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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la plagiobothryde odorante (Plagiobothrys figuratus) au Canada

Taille et tendances des populations

Activité de recherche

En 2002, les rédacteurs du présent rapport ont fouillé durant trois jours les sites historiques et potentiels dans l’île Hornby (p. ex. dans le parc provincial Helliwell) et dans l’île de Vancouver. Malheureusement, sauf dans le cas du site de l’île Hornby, la plupart des mentions historiques de la plagiobothryde odorante ne comportaient pas suffisamment d’information sur la localisation de sites pour permettre une recherche adéquate (tableau 1). Cependant, toutes ces mentions concernaient des endroits où le milieu a été transformé par l’homme. Par conséquent, nous avons concentré nos activités de recherche subséquentes sur plusieurs endroits proches de Nanaimo renfermant encore l’habitat le plus susceptible d’abriter l’espèce (soit des prés printaniers éphémères à sol peu profond sur grès lisse, avec suintement printanier). Trois endroits ont été fouillés : la route White Rapid; les plaines Harewood; les prés de Harmac, près de Cedar. Ces recherches ont toutes été infructueuses. Un site historique, celui de la pointe Lazo, près de Comox, n’a pas été fouillé (tableau 1).

Étant donné que les fleurs de la plagiobothryde odorante sont voyantes, et que la plupart des mentions historiques concernent des secteurs aujourd’hui bien peuplés ou partiellement urbanisés, il semble peu probable que l’espèce soit demeurée inaperçue dans le sud-est de l’île de Vancouver depuis 25 ans si elle y était encore présente. Si on ajoute à cela la perte récente d’habitat due au développement urbain, il paraît fort probable qu’il ne reste plus au Canada que le fragment de la population de l’île Hornby.

Abondance

On compte 12 mentions historiques pour la plagiobothryde odorante au Canada. Elles ont toutes été établies avant 1987, et la majorité remonte à plus de 65 ans (tableau 1). Ces mentions ne sont assorties d’aucune donnée d’abondance, mais la taille de la population totale était probablement forte étant donné que l’espèce peut former des colonies denses et occuper largement son habitat dans certaines prairies humides et zones d’étangs printaniers (NatureServe, 2005).

Avant 2005, les dernières observations sûres de plagiobothryde odorante dans l’île Hornby avaient été faites en 1986. La population présente à cette époque est de taille inconnue, mais elle pouvait probablement se compter en centaines. La photographie de la figure 4, prise par le troisième rédacteur du présent rapport en 1968, avant que la surveillance des plantes rares ait débuté, montre environ 100 fleurs dans une colonie en présentant une forte densité. Cette colonie ne représente qu’une partie des plantes alors présentes (H. Roemer, obs. pers.).

Figure 4. Colonie de plagiobothrydes odorantes à l’île Hornby (Colombie-Britannique) en 1968. Photo gracieusement fournie par H. Roemer.

Figure 4. Colonie de plagiobothrydes odorantes à l’île Hornby (Colombie-Britannique) en 1968. Photo gracieusement fournie par H. Roemer

En 2005, une seule plante florifère a été vue à l’île Hornby (R. Martin, comm. pers., 2006). On ne sait pas pour le moment si la population se réduit à cette seule plante, ou si elle comprend également des semences en dormance dans le sol. Aucune plante n’a été observée à cet endroit en 2006 (R. Martin, comm. pers., 2006), mais il se peut qu’un réservoir de semences existe encore dans le sol.

Fluctuations et tendances

Les données associées aux mentions britanno-colombiennes de plagiobothryde odorante sont insuffisantes pour révéler les fluctuations démographiques de l’espèce, mais la tendance vers la disparition est indubitable. Les données concernant une population de Plagiobothrys tenellus de l’île Galiano, autre plante annuelle en péril en Colombie-Britannique, montrent que cette espèce semble connaître des fluctuations démographiques extrêmes.

Immigration de source externe

Les populations de plagiobothryde odorante les plus proches du Canada se trouvent dans la partie sud de la dépression de Puget dans l’État de Washington, où la situation des populations n’est pas actuellement suivie (Washington Natural Heritage Program, 2003). La population américaine la plus proche se trouve à environ 450 km. Cette distance est telle que les échanges naturels, génétiques ou autres, entre populations américaines et canadiennes sont hautement improbables. On ne peut donc pas véritablement compter sur une immigration depuis le sud de la frontière. Par contre, ces populations du sud pourraient constituer une source importante de semences pour la réintroduction manuelle de l’espèce dans l’île de Vancouver. On ne sait toutefois pas si la génétique des plagiobothrydes odorantes du sud de la frontière leur permettrait de survivre au Canada.