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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la plagiobothryde odorante (Plagiobothrys figuratus) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Les milieux naturels des régions de Victoria et de Nanaimo ont été fortement altérés par le développement foncier. Dans le passé, le paysage agricole et un régime d’aménagement des terres moins intensif ont pu maintenir des habitats propices à l’espèce, qui s’ajoutaient aux habitats strictement naturels. Cependant, les terres agricoles, du fait qu’elles sont des terrains plats facilement aménageables, ont été les premières à faire l’objet d’un développement urbain et résidentiel. Parallèlement, une bonne partie du paysage naturel restant a aussi été altérée, d’où d’importantes pertes d’habitat qui ont probablement constitué la principale cause de la quasi-disparition de l’espèce au Canada.

Parmi les autres facteurs qui ont pu contribuer au déclin de l’espèce, on compte les modifications des régimes hydrologiques (le remblayage des terres humides, le drainage, la construction), l’entretien des routes, la compétition due à des espèces de plantes étrangères envahissantes, et la prolifération d’espèces ligneuses due à la lutte contre les incendies.

Actuellement, la population de plagiobothryde odorante est si petite qu’elle se trouve fortement vulnérable à des événements environnementaux stochastiques comme la sécheresse, la maladie ou les perturbations dues aux animaux. Même dans des conditions environnementales stables, la variation aléatoire des paramètres démographiques (stochasticité démographique) pourrait entraîner des fluctuations de cette population pouvant éventuellement réduire à néant le nombre de reproducteurs, d’où extinction de la population. On ne sait pas s’il existe dans le sol un réservoir de semences qui pourrait atténuer de telles fluctuations. Il se pourrait aussi que l’espèce connaisse localement une dépression de consanguinité, autre danger qui menace parfois les petites populations isolées.

Mis à part les problèmes démographiques et génétiques habituellement inhérents aux populations de petite taille, la plus grande menace immédiate pesant sur la survie de la plagiobothryde odorante à l’île Hornby est probablement la compétition due à des plantes étrangères envahissantes, particulièrement des graminées non indigènes présentes dans la région, comme le Lolium perenne (ivraie vivace), l’Agrostis capillaris (agrostide fine), le Poa pratensis (pâturrin des prés), l’Aira praecox (canche précoce), et l’Anthoxanthum odoratum (flouve odorante). Le développement urbain en cours dans la région constitue également une importante menace potentielle pour l’espèce et son habitat. Pour le moment, on ne connaît pas les plans de développement exacts pour le site occupé par la plagiobothryde odorante.