eau du lac Érié dans les Grands Lacs (1998-1999) pour le Service canadien de la faune, et travaillé sur plusieurs projets concernant de grands serpents depuis 1995. Récemment, il a dirigé et coordonné des relevés systématiques des couleuvres agiles bleues de l’île Pelée avec Rob Willson.

 

Retournez à la table des matières

Autorités consultées

 

B.D. Porchuk, directeur général, The Wilds of Pelee Island

167 Curry Dyke Rd., Île Pelée (Ontario)  N0R 1M0

 

Retournez à la table des matières