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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la plagiobothryde odorante (Plagiobothrys figuratus) au Canada

COSEPAC Résumé

Plagiobothryde odorante
Plagiobothrys figuratus

Information sur l’espèce

La plagiobothryde odorante (Plagiobothrys figuratus) est une plante herbacée annuelle voyante appartenant à la famille des Boraginacées et indigène du nord-ouest de l’Amérique du Nord. Ses fleurs sont blanches et odorantes, et ses tiges sont pubescentes. Sa hauteur est de 10 à 45 cm. La sous-espècefiguratus est la seule présente au Canada. Une deuxième sous-espèce, le corallicarpus, est endémique à l’Oregon.

Répartition

L’aire d’indigénat de l’espèce s’étend depuis le sud-est de l’île de Vancouver (Nanaimo, Victoria, et îles Gulf) jusqu’en Oregon à l’ouest des monts Cascades, et vers l’est jusque dans la gorge du Columbia dans l’État de Washington. La sous-espèce corallicarpus n’est présente que dans le sud-ouest de l’Oregon, où son aire de répartition chevauche celle de la sous-espèce figuratus, plus commune. La plagiobothryde odorante est présente comme espèce introduite dans certaines régions du sud de l’Alaska et de l’est des États-Unis. Sa zone d’occurrence au Canada a déjà été d’environ 1 600 km², alors qu’elle n’est plus aujourd’hui que de moins de 1 km², superficie confirmée pour la seule population encore existante. La superficie d’habitat réellement occupée par l’espèce dans le passé est inconnue, mais la seule population encore existante ne couvre qu’environ 1 ; la zone d’occupation officielle de l’espèce, sur la base d’une grille de carrés de 1 km par 1 km, est de 1 km².

Habitat

La plagiobothryde odorante préfère les terrains humides bas et pousse habituellement dans les champs et les prés dégagés mouillés, parfois le long de cours d’eau et de fossés. L’urbanisation croissante autour de Victoria et de Nanaimo, combinée au drainage des terres humides à des fins d’utilisations agricoles et de construction de routes, a altéré l’écologie de la région à un point tel que la superficie totale d’habitat propice à la plagiobothryde odorante est aujourd’hui fortement réduite par rapport à ce qu’elle était dans le passé.

Biologie

La plagiobothryde odorante est une plante annuelle qui produit des fleurs voyantes disposées en cymes scorpioïdes et apparaissant en mai ou juin. Chaque fleur produit de 2 à 4 nucules ridées. On n’en sait peu davantage sur l’écologie de l’espèce, qu’il s’agisse de ses taux de survie et de recrutement, de ses mécanismes de dispersion ou de ses vulnérabilités intrinsèques à l’égard des perturbations.

Taille et tendances des populations

Au Canada, la première récolte de plagiobothryde odorante a été réalisée en 1885, près de Victoria. Dans le passé, l’espèce était présente au Canada dans 7 à 12 endroits différents. Il y a quelques années, alors qu’on l’avait observée pour la dernière fois dans l’île Hornby (Colombie-Britannique) dans les années 1980, on pensait que l’espèce avait disparu du pays. Cependant, en 2005, on a trouvé un unique individu florifère dans l’île Hornby, mais aucun individu n’y a été vu en 2006.

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs écologiques qui limitent de façon naturelle l’abondance et la répartition de la plagiobothryde odorante sont largement inconnus. L’urbanisation est probablement la principale raison de la quasi-disparition de l’espèce de son aire de répartition canadienne, étant donné que la majeure partie de ses anciens habitats se trouvaient sur les territoires actuels des villes de Nanaimo et de Victoria. Les plus grandes menaces pesant aujourd’hui sur la survie de la plagiobothryde odorante au Canada sont le développement urbain, la taille extrêmement réduite de la population de l’espèce, et la compétition due aux espèces étrangères envahissantes.

Importance de l’espèce

Des semences de cette espèce attrayante sont offertes pour utilisation horticole. On a déjà suggéré également d’inclure l’espèce dans un mélange d’herbacées destiné à être utilisé dans les terres humides en vue de contrôler la propagation de l'alpiste roseau (Phalaris arundinacea).On ne connaît à l’espèce aucune utilisation ethnobotanique.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La plagiobothryde odorante ne bénéficie actuellement d’aucune protection, mais elle est candidate potentielle à l’inscription sur la liste des espèces en péril de la Wildlife Amendment Act de la Colombie-Britannique (2004).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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